C. UN RETARD ORIGINEL FRANÇAIS QUI PEINE À ÊTRE COMBLÉ
1. Un virage pris tardivement
Dès 20176(*), dans un rapport consacré aux drones d'observation et aux drones armés, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées estimait que les drones constituaient un enjeu majeur de souveraineté militaire. Elle relevait alors que « la France, à l'instar des autres pays européens, a[vait] pour une large part manqué le tournant décisif des drones » et appelait, avec clairvoyance, à « gagner le pari des drones européens », « renforcer toutes les capacités en drones » et « armer les drones français ».
Les débats relatifs à l'armement des drones constituent une bonne illustration de la prudence française longtemps entretenue vis-à-vis des drones. Notre pays a en effet longuement hésité à armer ses drones MALE, en partie pour des raisons juridiques et éthiques, en partie par prudence stratégique. Ses Reaper ont ainsi initialement été acquis dans une configuration purement ISR. Ce n'est qu'en 2019 que les drones MALE français sont armés et les premiers Reaper armés ne sont déployés au Sahel qu'à partir de 2021.
Aujourd'hui, la question n'est évidemment plus celle de l'armement des drones, désormais considérée comme une évidence, mais celle de la diffusion massive de ces équipements dans l'ensemble des composantes des forces armées.
Comme l'a indiqué l'état-major de l'armée de Terre dans ses réponses au questionnaire des rapporteurs, « la dronisation constitue de fait une véritable révolution tactique qui est aussi culturelle ». Les drones ne constituent plus une capacité venant compléter les moyens traditionnels, mais un élément structurant de toute opération.
Force est cependant de constater que cette acculturation n'est que très progressive. À titre d'exemple, s'agissant de l'emploi des munitions téléopérées, seul un premier document de réflexion exploratoire a été rédigé en 2024.
2. Une montée en puissance engagée, mais des volumes encore insuffisants pour atteindre une véritable masse critique
Si les armées françaises ont engagé depuis plusieurs années un effort de renforcement de leurs capacités dans le domaine des drones, les volumes actuellement en dotation (quelques milliers) ne permettent pas d'atteindre une véritable « masse critique ». Celle-ci doit être entendu comme un volume suffisant afin de permettre :
- d'absorber le « premier choc » d'un engagement de haute intensité ;
- de faire face à une attrition au-delà du premier engagement grâce à une industrie capable de monter rapidement en cadence ;
- un entraînement dans des conditions suffisamment proches du réel et impliquant par conséquent un risque de destruction d'équipements.
À cet égard, la signature du « Pacte drones » en 2024, qui vise à accélérer le développement des capacités nationales dans les domaines des drones et de la lutte anti-drones tout en renforçant la souveraineté industrielle européenne, notamment à travers la relocalisation ou la sécurisation de certaines chaînes d'approvisionnement critiques, traduit une prise de conscience bienvenue de ces enjeux. Il a notamment permis un rapprochement entre opérationnels et industriels permettant de faire émerger des solutions répondant au mieux aux besoins des forces.
Malgré ces avancées, les volumes actuellement produits et livrés demeurent sans commune mesure avec ceux observés dans les conflits de haute intensité. À titre d'illustration, dans le cadre de l'exercice Orion 2026, 1 000 drones ont été commandés à la société Harmattan AI7(*). Environ 10 000 drones devraient par ailleurs être livrés au cours de l'année 2026, dont près de la moitié sous la forme de MTO.
Ce constat n'est d'ailleurs pas propre à la France. Plusieurs partenaires européens, notamment l'Allemagne et le Royaume-Uni, sont confrontés à des difficultés comparables pour adapter leur appareil industriel et leurs formats d'armée à l'essor des systèmes sans équipage. Toutefois, l'écart apparaît plus marqué avec des pays comme les États-Unis, la Turquie, la Chine, la Russie ou l'Iran.
Dans les domaines terrestre et naval, les armées françaises demeurent encore dans une phase de développement, d'expérimentation et de maturation capacitaire.
S'agissant de la robotique terrestre, les travaux engagés par l'Agence de l'innovation de défense (AID) s'articulent principalement autour de quatre axes : la navigation autonome et résiliente, les architectures de systèmes, l'autonomie décisionnelle et la coopération entre plateformes. L'objectif est de préparer l'émergence de futurs systèmes robotisés capables d'évoluer de manière autonome ou semi-autonome dans des environnements complexes.
Le challenge MOBILEX, conduit conjointement par l'AID, l'Agence nationale de la recherche, le Centre national d'études spatiales (CNES) et l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT), illustre cette démarche. Il vise à faire progresser l'autonomie des véhicules terrestres en environnement non structuré, domaine dans lequel les capacités françaises demeurent encore limitées. L'ambition du programme dépasse d'ailleurs le seul cadre militaire puisqu'il s'agit, à terme, de disposer des briques technologiques nécessaires à la conception de véritables pilotes automatiques pour véhicules terrestres.
