B. UNE NOUVELLE STRUCTURATION DE LA BITDE FONDÉE SUR L'EFFICACITÉ EST NÉCESSAIRE
Dans ces conditions, il apparaît pertinent de porter un regard nouveau sur la BITDE dénué de préjugés et privilégiant l'efficacité en s'inspirant du « principe de subsidiarité » qui a pour effet de privilégier toujours l'acteur le plus proche du terrain quand cela est possible.
Cela reviendrait selon les cas à :
- privilégier les acteurs historiques lorsque les technologies sont maîtrisées par tous les acteurs de marché (munitions, canons, chars, frégates, avions de combat...) ou lorsqu'ils ont atteint la taille critique au niveau européen (Rheinmetall, KNDS, Thales, Leonardo, Eurenco...) afin de produire vite, à moindre coût tout en favorisant l'emploi, la croissance et la réindustrialisation ;
- réserver les coopérations bilatérales ou multilatérales aux projets qui font l'objet d'un accord politique solide et à une répartition des rôles acceptée par tous (programmes A330 MRTT, A400M ou encore CaMo par exemple) ;
- admettre des interdépendances et l'intégration des capacités d'ingénierie et de production, en particulier quand les industriels européens ne sont plus en mesure d'exister individuellement sur le marché mondial (cas des missiles de MBDA ou du rapprochement en cours sur les satellites entre Thales, Leonardo et Airbus) ou dans les technologies émergentes (intelligence artificielle, drones de combat, très haute altitude, cyber, quantique...).
Au niveau français, il convient d'inverser la logique actuelle en privilégiant une approche partant de la demande de nos armées, le cas échéant consolidée au niveau de plusieurs États (logique soutenue par nos partenaires allemands par exemple), à charge pour les industriels d'y répondre en s'organisant librement, plutôt qu'une approche concentrée sur l'offre, pouvant se traduire par des rapprochements forcés d'acteurs nationaux.
De même, la contrainte de l'export, doit être prise en compte dès le lancement des programmes, à l'instar de ce que font nos voisins outre-Rhin.
« L'industrie allemande produit pour le marché avant de produire pour son armée, en France c'est l'inverse. »
Un expert de la défense auditionné