M. Simon Uzenat. À l’instar de l’amendement n° II-12 des rapporteurs spéciaux de la commission des finances, cet amendement vise à créer un fonds de lutte contre l’érosion côtière et le risque de submersion marine au sein d’une nouvelle action n° 16 du programme 181.
Les travaux consacrés au sujet dressent un constat unanime. Je pense notamment au rapport que l’inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd) et l’inspection générale de l’administration (IGA) ont conjointement publié en 2024.
Des milliers de logements sont menacés à l’horizon de 2050 par le recul du trait de côte, pour un coût global estimé à 1,1 milliard d’euros. En la matière, il est temps de se doter d’une véritable politique publique, en créant dans un premier temps un fonds spécifique.
Toutefois, à la différence de nos rapporteurs spéciaux, nous ne souhaitons pas prélever le montant de 20 millions d’euros sur le fonds vert, lequel est déjà bien mis à mal par ce budget – nous avons d’ailleurs proposé de le relever.
M. le président. Les cinq amendements suivants sont identiques.
L’amendement n° II-12 est présenté par Mme Lavarde, au nom de la commission des finances.
L’amendement n° II-153 est présenté par M. P. Martin, au nom de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable.
L’amendement n° II-1472 est présenté par Mmes Havet et Phinera-Horth, MM. Buis et Buval, Mmes Cazebonne et Duranton, MM. Fouassin, Iacovelli, Kulimoetoke, Lévrier et Mohamed Soilihi, Mme Nadille, MM. Patient, Rambaud et Rohfritsch, Mme Schillinger et M. Théophile.
L’amendement n° II-1602 est présenté par M. Corbisez, Mme Varaillas, M. Basquin et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky.
L’amendement n° II-1626 rectifié est présenté par Mme Billon, MM. Pillefer et Delcros, Mme Patru, MM. Bleunven et Dhersin, Mmes Gacquerre et Antoine et M. Henno.
Ces cinq amendements sont ainsi libellés :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
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Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
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Paysages, eau et biodiversité |
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Expertise, information géographique et météorologie |
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Prévention des risques |
20 000 000 |
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20 000 000 |
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Énergie, climat et après-mines |
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Service public de l’énergie |
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Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
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Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
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20 000 000 |
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20 000 000 |
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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Écologie – mise en extinction du plan de relance |
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TOTAL |
20 000 000 |
20 000 000 |
20 000 000 |
20 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à Mme le rapporteur spécial, pour présenter l’amendement n° II-12.
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Il s’agit de faire exactement la même chose que ce que nous avions fait l’année dernière pour la prévention des effets du retrait-gonflement des argiles, à savoir créer une action spécifique dans le programme 181 « Prévention des risques », pour la lutte contre le recul du trait de côte et l’érosion côtière.
Je précise qu’il n’y a plus lieu de gager cette mesure sur une baisse à due concurrence des crédits d’un autre programme, le programme 181 étant désormais suffisamment doté pour financer cette action.
M. Pascal Martin, rapporteur pour avis de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable. Il est défendu.
M. le président. La parole est à Mme Nadège Havet, pour présenter l’amendement n° II-1472.
Mme Nadège Havet. Défendu.
M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Corbisez, pour présenter l’amendement n° II-1602.
M. Jean-Pierre Corbisez. Défendu !
M. le président. La parole est à Mme Annick Billon, pour présenter l’amendement n° II-1626 rectifié.
Mme Annick Billon. L’année dernière, j’avais déjà défendu ces dispositions et des collègues députés avaient fait de même à l’Assemblée nationale. Mon amendement avait été adopté par le Sénat, contre l’avis, d’ailleurs, de la commission et du Gouvernement, mais n’avait pas survécu aux travaux de la commission mixte paritaire.
Aujourd’hui, nous sommes nombreux à viser cet objectif, et la création d’un fonds de lutte contre l’érosion côtière et le recul du trait de côte semble enfin à portée de main. Vous m’en voyez très satisfaite, mes chers collègues !
M. le président. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement n° II-1334 ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. J’en demande le retrait, à moins qu’il ne soit rectifié pour être rendu identique aux cinq autres.
