M. Olivier Rietmann. Monsieur le ministre, le Gouvernement a décidé, dans son souci de rationalisation budgétaire, de faire des coupes inconsidérées, et peu réfléchies, dans les crédits des CCI. Nous considérons, pour notre part, que des économies pourraient être faites avec davantage de discernement – je ne voudrais pas être désagréable en employant d’autres mots, par exemple celui d’« intelligence »…
Cet amendement d’appel vise donc à réduire le budget de Bpifrance, qui a développé récemment, avec l’appui de Bercy, des missions d’accompagnement non bancaires – les programmes d’accompagnement Les Accélérateurs Bpifrance, des actions de formation et le programme Entrepreneuriat Quartiers 2030 –, et à transférer ces missions aux CCI, qui ont toutes la compétence pour le faire du fait de leur ancrage territorial. Les économies ainsi réalisées seraient de 26 millions d’euros.
Mme la présidente. L’amendement n° II-2298, présenté par MM. Gay et Lahellec, Mme Margaté et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Développement des entreprises et régulations dont titre 2 |
35 000 000 |
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35 000 000 |
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Plan France Très haut débit |
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Statistiques et études économiques dont titre 2 |
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35 000 000 |
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35 000 000 |
Stratégies économiques dont titre 2 |
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Financement des opérations patrimoniales en 2026 sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État » |
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TOTAL |
35 000 000 |
35 000 000 |
35 000 000 |
35 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Fabien Gay.
M. Fabien Gay. Nous pouvons tomber d’accord au moins sur un point : les entreprises ont besoin de lisibilité, de visibilité et de pérennité.
Nous avions décidé il y a trois ans de créer ce qui s’appelle désormais le programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, avec l’ambition d’accompagner 100 000 nouveaux entrepreneurs dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). En effet, dans les quartiers populaires, comme partout, il y a beaucoup de talents, qui demandent simplement à bénéficier de l’égalité républicaine qui a cours ailleurs et à être accompagnés.
Depuis 2024, ce sont 1 200 QPV qui ont été accompagnés par Bpifrance, pour un montant de 35 millions d’euros. Or, d’un trait de plume, vous décidez de rayer ces crédits, tout en disant lors de vos déplacements dans les territoires que vous allez accompagner les talents partout où ils se trouvent. En rayant ces crédits, on empêche 100 000 projets de voir le jour !
Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?
M. Thierry Cozic, rapporteur spécial. L’amendement n° II-2278 de M. Rietmann est d’appel. En effet, le collectif Cap Créa et le programme Entrepreneuriat Quartiers 2030 ne bénéficient d’aucun crédit budgétaire dans le PLF cette année. L’amendement ne semble donc pas opérant, et M. le ministre pourra sûrement nous le confirmer.
Les seuls crédits inscrits pour Bpifrance concernent la rémunération de Bpifrance Assurance Export au titre de ses prestations réalisées pour le compte de l’État. Je ne pense pas que votre intention, mon cher collègue, soit de réduire l’enveloppe allouée à ce dispositif…
La commission demande donc le retrait de cet amendement.
La commission sollicite également le retrait de l’amendement n° II-2298 de M. Gay. Dans le contexte budgétaire actuel, le rétablissement du soutien de l’État à l’activité de Bpifrance au titre de sa contribution au programme Entrepreneuriat Quartiers 2030 n’est pas prioritaire. Bpifrance aura toujours la possibilité de contribuer à cette politique sur ses fonds propres.
Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Sébastien Martin, ministre délégué. Pour ce qui concerne l’amendement n° II-2278 de M. Rietmann, je rappelle que le Sénat, dans sa grande sagesse, a revu les orientations budgétaires du Gouvernement à l’endroit des CCI.
M. Jean-Baptiste Lemoyne. C’est vrai !
M. Sébastien Martin, ministre délégué. Le transfert proposé fragiliserait la cohérence et l’efficacité des dispositifs aujourd’hui opérés par Bpifrance.
L’avis est donc défavorable.
Concernant l’amendement n° II-2298 présenté par M. Gay, le déploiement du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030 est désormais bien engagé : il a permis d’accompagner 45 000 personnes et son financement est assuré.
Là encore, avis défavorable.
Mme la présidente. La parole est à M. Grégory Blanc, pour explication de vote.
