M. Christopher Szczurek. Le programme 345 « Service public de l’énergie » comporte, pour l’année 2026, un soutien de 7,25 milliards d’euros aux énergies renouvelables électriques en métropole continentale ; cela inclut l’éolien, le photovoltaïque et les énergies fatales d’une manière générale. Ce montant est en augmentation de 65 % par rapport à 2025.
Il est toutefois nécessaire de s’interroger sur l’opportunité de maintenir un tel soutien financier à ces énergies dites intermittentes. Ces filières ont un coût très élevé pour les finances publiques, sans garantir, à court terme, une production d’électricité stable, fiable et compétitive.
Au regard de ces enjeux, nous proposons par cet amendement une suppression totale de ces crédits, afin de réorienter la politique énergétique vers des filières plus fiables, décarbonées et compétitives, comme l’est à l’évidence le nucléaire.
On allégerait ainsi la charge financière pesant à la fois sur le contribuable et sur l’usager, tout en assurant une véritable transition énergétique, plus cohérente et mieux maîtrisée.
Mme la présidente. L’amendement n° II-1494 rectifié quater, présenté par MM. V. Louault, Brault, Chasseing, Bacci, Maurey, Wattebled, Houpert, A. Marc et Cambier, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
||||
Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
+ |
- |
+ |
- |
|
Infrastructures et services de transports |
||||
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
||||
Paysages, eau et biodiversité |
||||
Expertise, information géographique et météorologie |
||||
Prévention des risques |
||||
Énergie, climat et après-mines |
||||
Service public de l’énergie |
2 852 339 419 |
2 852 339 419 |
||
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
||||
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
||||
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
||||
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
||||
TOTAL |
2 852 339 419 |
2 852 339 419 |
||
SOLDE |
- 2 852 339 419 |
- 2 852 339 419 |
||
La parole est à M. Vincent Louault.
M. Vincent Louault. Mes chers collègues, je vous propose la suppression de l’augmentation des crédits alloués aux énergies renouvelables au sein du programme 345, et ce d’abord par souci de transparence.
En première partie de ce PLF, nous avons voté la suppression de l’article 42, ce dont je vous remercie, mes chers collègues. Cet article, comme je le relevais alors, revenait à dissimuler 2,6 milliards d’euros relevant des actions 10, 11 et 12 de ce programme en prélevant cette somme sur les accises pesant sur les carburants. Je vous propose donc, dans la continuité de la suppression de cet article, une réduction de crédits de 2,85 milliards d’euros.
J’ai bien noté que Mme le rapporteur spécial entendait rétablir les crédits correspondant au dispositif de l’article 42. La diminution de 2,8 milliards d’euros que je propose sera ainsi compensée à hauteur de 1,1 milliard d’euros par les crédits que nous rétablirons tout à l’heure – je soutiendrai cet amendement. La réduction nette de crédits s’élèvera donc à 1,7 milliard d’euros.
Mme la présidente. L’amendement n° II-1630 rectifié, présenté par Mmes Pluchet et Muller-Bronn, M. de Nicolaÿ, Mme Lassarade, MM. H. Leroy, Khalifé, Panunzi, Mizzon et Houpert, Mmes Dumont, Gosselin et Bellamy et M. Grosperrin, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
||||
Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
+ |
- |
+ |
- |
|
Infrastructures et services de transports |
||||
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
||||
Paysages, eau et biodiversité |
||||
Expertise, information géographique et météorologie |
||||
Prévention des risques |
||||
Énergie, climat et après-mines |
||||
Service public de l’énergie |
2 800 000 000 |
2 800 000 000 |
||
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
||||
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
||||
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
||||
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
||||
TOTAL |
2 800 000 000 |
2 800 000 000 |
||
SOLDE |
- 2 800 000 000 |
- 2 800 000 000 |
||
La parole est à Mme Kristina Pluchet.
Mme Kristina Pluchet. Adopter cet amendement constituera la première étape d’un nécessaire sursaut de lucidité. Il vise à annuler l’augmentation de crédits de 2,8 milliards d’euros destinée à soutenir l’éolien et le solaire intermittent en 2026. Je défendrai tout à l’heure un autre amendement tendant à éteindre juridiquement le droit de tirage des promoteurs.
Pourquoi ces propositions ? Parce que nous ne pouvons plus feindre d’ignorer la réalité !
L’Espagne a subi en 2025 un blackout majeur, causé par un réseau saturé d’intermittences.
