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BONNEFOUS Edouard

Ancien sénateur de la Seine-et-Oise
  puis des Yvelines

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 avril 1959 (Seine-et-Oise)
  • Réélu le 22 septembre 1968 (Yvelines)
  • Réélu le 25 septembre 1977 (Yvelines)
  • Fin de mandat le 1er octobre 1986 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Président de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

BONNEFOUS (Edouard, Henri, Jean)

Né le 24 août 1907 à Paris

Député de Seine-et-Oise de 1946 à 1958

Ministre du Commerce du 20 janvier au 8 mars 1952

Ministre d'Etat du 8 janvier au 28 juin 1953

Ministre des Postes, télégraphes et téléphones du 23 février 1955 au 1er février 1956

Ministre des Travaux publics, des transports et du tourisme du 13 juin 1957 au 1er juin 1958

Fils de Georges Bonnefous, ancien ministre, qui a été un collaborateur de Raymond Poincaré et d'Aristide Briand, le jeune Edouard fait ses études au lycée Janson-de-Sailly et à l'école Fontanes à Paris. Il est diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques et de l'Institut des hautes études internationales. Jusqu'à la guerre, il s'oriente vers l'économie politique et la politique étrangère. Il fait de nombreux voyages d'études à travers le monde et fonde, avec le recteur Sarailh, l'Institut des hautes études d'Amérique latine. Il exerce aussi une activité littéraire : journaliste, critique de théâtre, il collabore, en 1937, à La Journée industrielle, de C.J. Gignoux et à l'hebdomadaire Le National de Pierre Taittinger. Il publie régulièrement des reportages et des études économiques. En septembre 1939, Edouard Bonnefous est mobilisé dans l'infanterie. En 1941, il entre dans la Résistance. En 1944, il est membre du Comité départemental de libération de Seine-et-Oise. De ce moment date son entrée dans la vie politique active. Parallèlement, avec André Siegfried et Roger Seydoux, il participe à la réfondation de l'Année politique.

Aux élections du 21 octobre 1945, pour la première Assemblée nationale Constituante, Edouard Bonnefous est candidat en deuxième position, sur une « Liste de concentration républicaine » dans la deuxième circonscription de Seine-et-Oise. Sur 430 338 électeurs inscrits et 359 798 suffrages exprimés, les huit sièges à pourvoir vont aux trois grands partis de la Libération, trois sièges au Parti communiste, qui regroupe 118 109 suffrages, trois autres au Mouvement républicain populaire, avec 100 142 suffrages, les deux derniers à une liste S.F.I.O., avec 70 968 suffrages. La liste d'Edouard Bonnefous ne réunit que 26 048 suffrages. Dans les mois qui suivent, il est un des initiateurs du Rassemblement des gauches républicaines dans le département. En juin 1946, aux élections à la seconde Assemblée nationale Constituante, sur 429 446 électeurs inscrits et 364 617 suffrages exprimés, la liste du R.G.R. où Edouard Bonnefous figure en deuxième position, a un élu avec 35 808 voix. Les autres sièges vont au Parti communiste, trois élus avec 117 834 suffrages, au M.R.P., deux élus avec 104 335 suffrages, à la S.F.I.O., un élu avec 70 091 suffrages et au Parti républicain de la liberté, un élu avec 36 549 suffrages. En revanche, pour les élections législatives du 10 novembre, la liste du R.G.R., qui reçoit l'appui de l'Union gaulliste, fait plus que doubler ses voix. Pour neuf sièges à pourvoir, sur 441 283 électeurs inscrits et 358 267 suffrages exprimés, le Parti communiste, avec 124 712 voix, arrive en tête et a quatre élus, le M.R.P., avec 83 715 voix, a deux élus, le R.G.R., avec 77 647 voix, emporte deux sièges, le dernier échoit à la S.F.I.O. avec 48 812 voix.

