Mme Patricia Demas. Tout établissement de santé bénéficiant de financements publics visant à créer ou à maintenir des lits de soins palliatifs doit avoir un objectif précis : offrir à chaque patient en fin de vie un accompagnement digne et adapté.

Or rien ne garantit aujourd’hui que ces lits soient utilisés pour cette mission. C’est pourquoi nous proposons d’instaurer un contrôle systématique tous les trois ans par les agences régionales de santé (ARS).

L’idée est non pas de sanctionner, mais de s’assurer que l’argent public serve bien son but : améliorer l’accès aux soins palliatifs de tous ceux qui en ont besoin. Un tel mécanisme permettra de vérifier que les lits financés sont opérationnels, accessibles et utilisés conformément à leur vocation.

En adoptant cet amendement, nous adresserions un message clair : les financements publics doivent servir l’intérêt général, et leur utilisation doit être rigoureuse et vérifiable. C’est une question de confiance dans notre système de santé et de respect pour les patients et leurs proches.

Mes chers collègues, contrôler, c’est aussi mieux accompagner.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

Mme Florence Lassarade, rapporteure. Nous souscrivons totalement à l’objectif des auteurs de cet amendement, qui est de s’assurer que les financements alloués pour augmenter le nombre de lits identifiés « soins palliatifs » sont utilisés à bon escient.

Néanmoins, une telle disposition ne nous paraît pas nécessaire, et cela pour deux raisons.

Premièrement, les agences régionales de santé ont déjà pour mission de contrôler la cohérence entre les financements publics perçus par les établissements de santé et leur utilisation. Il serait fastidieux de lister dans la loi les items devant faire l’objet de contrôles prioritaires, car ils sont nombreux.

Deuxièmement, l’article 11 quinquies de la proposition de loi prévoit que le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) conclu entre l’ARS et les établissements de santé définit des objectifs et des indicateurs relatifs au développement des soins palliatifs.

Pour rappel, en application de l’article D. 6114-8 du code de la santé publique, les ARS sont tenues d’évaluer la réalisation des objectifs prévus dans les contrats.

L’amendement nous semble donc satisfait. C’est pourquoi nous émettons un avis défavorable.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Stéphanie Rist, ministre. Pour avoir vécu en tant que chef de pôle des contrôles de l’ARS, je puis vous confirmer qu’ils sont très rigoureux. Les contrôleurs se déplacent dans les établissements de santé pour effectuer des vérifications auprès des malades pris en charge dans les unités de soins palliatifs ou dans des lits dédiés au sein d’autres services.

Les financements dont il est question sont importants pour les établissements ; par conséquent, les ARS effectuent déjà des contrôles et continueront de le faire.

L’amendement étant satisfait, je sollicite son retrait ; à défaut j’émettrais un avis défavorable.

M. le président. La parole est à Mme Marie-Claire Carrère-Gée, pour explication de vote.

Mme Marie-Claire Carrère-Gée. Je comprends tout à fait les arguments avancés par Mme la rapporteure et par Mme la ministre : en théorie, il appartient évidemment aux ARS de contrôler la bonne utilisation de l’argent public.

Nous nous interrogions néanmoins tout à l’heure sur les moyens de rendre effectif le développement plus rapide des soins palliatifs. Les financements publics alloués à ces derniers n’étant pas systématiquement reconduits d’une année sur l’autre, il n’est pas dénué de sens de vérifier, tous les trois ans, que les lits qui ont été créés existent toujours.

Imaginons que cette disposition, une fois votée, se révèle inutile : cela signifierait que les soins palliatifs se développent correctement, ce qui serait heureux.

La proposition qui est formulée ici n’emporte pas de conséquences négatives. Elle est au contraire un aiguillon utile. Voilà pourquoi je voterai cet amendement.

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 28 rectifié quater.

(Lamendement nest pas adopté.)

Après l’article 4 bis
Dossier législatif : proposition de loi visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs
Article 6

Article 5

(Supprimé)

M. le président. Je suis saisi de trois amendements faisant l’objet d’une discussion commune.

L’amendement n° 22 rectifié, présenté par Mme Pantel, MM. Bilhac et Cabanel, Mme M. Carrère, MM. Daubet et Fialaire, Mme Girardin, M. Grosvalet, Mme Guillotin, M. Guiol, Mme Jouve et MM. Laouedj et Masset, est ainsi libellé :

Rétablir cet article dans la rédaction suivante :

Après l’article L. 1110-10 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1110-10-… ainsi rédigé :

« Art. L. 1110-10-. – La politique de soins palliatifs est fondée sur la volonté de garantir à chacun, selon ses besoins et sur tout le territoire, l’accès aux soins palliatifs. Elle repose sur l’association des parties prenantes à sa mise en œuvre.