D'autres initiatives, telles que le démonstrateur DROID (Démonstrateur de robot tactique terrestre polyvalent armé) ou le projet PENDRAGON (cf. infra), piloté conjointement par l'Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense (AMIAD) et le Commandement du combat futur (CCF), s'inscrivent dans la même logique.
La situation est globalement comparable dans le domaine naval. La dronisation des capacités de surface et sous-marines fait l'objet de travaux engagés depuis plusieurs années, qui se sont accélérés récemment dans le cadre des programmes de système de lutte anti-mines futur (SLAMF), de maîtrise des fonds marins (MFM) ou de capacité hydro-océanographique future (CHOF), ainsi que plusieurs projets de recherche et technologie, dont le démonstrateur UCUV (Unmanned Combat Underwater Vehicle).
La Marine nationale multiplie en outre les expérimentations dans ce domaine. Les exercices Robotic Experimentation and Prototyping using Maritime Uncrewed Systems (REPMUS) ou encore le Dronathlon organisé en 2024 avec le soutien de l'AID ont ainsi permis d'évaluer simultanément des drones aériens, de surface et sous-marins afin d'étudier leur emploi coordonné au sein d'un même dispositif opérationnel. Ces travaux contribuent à préciser les concepts d'emploi et les besoins futurs des forces.
Le partenariat d'innovation DANAE participe de cette même dynamique. Lancé fin 2025, il vise à développer une solution souveraine reposant sur un drone de surface autonome susceptible d'assurer des missions d'escorte de navires ou de protection portuaire. Sept groupements industriels français ont été retenus dans le cadre de la phase 1 et trois pour la phase 2. La livraison des premières capacités devrait intervenir dans le courant de l'année 2028.
Au total, si ces différentes initiatives vont incontestablement dans le bon sens, celles-ci visent cependant moins à mettre en service des capacités immédiates qu'à préparer les concepts, les architectures et les technologies qui pourraient équiper les armées au cours de la prochaine décennie. Il faut désormais franchir une nouvelle étape et changer d'échelle. Face à l'accélération des transformations du champ de bataille, un investissement plus massif dans les drones et les systèmes robotisés est indispensable pour doter les armées françaises de capacités en nombre suffisant, capables d'absorber l'attrition, de conserver l'initiative et de garantir leur supériorité opérationnelle (cf. infra).
3. Des retards capacitaires encore patents
En dépit des efforts engagés au cours des dernières années dans le domaine des drones, nos armées font face à plusieurs manques capacitaires qu'il convient de combler.
Le premier concerne les drones d'appui dans la profondeur. Les difficultés rencontrées par le programme Patroller, qui devait répondre au besoin de renseignement au niveau du corps d'armée, avec une capacité d'action au-delà de 150 kilomètres, conduisent aujourd'hui les armées à rechercher des solutions palliatives, susceptibles d'être mises en service rapidement et d'évoluer dans le temps (cf. infra). À court terme, des acquisitions sur étagère de drones européens sont envisagées afin de renforcer une capacité dont les forces ne disposent plus dans des conditions pleinement satisfaisantes.
Le deuxième porte sur les drones d'appui tactique, destinés notamment au niveau divisionnaire. Ces systèmes, de format plus réduit et disposant d'une allonge moindre que les drones de théâtre, sont pourtant indispensables pour assurer la continuité du renseignement et de l'appui aux feux entre les unités de contact et les échelons supérieurs.
Le troisième concerne les munitions téléopérées. Les premières capacités doivent arriver en 2026, mais elles ne permettront pas encore d'atteindre les volumes requis par un conflit de haute intensité.
Au-delà de ces segments capacitaires, la France doit être en mesure de produire en masse des drones d'appui du fantassin à faible coût, comme cela a pu être expérimenté avec la commande de 1 000 drones d'entrainement en vue de l'exercice Orion 2026, et de les mettre en oeuvre de façon coordonnée (vol en essaim).
Par ailleurs, à l'horizon 2035, la France devra remplacer sa flotte de MQ-9 Reaper par une capacité MALE de nouvelle génération. La démarche dite « MALE de théâtre souverain », engagée par la DGA, doit permettre de faire monter en compétence la filière industrielle nationale sur ce segment stratégique.
Enfin, et au-delà des plateformes, il faut progresser rapidement sur le sujet de l'intégration numérique des drones dans les systèmes de commandement et de contrôle (déconfliction des espaces aériens, ciblage, partage de la donnée produite, rôle de l'intelligence artificielle).