M. Grégory Blanc. Nous devons faire très attention sur ce sujet !
Il nous faut renforcer les CCI, car nous avons besoin d’une coordination territoriale, mais pas au détriment de ce qui a été consacré, depuis le plan Espoir Banlieues mis en place sous Nicolas Sarkozy, à l’accompagnement et au développement des quartiers prioritaires. J’ai moi-même mis en place des actions de ce type dans mon territoire.
Nombre de CCI ne savent pas aller dans les quartiers prioritaires. (M. Olivier Rietmann le conteste.) Il convient donc de disposer d’acteurs qui accompagnent le développement des entreprises, mais surtout de s’appuyer sur des acteurs identifiés dans chaque quartier afin de faire sortir du travail « au noir » des personnes qui ont des activités de réparation de véhicules ou de traiteur, par exemple. Or chaque quartier prioritaire a un fonctionnement spécifique. Et une fois ces acteurs identifiés, il faut ensuite qu’ils se coordonnent avec des cellules d’accompagnement vers l’entrepreneuriat. C’est la souplesse que permettait le dispositif Entrepreneuriat Quartiers 2030.
Mme la présidente. La parole est à Mme la rapporteure spéciale.
Mme Frédérique Espagnac, rapporteure spéciale. Je rappelle que nous avons rétabli ces financements lors de l’examen de la première partie du PLF. Ces amendements sont donc satisfaits.
Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Rietmann, pour explication de vote.
M. Olivier Rietmann. En effet, monsieur le rapporteur spécial, Bpifrance réalise ces actions sur ses fonds propres, et ne peut donc pas utiliser ceux-ci pour faire autre chose… Si elle veut mener d’autres actions, elle doit demander de l’argent à l’État : c’est de la mathématique comptable.
Il est vrai, monsieur le ministre, que le financement des CCI a été rétabli dans la première partie du PLF. Mais je voulais montrer qu’il y avait tout de même moyen, plutôt que de donner des coups de rabot à l’aveugle, de réaliser de manière plus approfondie et plus intelligente des économies sur les opérateurs et les autres services de l’État.
Par ailleurs, Grégory Blanc nous dit que les CCI ne vont pas dans les quartiers… Demandez à Dominique Restino, le président de la CCI Paris Île-de-France, ce qu’il en est, mon cher collègue : sa réponse sera totalement différente.
Je retire l’amendement.
Mme la présidente. L’amendement n° II-2278 est retiré.
La parole est à M. Fabien Gay, pour explication de vote.
M. Fabien Gay. Quant à moi, je maintiendrai notre amendement.
J’entends que Bpifrance pourra continuer de financer des projets dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Mais il s’agit aussi d’une question démocratique : lorsque le Parlement demande à Bpifrance de flécher 35 millions d’euros sur les QPV, il peut, par ce geste, suivre et évaluer ces actions. Lorsque l’on aura rayé ces crédits, comme on s’apprête à le faire, nous n’aurons plus aucune visibilité sur cette question. Or nous avons encore besoin d’évaluer et de suivre les politiques publiques que nous menons.
Mme la présidente. L’amendement n° II-2277, présenté par M. Rietmann et Mme Lavarde, est ainsi libellé :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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+ |
- |
+ |
- |
Développement des entreprises et régulations dont titre 2 |
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11 600 000 |
|
11 600 000 |
Plan France Très haut débit |
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Statistiques et études économiques dont titre 2 |
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Stratégies économiques dont titre 2 |
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Financement des opérations patrimoniales en 2026 sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État » |
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TOTAL |
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11 600 000 |
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11 600 000 |
SOLDE |
- 11 600 000 |
- 11 600 000 |
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La parole est à M. Olivier Rietmann.
M. Olivier Rietmann. Cet amendement s’inscrit un peu dans le même esprit que ma proposition précédente. Il s’agit de montrer, là encore, qu’il vaut mieux faire des économies sur certains organismes plutôt qu’aveuglément sur les CCI, en les mettant ainsi en péril. Pour autant, il a davantage de fond, en ce qu’il concerne le fonctionnement de l’Inpi et du guichet unique des formalités d’entreprises dont il est l’opérateur.
