B. DES MISSIONS COUVRANT TOUT LE SPECTRE DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE ET DU SECOURS, ET DEVANT RÉPONDRE TANT AUX OPÉRATIONS PLANIFIÉES QU'À LA GESTION DE L'URGENCE
L'emploi des moyens aériens relève de quatre grands segments de missions de sécurité intérieure : sécuriser et maintenir l'ordre, enquêter et interpeller, protéger et assister la population et intervenir et défendre.
Le rôle crucial des moyens aériens dans les outre-mer
Les outre-mer concentrent fréquemment plusieurs de ces missions sur un même territoire. Les moyens aériens participent simultanément à la sécurité publique, au secours, aux missions de souveraineté, à la surveillance maritime, à la lutte contre les trafics et l'immigration irrégulière, ainsi qu'à la gestion de crise. À titre d'illustration, en Guyane, l'hélicoptère peut constituer le seul moyen d'accès ou de ravitaillement de certaines brigades isolées et contribuer à la lutte contre l'orpaillage illégal. Aux Antilles, il participe à la lutte contre le narcotrafic. En Nouvelle-Calédonie, il permet de franchir rapidement un relief qui allonge fortement les déplacements terrestres, difficulté encore accentuée lors des troubles récents.
Source : commission des finances
À cette diversité fonctionnelle s'ajoute une double temporalité. Certaines opérations peuvent être anticipées, comme la sécurisation d'un grand événement, la surveillance programmée d'une zone, certains transports de personnel ou éloignements d'étrangers en situation irrégulière, ou l'entraînement. D'autres doivent être déclenchées sans préavis, comme la poursuite, les disparitions inquiétantes, le secours, les crises ou l'intervention spécialisée. Selon le commandement des forces aériennes de la gendarmerie nationale (COMFAG), environ 70 % des missions héliportées de la gendarmerie ne sont pas planifiées et relèvent de l'urgence. Cette proportion constitue une caractéristique structurante de l'emploi des moyens aériens de sécurité intérieure.
C. UNE CAPACITÉ DE MONTÉE EN PUISSANCE INDISPENSABLE LORS DES CRISES ET DES ÉVÉNEMENTS MAJEURS
Les moyens aériens ne peuvent être dimensionnés à partir de leur seule activité moyenne. Leur utilité tient en effet aussi à leur capacité à absorber, dans des délais courts, un engagement exceptionnel, à l'image des violences urbaines, des attaques terroristes, de catastrophes naturelles, de crises ultramarines ou de la gestion de grands évènements.
Les violences urbaines de 2023 : une mobilisation exceptionnelle des hélicoptères de la gendarmerie au profit des forces de sécurité intérieure
Les violences urbaines de l'été 2023 ont illustré cette exigence de montée en puissance. Selon les éléments communiqués au rapporteur spécial, jusqu'à 17 hélicoptères de la gendarmerie ont été engagés simultanément, pour environ 300 heures de vol réalisées en quelques nuits.
Source : commission des finances
Pour le rapporteur spécial, cette capacité à faire face à l'exceptionnel sans provoquer l'effondrement des capacités quotidiennes doit constituer l'un des critères centraux du dimensionnement des moyens aériens.