C. UN COÛT DES DRONES ET DES DISPOSITIFS ANTI-DRONES ENCORE MODÉRÉ

1. Les drones

Le coût des drones demeure sans commune mesure avec celui des aéronefs habités. À titre d'illustration, les appareils couramment employés par la préfecture de police présentent ainsi un coût unitaire compris entre 3 000 et 8 000 euros, selon les modèles et leurs équipements, même si leur coût de possession ne se limite pas à l'achat initial, les batteries, hélices, pièces détachées, caméras et autres accessoires augmentant le prix du matériel.

À la différence des hélicoptères et des avions, les drones légers ne nécessitent généralement pas de maintenance lourde. Leur principal enjeu budgétaire réside dans leur obsolescence rapide, la durée de vie de nombreux modèles n'excédant pas quatre ans. La police nationale renouvelle ainsi environ un tiers de son parc tous les trois ans.

Les montants engagés restent au total limités. Pour la police nationale et la préfecture de police, le coût consolidé des drones s'est élevé à environ 6,1 millions d'euros entre 2022 et 2025. Pour la gendarmerie, les acquisitions ont représenté 2,04 millions d'euros en crédits de paiement en 2024, puis 0,91 million d'euros en 2025.

Cette appréciation doit toutefois être nuancée pour les drones les plus avancés. Un appareil de moyenne endurance tel que le DT46 expérimenté par la gendarmerie nationale, doté d'une autonomie de plusieurs heures et de capteurs plus performants, atteint un coût proche d'un million d'euros. Or, ce type de drones pourrait s'imposer en plus grand nombre à l'avenir, éventuellement en substitution de certains aéronefs, à long terme.

2. La lutte anti-drones

Les dépenses consacrées à la lutte anti-drones demeurent également limitées comparées au coût des aéronefs habités.

Pour mémoire, selon la gendarmerie, le coût unitaire d'un fusil brouilleur s'élève à 77 000 euros et celui d'un brouilleur omnidirectionnel à 150 000 euros. Les balises « Infodrone »65(*) représentent un coût de 1 300 euros.

Les investissements de la police nationale ont atteint environ 13,9 millions d'euros entre 2022 et 2026, dont 1,7 million d'euros consacré à la maintenance. Pour la gendarmerie, les acquisitions ont représenté environ 9,4 millions d'euros sur la période 2016-2024. En 2025, 3,1 millions d'euros ont été consommés à ce titre, dont 900 000 euros dédiés à la mise à niveau des capacités des antennes du GIGN et du service central des réseaux et technologies avancées (SCRTA), 600 000 euros au renforcement de la capacité de lutte anti-drones avec l'acquisition de fusils de dernière génération programmables, 300 000 euros au maintien en condition opérationnelle du parc existant, ainsi que 1,3 million d'euros pour l'acquisition de neuf kits. La gendarmerie nationale, qui s'est dotée d'une stratégie de lutte anti-drones intitulée « Stratégie 2025-2030 », prévoit un budget minimum de 2 millions d'euros par an à partir de 2026 en matière de lutte anti-drones pour l'achat annuel de 100 balises Infodrone et de 10 kits de lutte anti-drones, ainsi que de divers équipements associés.

Les dépenses en matière de lutte anti-drones sont appelées à devenir plus significatives et récurrentes. Les systèmes de détection et de neutralisation doivent être régulièrement adaptés à l'évolution des appareils, des fréquences et des protocoles de communication. En outre, leur nombre et leur couverture territoriale demeurent encore nettement insuffisant au regard des menaces66(*).


* 65 Infodrone est un programme interministériel développé par l'ANFSI. Il permet l'identification des drones grâce au signalement électronique en temps réel (transmission du numéro du drone et des données de vol via Wi-Fi).

* 66 Voir supra.

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