Une fois son élection validée, le nouveau député de Seine-et-Oise est nommé membre de la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions et de la Commission des affaires étrangères. Secrétaire de cette dernière en janvier 1947, il en devient le président en janvier 1948 et le demeure tout au long de la législature. En 1948, il est délégué de la France aux Nations-Unies. Il devient membre de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe à Strasbourg. En 1950, il publie un ouvrage sur les problèmes européens, L'Idée européenne et sa réalisation. Il est président ou vice-président de plusieurs groupes parlementaires, France-Amérique latine, France Etats-Unis, France-Belgique, France-Autriche, etc. Il est aussi président du Comité parlementaire du commerce et vice-président de la Société d'économie politique. A l'Assemblée, il est inscrit au groupe de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance. Il se montre un parlementaire fort actif et se révèle un bon orateur. Il dépose plusieurs propositions de loi et de résolution en matière fiscale. Mais ses interventions portent en séance sur les grandes questions de politique internationale. Il est rapporteur du Plan Marshall et du traité franco-britannique pour la Commission des affaires étrangères. Il défend particulièrement le rapprochement avec les Etats-Unis. En ce qui concerne la politique à l'égard de l'Allemagne, il fait part de ses craintes : « Le danger, indique-t-il en novembre 1949, c'est que le relèvement allemand soit fait plus vite que l'unité de l'Europe ».

Partisan de la construction européenne, lors du débat sur la ratification du traité de la C.E.C.A., il marque les conditions d'un succès : « Il faut qu'on sache aussi bien en France qu'à l'étranger que notre pays reste décidé à construire l'Europe à condition que tous les Européens acceptent d'y participer, qu'il n'acceptera jamais de s'engager à un nombre réduit de participants, qu'il s'agisse de l'autorité politique, de l'armée ou de toute autre commission européenne ».

Aux élections législatives du 17 juin 1951, Edouard Bonnefous mène une liste du R.G.R. et d'Union des indépendants, des paysans et des républicains nationaux. La profession de foi indique l'intention de former « une union anticommuniste », et se montre critique vis-à-vis des partis de l'ancien tripartisme, mais aussi du « pouvoir personnel ». Le programme s'annonce avant tout comme une défense « du contribuable et des consommateurs ». Dans cette deuxième circonscription de Seine-et-Oise, aucun apparentement n'est conclu. La répartition des neuf sièges s'effectue à la proportionnelle. Sur 448 600 électeurs inscrits et 363 970 suffrages exprimés, les communistes, avec 115 870 voix, arrivent en tête et emportent trois sièges, le Rassemblement du peuple français, avec 102 577 voix, obtient deux sièges, les quatre autres vont respectivement à la liste R.G.R., 34 921 voix, à la S.F.I.O. 36 504 voix, au M.R.P., 28 674 voix et au Parti radical avec 24 083 voix.

Edouard Bonnefous retrouve la présidence de la Commission des affaires étrangères. Il est aussi membre de la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions puis de la Commission des finances. Le 10 août 1951, il est nommé membre suppléant de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe. Il commence une carrière ministérielle dans le gouvernement Edgar Faure, du 20 janvier au 8 mars 1952 où il exerce la responsabilité de ministre du Commerce. La même année, il publie un autre ouvrage sur la question européenne, L'Europe face à son destin. Le 8 janvier 1953, il est appelé dans le cabinet que forme René Mayer comme ministre d'Etat. II le demeure jusqu'au 28 juin. En juillet, il est élu président du groupe parlementaire de l'U.D.S.R. et conserve cette responsabilité jusqu'en février 1955. La question de la Communauté européenne de défense l'amène à déposer plusieurs demandes d'interpellation. Le 17 novembre 1953, il prend parti contre une construction de l'Europe autour de l'Allemagne. Le 30 août 1954, il vote pour la question préalable qui amène le rejet de la C.E.D. Le 4 février 1955, dans le vote de confiance qui entraîne la chute du gouvernement Mendès-France, Edouard Bonnefous s'abstient volontairement. Le 23 février, Edgar Faure l'appelle pour occuper le ministère des Postes, télégraphes et téléphones où il restera jusqu'à la formation du gouvernement Guy Mollet en février 1956, au lendemain des élections consécutives à la dissolution de l'Assemblée. En 1955, au Conseil de l'Europe, il présente un plan d'organisation européenne des postes et télécommunications.