« Avant le 31 décembre 2026, puis tous les cinq ans, une loi de programmation pluriannuelle de l’accompagnement et des soins palliatifs, adoptée par le Parlement, détermine la trajectoire de développement de l’offre d’accompagnement et de soins palliatifs mentionnés à l’article L. 1110-10, notamment à domicile et en établissement, en fonction de besoins pour lesquels elle établit des prévisions pluridécennales. Elle définit les indicateurs, les objectifs, les moyens et les financements publics nécessaires pour assurer l’effectivité de cette offre et pour réaliser les recrutements suffisants ainsi que pour assurer la formation continue des professionnels. »

La parole est à Mme Véronique Guillotin.

Mme Véronique Guillotin. Cet amendement de ma collègue Guylène Pantel vise à rétablir l’article 5, qui prévoit l’adoption par le Parlement, tous les cinq ans, d’une loi de programmation pluriannuelle de l’accompagnement et des soins palliatifs.

Une telle disposition répondrait aux exigences de lisibilité de l’action publique. Elle permettrait au législateur de fixer un cap clair, d’en assurer le suivi et d’adapter, le cas échéant, les moyens aux besoins constatés.

En affirmant que la politique des soins palliatifs repose sur l’association des acteurs concernés, nous entendons rappeler qu’elle ne peut être pensée ni conduite de manière unilatérale. Il s’agit ici de consacrer une méthode fondée sur la concertation et l’expérience de terrain.

M. le président. Les deux amendements suivants sont identiques.

L’amendement n° 47 est présenté par M. Fichet, Mmes Canalès et Le Houerou, M. Kanner, Mmes Conconne et Féret, M. Jomier, Mmes Lubin, Poumirol et Rossignol, M. Pla, Mme Briquet, M. Jacquin, Mmes G. Jourda, Matray et Monier, M. Ros et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain.

L’amendement n° 86 est présenté par Mmes Silvani et Apourceau-Poly, MM. Bacchi, Barros, Basquin et Brossat, Mmes Brulin et Corbière Naminzo, M. Corbisez, Mme Cukierman, M. Gay, Mme Gréaume, M. Lahellec, Mme Margaté, MM. Ouzoulias et Savoldelli, Mme Varaillas et M. Xowie.

Ces deux amendements sont ainsi libellés :

Rétablir cet article dans la rédaction suivante :

Après l’article L. 1110-10 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1110-10-… ainsi rédigé :

« Art. L. 1110-10-. – La politique de soins palliatifs est fondée sur la volonté de garantir à chacun, selon ses besoins et sur tout le territoire, l’accès aux soins palliatifs.

« Avant le 31 décembre 2025, puis tous les cinq ans, une loi de programmation pluriannuelle de l’accompagnement et des soins palliatifs, adoptée par le Parlement, détermine la trajectoire de développement de l’offre d’accompagnement et de soins palliatifs mentionnés à l’article L. 1110-10, notamment à domicile et en établissement, en fonction de besoins pour lesquels elle établit des prévisions pluridécennales. Elle définit les indicateurs, les objectifs, les moyens et les financements publics nécessaires pour assurer l’effectivité de cette offre et pour réaliser les recrutements suffisants ainsi que pour assurer la formation continue des professionnels. »

La parole est à M. Jean-Luc Fichet, pour présenter l’amendement n° 47.

M. Jean-Luc Fichet. Cet amendement vise à rétablir l’article 5, supprimé en commission, qui instaurait une loi de programmation pluriannuelle des soins palliatifs.

Un tel article est indispensable : il inscrit cette politique dans le temps long, fixe des objectifs clairs, des indicateurs et une trajectoire financière. Son rétablissement est donc nécessaire pour donner de la visibilité et garantir un développement structuré et pérenne des soins palliatifs sur l’ensemble du territoire.

M. le président. La parole est à Mme Cathy Apourceau-Poly, pour présenter l’amendement n° 86.

Mme Cathy Apourceau-Poly. Comme l’a rappelé ma collègue Silvana Silvani lors de la discussion générale, en décidant de supprimer l’article 5, les rapporteurs de la commission des affaires sociales scient la branche sur laquelle nous, les parlementaires, nous sommes assis.

