IV. ANTICIPER ET ACCOMPAGNER LA SORTIE DE LA PROTECTION DE L'ENFANCE

La sortie de la protection de l'enfance est trop souvent sèche, brutale et sans filet. Alors même que ces jeunes ont déjà connu l'instabilité et la précarité des placements, il n'est pas envisageable de les laisser livrés à eux-mêmes.

Les rapporteurs souhaitent insister sur la spécificité du retour au domicile des enfants mineurs à l'issue d'un placement. Ces transitions doivent davantage être sécurisées et accompagnées pour éviter le retour dans les dispositifs de la protection de l'enfance.

Face à cela, les rapporteurs soulignent les nombreuses initiatives locales visant à permettre aux jeunes suivis par les services de la protection de l'enfance d'acquérir confiance en eux et autonomie en dépit de leur parcours de vie difficile.

Bonne pratique

Dans le département de la Loire-Atlantique, l'association « Repairs ! 44 » propose à des jeunes âgés de 16 à 21 ans, ayant connu un passage au sein d'un dispositif de l'ASE, de discuter avec des pairs aidants afin de les aider activement dans des démarches ou des situations qui posent des difficultés. Très concrètement, les pairs-aidants constituent un réseau de ressources offrant aux jeunes des solutions lorsque les idées manquent face aux difficultés d'insertion en sortie des dispositifs de la protection de l'enfance.

Recommandation n° 13 : Intégrer davantage, sur l'ensemble du territoire, les associations départementales d'entraide des personnes accueillies en protection de l'enfance et les dispositifs de mentorat dans le parcours des jeunes confiés afin de coconstruire leur trajectoire de vie.

Enfin, des perspectives doivent être offertes à ces jeunes. La possibilité d'envisager des études supérieures, le soutien dans l'accès au logement et enfin, l'amélioration des modalités de restitution du « pécule » lié au versement de l'allocation de rentrée scolaire constituent des impératifs majeurs.

Dès lors, lorsque l'enfant confié devenu adolescent se rapproche de ses 16 ou 17 ans, les services de la protection de l'enfance doivent changer le regard qu'ils portent sur lui, et le voir non plus comme un enfant devant être protégé mais comme un futur adulte qu'il faut accompagner vers l'insertion. L'objectif est de permettre aux jeunes de construire leur autonomie progressivement, tout en limitant les risques de précarisation ou de rupture de parcours.

Recommandation n° 14 : Améliorer l'accompagnement des jeunes majeurs vers l'autonomie en :

- généralisant dans tous les départements les dispositifs d'accompagnement de type « contrat jeune majeur » et en précisant au niveau national le contenu minimal de ce contrat ;

- permettant aux jeunes protégés de s'engager dans des études supérieures lorsque cette orientation est adaptée à leur profil et en valorisant davantage les parcours de réussite dans ces filières.

Bonnes pratiques

- Le programme avenir de l'association IM'Pactes, assure la prolongation du suivi des jeunes sélectionnés après leur majorité. Il apparaît comme une condition indispensable à leur engagement réussi sur la voie d'études supérieures ;

- Le dispositif Maeva (mesures d'accompagnement à l'entrée dans la vie d'adulte), instauré dans le département de la Seine-Maritime, repose sur une contractualisation entre le département et les associations, fondations locales et comités d'action sociale disposant de capacités d'hébergement et d'accompagnement.

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