V. DES COÛTS DE POSSESSION DES MOYENS AÉRIENS CROISSANTS

À mesure que l'emploi et la sophistication des moyens augmente, leur coût budgétaire croît. Le coût de possession ne se réduit d'ailleurs pas à l'acquisition des vecteurs, puisqu'il comprend notamment les équipements de mission, le maintien en condition opérationnelle, le carburant, les personnels, la formation, les infrastructures et les logiciels.

Le vieillissement des matériels et la coexistence de plusieurs micro-flottes d'hélicoptères exercent également une pression sur les dépenses s'agissant de la gendarmerie nationale.

Si les drones demeurent sensiblement moins coûteux que les aéronefs habités, leur obsolescence rapide impose des renouvellements réguliers, tandis que des dispositifs de lutte anti-drones sont destinés à croître.

A. DES COÛTS D'ACQUISITION ET D'ÉQUIPEMENT SIGNIFICATIFS POUR LES AÉRONEFS HABITÉS

Le coût d'acquisition d'un moyen aérien, qui inclut en général le soutien initial, des formations et des rechanges et outillages, est aujourd'hui élevé. La flotte d'hélicoptères H160 de la gendarmerie en fournit une illustration. Le coût total du contrat d'acquisition est de 229 millions d'euros d'autorisations d'engagement pour dix appareils, dont 208 millions d'euros au titre des hélicoptères et de certains équipements (soit près de 21 millions d'euros par exemplaire)59(*), et environ 20 millions d'euros de formation, de rechanges et d'outillages. Il en va de même des 6 hélicoptères H145-D3, dont le coût est de 95 millions d'euros, dont 87 millions d'euros au titre des hélicoptères (soit environ 15 millions d'euros par exemplaire) et environ 8 millions d'euros au titre des formations et des rechanges et outillages60(*).

En outre, s'y ajoutent souvent des équipements de mission spécifiques aux missions réalisées, eux-mêmes parfois très onéreux : boules optroniques, caméras thermiques, protections balistiques, treuils, dispositifs d'aérocordage, liaisons vidéo et systèmes de détection notamment. Selon les éléments communiqués au rapporteur spécial, certains systèmes de caméra peuvent représenter un coût de 2,5 millions d'euros, et un treuil 500 000 euros.

La mise en service suppose également des dépenses d'infrastructure et de soutien (adaptation des hangars et des ateliers, réseaux sécurisés, équipements de maintenance, stocks initiaux, aménagement des bases, etc.). La construction de la SAG de Lyon-Bron, destinée à accueillir à terme deux H160, a coûté 8,6 millions d'euros, tandis que celle de Lille-Lesquin, équipée d'un H145-D3, a représenté 1,9 million d'euros.

Si le modèle non patrimonial de la police nationale évite un coût d'acquisition aussi élevé que pour une flotte patrimoniale, il ne le supprime pas mais le transfère en partie dans les loyers et les marchés de prestations. En 2025, la location des moyens aériens a représenté 10,8 millions d'euros en crédits de paiement pour la police nationale61(*).


* 59 Financés par les crédits du plan de releance (programme 363 « Compétitivité »).

* 60 Les montants sont indiqués TVA incluse. Deux hélicoptères sont financés par le fonds « Sandhurst », voir infra.

* 61 Selon les éléments transmis par la DEPAFI.

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