B. VERS UNE AUTOMATISATION TOUJOURS PLUS POUSSÉE DES SYSTÈMES D'ARMES
La France est historiquement opposée à l'utilisation des systèmes d'armes létaux autonomes (SALA). Si cette approche est partagée par plusieurs partenaires européens, ni certains de nos alliés ni nos compétiteurs ne renoncent aux travaux de recherche visant à accroître l'automatisation des systèmes.
Le maintien du contrôle humain ne doit pas conduire à imposer des contraintes incompatibles avec les réalités opérationnelles ou susceptibles d'entraîner un déclassement technologique de la France face à des compétiteurs moins restrictifs.
La France doit en effet être en mesure de répondre à l'évolution du champ de bataille et de faire face à des menaces, drones notamment, dont la vitesse ou le volume d'action pourrait dépasser les capacités de réaction exclusivement humaines. Les rapporteurs considèrent dès lors qu'il ne convient de s'interdire aucun champ de recherche dans une perspective défensive.
L'usage de la notion de « systèmes d'armes létaux intégrant de l'autonomie » (SALIA) traduit déjà cette évolution. Ces systèmes demeurent placés sous l'autorité d'une chaîne de commandement humaine et les fonctions autonomes interviennent dans un cadre préalablement fixé par l'autorité humaine. Dans cette logique, l'opérateur n'est plus nécessairement « dans la boucle », c'est-à-dire directement impliqué dans chaque décision d'engagement, mais demeure « sur la boucle » en définissant ex ante les conditions d'exercice de l'autonomie. Dans les faits, les SALIA existent déjà : une fois lancés, les missiles de type « tire et oublie » ne peuvent plus être redirigés ni voir leur cible modifiée.
Cette mise à jour doctrinale est d'autant plus nécessaire que, dans l'hypothèse d'affrontements entre systèmes autonomes, la notion de létalité n'a plus de sens.