4. Un défi en matière de ressources humaines : former et fidéliser les télépilotes
Lors de leur audition8(*), Olivier Dujardin et Lauraline Maniglier ont souligné que les armées ne disposaient pas encore d'un nombre suffisant de personnels formés au pilotage des drones et à la lutte anti-drones. Plus largement, ils ont observé que de nombreuses unités demeuraient insuffisamment acculturées à l'emploi massif des drones et à la menace qu'ils représentent désormais sur le champ de bataille. Cette situation limite encore leur pleine intégration dans la préparation opérationnelle et les entraînements.
Le premier défi est celui de la massification des compétences. Les conflits récents montrent que les drones ne constituent plus une capacité spécialisée réservée à quelques unités dédiées. Ils tendent au contraire à devenir un équipement courant du combattant. Les armées devront ainsi être en mesure de former plusieurs milliers de télépilotes pour les drones de contact, tout en maintenant un niveau élevé d'expertise sur les systèmes plus complexes de renseignement, d'appui tactique ou de théâtre.
Pour les drones d'appui tactique, l'enjeu est différent. La multiplication des systèmes et la sophistication croissante des équipements nécessitent des formations plus longues et plus spécialisées, alors même que les effectifs dédiés demeurent limités. Les armées doivent ainsi trouver un équilibre entre augmentation des volumes de formation et maintien d'un haut niveau de qualification.
Formations dispensées aux opérateurs de drones dans les trois armées
Armée de Terre :
Pour les drones du combattant :
• Formation à l'École des Drones (EDD) de Chaumont, laquelle dispose de la plus grande salle d'entraînement aux drones de combat d'Europe, pour les instructeurs drones avec 1 semaine de formation théorique et 1 semaine de conduite d'un stage moniteur.
• Formation des moniteurs et télépilotes en régiment.
Pour des drones d'appui tactique :
• Formation à l'EDD des chefs d'équipes et des télépilotes. Le reste est formé en régiment (aide-télépilotes). Travail actuel sur l'augmentation du flux de formation et la fongibilité avec d'autres types de drones (logique du « delta learning » de l'ALAT).
Pour les drones d'appui dans la profondeur ;
• Ingénierie de formation en cours d'élaboration en vue de l'arrivée de l'AR5.
• Équipe en cours de formation au Portugal.
Mutualisation :
• Contacts de l'EDD avec le centre de formation de la Marine nationale et les gendarmes sur DT46.
• Forte sollicitation des pays étrangers.
Plusieurs formations drones ouvertes à toutes les spécialités dont certaines relèvent spécifiquement du domaine renseignement. Une partie d'entre elles est ouverte à l'interarmées.
Marine nationale :
1. Formation théorique basique (Marine)
2. Formation théorique approfondie (Marine)
3. Formation pratique à chaque drone (Marine/Indus)
4. Internalisation en cours des formations pratiques SMDM et SDAM
Formations théoriques bientôt disponibles en enseignement à distance.
Mutualisation recherchée avec AdT pour formations drones FPV.
Armée de l'Air et de l'Espace :
L'armée de l'Air et de l'Espace distingue, parmi les opérateurs de drones, les pilotes à distance (PAD) et les télépilotes.
Le PAD suit une formation pendant 20 mois (Formation militaire initiale / Formation militaire générale de l'officier, formation aéronautique et Centre d'Instruction, de Formation et d'Expertise Drones). À l'issue de cette formation, lui est attribué le brevet militaire de pilote d'avion de 2e degré (similaire au brevet des pilotes de chasse ou de transport) avec une spécialisation « à distance », conformément à l'instruction n° 73/ARM/DRH-AAE/SDEPRH-HEM/BPRH-CA fixant les conditions d'attribution des brevets militaire de pilote d'avion 2e degré.
En janvier 2026, il a été décidé conjointement par la Sous-direction des écoles et formation (DRHAAE) et la Brigade aérienne de l'aviation de chasse (EMAAE) que les Escadrons de Surveillance, de Reconnaissance et d'Attaque (ESRA) seraient dorénavant responsables de la formation au vol inhabité à l'issue de la phase de formation à l'École de formation du personnel navigant (EFPN), pour la partie vol habité.
Enfin, les PAD, dont la spécialité 1190 fait partie du corps du personnel navigant (PN), réalisent des vols sur aéronef SR-22, à Cognac, à hauteur de 40 heures annuelles.
Pour les télépilotes de drones, la formation se décompose en une formation basique opérée par le CIFED et en une formation à la mise en oeuvre tactique, effectuée en unité.