Mme Florence Lassarade, rapporteure. Vous n’y allez pas de main morte !

Mme Cathy Apourceau-Poly. Renoncer à une telle loi de programmation et de financement pluriannuelle enverrait un message terrible aux structures de soins palliatifs, ainsi qu’à nos concitoyens.

Chers collègues, vous avez refusé la création d’un droit opposable en considérant que l’égalité d’accès aux soins n’était pas garantie.

Vous avez refusé la création d’un droit à l’aide à mourir, en estimant que, si les unités palliatives étaient présentes en nombre suffisant sur le territoire, les demandes d’aide à mourir disparaîtraient.

Vous aviez enfin l’occasion de fixer un cap financier pour les soins palliatifs. Or vous avez décidé de supprimer l’article 5. Ce choix interroge votre cohérence, et même sur votre réelle volonté de développer les unités palliatives.

À l’inverse, nous sommes cohérents : nous proposons de rétablir la loi pluriannuelle de financement des soins palliatifs.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

Mme Florence Lassarade, rapporteure. Ces trois amendements visent à rétablir l’article 5, qui prévoit l’adoption d’une loi de programmation pluriannuelle.

Pour rappel, la commission a supprimé cet article, car il est dépourvu de toute portée normative.

Pour autant, nous tenons au principe de programmation pluriannuelle. C’est la raison pour laquelle la commission a prévu à l’article 4 bis que le développement de l’accompagnement et des soins palliatifs devait obligatoirement faire l’objet de stratégies nationales pluriannuelles élaborées par le Gouvernement, sur le modèle de la stratégie décennale 2024-2034.

Nous avons également maintenu la création d’une instance de gouvernance, pour piloter ces stratégies, et conservé l’inscription des crédits de la stratégie décennale à l’article 7.

En définitive, la commission estime qu’il est vain de décréter l’adoption future de lois de programmation qui ne seront sûrement jamais déposées, comme en témoigne l’exemple de la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie, dite loi Bien vieillir, qui prévoyait l’adoption d’une loi de programmation pour le grand âge avant le 31 décembre 2024.

Mme Florence Lassarade, rapporteure. Il est au contraire préférable de se concentrer sur les dispositions utiles et de tâcher de suivre les engagements pris par le Gouvernement dans les prochains projets de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

Pour toutes ces raisons, la commission émet un avis défavorable sur ces amendements.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Stéphanie Rist, ministre. Je suis du même avis que Mme la rapporteure. Cette proposition s’inscrit dans la continuité de notre débat sur la pertinence d’une loi de programmation dans le domaine de la santé. Notre cadre juridique impose que nous débattions annuellement du financement de notre système de santé.

Une loi pluriannuelle pourrait être remise en cause chaque année par le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Elle n’apporterait pas davantage que l’engagement pris dans le cadre de la stratégie décennale, qui fixe des objectifs très clairs.

Le Gouvernement émet donc un avis défavorable sur ces amendements.

M. le président. La parole est à Mme Marion Canalès, pour explication de vote.

Mme Marion Canalès. La suppression de l’article prévoyant une loi de programmation pluriannuelle – l’idée avait fait son chemin à l’Assemblée nationale – ne nous semble pas aller dans le bon sens.

Ce type de loi, nous dit-on, n’aurait pas de valeur normative. Par ailleurs, on cite volontiers en exemple la loi Bien vieillir, à la suite de laquelle le Gouvernement n’a jamais déposé de loi de programmation.

Le raisonnement est identique à celui qui a été conduit à partir du droit opposable au logement : puisque cela n’a pas fonctionné, pourquoi devrions-nous le faire en matière de soins palliatifs ? Permettez-moi de citer Michael Jordan : « Je peux accepter l’échec, tout le monde échoue dans quelque chose. Mais je ne peux pas accepter de ne pas essayer. »

Ce n’est donc pas parce que cela n’a pas été fait pour le grand âge – nous sommes d’ailleurs toujours en droit d’attendre la loi de programmation pluriannuelle dans ce domaine – que nous devons renoncer à réclamer, en plus de la stratégie décennale, une loi de programmation pour les soins palliatifs.

La stratégie décennale, que nous avons aujourd’hui enrichie, est définie par le Gouvernement, avec le concours des associations d’usagers et des fédérations hospitalières.

La loi de programmation relève, elle, du Parlement. Madame la ministre, je ne vois pas en quoi nous ne serions pas fondés à demander de la visibilité, comme nous pouvons en avoir grâce à la loi de programmation militaire.

