B. LE CONGÉ DE NAISSANCE : LE PARI DE L'ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES
Le deuxième pilier de la relance de la natalité au Portugal porte sur le congé post-naissance. Le pays s'est engagé dans une vaste réforme des congés de naissance avec l'objectif de rééquilibrer l'accompagnement des enfants entre les deux parents dans les premiers mois de leur vie. Le Portugal propose aujourd'hui un des congés de naissance les plus avantageux d'Europe.
Ce congé de naissance se caractérise par une pluralité d'options permettant de concilier au mieux la vie professionnelle et familiale et de favoriser la reprise du travail pour les femmes. Par ailleurs, cette politique ambitieuse permet de retarder l'entrée en crèche, permettant une diminution des coûts.
Le congé de naissance est ainsi construit :
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252 M€ Coût pour la sécurité sociale du congé de naissance initial en 202116(*) |
• Une première option de 120 jours consécutifs indemnisés à 100 % du salaire (moyen calculé sur les six derniers mois). Dans ces 120 jours, la mère doit obligatoirement en prendre 42 (soit 6 semaines) et le père 28 jours (à prendre durant les 42 premiers jours). Si les jours qui restent sont partagés et que le père prend au moins 30 jours de congés exclusifs, alors le couple a le droit à 30 jours supplémentaires soit 150 jours au total.
• Une deuxième option de 150 jours consécutifs indemnisés à 80 % du salaire, avec les mêmes durées minimales entre les deux parents. Toutefois, si les deux parents prennent chacun au moins 30 jours non simultanément (congés exclusifs) durant cette période, alors le couple a le droit à 30 jours supplémentaires, soit 180 jours au total. Ces 180 jours sont indemnisés à 83 % du salaire. Si le père prend 60 jours exclusifs durant cette période de 180 jours, alors l'indemnisation passe à 90 % du salaire.
L'objectif affiché est de récompenser l'engagement du père, notamment à prendre son congé de manière exclusive, afin de permettre à la mère de retrouver une vie professionnelle plus rapidement si elle le souhaite d'une part, et de favoriser la création du lien entre le père et son enfant, d'autre part.
La délégation a pu constater au travers de ses entretiens que l'investissement dans la politique familiale fait l'objet d'un consensus dans la classe politique et au sein de la société portugaise, et que l'effort financier significatif qu'engage le pays dans ces dispositifs est aujourd'hui largement accepté (0,15 % de son PIB pour le congé de naissance, 0,24 % pour la gratuité des crèches). Toutefois, ce soutien massif à une telle politique reste dépendant des choix budgétaires annuels et de l'évolution de la conjoncture économique.
* 16 Commission européenne, Maternity and equivalent paternity benefits in cash, 2024.
