IV. LA FRANCE NE DOIT PAS PASSER À CÔTÉ DE LA GUERRE DU FUTUR
A. UNE PRÉPARATION ENCORE LARGEMENT ORIENTÉE VERS LES CONFLITS D'HIER
Selon l'état-major de l'armée de
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Si le XXe siècle a été le siècle de mécanisation de la guerre, le XXIe sera celui de la robotisation. |
Terre, si le XXe siècle a été celui de la mécanisation de la guerre, le XXIe siècle sera celui de sa robotisation. Celle-ci repose sur l'emploi massif de drones et de robots dotés d'une autonomie croissante, parallèlement à l'émergence de dispositifs de défense et de contre-mesures également de plus en plus automatisés.
Or cette transformation n'est pas encore vue comme une priorité de notre modèle d'armée. Les initiatives engagées dans les domaines des drones, de la LAD et de l'IA demeurent largement conduites de manière sectorielle.
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Seuls 3,2 % des 15,1 Mds€ obtenus par la France dans le cadre de SAFE seront consacrés aux drones. |
Cette dispersion donne le sentiment d'une juxtaposition de briques technologiques dépourvue d'une vision d'ensemble clairement définie. Pourtant, ces investissements ne devraient pas être considérés isolément, mais comme les composantes d'un projet cohérent visant à préparer les armées françaises à des conflits dans lesquels la robotisation et l'autonomie des systèmes occuperont une place centrale.
Par ailleurs, sur les 15,1 Mds€ obtenus par la France dans le cadre du dispositif européen SAFE, seuls 490 M€ seront consacrés aux drones et aucun crédit n'est prévu en faveur de la LAD ou de l'IA.
B. LA LPM 24-30 ET SON ACTUALISATION TRADUISENT CE MANQUE D'ANTICIPATION ET DE VISION
La loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030 prévoyait initialement une enveloppe de 5 Mds€ consacrée aux drones, soit 1,25 % de ses crédits. Ce niveau d'effort apparaît modeste au regard du rôle désormais joué par les drones dans les conflits.
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Seuls 1,25 % des crédits de la LPM 24-30 sont consacrés aux drones (1,92 % avec l'actualisation) alors que les drones sont responsables de 80 % des pertes russes en Ukraine |
En outre, près de 90 % des crédits programmés pour les drones étaient destinés à quelques grands programmes - drone MALE (moyenne altitude et longue endurance) européen, drone de combat, système de lutte anti-mines marines futur ou encore système de drone tactique (SDT) - plutôt qu'au développement de capacités consommables ou massifiables.
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Seuls 28 % des crédits de paiement du patch « drones » ont été consommés |
Le rythme d'exécution de cette programmation apparaît par ailleurs lent : seuls 28 % des crédits prévus ont été consommés entre 2024 et 2026.
L'actualisation de la LPM a porté l'effort global à 8,4 Mds€, soit 1,92 % des crédits consacrés à la défense sur la période. Cette révision prévoit notamment le renforcement des capacités de drones tactiques, le développement de capacités navales sans équipage, l'équipement des bâtiments de la Marine nationale en drones embarqués ainsi que la préparation du remplacement des MQ-9 Reaper par une capacité souveraine de drones MALE.
Considérant cet effort encore insuffisant, le Sénat a adopté plusieurs dispositions visant à renforcer les capacités françaises dans ce domaine. Celles-ci portent notamment sur :
· le développement de drones sous-marins de longue endurance ;
· la reconnaissance des drones d'interception comme catégorie capacitaire à part entière, afin d'éviter qu'ils ne soient assimilés aux dispositifs traditionnels de LAD ou aux munitions ;
· le développement de drones accompagnateurs du Rafale ;
· la création d'un catalogue de drones de confiance afin de simplifier les acquisitions de ces équipements ;
· le doublement des objectifs d'acquisition de drones tactiques et de drones tactiques légers à l'horizon 2035.
Malgré les avancées obtenues par le Sénat dans le cadre de l'actualisation de la LPM, le changement d'échelle nécessaire n'est pas encore engagé. Les rapporteurs estiment par conséquent que la prochaine programmation militaire devra placer la robotisation, les drones et l'IA au coeur de la transformation des armées.