Nous étions déjà montés au créneau pour dire, lors de la création de ce guichet unique, que ce système ne pouvait pas fonctionner parce qu’il avait été mis en place sans concertation avec le monde de l’entreprise ou avec les conseillers entreprise des CCI. Il s’est produit ce qui devait se produire : beaucoup de problèmes se sont posés, et il a même fallu en revenir à l’utilisation du papier pour les déclarations.
Et le système ne fonctionne toujours pas : comme il y a au moins 66 000 appels par mois, l’Inpi est obligé de déléguer cette mission à des prestataires privés, ce qui coûte un certain prix. Nous proposons de confier celle-ci aux CCI plutôt que de payer 5 millions d’euros à ces prestataires privés. L’économie ainsi réalisée serait de 11 millions d’euros.
Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?
M. Thierry Cozic, rapporteur spécial. Comme l’amendement précédent de M. Rietmann, il s’agit d’un amendement d’appel, lequel n’est pas opérant.
L’Inpi bénéficie de recettes affectées, que nous avons examinées lors de la discussion de la première partie du projet de loi de finances ; nous avons d’ailleurs abaissé le plafond à hauteur de 45 millions d’euros.
Des crédits budgétaires relatifs à l’Inpi n’étant pas inscrits dans cette mission, l’amendement est sans objet, et j’en demande donc le retrait.
Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Sébastien Martin, ministre délégué. L’Inpi est devenu opérateur de ce guichet unique en janvier 2023, et des moyens ont été mobilisés à cette fin. Défaire ce qui a été mis en place voilà si peu de temps ne nous paraît pas opportun, en dépit des propositions de M. Rietmann.
Je demande le retrait de cet amendement ; à défaut, j’y serai défavorable.
Mme la présidente. Monsieur Rietmann, l’amendement n° II-2277 est-il maintenu ?
M. Olivier Rietmann. Notre intention est double : non seulement nous souhaitons démontrer que certaines économies sont faites aveuglément, mais nous avons aussi le souci de l’efficacité des dispositifs. On le sait très bien, l’Inpi ne fonctionne pas comme il faut, et ce dysfonctionnement coûte de l’argent. Confions cette mission aux CCI !
Je maintiens cet amendement.
Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° II-2277.
J’ai été saisie d’une demande de scrutin public émanant du groupe Les Républicains.
Je rappelle que l’avis de la commission est défavorable, de même que celui du Gouvernement.
Il va être procédé au scrutin dans les conditions fixées par l’article 56 du règlement.
Le scrutin est ouvert.
(Le scrutin a lieu.)
Mme la présidente. Personne ne demande plus à voter ?…
Le scrutin est clos.
Voici, compte tenu de l’ensemble des délégations de vote accordées par les sénateurs aux groupes politiques et notifiées à la présidence, le résultat du scrutin n° 119 :
| Nombre de votants | 341 |
| Nombre de suffrages exprimés | 324 |
| Pour l’adoption | 187 |
| Contre | 137 |
Le Sénat a adopté.
Je suis saisie de deux amendements faisant l’objet d’une discussion commune.
L’amendement n° II-2301, présenté par MM. Gay et Lahellec, Mme Margaté et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky, est ainsi libellé :
I. – Créer le programme :
Financement et accompagnement durable des entreprises
II. – En conséquence, modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
|
+ |
- |
+ |
- |
Développement des entreprises et régulations dont titre 2 |
|
224 500 000 |
|
224 500 000 |
Plan France Très haut débit |
|
|
|
|
Statistiques et études économiques dont titre 2 |
|
|
|
|
Stratégies économiques dont titre 2 |
|
|
|
|
Financement des opérations patrimoniales en 2026 sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État » |
|
|
|
|
Financement et accompagnement durable des entreprises |
224 500 000 |
|
224 500 000 |
|
TOTAL |
224 500 000 |
224 500 000 |
224 500 000 |
224 500 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Fabien Gay.
M. Fabien Gay. Notre débat devrait porter non pas sur la réduction des crédits des CCI, mais sur la question suivante : oui ou non, monsieur le ministre, voulez-vous fermer les CCI ?
En onze ans, 60 % du budget des CCI a été amputé par l’État et elles ont perdu 11 000 salariés, alors même qu’elles ont pour mission d’accompagner le tissu local de TPE et de PME, ainsi que les artisans – autant d’emplois qui ne sont pas délocalisables.