M. Ronan Dantec. Non !
Mme Kristina Pluchet. En France, le rapport remis à EDF par l’amiral Casabianca conclut explicitement que la prolifération désordonnée d’énergies intermittentes déstabilise nos réacteurs, impose des modulations contraires à la sûreté et fragilise l’ensemble du système.
Financer l’intermittence revient donc à financer le risque, et ce au profit de filières que l’on nous présente désormais comme matures et compétitives, au point que même France 2 leur a consacré des reportages triomphants. Si elles sont si compétitives, elles doivent vivre sans subventions !
Les Français, eux, n’ont pas ce luxe et ne pourraient pas supporter une nouvelle hausse du prix de l’électricité.
M. Laurent Somon. Bravo !
Mme Kristina Pluchet. Alors que l’État n’a plus un sou vaillant, peut-il continuer à arroser de milliards d’euros des filières plus que rentables ?
En adoptant cet amendement, nous couperons le courant d’un système qui n’a plus de sens ! (Bravo ! sur des travées du groupe Les Républicains.)
Mme la présidente. L’amendement n° II-720, présenté par MM. Szczurek, Hochart et Durox, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
||||
Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
+ |
- |
+ |
- |
|
Infrastructures et services de transports |
|
|
|
|
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
|
|
|
|
Paysages, eau et biodiversité |
|
|
|
|
Expertise, information géographique et météorologie |
|
|
|
|
Prévention des risques |
|
|
|
|
Énergie, climat et après-mines |
|
|
|
|
Service public de l’énergie |
|
892 570 680 |
|
892 570 680 |
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
|
|
|
|
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
|
|
|
|
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
|
|
|
|
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
|
|
|
|
TOTAL |
|
892 570 680 |
|
892 570 680 |
SOLDE |
- 892 570 680 |
- 892 570 680 |
||
La parole est à M. Christopher Szczurek.
M. Christopher Szczurek. Cet amendement vise à supprimer l’intégralité des crédits destinés à l’éolien en mer au sein de l’action n° 09 « Soutien aux énergies renouvelables électriques en métropole continentale » du programme 345.
L’installation de parcs éoliens offshore entraîne la création de zones interdites ou restreintes à la pêche, excluant les professionnels de leurs zones de travail traditionnelles. Elle met ainsi en péril la viabilité économique de nombreuses flottilles artisanales et côtières.
Ces interdictions d’accès, qui s’étendent souvent sur plusieurs dizaines de kilomètres, réduisent d’autant la ressource disponible et accentuent la concurrence entre pêcheurs sur des espaces restreints.
Cet amendement s’inscrit donc dans une démarche de protection du littoral, de la biodiversité et des activités maritimes traditionnelles – il s’agit en particulier de soutenir la pêche, un secteur essentiel à l’économie et à la culture maritime françaises.
Un moratoire est indispensable afin de suspendre le développement de l’éolien en mer dans l’attente d’une évaluation indépendante et transparente de ses conséquences économiques et environnementales réelles.
Mme la présidente. L’amendement n° II-719, présenté par MM. Szczurek, Durox et Hochart, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
||||
Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
+ |
- |
+ |
- |
|
Infrastructures et services de transports |
|
|
|
|
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
|
|
|
|
Paysages, eau et biodiversité |
|
|
|
|
Expertise, information géographique et météorologie |
|
|
|
|
Prévention des risques |
|
|
|
|
Énergie, climat et après-mines |
|
669 428 010 |
|
669 428 010 |
Service public de l’énergie |
|
|
|
|
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
|
|
|
|
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
|
|
|
|
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
|
|
|
|
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
|
|
|
|
TOTAL |
|
669 428 010 |
|
669 428 010 |
SOLDE |
- 669 428 010 |
- 669 428 010 |
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La parole est à M. Christopher Szczurek.
M. Christopher Szczurek. Il est défendu, madame la présidente.
Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Monsieur Szczurek, l’amendement n° II-719 est inopérant, car il vise un programme budgétaire erroné : le programme 174 contient certes des crédits destinés à l’éolien, mais leur montant est bien inférieur à votre estimation, car ils ne financent que des études. Je vous invite donc à le retirer.
En réponse à votre interrogation sur la pêche, l’Office français de la biodiversité (OFB) comporte un observatoire des conséquences de l’éolien qui s’intéresse notamment aux zones de réserve de la ressource halieutique constituées lors de la création de chaque parc éolien en mer.
Sur le fond, la commission a émis un avis défavorable sur l’ensemble de ces amendements, car, si nous les adoptions, nous reviendrions sur la parole de l’État.
