II. HÉLICOPTÈRES, AVIONS, DRONES : DES AÉRONEFS COMPLÉMENTAIRES ET IMPARFAITEMENT SUBSTITUABLES

Aucun vecteur ne répond, à lui seul, à l'ensemble des besoins de sécurité intérieure en matière de moyens aériens.

Si certaines missions d'observation ou de surveillance peuvent être assurées par plusieurs vecteurs, les besoins de mobilité, de treuillage, d'extraction ou d'appui dynamique demeurent largement propres aux aéronefs habités.

A. L'HÉLICOPTÈRE, AÉRONEF POLYVALENT ET CENTRAL POUR L'URGENCE, LA MANoeUVRE ET L'APPUI AUX FORCES AU SOL

Les hélicoptères sont les seuls aéronefs, habités ou non, capables de cumuler, y compris en situation d'urgence, les trois fonctions de projeter ou extraire des personnels, appuyer les unités engagées au sol et renseigner les autorités.

La principale singularité de l'hélicoptère tient à sa verticalité. Il peut décoller et se poser sans infrastructure aéronautique dédiée, demeurer en vol stationnaire et intervenir au plus près du lieu de l'opération.

Cette polyvalence a toutefois un coût et connaît des limites. L'hélicoptère est plus coûteux à acquérir, à équiper et à maintenir que la plupart des drones et, souvent, que l'avion. Son autonomie et son rayon d'action sont plus réduits que ceux d'un avion. Son bruit et sa visibilité peuvent être incompatibles avec certaines missions discrètes. Enfin, ses possibilités d'emploi demeurent tributaires des conditions météorologiques. Sa mise en oeuvre suppose également une organisation lourde, notamment en matière d'effectifs (pilotes, mécaniciens, opérateurs des équipements de mission, maintien des qualifications, stocks de pièces, ateliers, etc.).

B. L'AVION, AÉRONEF DE LONGUE DISTANCE, DE TRANSPORT ET DE SURVEILLANCE ÉTENDUE

Moins polyvalent que l'hélicoptère dans l'intervention de proximité, l'avion présente des avantages déterminants dès lors que la distance, la durée de la mission ou la capacité d'emport deviennent prépondérantes. Son rayon d'action, son autonomie et sa vitesse de transit lui permettent de couvrir des territoires étendus, de demeurer plus longtemps sur une zone de surveillance, d'acheminer rapidement des personnels et du fret et d'opérer en produisant peu de bruits. Son coût horaire est également régulièrement inférieur à celui d'un hélicoptère.

L'avion connaît toutefois des limites qui interdisent d'en faire un substitut général à ce dernier. Même lorsqu'il peut utiliser une piste courte ou sommairement aménagée, il reste dépendant d'une infrastructure aéronautique pour décoller et atterrir. Il ne peut ni demeurer en vol stationnaire, ni déposer des personnels au plus près d'une zone dépourvue de piste, ni réaliser un treuillage ou une extraction. Il est également moins adapté à l'observation de proximité en milieu urbain dense ou au suivi d'une cible évoluant dans un environnement topographiquement contraint.

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