II. LE GUYANA, UNE RELATION DE VOISINAGE À CONSOLIDER

A. UN PAYS EN PROFONDE MUTATION

Valeur des réserves de pétrole par habitant

(en milliers de dollars)

L'économie guyanienne a longtemps essentiellement reposé sur l'agriculture (riz, sucre), l'extraction minière (bauxite, or, diamants) et les transferts de la diaspora.

Source : FMI

À la suite d'explorations lancées en 2008, dans le bloc Stabroek, Exxon Mobil a annoncé la découverte d'importants gisements pétroliers en 2015 (champ Liza-1). Selon le Fonds monétaire international (FMI), le Guyana disposerait ainsi des deuxièmes réserves de pétrole par habitant en valeur après le Koweït.

À partir de 2027, l'exploitation des champs Uaru et Whiptail pourrait permettre un doublement de la production actuelle pour atteindre environ 1,2 million de barils par jour.

Ces importantes découvertes de gisements pétroliers en mer et leur mise en exploitation ont profondément bouleversé les perspectives économiques du pays.

En 2023, le PIB réel guyanien a crû de 33 %, après des taux de 62 % en 2022 et 20 % en 2021. Au total, sur la période 2022-2024, la croissance du Guyana a atteint 47 % en moyenne, soit le taux le plus élevé au monde.

Selon le FMI, à l'horizon 2030, le PIB par habitant du Guyana devrait atteindre 50 789 dollars (27e rang mondial alors que le pays occupait le 97e rang en 2015), soit un niveau proche de celui de la moyenne de l'Union européenne (52 629 dollars).

En parité de pouvoir d'achat, le PIB par habitant du Guyana pourrait atteindre 194 723 dollars en 2030 (contre 11 086 dollars en 2015), classant le pays au premier rang mondial (121e place en 2015), devant Singapour, le Luxembourg, Macao ou encore le Qatar.

L'afflux considérable de revenus issus de l'exploitation pétrolière suscite de nombreuses interrogations quant à la gouvernance, aux conséquences écologiques et aux risques liés à la dépendance excessive à la rente pétrolière qualifiée de « maladie hollandaise » (ou de « malédiction des matières premières »), dont a notamment souffert le Venezuela. Néanmoins, selon le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI)7(*), l'économie du Guyana ne présente pour l'instant aucun signe de ce phénomène.

Par ailleurs, sur le modèle de la Norvège, le Guyana s'est doté en 2019 d'un fonds souverain, le Natural Resource Fund (NRF), afin d'éviter que les recettes pétrolières ne soient dilapidées ou captées à des fins particulières, mais au contraire investies dans le développement du pays.

Depuis la mise en exploitation des gisements pétroliers, les autorités guyaniennes se sont fixé comme objectif de faire en sorte que la croissance économique exceptionnelle que connaît le pays bénéficie « à chaque famille guyanienne ». La Banque mondiale observe cependant qu'en dépit de ces avancées, la pauvreté et l'exclusion sociale persistent, notamment dans l'arrière-pays, où l'accès aux services de base reste limité.


* 7 FMI, Staff report for the 2025 article IV consultation with Guyana, 15 avril 2025

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