M. le président. Monsieur Uzenat, acceptez-vous de rectifier votre amendement dans le sens suggéré par la commission ?
M. Simon Uzenat. Oui, monsieur le président.
M. le président. Je suis donc saisi d’un amendement n° II-1334 rectifié, dont le libellé est identique à celui des amendements nos II-12, II-153, II-1472, II-1602 et II-1626 rectifié.
Quel est l’avis du Gouvernement sur ces six amendements identiques ?
M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. L’érosion du trait de côte est un sujet absolument majeur ; on estime qu’un quart des communes littorales sont menacées.
Des financements existent d’ores et déjà, tant pour lutter contre la submersion marine – le fonds Barnier y pourvoit – que pour mettre en œuvre les stratégies d’adaptation nécessaires – l’outil, cette fois, est le fonds vert.
L’enjeu n’est peut-être pas tant la création d’un fonds spécifique qu’un abondement de crédits du programme 181. C’est ce que je retiens de vos propos, mesdames, messieurs les sénateurs, mais je parle sous votre contrôle. Je souhaite échanger avec la commission pour clarifier ce point.
Mon interrogation est la suivante : quelles actions supplémentaires envisage-t-on de financer l’an prochain avec ces crédits ? S’agit-il de soutenir l’adaptation au phénomène visé ou plutôt la protection des populations ?
Pour tout vous dire, je ne doute pas qu’à l’horizon de cinq ou dix ans le besoin financier soit très important. Mais je ne suis pas certain d’être parfaitement au clair quant aux modalités de déploiement de ce fonds pour 2026.
En tout état de cause, le Gouvernement devrait publier en début d’année prochaine sa nouvelle stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.
Je suis à votre disposition, si cet amendement n’était pas adopté, pour que nous travaillions conjointement sur cette question – faut-il adosser cette politique à un financement spécifique ? – en lien avec le Comité national du trait de côte. Je sais que sa présidente, votre collègue députée Sophie Panonacle, est à l’œuvre pour identifier les diverses modalités de financement : soit un modèle où le littoral paie pour le littoral, conformément à l’engagement du comité interministériel de la mer (CIMer) et à la proposition, qui traduit cet engagement, de relèvement du plafond de la taxe Gemapi ; soit un dispositif plus national ; soit encore un mécanisme réservé aux stations touristiques.
L’avis du Gouvernement est défavorable sur ces amendements identiques, mais je suis preneur des précisions de la commission sur ce qu’elle entend par la création d’un fonds spécifique.
M. le président. La parole est à Mme Béatrice Gosselin, pour explication de vote.
Mme Béatrice Gosselin. Ce fonds est indispensable pour les territoires littoraux, qui, jusqu’à présent, n’obtiennent pas de réponse à leurs questions. Les besoins de financement vont devenir énormes dans les années à venir : ce sont des millions d’euros qui seront nécessaires pour défendre le littoral.
J’ajoute que cette cause doit être nationale : le littoral ne pourra pas financer le littoral. Monsieur le ministre, compte tenu des sommes en jeu, je peux vous assurer que les territoires littoraux ne pourront pas à eux seuls mobiliser les financements requis.
Le Comité national du trait de côte travaille, vous en avez parlé, et vous avez récemment rencontré Mme Panonacle pour évoquer cette question précise. Il faut suivre la proposition de Mme la rapporteure spéciale et créer ce fonds spécifique. (M. le ministre acquiesce.) Les financements suivront.
Nous avons adopté la semaine dernière, en première partie, un amendement tendant à affecter une fraction du produit de la taxe sur l’éolien en mer aux actions d’adaptation au recul du trait de côte.
M. Ronan Dantec. Vous voyez bien qu’il faut de l’éolien !
Mme Béatrice Gosselin. Des financements, nous en trouverons, d’autant qu’à cet égard Mme la rapporteure spéciale a d’autres idées encore.
M. le président. Je mets aux voix les amendements identiques nos II-1334 rectifié, II-12, II-153, II-1472, II-1602 et II-1626 rectifié.