Nous proposons de rétablir les crédits qui ont été amputés. Mais, encore une fois, voulez-vous vraiment que les CCI fassent leur travail sur l’ensemble du territoire ? Si l’on continue à raboter 250 millions d’euros chaque année, d’ici deux à trois ans, il ne restera plus rien et elles seront toutes fermées ! Voilà le débat que nous devrions avoir.
Mme la présidente. L’amendement n° II-2275 rectifié, présenté par MM. Mérillou, Redon-Sarrazy et Michau, Mme Artigalas, MM. Montaugé, Bouad, Cardon, Pla, Stanzione et Tissot, Mme Blatrix Contat, M. Cozic, Mme Espagnac, MM. Raynal, Kanner, Uzenat et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, est ainsi libellé :
I. – Créer le programme :
Financement et accompagnement durable des entreprises
II. – En conséquence, modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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|
+ |
- |
+ |
- |
Développement des entreprises et régulations dont titre 2 |
|
100 000 000 |
|
100 000 000 |
Plan France Très haut débit |
|
|
|
|
Statistiques et études économiques dont titre 2 |
|
|
|
|
Stratégies économiques dont titre 2 |
|
|
|
|
Financement des opérations patrimoniales en 2026 sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État » |
|
|
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|
Financement et accompagnement durable des entreprises |
100 000 000 |
|
100 000 000 |
|
TOTAL |
100 000 000 |
100 000 000 |
100 000 000 |
100 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Serge Mérillou.
M. Serge Mérillou. Cet amendement a pour objectif d’éviter une grave rupture dans l’accompagnement économique de proximité.
La baisse de la taxe pour frais de chambre de commerce et d’industrie (TCCI) a rompu la trajectoire pluriannuelle qui avait été conclue voilà seulement deux ans et fragilise à la fois les CCI et les chambres de métiers et de l’artisanat, qui sont les premiers acteurs de service public dans les entreprises. Après dix ans de baisse de la taxe pour frais de chambre et après avoir perdu 40 % de leurs effectifs, elles continuent de soutenir créateurs d’entreprise, artisans, TPE et PME, en particulier dans les territoires les plus vulnérables.
L’amendement vise donc à maintenir leur présence et leurs missions essentielles par un financement à hauteur de 100 millions d’euros, équivalent au prélèvement programmé sur leur fonds de roulement. Encore une fois, l’économie des territoires est en danger !
Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?
M. Thierry Cozic, rapporteur spécial. Ces amendements sont satisfaits : nous avons rétabli, lors de l’examen de la première partie du PLF, le plafond de la taxe affectée aux CMA et aux CCI.
La commission demande donc le retrait de ces amendements.
Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Sébastien Martin, ministre délégué. Ces crédits ont en effet été rétablis dans la première partie du PLF.
Je demande donc le retrait de ces amendements ; à défaut, j’y serai défavorable.
Mme la présidente. Monsieur Gay, l’amendement n° II-2301 est-il maintenu ?
M. Fabien Gay. Ne doutant pas de la sincérité du rapporteur spécial et du ministre, nous le retirons.
Mme la présidente. L’amendement n° II-2301 est retiré.
Monsieur Mérillou, l’amendement n° II-2275 rectifié est-il maintenu ?
M. Serge Mérillou. Nous le retirons également.
Mme la présidente. L’amendement n° II-2275 rectifié est retiré.
La parole est à M. le ministre délégué.
M. Sébastien Martin, ministre délégué. En application de l’article 44, alinéa 6, du règlement du Sénat, le Gouvernement demande la réserve des amendements faisant l’objet d’une discussion commune nos II-1700 rectifié quinquies et II-2318 rectifié, afin que nous puissions les examiner cet après-midi, après la prochaine suspension de nos travaux.
Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?
Mme Frédérique Espagnac, rapporteure spéciale. Favorable.
Mme la présidente. Je consulte le Sénat sur la demande de réserve présentée par le Gouvernement et acceptée par la commission.
Il n’y a pas d’opposition ?…
La réserve est ordonnée.
Nous poursuivons l’examen des amendements.
Je suis saisie de vingt-cinq amendements faisant l’objet d’une discussion commune.
Les deux premiers sont identiques.