Source : état-major des armées
Les possibilités de mutualisation entre armées sont par ailleurs limitées. Chaque armée demeure autorité d'emploi de ses systèmes et dispose d'organisations, de doctrines et d'équipements distincts. Les différences entre matériels expliquent notamment les difficultés rencontrées pour mettre en place des formations communes sur les drones du combattant. Des rapprochements existent néanmoins. Ainsi, la gendarmerie nationale, désormais équipée de drones DT46, bénéficiera prochainement de formations dispensées par l'École des drones. De même, l'armée de Terre assure déjà des formations au profit de plusieurs organismes relevant du ministère des armées, notamment la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD), le service de l'énergie opérationnelle ou encore l'Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense.
Au-delà de la formation, la question du recrutement et de la fidélisation constitue un enjeu majeur.
Dans ses réponses au questionnaire des rapporteurs, l'état-major des armées souligne qu'à ce jour, l'armée de Terre dispose d'un nombre satisfaisant d'opérateurs, répartis entre trois grandes catégories :
- les opérateurs de drones de théâtre, principalement issus du 61e régiment d'artillerie, suivent une formation longue, partiellement réalisée dans le secteur civil, ce qui justifie des efforts particuliers de fidélisation ;
- les opérateurs de drones d'appui tactique, qu'il s'agisse des systèmes SMDR ou DT46, doivent quant à eux maintenir des compétences techniques de plus en plus spécialisées à mesure que les systèmes évoluent ;
- les opérateurs de drones du combattant constituent désormais la majorité des effectifs concernés. Pour eux, le télépilotage représente une compétence complémentaire à leur spécialité principale. Le principal défi consiste à massifier ces compétences tout en assurant leur renouvellement régulier.
L'armée de Terre a d'ores et déjà mis en place plusieurs dispositifs destinés à renforcer l'attractivité de ces spécialités. Les titulaires de certaines qualifications drones bénéficient ainsi d'une prime de compétence spécifique, tandis que les sous-officiers expérimentés de la spécialité « systèmes de drones tactiques » peuvent percevoir une prime de lien au service pouvant atteindre 15 000 euros.
La Marine nationale fait face à des problématiques comparables. Elle dispose aujourd'hui de plus d'une centaine d'opérateurs, tous types de drones confondus. Si les drones de contact peuvent être mis en oeuvre par de nombreux personnels, les drones tactiques et MALE requièrent des profils plus spécialisés, principalement des officiers et officiers mariniers disposant de solides compétences aéronautiques et tactiques. L'augmentation rapide des besoins capacitaires fait désormais peser une pression croissante sur les capacités de recrutement et de formation. La fidélisation constitue également un enjeu important dans un contexte où les compétences acquises sont également recherchées dans le secteur civil.
L'armée de l'Air et de l'Espace poursuit également la montée en puissance de sa filière dédiée. La fonction de pilote à distance (PAD) constitue désormais une spécialité identifiée, distincte des autres parcours de personnel navigant. Depuis 2025, le recrutement fait l'objet d'une sélection spécifique, adaptée aux exigences propres du métier. Cette évolution vise notamment à faire du pilotage de drones un choix de carrière à part entière et non plus une simple réorientation professionnelle. Les pilotes à distance bénéficient des dispositifs indemnitaires applicables aux personnels navigants, notamment des primes de compétences spécifiques et, pour certaines catégories, de primes de lien au service.
Face à ces défis, Olivier Dujardin et Lauraline Maniglier ont suggéré d'explorer de nouvelles formes d'organisation. À cet égard, la création d'une réserve spécialisée dans les drones et la lutte anti-drones pourrait constituer une piste intéressante.
Inspirée d'unités spécialisées existantes, cette structure pourrait servir de laboratoire d'expérimentation et d'innovation. Elle permettrait de mobiliser des compétences issues du monde civil dans des domaines tels que le télépilotage, l'électronique, le développement logiciel ou l'impression 3D. Elle offrirait également un cadre à l'expérimentation rapide de nouveaux matériels et à la production de retours d'expérience directement exploitables par les forces.
Une telle structure ne saurait toutefois se substituer aux unités opérationnelles d'active. Son intérêt résiderait plutôt dans sa capacité à constituer un vivier de compétences complémentaires, capable d'alimenter en permanence la réflexion doctrinale, l'innovation et l'adaptation des armées dans un domaine qui se caractérise par une évolution technologique particulièrement rapide.
Recommandation : constituer une réserve spécialisée dans les drones, la lutte anti-drones et l'intelligence artificielle afin de mobiliser rapidement les compétences disponibles dans la société civile.
* 6 Drones d'observation et drones armés : un enjeu de souveraineté, rapport d'information n° 559 (2016-2017) de MM. Cédric PERRIN, Gilbert ROGER, Jean-Marie BOCKEL et Raymond VALL, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, déposé le 23 mai 2017.
* 7 5 000 drones supplémentaires ont été commandés à cette même société en juin 2026, lesquels devraient être livrés en début d'année 2027.
* 8 Audition du 28 avril 2026.