C. DÉVELOPPER DES STRUCTURES DE COMMANDEMENT EUROPÉENNES SOUPLES POUR FAIRE CONVERGER LES BESOINS DES FORCES

Si un consensus existe en Europe pour préserver les structures de commandement de l'OTAN, l'évolution de la position des États-Unis au sein de l'Alliance incite les Européens à se prendre en mains pour être capables d'agir de manière opérationnelle comme l'illustre la mise en place de la « coalition des volontaires » (« coalition of the willing ») pour permettre à une trentaine de pays de coordonner leurs contributions à une force de paix en Ukraine.

La pérennisation de ce type de structures souples peut aussi permettre de contribuer à faire converger l'expression des besoins et à susciter des partenariats industriels pour y répondre au lieu, comme aujourd'hui, que chaque État définisse ses propres besoins et cherche à y répondre en privilégiant son industrie nationale.

Piste n° 3

Inscrire une dimension capacitaire dans les structures de commandement ad hoc mises en place par les Européens afin d'identifier les besoins, les manques et de susciter à moyen terme des offres conjointes de la part des industriels.

Développer la formation et les entraînements entre les armées européennes afin de favoriser l'interopérabilité et la convergence des besoins capacitaires sur la base des constats de besoins opérationnels.

D. EUROPÉANISER LA CULTURE DE LA BITD FRANÇAISE

Le poids de la BITD française suscite toujours des inquiétudes de la part de nos partenaires compte tenu de la difficulté réelle ou supposée de trouver des accords équilibrés avec les autres industriels européens. Cette situation doit amener les industriels français à repenser leur offre en développant les contreparties industrielles, à davantage prendre en compte la contrainte de l'export dès le lancement des programmes et à accroître leurs investissements dans les autres pays européens afin de devenir des acteurs véritablement européens avec plusieurs marchés domestiques.

Piste n° 4

Envoyer des signaux sur un changement d'attitude de l'industrie de défense française pouvant prendre plusieurs formes : développer les achats européens à l'image de l'acquisition de deux systèmes GlobalEyes auprès de Saab ; poursuivre l'européanisation des chaînes de production en intégrant davantage de fournisseurs européens et accepter de produire dans certains pays européens.

E. REPENSER LES RAPPORTS BITD/BITDE EN FONCTION DES GARANTIES DE SÉCURITÉ POUVANT ÊTRE APPORTÉES AUX ALLIÉS EUROPÉENS

La préférence donnée trop souvent à des matériels américains tient au fait que les pays européens considèrent qu'une « garantie de sécurité » est attachée à ces achats « sur étagère » ou à ces coopérations déséquilibrées.

Le lien opéré explicitement ou implicitement par les États-Unis entre vente de matériels et « garanties de sécurité » doit être clairement évoqué avec nos alliés en toute confiance car il permettrait de mesurer les engagements réciproques et de clarifier les choix pour la sécurité du continent à un moment où l'engagement des États-Unis a changé de nature. Ce dialogue stratégique à mener en particulier avec la Finlande, les Pays baltes, la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie doit également pouvoir s'appuyer sur la remontée en puissance de nos capacités conventionnelles dans la perspective d'un engagement de haute intensité à l'est de l'Europe.

Piste n° 5

L'essor de la BITDE ne peut s'envisager sans poser la question de l'évolution de l'architecture européenne de sécurité et de sa progression vers davantage d'autonomie stratégique.

Dans ce contexte, la nature et le volume de la contribution que la France sera en mesure d'apporter aux garanties de sécurité collective du continent sont des questions de première importance qu'il est indispensable d'interroger.

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