Les crédits qu’ils tendent à supprimer correspondent en effet à des contrats signés, par lesquels l’État s’est engagé financièrement pour une durée de vingt ans. Nous débattrons de l’avenir de cette filière dans la soirée et ma réponse à plusieurs amendements sera alors différente ; elle ne saurait dans le cas présent être favorable, puisque les contrats sont déjà conclus.
Je vous rappelle qu’il y a quelques années, lorsqu’il avait été proposé de revenir sur la parole de l’État, notre assemblée s’y était opposée. Depuis, l’État a quelque peu revu les modalités des contrats qu’il conclut, comme nous le constaterons lors de l’examen de l’article 69.
J’ajoute que les crédits du programme 345 sont évaluatifs. Que vous choisissiez de les supprimer ou de les augmenter, nous devrons, en fin d’année, lors de l’examen du projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG), autoriser les déboursements nécessaires pour couvrir les compensations dues aux producteurs d’énergies renouvelables au titre de leurs charges de service public.
Je le redis, à défaut d’un retrait de ces amendements, l’avis sera défavorable.
Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Roland Lescure, ministre. Je serai bref, Mme la rapporteure spéciale ayant été exhaustive.
Je porte ici la parole du Gouvernement. L’État s’est engagé contractuellement auprès d’opérateurs. Nous ne saurions revenir sur cette parole,…
M. Jean-François Husson. Il l’a souvent fait !
M. Roland Lescure, ministre. … sauf dans les cas où ces contrats ont donné lieu à des excès, attestés par l’évaluation indépendante de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ; ce sont ces cas qui font l’objet de l’article 69 que vous examinerez tout à l’heure.
Nous pouvons toujours nous faire plaisir et supprimer des rémunérations dues aux opérateurs, mais cela exposerait l’État à des condamnations certaines, nous obligeant à rembourser les sommes en question, encore augmentées de pénalités.
Le véritable débat doit porter sur les volumes et les modes de financement des contrats futurs, ainsi que sur la place de l’éolien et du solaire terrestre en France, dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie.
En revanche, l’approche proposée ici est inappropriée : elle risque de faire condamner l’État sans rien changer aux installations éoliennes et solaires existantes. Nous mettrions en outre en difficulté certains opérateurs, souvent des entreprises françaises employant des salariés français, sans pour autant modifier le parc installé. Ce serait tout de même regrettable.
Je demande donc le retrait de l’ensemble de ces amendements ; à défaut, l’avis sera défavorable.
Mme la présidente. La parole est à M. Vincent Louault, pour explication de vote.
M. Vincent Louault. La parole de l’État semble soudainement très importante ! Nous, représentants des collectivités, n’étions pas habitués à une telle constance, tant cette parole a pu varier au fil des années. (Sourires.) Il semble qu’il vaille mieux conclure des contrats de droit privé avec l’État ; vous y paraissez davantage attachés, monsieur le ministre.
Quoi qu’il en soit, vous ne nous attendrirez pas. Il s’agit bien sûr d’une dépense obligatoire qui s’impose à nous, comme nous l’avons constaté la semaine dernière lors de l’examen du PLFG : nous avons dû absorber 1,1 milliard d’euros. Nous savons donc pertinemment que ces contrats nous obligent.
Toutefois, le message doit être parfaitement clair pour le Gouvernement et pour l’administration. Sur les 2,8 milliards d’euros que je propose de supprimer, 1,1 milliard d’euros seront rétablis, à juste titre, par l’amendement de Mme le rapporteur spécial.
Par ailleurs, l’augmentation de quelque 3 milliards d’euros des crédits en question ne résulte pas uniquement de vieux contrats coûteux ; elle découle aussi de nouveaux contrats en cours d’engagement et de signature.
Mes chers collègues, 3 milliards d’euros, cela représente un tiers de la politique agricole commune (PAC) ; c’est l’équivalent de 100 euros par tonne sur la totalité de la production de blé française ! On ne se rend même plus compte de l’argent qu’on flambe ! (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
Mme Kristina Pluchet. Exactement !
Mme la présidente. La parole est à M. Yannick Jadot, pour explication de vote.
M. Yannick Jadot. Si l’on entend examiner les contrats, rappelons que l’État avait signé avec EDF, pour le projet de réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville, un contrat d’un montant initial de 3 milliards d’euros, dont le coût final avoisine les 20 milliards d’euros. (Mme Kristina Pluchet proteste.) Si l’on doit évaluer l’efficacité de la dépense publique en matière d’énergie, il serait bon d’examiner l’ensemble des filières !