L’amendement n° II-2265 rectifié est présenté par MM. Redon-Sarrazy, Mérillou, Michau, Fagnen et Raynal, Mmes Blatrix Contat et Bonnefoy, M. Cozic, Mme Espagnac, MM. Kerrouche et P. Joly, Mme Narassiguin, M. Marie, Mme Monier, MM. Uzenat et Ziane, Mme Artigalas, MM. Bouad, Cardon, Montaugé, Pla, Stanzione, Tissot, Kanner et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain.
L’amendement n° II-2296 est présenté par MM. Gay et Lahellec, Mme Margaté et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky.
Ces deux amendements sont ainsi libellés :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
||
|
+ |
- |
+ |
- |
Développement des entreprises et régulations dont titre 2 |
125 300 000 |
|
125 300 000 |
|
Plan France Très haut débit |
|
|
|
|
Statistiques et études économiques dont titre 2 |
|
|
|
|
Stratégies économiques dont titre 2 |
|
125 300 000 |
|
125 300 000 |
Financement des opérations patrimoniales en 2026 sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État » |
|
|
|
|
TOTAL |
125 300 000 |
125 300 000 |
125 300 000 |
125 300 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Christian Redon-Sarrazy, pour présenter l’amendement n° II-2265 rectifié.
M. Christian Redon-Sarrazy. Cet amendement du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain vise à augmenter de 125,3 millions d’euros la compensation versée à La Poste au titre de ses missions de service public, pour revenir au niveau prévu par la loi de finances initiale (LFI) pour 2025.
Il s’agit ici de ne pas accentuer davantage la sous-compensation chronique qui menace la pérennité du groupe La Poste et qui risque, à terme, d’entraver le bon exercice des missions de service public qui lui ont été confiées par l’État.
Le groupe La Poste, c’est – vous le savez – 63 800 facteurs qui visitent 12 millions de foyers chaque jour, et 17 000 points de contact qui répondent à la mission d’aménagement du territoire.
Si des évolutions sont nécessaires pour répondre aux besoins des populations, et particulièrement en zone rurale, dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou dans les territoires éloignés du numérique, le maintien de la présence postale territoriale demeure une nécessité absolue pour nombre de nos concitoyens. La dégradation du financement des missions de service public ne saurait perdurer. C’est la raison pour laquelle nous demandons un abondement des crédits dédiés à hauteur de 125,3 millions d’euros.
Mme la présidente. La parole est à M. Gérard Lahellec, pour présenter l’amendement n° II-2296.
M. Gérard Lahellec. Défendu.
Mme la présidente. Les treize amendements suivants sont identiques.
L’amendement n° II-129 rectifié quater est présenté par M. Lefèvre, Mme Borchio Fontimp, MM. Cambon, Maurey, H. Leroy, Khalifé, Séné et J.M. Arnaud, Mmes Lassarade et Malet, M. Milon, Mme P. Martin, M. de Nicolaÿ, Mme Gruny, M. D. Laurent, Mme Petrus, M. Hingray, Mmes Ventalon et Imbert, M. Delia et Mme Bellurot.
L’amendement n° II-137 est présenté par Mme Loisier, au nom de la commission des affaires économiques.
L’amendement n° II-151 rectifié bis est présenté par M. Dhersin, Mmes Saint-Pé, Billon et Nédélec, M. Pillefer, Mme Housseau et M. Houpert.
L’amendement n° II-259 rectifié ter est présenté par MM. J.B. Blanc et J.M. Boyer, Mme V. Boyer, MM. Margueritte et Frassa, Mme Muller-Bronn, M. Sol, Mmes Di Folco et Noël, MM. Belin, Gremillet et Rojouan, Mme Canayer et MM. Klinger et Paul.
L’amendement n° II-293 rectifié ter est présenté par MM. Masset, Roux, Fialaire, Bilhac et Daubet, Mmes Briante Guillemont et M. Carrère, M. Grosvalet, Mme Jouve et MM. Laouedj et Gold.
L’amendement n° II-643 rectifié octies est présenté par M. Bonhomme, Mme Dumont, M. Anglars, Mmes M. Mercier, Aeschlimann et Guidez, MM. Panunzi et Naturel, Mme Romagny, MM. C. Vial, Haye et Pointereau et Mme Demas.
L’amendement n° II-739 rectifié ter est présenté par MM. Levi et Laugier, Mme Patru, MM. Cambier et Bleunven et Mme Morin-Desailly.
