C. UNE ACTIVITÉ SOUTENUE ET DIVERSIFIÉE

L'activité des forces aériennes de la gendarmerie nationale est soutenue et diversifiée, bien que la mission principale soit la sécurité publique générale. En 2025, elles ont réalisé 15 478 missions et 17 004 heures de vol, soit, schématiquement, un décollage toutes les trente minutes, nuits comprises.

Évolution du nombre d'heures de vol des hélicoptères
de la gendarmerie nationale entre 2019 et 2025

Source : commission des finances, d'après les réponses écrites de la direction générale de la gendarmerie nationale au questionnaire du rapporteur spécial

En 2025, 28 % des heures de vol relevaient de la protection et de l'assistance, 28 % de la préparation opérationnelle, 17 % de la sécurisation et du maintien de l'ordre, 13 % de l'enquête et de l'interpellation, 7 % de l'intervention et de la défense de certaines zones et 7 % du commandement et de la logistique.

Ventilation des heures de vol des hélicoptères
de la gendarmerie nationale par mission, en 2025

(en pourcentage)

Source : commission des finances, d'après les réponses écrites de la direction générale de la gendarmerie nationale au questionnaire du rapporteur spécial

En 2024, s'agissant du secours par exemple, 6 500 personnes ont été secourues et 300 personnes ont été retrouvées. Les hélicoptères de la gendarmerie ont également permis, la même année, la découverte de 3 800 étrangers en situation irrégulière, 360 interpellations et ont localisé 400 véhicules recherchés. En outre, elles ont réalisé 54 missions d'appui-feu. En Nouvelle-Calédonie, dans le contexte des troubles ayant affecté le territoire, vingt missions ont conduit à une prise à partie de l'hélicoptère et de l'équipage.

D. UN PARC AU VIEILLISSEMENT AVANCÉ DONT LA DISPONIBILITÉ OPÉRATIONNELLE CONNAÎT UNE DÉGRADATION PRÉOCCUPANTE

Au 1er janvier 2025, la flotte de la gendarmerie comptait théoriquement 56 hélicoptères : 26 AS350 « Écureuil », 15 EC135 et 15 EC145.

Les AS 350 « Écureuil », qui ne sont pas des appareils spécialisés, équipent essentiellement les unités de plaine et les unités littorales, en métropole, ainsi que les unités ultramarines.

Les EC145 opèrent surtout au profit des unités de montagne de métropole et outre-mer, ainsi qu'à Villacoublay au profit des unités des forces d'intervention spécialisée. Les EC135 sont équipés de caméras très performantes et sont essentiellement dédiés aux missions d'observation, de recherche et de renseignement au profit des forces de sécurité intérieure.

Ces trois flottes présentent toutefois des niveaux d'ancienneté très différents : les hélicoptères Écureuil atteignent un âge moyen très élevé d'environ 40 ans, contre 20 ans pour les EC145 et 17 ans pour les EC135.

Parallèlement, dans le cadre de deux contrats récents26(*), deux hélicoptères de nouvelle génération H145-D3 sont entrés récemment en service opérationnel, remplaçant deux hélicoptères d'ancienne génération. Par ailleurs, un grave accident intervenu en juin 2026 a conduit à la destruction d'un hélicoptère EC135, ramenant cette flotte à 14 exemplaires.

À ce jour, la gendarmerie dispose ainsi théoriquement de 55 hélicoptères. Néanmoins, seule une part du parc d'hélicoptères est effectivement disponible, selon un phénomène classique d'indisponibilité, constaté également au sein des armées27(*).

Le taux de disponibilité technique des AS350 « Écureuil » a ainsi considérablement baissé, de 69,7 % en 2018 à 43,7 % en 2025. Celui des EC145 a reculé de 73,8 % à 66,6 % sur la même période. Les EC135 conservent un niveau plus élevé, mais leur disponibilité est en baisse, de 83,1 % à 72,3 % en 2025.

Évolution du taux de disponibilité des trois principales flottes d'hélicoptères
de la gendarmerie

(en pourcentage)

Source : commission des finances selon les données transmises par la direction générale de la gendarmerie nationale

Dans ces conditions, le nombre d'hélicoptères effectivement disponibles en moyenne annuelle est à ce jour d'environ 34, soit un ratio moyen d'un hélicoptère pour trois départements.

La situation la plus critique concerne les Écureuil. Acquis pour les plus anciens à la fin des années 1970, ils sont confrontés depuis plusieurs années à des phénomènes de corrosion, à la multiplication des arrêts techniques et à la raréfaction de certaines pièces. Huit appareils ont déjà été retirés du service depuis 2021. Leur réforme complète devrait intervenir entre 2028 et 2030.

Les EC145 entrent eux aussi dans une phase d'obsolescence. Très sollicités pour les missions de haute montagne, outre-mer et d'intervention spécialisée, ils subissent des arrêts techniques non programmés plus fréquents et un allongement de leurs visites périodiques. Leur réforme devrait être complète à l'horizon 2033, mais leurs performances se trouvent déjà trop contraintes dans les environnements les plus exigeants. Les difficultés sont particulièrement sensibles en haute montagne. Les effets combinés de l'altitude, de la température, du vent et de la charge réduisent les marges de puissance disponibles, conduisant à limiter l'emport, à multiplier les rotations ou à renoncer à certaines configurations d'intervention, comme le rapporteur spécial a pu le constater lors d'un déplacement à Chamonix. Le changement climatique accentue cette contrainte en dégradant les conditions aérologiques et en réduisant la densité de l'air.

Les EC135 sont quant à eux plus récents, se situant aujourd'hui approximativement à mi-vie, et sont moins exposés à des conditions adverses d'emploi. Leur réforme progressive pourrait débuter à compter de 2035 environ.


* 26 Voir infra.

* 27 Voir notamment le rapport n° 4 (2024-2025), déposé le 2 octobre 2024, fait au nom de la commission des finances, sur le maintien en condition opérationnelle des équipements militaires, Dominique de Legge.

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