F. ANALYSE ET LIGNES DIRECTRICES POUR UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE DURABLE ET SOCIALEMENT JUSTE
L'intervention de Mme Gabrielle Cathala, au nom du groupe GUE
Le rapport qui nous est présenté rappelle qu'il ne peut y avoir de transition écologique sans justice sociale. Nous ne pouvons imposer des mesures environnementales qui pénalisent les plus précaires. L'écologie ne peut être un luxe réservé à quelques-uns. Elle doit être accessible à toutes et tous. L'écologie doit être populaire. Nous devons veiller à ce que les politiques de transition énergétique n'excluent pas davantage les plus précaires, mais au contraire les protègent et les accompagnent réellement.
La rapporteure, Mme Saskia Kluit, cite favorablement la mise en place de zones à faible émission dans les grandes villes françaises. Je tiens à exprimer ici une divergence, car ce qui est dénoncé, à juste titre, dans ce même rapport, à savoir le risque de mesures écologistes socialement injustes, est précisément ce que nous observons avec la mise en place des ZFE. Celles-ci culpabilisent les propriétaires des véhicules les plus anciens et donc les plus polluants, qui sont bien souvent les populations les plus précaires, pendant que les plus fortunés peuvent continuer à utiliser des SUV. Ce dispositif est socialement injuste dès lors que les mobilités alternatives de transport accessibles ne sont pas effectives ou que le reste à charge pour le remplacement de son véhicule est inatteignable.
La transition écologique doit viser l'essentiel, sortir des énergies fossiles, garantir une énergie propre, stable et accessible, des conditions indispensables à la préservation des droits sociaux fondamentaux. Mais au-delà de l'enjeu social, cette transition vers les énergies renouvelables est aussi une question de souveraineté et de paix. La ruée mondiale vers les ressources rares intensifie les conflits. Faut-il rappeler que l'un des premiers réflexes de Donald Trump pour soutenir l'Ukraine fut d'exiger un accès privilégié à ses terres rares, à ses matériaux rares ? Le lien est clair. Plus les ressources se raréfieront, plus les conflits s'aggraveront.
J'alerte aussi sur une menace croissante sur l'écologie : la montée des extrêmes droites partout en Europe. En France, l'extrême droite s'est alliée à la droite conservatrice permettant de voter un moratoire sur les énergies renouvelables et pour rouvrir la centrale nucléaire de Fessenheim près de la frontière allemande. Heureusement, hier, notre Assemblée nationale a pu rectifier le tir. Mais cela démontre les dangers du climato-scepticisme des droites extrêmes et conservatrices en Europe et dans le monde.
Nous devons faire mieux. Nous devons porter une bifurcation énergétique et écologique ancrée dans la justice sociale, fondée sur la solidarité et à la hauteur de l'urgence écologique.
Merci.