(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. L’amendement n° II-1574, présenté par MM. Fernique, Dantec, G. Blanc, Benarroche, Dossus et Gontard, Mme Guhl, M. Jadot, Mme de Marco, M. Mellouli, Mmes Ollivier et Poncet Monge, M. Salmon et Mmes Senée, Souyris et M. Vogel, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
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Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
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Paysages, eau et biodiversité |
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Expertise, information géographique et météorologie |
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Prévention des risques |
10 000 000 |
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10 000 000 |
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Énergie, climat et après-mines |
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10 000 000 |
|
10 000 000 |
Service public de l’énergie |
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Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
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Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
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Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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Écologie – mise en extinction du plan de relance |
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TOTAL |
10 000 000 |
10 000 000 |
10 000 000 |
10 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Jacques Fernique.
M. Jacques Fernique. Il s’agit des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) – l’actualité est de plus en plus brûlante sur le sujet.
Nous proposons de renforcer le budget alloué à la prévention des risques liés à l’exposition à ces polluants éternels en consacrant 10 millions d’euros supplémentaires à la mise en œuvre du plan d’action interministériel sur les PFAS.
Le Gouvernement, on le sait, tarde à mettre en œuvre la redevance « pollueur-payeur » sur les rejets aqueux des industriels prévue par la loi du 27 février 2025 : c’est autant d’argent qui manquera aux agences de l’eau et aux collectivités territoriales. Il y va pourtant de leur capacité à faire face aux coûts de dépollution et à déployer rapidement des campagnes dédiées. Aussi cet amendement à 10 millions d’euros est-il un minimum qui s’impose !
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Je demande à M. Fernique de bien vouloir retirer son amendement : nous avons eu cette discussion en première partie à propos de mon amendement n° I-152 rectifié bis, que notre collègue avait proposé de sous-amender. Il s’agit précisément de rendre opérationnel le dispositif de taxation des rejets de PFAS prévu à l’article 4 de la loi du 27 février 2025, en créant une nouvelle redevance spécifique fondée sur le principe « pollueur-payeur ».
Nous venons d’adopter cette disposition ; de l’argent consacré au traitement de cette question, il y en a. Attachons-nous à la mise en œuvre de la mesure votée avant d’envisager une rallonge budgétaire.
M. Jacques Fernique. Nous proposions « ceinture et bretelles », première partie et seconde partie ; nous nous contenterons pour l’instant de la ceinture, c’est-à-dire de l’introduction de cette mesure en première partie !
Je retire mon amendement, monsieur le président.
M. le président. L’amendement n° II-1574 est retiré.
L’amendement n° II-1600, présenté par Mme Varaillas, MM. Basquin, Corbisez et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
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Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
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Paysages, eau et biodiversité |
150 000 000 |
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150 000 000 |
|
Expertise, information géographique et météorologie |
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|
|
Prévention des risques |
|
|
|
|
Énergie, climat et après-mines |
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|
|
|
Service public de l’énergie |
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150 000 000 |
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150 000 000 |
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
|
|
|
|
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
|
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|
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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|
|
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
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|
|
TOTAL |
150 000 000 |
150 000 000 |
150 000 000 |
150 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à Mme Marie-Claude Varaillas.
Mme Marie-Claude Varaillas. Nous demandons, par cet amendement, l’augmentation de 150 millions d’euros des moyens alloués aux agences de l’eau, qui sont de plus en plus sollicitées.
Il s’agit non pas de financer un plan d’ensemble – nous savons qu’il faudrait aller beaucoup plus loin –, mais d’envoyer un signal politique clair destiné à remettre la rénovation des réseaux au cœur des priorités publiques.
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Cet amendement, comme le suivant, a pour objet d’augmenter les ressources consacrées à la rénovation des réseaux d’eau. Or nous y avons déjà pourvu en première partie en relevant le niveau des ressources affectées aux agences de l’eau.
La commission émet un avis défavorable.