Nous prenons acte des 100 millions d’euros que vous avez mentionnés, ainsi que de votre engagement à renouveler cet effort pour atteindre 1,1 milliard d’euros dans dix ans.

Nous réclamons toutefois une plus grande visibilité. Les élections présidentielles approchent ; d’autres sujets surgiront. Une loi de programmation nous permettrait d’y voir plus clair sur le retard que nous devons rattraper ; elle offrirait des perspectives à celles et ceux qui attendent des soins palliatifs.

Enfin, il nous est dit que, lorsque les moyens seront mis sur la table, le droit opposable que nous défendons pourra plus facilement être instauré.

La stratégie décennale, ce sont les paroles ; la loi de programmation, ce sont des actes, gravés dans le marbre. Madame la ministre, nous vous faisons confiance pour tenir votre engagement, mais nous attendons une visibilité à plus long terme.

Les échecs du passé ne doivent pas nous conduire à renoncer à la loi de programmation, telle qu’elle a été prévue par l’Assemblée nationale.

M. le président. La parole est à Mme Corinne Féret, pour explication de vote.

Mme Corinne Féret. L’instauration d’une loi de programmation dans le cadre de la loi Bien vieillir était un acte fort de la part des parlementaires. Nous aurions pu penser que les gouvernements successifs respecteraient la volonté de ces derniers.

Aujourd’hui, on nous dit que nous devrions renoncer à une loi de programmation en matière de soins palliatifs au motif qu’une loi similaire en matière de grand âge n’a pas abouti.

Or, du point de vue parlementaire, elle a bien abouti ! Le vote de cette disposition a été le résultat d’un long débat, de discussions et d’amendements. Si elle ne s’est pas concrétisée, c’est parce que les gouvernements successifs n’ont pas respecté le vote des parlementaires.

M. le président. La parole est à M. Daniel Chasseing, pour explication de vote.

M. Daniel Chasseing. Je comprends la position de la commission et de Mme la ministre.

Nous évoquions précédemment un droit opposable, qui poserait un certain nombre de problèmes : même en faisant leur maximum, les services ne pourraient pas répondre aux besoins au moment où ils seraient sollicités. La situation est ici totalement différente. Une loi de programmation ne pose pas de contraintes ; elle fixe un objectif.

Par conséquent, je voterai cet amendement.

M. le président. La parole est à Mme Raymonde Poncet Monge, pour explication de vote.

Mme Raymonde Poncet Monge. L’argument qu’avance la commission me semble particulièrement spécieux.

Madame la rapporteure, vous nous avez dit que nous ne pouvions pas créer de droit opposable en matière de soins palliatifs, car le Dalo n’est pas effectif. À présent, au sujet de la loi de programmation annuelle prévue par le Parlement dans le cadre de la loi Bien vieillir, vous nous dites que le Gouvernement ne respecte pas le vote du Parlement.

Le Parlement a parlé et joué son rôle, mais le Gouvernement n’en a pas tenu compte. Dès lors il ne faudrait plus que le Parlement parle ; il ne faudrait plus qu’il décide. Dans ce cas, votons un article 1er ainsi rédigé : « Le Gouvernement décide » ! Telle est la conclusion que nous devons tirer.

Pour avoir longtemps travaillé dans des services gérontologiques, je puis vous dire que nous devrions avoir honte de citer l’exemple de la loi Bien vieillir. Or nous en faisons un alibi : le Parlement n’ayant pas été respecté par le Gouvernement, il faudrait renoncer à lui opposer notre décision.

Au contraire, réintroduisons la loi de programmation pluriannuelle dans le texte du Sénat. Si la disposition est finalement votée à l’Assemblée nationale, alors le Gouvernement devra la respecter. Et nous en profiterons pour lui demander également de respecter la volonté exprimée par le Parlement au sujet de la loi pluriannuelle relative au bien vieillir.

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Stéphanie Rist, ministre. Je le répéterai aussi souvent que ce sera nécessaire : la stratégie décennale va bien au-delà des paroles. Depuis son lancement, les financements ont augmenté de 25 %, les objectifs sont très clairs et un comité de suivi a été mis en place.

En elle-même, une loi de programmation ne garantit pas un financement sur dix ans, ni même sur trois ans, puisque, chaque année, le budget doit être redéfini dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Si le vote d’une loi pluriannuelle présente un aspect rassurant – je puis l’entendre, nous avons ce débat régulièrement –, notre Constitution prévoit des lois de financement annuelles. Les crédits inscrits dans la loi de programmation pourraient donc être réduits ou augmentés en fonction des PLFSS. (Mme Raymonde Poncet Monge sexclame.)