Une certitude demeure : à l’heure actuelle, aucune énergie décarbonée n’est aussi compétitive que le solaire. S’interroger rétroactivement sur des contrats signés voilà vingt ans est peut-être légitime ; mais aujourd’hui, rien n’égale la compétitivité de la filière photovoltaïque.
Mme Kristina Pluchet. Ce n’est pas pilotable !
M. Yannick Jadot. Si nous souhaitons, comme cela a été réaffirmé par les orateurs de tous les groupes, avancer vers la décarbonation, nous devons nous réjouir de disposer d’une électricité d’ores et déjà largement décarbonée. L’enjeu réside désormais dans la décarbonation des autres usages. Pour y parvenir, nous avons besoin de toutes les énergies renouvelables.
La seule filière photovoltaïque représente 60 000 emplois dans nos territoires ; c’est une excellente nouvelle. Allons de l’avant et cessons de couper les genoux des opérateurs !
M. Olivier Paccaud. Les jarrets, plutôt.
Mme la présidente. La parole est à M. Ronan Dantec, pour explication de vote.
M. Ronan Dantec. Il faudrait tout de même sortir de la post-vérité et regarder les chiffres : en 2022, les énergies renouvelables ont généré 14 milliards d’euros de recettes pour l’État. Ces énergies rapportent à la France !
Mme Kristina Pluchet. Plutôt à la Chine !
M. Ronan Dantec. J’entends bien qu’une petite partie de la droite souhaite mettre l’économie française à genoux. C’est manifeste, mes chers collègues, tant vous refusez de voir la réalité du marché européen. Vous proférez même des inepties ! Élu de la Loire-Atlantique, je peux témoigner que les marins-pêcheurs soutiennent le parc éolien au large de Saint-Nazaire ; cette filière représente aujourd’hui des dizaines de milliers d’emplois pour l’ouest de la France.
Et vous voudriez mettre à genoux nos filières d’excellence ? (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.) Dans quel monde vivez-vous donc ?
Vous semblez incapables de lire sereinement un chiffre économique avéré. Nous savons tous que le photovoltaïque est l’énergie la moins chère à l’échelle européenne. Certes, nous devons investir dans l’organisation du réseau ; mais entreprendre ainsi de mettre l’économie française par terre est totalement absurde.
Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Pierre Corbisez, pour explication de vote.
M. Jean-Pierre Corbisez. Monsieur le ministre, je ne saurais partager votre crainte de voir les entreprises de production énergétique mises à genoux. Celles-ci ont tout de même signé des contrats !
Prenons le cas d’une surproduction d’électricité face à une consommation insuffisante : nous demandons alors aux producteurs privés de suspendre leur activité, et nous les rémunérons pour ce faire – cela s’appelle le prix négatif de l’électricité.
Ces entreprises bénéficient donc de véritables contrats en or. Ne prétendez pas qu’elles seraient à genoux si nous remettions en cause ces dispositions ! Je suis en désaccord total avec votre analyse.
Mme la présidente. La parole est à M. Michaël Weber, pour explication de vote.
M. Michaël Weber. J’abonde dans le sens de MM. Jadot et Dantec. Par le passé, nous avons entendu dire, ici et ailleurs, que les énergies renouvelables ne constituaient pas une solution ; aujourd’hui, on tente de nous persuader qu’elles seraient surabondantes et qu’elles déséquilibreraient la production énergétique : c’est tout de même fort de café !
À rebours de ces discours, nous avons su développer des compétences, ce qui est capital. Le véritable sujet n’est pas tant la production d’énergie que son impact sur l’équilibre territorial. J’observe d’ailleurs que le débat se focalise sur une partie seulement des énergies renouvelables. Curieusement, la méthanisation ne suscite pas les mêmes critiques, alors qu’elle a, elle, un effet avéré sur les sols et les milieux !
Mme la présidente. La parole est à Mme Kristina Pluchet, pour explication de vote.
Mme Kristina Pluchet. Je me tourne vers la gauche de cet hémicycle : nous n’avons aucune leçon à recevoir de ceux qui sont coupables de la hausse de la facture d’électricité des Français. (M. Christopher Szczurek applaudit. – Protestations sur les travées du groupe GEST.)
Aujourd’hui, un véritable problème de stabilité du réseau se pose, en raison d’une quantité excessive d’énergies renouvelables. Ce constat est établi par des experts, non par des amateurs ou des militants.
Soyons raisonnables : lorsque l’État est à court de ressources, l’argent public doit être fléché vers les priorités ! (Protestations renouvelées sur les travées des groupes GEST et SER.)