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. le président. L’amendement n° II-1329 rectifié, présenté par M. Gillé, Mmes Bonnefoy, Blatrix Contat et Bélim, MM. Devinaz, Fagnen, Jacquin, Omar Oili, Ouizille, Uzenat, M. Weber, Kanner, M. Vallet, Pla et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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|
+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
|
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|
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
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|
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Paysages, eau et biodiversité |
125 000 000 |
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125 000 000 |
|
Expertise, information géographique et météorologie |
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|
|
|
Prévention des risques |
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|
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|
Énergie, climat et après-mines |
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|
Service public de l’énergie |
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125 000 000 |
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125 000 000 |
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
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Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
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Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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|
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|
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
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TOTAL |
125 000 000 |
125 000 000 |
125 000 000 |
125 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Hervé Gillé.
M. Hervé Gillé. Mme la rapporteure spéciale a anticipé : il s’agit bien de rehausser le budget des agences de l’eau de 125 millions d’euros pour 2026, afin de faire respecter les engagements du Gouvernement. Le plan Eau présenté en 2023 devait en effet augmenter ce budget de 475 millions d’euros, suivant un échéancier théorique de trois ans.
La situation qui prévaut actuellement n’est pas tenable. Nous avons bien conscience qu’un amendement a été adopté en première partie sur ce sujet, mais nous savons aussi que rien ne garantit le maintien de ses dispositions à l’issue de la CMP. Il faut vraiment défendre cette position jusqu’au bout !
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Défavorable.
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° II-1329 rectifié.
(L’amendement n’est pas adopté.)
M. le président. L’amendement n° II-1470, présenté par MM. Salmon, Fernique, Benarroche, G. Blanc, Dantec, Dossus et Gontard, Mme Guhl, MM. Jadot et Mellouli et Mmes Ollivier, Poncet Monge, Senée, Souyris et M. Vogel, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
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Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
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Paysages, eau et biodiversité |
50 000 000 |
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50 000 000 |
|
Expertise, information géographique et météorologie |
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|
Prévention des risques |
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|
Énergie, climat et après-mines |
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|
Service public de l’énergie |
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50 000 000 |
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50 000 000 |
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
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|
|
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
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|
Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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|
Écologie – mise en extinction du plan de relance |
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TOTAL |
50 000 000 |
50 000 000 |
50 000 000 |
50 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Guillaume Gontard.
M. Guillaume Gontard. Cet amendement de notre collègue Daniel Salmon vise à massifier le déploiement des paiements pour services environnementaux (PSE) par les agences de l’eau sur les aires d’alimentation et de captage d’eau potable.
Les PSE sont non seulement particulièrement stratégiques pour préserver la ressource en eau, mais aussi rémunérateurs pour les agriculteurs. Ils aident ainsi à l’acceptabilité des politiques publiques de transition agroécologique.
En 2023 près de 17 millions de Français ont consommé au moins une fois de l’eau du robinet non conforme aux limites de qualité relatives aux pesticides. Il est plus qu’urgent de mieux protéger ce bien commun et de passer d’une logique curative à une logique préventive, en éliminant les pesticides à la source.
Outre ses conséquences sur la santé et l’environnement, cette pollution de l’eau est extrêmement coûteuse pour la société en raison des actions de dépollution et de traitement qu’elle impose. Selon les agences de l’eau, 1 euro investi dans la prévention permet d’économiser plus de 10 euros de traitements. C’est encore une proposition d’économies à long terme que nous faisons là !
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Je demande le retrait de cet amendement : un peu plus d’une centaine de projets sont en train d’être mis en œuvre, et il me semble que les montants demandés sont trop élevés.
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. le président. L’amendement n° II-1520, présenté par MM. Michau et Montaugé, Mme Artigalas, MM. Bouad, Cardon, Mérillou, Pla, Redon-Sarrazy, Stanzione, Tissot, Kanner et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, est ainsi libellé :
I. – Créer le programme :
Soutien à l’électrification des procédés industriels
II. – En conséquence, modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
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|
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
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Paysages, eau et biodiversité |
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Expertise, information géographique et météorologie |
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|
Prévention des risques |
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|
Énergie, climat et après-mines |
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|
Service public de l’énergie |
|
150 000 000 |
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150 000 000 |
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
|
|
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|
Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
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Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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Écologie – mise en extinction du plan de relance |
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Soutien à l’électrification des procédés industriels |
150 000 000 |
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150 000 000 |
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TOTAL |
150 000 000 |
150 000 000 |
150 000 000 |
150 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Jean-Jacques Michau.