L’amendement n° II-1210 rectifié bis est présenté par M. Genet.
L’amendement n° II-1526 rectifié bis est présenté par M. Chaize, Mme Jacques, M. J.P. Vogel, Mme Belrhiti et MM. Rapin et Mandelli.
L’amendement n° II-2158 est présenté par MM. Buis, Buval et Patriat, Mmes Cazebonne et Duranton, M. Fouassin, Mme Havet, MM. Iacovelli, Kulimoetoke, Lemoyne, Lévrier et Mohamed Soilihi, Mme Nadille, M. Patient, Mme Phinera-Horth, MM. Rambaud et Rohfritsch, Mme Schillinger, M. Théophile et les membres du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants.
L’amendement n° II-2164 rectifié bis est présenté par M. Delcros et Mmes Vermeillet, Vérien et Sollogoub.
L’amendement n° II-2293 rectifié est présenté par MM. Gay et Lahellec, Mmes Margaté, Gréaume et les membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky.
L’amendement n° II-2312 rectifié bis est présenté par MM. Michallet et Savin.
Ces treize amendements sont ainsi libellés :
Modifier ainsi les crédits des programmes :
(En euros) |
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Programmes |
Autorisations d’engagement |
Crédits de paiement |
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|
+ |
- |
+ |
- |
Développement des entreprises et régulations dont titre 2 |
52 000 000 |
|
52 000 000 |
|
Plan France Très haut débit |
|
|
|
|
Statistiques et études économiques dont titre 2 |
|
|
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Stratégies économiques dont titre 2 |
|
52 000 000 |
|
52 000 000 |
Financement des opérations patrimoniales en 2026 sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État » |
|
|
|
|
TOTAL |
52 000 000 |
52 000 000 |
52 000 000 |
52 000 000 |
SOLDE |
0 |
0 |
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La parole est à M. Antoine Lefèvre, pour présenter l’amendement n° II-129 rectifié quater.
M. Antoine Lefèvre. Signé le 15 février 2023 entre l’État, le groupe La Poste et l’AMF, le sixième contrat de présence postale territoriale prévoit une enveloppe de 174 millions d’euros provenant, d’une part, des rendements de défiscalisation sur les différents impôts locaux dus par La Poste et, d’autre part, d’une dotation budgétaire votée annuellement en compensation de la suppression de la recette de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Le PLF pour 2026 opère une importante diminution des dépenses d’intervention de l’action n° 04, « Développement des postes, des télécommunications et du numérique », faisant évoluer leur montant de 706 millions d’euros en AE et en CP dans la LFI pour 2025 à 593 millions d’euros en AE et en CP, soit une diminution nette de 15,86 %. Cette diminution comprend notamment une réduction de 44 millions d’euros de la dotation budgétaire versée au FPNPT, conformément à la mission d’aménagement du territoire confiée à La Poste.
À l’heure où s’ouvrent les négociations du septième contrat de présence postale territoriale entre La Poste, l’AMF et l’État, ce signal budgétaire suscite des inquiétudes sur la réelle volonté gouvernementale de soutenir la présence physique de La Poste sur l’ensemble du territoire.
Mme la présidente. La parole est à Mme la rapporteure pour avis, pour présenter l’amendement n° II-137.
Mme Anne-Catherine Loisier, rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques. Cet amendement de la commission des affaires économiques vise à augmenter de 52 millions d’euros la dotation budgétaire versée à La Poste pour l’exercice de sa mission de service public de contribution à l’aménagement et au développement du territoire.
Comme je l’ai dit dans mon intervention liminaire, à ma connaissance et selon mes informations, la dotation de 52 millions d’euros qui a été votée lors de l’examen du PLFG est attribuée au service universel postal, et non à la mission d’aménagement du territoire. Si nous ne réabondons pas cette mission d’aménagement du territoire, nous risquons de nous trouver confrontés très rapidement à de grandes difficultés sur le terrain, en supprimant le levier d’action des commissions départementales de présence postale territoriale (CDPPT).
Sauf si M. le ministre atteste devant nous que les 52 millions votés dans le cadre du PLFG sont bien attribués à la mission d’aménagement du territoire, ce qui n’est pas l’information transmise par les services du ministère de l’économie et des finances, je maintiendrai cet amendement.