Mme la présidente. La parole est à M. Didier Mandelli, pour explication de vote.
M. Didier Mandelli. Je suivrai l’avis de notre rapporteure spéciale, et ce pour une raison simple : au-delà du respect des engagements contractuels qu’elle a évoqués, je tiens à rappeler que nous avons adopté, il n’y a pas si longtemps et à la quasi-unanimité, la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables.
Si ce débat, qui m’apparaît un peu stérile, se reproduit une nouvelle fois aujourd’hui, c’est tout simplement parce que nous ne disposons pas d’une programmation pluriannuelle de l’énergie. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains et SER.)
Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° II-1494 rectifié quater.
(L’amendement n’est pas adopté.)
Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° II-1630 rectifié.
(L’amendement n’est pas adopté.)
Mme la présidente. Monsieur Szczurek, l’amendement n° II-719 est-il maintenu ?
M. Christopher Szczurek. Non, je le retire, madame la présidente.
Mme la présidente. L’amendement n° II-719 est retiré.
L’amendement n° II-2074, présenté par le Gouvernement, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
||||
Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
+ |
- |
+ |
- |
|
Infrastructures et services de transports |
83 605 |
|
83 605 |
|
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
|
|
|
|
Paysages, eau et biodiversité |
|
|
|
|
Expertise, information géographique et météorologie |
|
|
|
|
Prévention des risques |
|
|
|
|
Énergie, climat et après-mines |
|
|
|
|
Service public de l’énergie |
|
|
|
|
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables |
|
3 355 110 |
|
3 355 110 |
dont titre 2 |
3 355 110 |
3 355 110 |
||
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
|
|
|
|
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
|
|
|
|
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
|
|
|
|
TOTAL |
83 605 |
3 355 110 |
83 605 |
3 355 110 |
SOLDE |
- 3 271 505 |
- 3 271 505 |
||
La parole est à M. le ministre délégué.
M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique. Cet amendement a pour objet d’assurer la compensation financière due aux collectivités territoriales à la suite de l’adoption par votre assemblée de plusieurs amendements en première ou en seconde partie.
Ainsi, la compensation du transfert du réseau routier national aux départements découlant de la loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale, dite 3DS, sera financée via la dotation générale de décentralisation (DGD), aux termes de l’amendement n° II-1952 que le Gouvernement vous soumettra lors de l’examen de la mission « Relations avec les collectivités territoriales ».
Le présent amendement tend à tirer les conséquences financières exactes, à l’euro près, sur le programme 217 de ces dispositions et des dépenses de personnel correspondantes, ainsi que d’autres mesures de compensation de divers transferts résultant de la loi 3DS.
Veuillez enfin m’excuser du dépôt tardif de cet amendement.
Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Compte tenu de ce dépôt tardif et de la technicité des transferts proposés, la commission n’a absolument pas eu le temps d’examiner ce dispositif.
La commission émet donc un avis de sagesse à l’aveugle ; le Sénat est libre de son vote !
Mme la présidente. L’amendement n° II-2027, présenté par Mme Lavarde, au nom de la commission des finances, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
||||
Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
+ |
- |
+ |
- |
|
Infrastructures et services de transports |
|
1 169 878 147 |
|
1 169 878 147 |
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
|
|
|
|
Paysages, eau et biodiversité |
|
|
|
|
Expertise, information géographique et météorologie |
|
|
|
|
Prévention des risques |
|
|
|
|
Énergie, climat et après-mines |
|
|
|
|
Service public de l’énergie |
1 169 878 147 |
|
1 169 878 147 |
|
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
|
|
|
|
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
|
|
|
|
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
|
|
|
|
Écologie – extinction du plan de relance |
|
|
|
|
TOTAL |
1 169 878 147 |
1 169 878 147 |
1 169 878 147 |
1 169 878 147 |
SOLDE |
0 |
0 |
||
La parole est à Mme le rapporteur spécial.
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Cet amendement, auquel M. Louault a fait allusion tout à l’heure, tend à tirer les conséquences du vote intervenu dans la nuit de mercredi, par lequel nous avons supprimé l’article 42, qui visait à financer par des accises le soutien à la cogénération et au biométhane.
Il nous faut honorer les contrats en cours. Cet amendement a donc pour objet de rétablir les crédits correspondants sur le programme 345, pour un montant de 1,169 milliard d’euros.
Je demande bien entendu au Gouvernement de lever le gage, d’autant que la discussion de bien des amendements qui suivent serait compromise dans le cas contraire.