À la fausse solution miracle que serait une loi pluriannuelle, je préfère une stratégie assortie d’objectifs clairs, des engagements tenus et un comité de suivi.

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 22 rectifié.

J’ai été saisi d’une demande de scrutin public émanant du groupe Les Républicains.

Je rappelle que l’avis de la commission est défavorable, de même que celui du Gouvernement.

Il va être procédé au scrutin dans les conditions fixées par l’article 56 du règlement.

Le scrutin est ouvert.

(Le scrutin a lieu.)

M. le président. Personne ne demande plus à voter ?…

Le scrutin est clos.

Voici, compte tenu de l’ensemble des délégations de vote accordées par les sénateurs aux groupes politiques et notifiées à la présidence, le résultat du scrutin n° 165 :

Nombre de votants 342
Nombre de suffrages exprimés 326
Pour l’adoption 122
Contre 204

Le Sénat n’a pas adopté.

Je mets aux voix les amendements identiques nos 47 et 86.

J’ai été saisi d’une demande de scrutin public émanant du groupe Les Républicains.

Je rappelle que l’avis de la commission est défavorable, de même que celui du Gouvernement.

Il va être procédé au scrutin dans les conditions fixées par l’article 56 du règlement.

Le scrutin est ouvert.

(Le scrutin a lieu.)

M. le président. Personne ne demande plus à voter ?…

Le scrutin est clos.

Voici, compte tenu de l’ensemble des délégations de vote accordées par les sénateurs aux groupes politiques et notifiées à la présidence, le résultat du scrutin n° 166 :

Nombre de votants 342
Nombre de suffrages exprimés 326
Pour l’adoption 121
Contre 205

Le Sénat n’a pas adopté.

En conséquence, l’article 5 demeure supprimé.

Article 5
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Article 6 bis

Article 6

(Suppression maintenue)

Article 6
Dossier législatif : proposition de loi visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs
Article 7

Article 6 bis

(Supprimé)

Article 6 bis
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Article 7 bis

Article 7

Les crédits de paiement de la stratégie nationale de l’accompagnement et des soins palliatifs mentionnée à l’article L. 1110-9-2 du code de la santé publique évoluent sur la période de 2026 à 2034 en application du tableau du deuxième alinéa du présent article. Ces crédits peuvent être réévalués afin de garantir un accès effectif des malades à un accompagnement et à des soins palliatifs.

Crédits de paiement et plafonds des taxes allouées aux mesures nouvelles prévues par la stratégie nationale de laccompagnement et des soins palliatifs

 

Année

Mesures nouvelles (en millions deuros)

(ligne supprimée)

(ligne supprimée)

2026

97

2027

96

2028

94

2029

97

2030

75

2031

105

2032

100

2033

122

2034

111

Le périmètre budgétaire concerné intègre les dépenses relatives :

1° À l’hôpital de jour et aux courts séjours ;

2° Aux séjours en service de médecine générale ou de chirurgie ;

3° Aux séjours en lits identifiés de soins palliatifs ;

4° Aux séjours en unité de soins palliatifs ;

5° Aux créations d’unités de soins palliatifs et d’unités de soins palliatifs pédiatriques, notamment dans les départements qui n’en sont pas dotés, en poursuivant l’objectif d’atteindre un minimum de deux unités par région avant le 31 décembre 2030, et aux créations de maisons d’accompagnement et de soins palliatifs ;

6° Aux journées d’hospitalisation à domicile ;

7° Aux séjours en unité de soins médicaux et de réadaptation ;

8° Aux missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation ;

9° Au fonds d’intervention régional, dont les équipes mobiles de soins palliatifs et les équipes ressources régionales de soins palliatifs pédiatriques ;

10° Aux actes des professionnels de santé libéraux ;

11° Aux médicaments délivrés en ville et relevant d’un parcours palliatif ;

12° (Supprimé)

13° Aux associations de bénévoles d’accompagnement.

M. le président. Je suis saisi de quatre amendements identiques.

L’amendement n° 53 rectifié est présenté par Mme Pantel, MM. Bilhac et Cabanel, Mme M. Carrère, MM. Daubet et Fialaire, Mme Girardin, MM. Gold et Grosvalet, Mme Guillotin, M. Guiol, Mme Jouve et MM. Laouedj et Masset.

