D. DES MOYENS AÉRIENS DEVENANT DES SYSTÈMES TECHNOLOGIQUES AVANCÉS, BIEN AU-DELÀ DE LA SEULE PLATEFORME AÉRIENNE
La capacité opérationnelle des moyens aériens ne repose plus aujourd'hui seulement sur les performances de la plateforme aérienne elle-même, mais sur l'association étroite du vecteur, de ses équipements de mission, de ses moyens de communication et des systèmes permettant d'exploiter les informations recueillies.
Peuvent notamment s'ajouter des boules optroniques12(*), des caméras thermiques ou infrarouges, des radios tactiques, des liaisons de données, des équipements de navigation et de protection, des treuils ou des capacités d'aérocordage. Ces équipements représentent d'ailleurs désormais une part croissante du coût des appareils13(*).
E. LA LUTTE ANTI-DRONES, NOUVELLE COMPOSANTE DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE APPELÉE À PRENDRE UNE IMPORTANCE CROISSANTE
La lutte anti-drones ne constitue pas, au sens strict, un moyen aérien employé par les forces de sécurité intérieure. Elle est toutefois devenue indissociable de leur montée en puissance. À mesure que les drones se banalisent dans les usages civils, ils peuvent également être employés de manière imprudente, illicite ou malveillante. Les survols peuvent poursuivre des finalités très diverses, telles que la prise d'images, la livraison d'objets interdits, la perturbation d'une manifestation, le renseignement sur un dispositif de sécurité ou, dans les hypothèses les plus graves, le transport d'une charge dangereuse.
La capacité des forces à utiliser l'espace aérien doit donc désormais s'accompagner de celle d'en maîtriser les menaces. Les besoins se sont élargis en la matière. Initialement mobilisée pour la protection d'événements exceptionnels ou de certaines personnalités, la lutte anti-drones est désormais susceptible de contribuer à la sécurisation des grands rassemblements, des palais nationaux, des aéroports, des établissements pénitentiaires, des infrastructures énergétiques, des sites militaires ou industriels sensibles ou encore des forces engagées en opération.
Elle repose sur une chaîne fonctionnelle associant plusieurs opérations successives : détecter un appareil évoluant dans une zone surveillée ; l'identifier et déterminer, dans la mesure du possible, son opérateur ; le localiser et suivre sa trajectoire ; qualifier la menace au regard de son comportement, de sa charge éventuelle et du site survolé ; enfin, le neutraliser, lorsque la situation, les moyens techniques et le cadre juridique le justifient et le permettent.
* 12 Une boule optronique est un équipement d'observation fixé sur un aéronef pouvant regrouper des caméras et des capteurs.
* 13 Voir infra.