M. Jean-Jacques Michau. Cet amendement a pour objet de soutenir les projets de décarbonation industrielle par l’électrification des usages.
Les émissions industrielles représentent en effet 17 % des émissions de gaz à effet de serre de notre pays et sont très concentrées sur les cinquante principaux sites industriels français.
L’enjeu est triple : décarbonation, compétitivité et équilibrage du réseau. Pour y répondre, il paraît essentiel d’accompagner une accélération de l’électrification des usages industriels. Les opérations dont nous parlons, souvent très lourdes, supposent un accompagnement spécifique.
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Christine Lavarde, rapporteur spécial. Des montants significatifs sont alloués, via la mission « Économie », à la décarbonation de l’industrie. Par ailleurs, en première partie, nous avons voté une baisse des accises sur l’électricité.
La commission émet un avis défavorable.
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. J’ajoute un argument à ceux que vient d’exposer Mme le rapporteur spécial : si le Sénat adoptait votre amendement, monsieur le sénateur, cet abondement de crédits se ferait au détriment du soutien aux énergies renouvelables. Des ressources seraient ainsi soustraites au financement de dépenses liées à des contrats en cours. Je vous renvoie à ce qu’a dit tout à l’heure M. le ministre Lescure : il serait inconvenant que l’État ne s’acquitte pas des obligations dont il est partie.
M. Jean-Jacques Michau. Je retire cet amendement, monsieur le président !
M. le président. L’amendement n° II-1520 est retiré.
L’amendement n° II-764, présenté par M. Delia, au nom de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
|
+ |
- |
+ |
- |
Infrastructures et services de transports |
20 000 000 |
|
20 000 000 |
|
Affaires maritimes, pêche et aquaculture |
|
|
|
|
Paysages, eau et biodiversité |
|
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|
Expertise, information géographique et météorologie |
|
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|
|
Prévention des risques |
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|
Énergie, climat et après-mines |
|
20 000 000 |
|
20 000 000 |
Service public de l’énergie |
|
|
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|
Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de la mobilité durables dont titre 2 |
|
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Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires |
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Sûreté nucléaire et radioprotection dont titre 2 |
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Écologie – mise en extinction du plan de relance |
|
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|
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TOTAL |
20 000 000 |
20 000 000 |
20 000 000 |
20 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. le rapporteur pour avis.
M. Jean-Marc Delia, rapporteur pour avis de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable. Le Gouvernement s’est engagé à financer le nouveau régime de pénibilité des dockers à hauteur de 20 millions d’euros par an ; c’est légitime.
En contrepartie, le projet de loi de finances pour 2026 acte une réduction de 25 millions d’euros des crédits alloués à l’entretien des accès aux grands ports maritimes. Or cette baisse survient au moment où nos ports doivent investir massivement dans leur transition énergétique.
La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable propose donc, par cet amendement, de rétablir une enveloppe de 20 millions d’euros destinée à financer l’entretien portuaire, notamment les opérations de dragage, lesquelles sont indispensables au fonctionnement et à la compétitivité des ports.
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
M. Vincent Capo-Canellas, rapporteur spécial. M. Delia, au nom de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, a très bien résumé les choses : cette baisse des crédits de 25 millions d’euros résulte de l’engagement de l’État à contribuer, à compter de 2026 et pour une durée de vingt ans, au régime conventionnel de pénibilité des dockers, à hauteur de 20 millions d’euros par an.
Cette contribution est compensée par une baisse des crédits affectés au dragage des ports. À cet égard, la commission souhaite connaître l’avis du Gouvernement : monsieur le ministre, nous confirmez-vous que les ressources propres des grands ports maritimes sont suffisantes pour absorber une telle baisse ?