L’amendement n° 87 est présenté par Mmes Silvani et Apourceau-Poly, MM. Bacchi, Barros, Basquin et Brossat, Mmes Brulin et Corbière Naminzo, M. Corbisez, Mme Cukierman, M. Gay, Mme Gréaume, M. Lahellec, Mme Margaté, MM. Ouzoulias et Savoldelli, Mme Varaillas et M. Xowie.

L’amendement n° 98 rectifié est présenté par Mme Antoine, M. Chasseing, Mme Devésa, MM. Dhersin, Hingray, Lemoyne et Lévrier, Mme Perrot, M. Pillefer et Mme Romagny.

L’amendement n° 107 rectifié bis est présenté par MM. Gremillet, Burgoa, Menonville et Reynaud, Mmes Demas, Belrhiti et Micouleau, MM. Margueritte et Séné et Mme P. Martin.

Ces quatre amendements sont ainsi libellés :

Alinéa 2, tableau, seconde colonne, quatrième à douzième lignes

Rédiger ainsi ces lignes :

 194 

 192 

 188 

 194 

 150 

 210 

 200 

 244 

 222 

La parole est à Mme Véronique Guillotin, pour présenter l’amendement n° 53 rectifié.

Mme Véronique Guillotin. Cet amendement vise à doubler les crédits de paiement de la stratégie nationale de l’accompagnement et des soins palliatifs.

M. le président. La parole est à Mme Silvana Silvani, pour présenter l’amendement n° 87.

Mme Silvana Silvani. Les inégalités de déploiement des soins palliatifs, comme la croissance des besoins, sont très fortes. Elles nécessitent un investissement historique de la Nation et de la République. Cet amendement vise donc à doubler les fonds dédiés aux mesures prévues par la stratégie décennale.

Selon la Cour des comptes, la dépense publique a augmenté de près de 25 % entre 2017 et 2021, soit de 6,25 % par an. Le plan décennal prévoit une augmentation de 66 %, soit 6,6 % par an. L’effort annoncé par le Gouvernement en 2024 revient donc, en réalité, à maintenir un budget constant sur dix ans. (Mme Anne-Sophie Romagny sexclame.)

Dans ce contexte, il convient de corriger ces crédits, pour au minimum les doubler, afin de combler le retard actuel. Je le rappelle, un patient sur deux n’a pas accès aux soins palliatifs. Et il faut mieux tenir compte des nouveaux besoins liés au vieillissement de la population, à l’augmentation des maladies chroniques et aux affections de longue durée. Chaque année, nous insistons sur ces éléments, qui posent forcément question.

Enfin, cet amendement vise à tenir compte des reliquats de 2024 et 2025, initialement prévus par la loi, qui n’auront pas été utilisés.

Les rapporteurs peuvent critiquer l’absence de valeur normative de l’article 7, mais les montants fixés dans la stratégie décennale serviront de référence pour la loi de finances et pour la loi de financement de la sécurité sociale.

M. le président. La parole est à Mme Jocelyne Antoine, pour présenter l’amendement n° 98 rectifié.

Mme Jocelyne Antoine. Il est défendu, monsieur le président.

M. le président. La parole est à M. Laurent Burgoa, pour présenter l’amendement n° 107 rectifié bis.

M. Laurent Burgoa. Il est également défendu.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

Mme Florence Lassarade, rapporteure. Ces amendements visent à doubler les crédits qui sont dédiés aux mesures nouvelles prévues par la stratégie décennale et retracés dans un tableau à l’article 7.

Nous partageons la nécessité d’accorder les financements nécessaires au développement de l’offre d’accompagnement et des soins palliatifs. Toutefois, il apparaît évident que doubler de cette façon les crédits prévus par la stratégie décennale, sans y associer des objectifs précis et dans un contexte budgétaire très contraint, est peu réaliste.

Malheureusement, quelle que soit l’ambition qui nous anime pour assurer l’accès de tous aux soins palliatifs, les chiffres inscrits dans le tableau de l’article 7 n’ont aucune valeur contraignante.

En commission, nous avons été interrogés sur la raison de la recevabilité de ces amendements. Nous pouvons doubler ces crédits si nous le souhaitons, car, comme le disait déjà Philippe Marini, ancien rapporteur de la commission des finances, « les “vœux pieux” ne coûtent rien et, dès lors, ne peuvent être financièrement irrecevables ! Quant aux illusions que peuvent créer de telles pratiques, elles s’apparentent à celles qu’engendrent dans notre pays tant de promesses politiciennes et insolvables… »

La commission émet donc un avis défavorable sur ces amendements identiques.