Aux élections du 2 janvier 1956, douze listes s'affrontent pour neuf sièges à pourvoir dans la deuxième circonscription de Seine-et-Oise. Comme en 1951, aucun apparentement n'est conclu. La liste R.G.R. que mène Edouard Bonnefous entend lutter contre « le sabotage du relèvement national organisé par le Parti communiste, le dirigisme sous toutes ses formes, l'injustice fiscale, la dégradation de l'autorité de l'Etat et l'instabilité ministérielle », promouvoir « l'union des républicains contre le communisme et le pouvoir personnel, la restauration vigoureuse du régime républicain, l'abandon d'une fiscalité étouffante, la réforme de l'Etat, la liberté d'enseignement, de conscience et de pensée ». Sur 544 555 électeurs inscrits et 448 365 suffrages exprimés, la liste communiste, avec 141 741 voix, conserve ses trois sièges, le Parti radical, avec 57 152 voix, la S.F.I.O. avec 42 876 voix, le R.G.R. avec 41 709 voix, le Centre national des indépendants paysans, avec 39 437 voix et le M.R.P. avec 25 201 voix, ont chacun un siège.

L'élection du député de Seine-et-Oise est validée le 20 janvier et le 31, il est nommé membre titulaire de la Commission des finances. Le 2 février, il est à nouveau élu président du groupe parlementaire de l'U.D.S.R. Le 23 février, il est réélu membre suppléant à l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe. Il est aussi membre du Conseil supérieur de la recherche scientifique et du progrès technique.

Dans les débats sur la question algérienne, il est amené, à plusieurs reprises, à mettre l'accent sur « la solidarité occidentale » nécessaire à toute solution. Ainsi, le 12 mars, dans la discussion sur l'attribution des pouvoirs spéciaux en Algérie, il déclare : « Nous nous comportons, en fait, comme si nous étions décidés à faire le jeu du bloc soviétique à qui son unité et sa discipline permettent de prendre toutes les initiatives ». Il intervient aussi pour appeler au renforcement de la cohésion de la Communauté atlantique.

En mai 1957, il est appelé à la vice-présidence de l'Assemblée de l'Union européenne occidentale. Le 13 juin, dans le gouvernement Bourgès-Maunoury, il devient ministre des Travaux publics, des transports et du tourisme et occupe les mêmes fonctions dans les deux derniers gouvernements de la IVe République, ceux de Félix Gaillard du 6 novembre 1957 au 15 avril 1958 et de Pierre Pflimlin du 15 avril au 1er juin 1958. Entre temps, il est nommé membre du Haut conseil de l'aménagement du territoire et est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Dans la crise de mai 1958, Edouard Bonnefous accepte le retour du général de Gaulle aux affaires : le 1er juin il vote la confiance, et le 2, les pleins pouvoirs.

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Ve République

BONNEFOUS (Edouard, Henri, Jean)

Né le 24 août 1907 à Paris

Décédé le 24 février 2007 à Paris

Député de Seine-et-Oise de 1946 à 1958

Ministre du Commerce du 20 janvier au 8 mars 1952

Ministre d'Etat du 8 janvier au 28 juin 1953

Ministre des Postes, télégraphes et telecommunications du 23 février 1955 au 1er février 1956

Ministre des Travaux publics, des transports et du tourisme du 13 juin 1957 au 1er juin 1958

Sénateur de Seine-et-Oise, puis des Yvelines de 1959 à 1986

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome II, pp. 431-433)

Contrairement à François Mitterrand, président de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), Edouard Bonnefous a approuvé le retour au pouvoir du général de Gaulle en juin 1958. C'est en candidat d'Union républicaine, sans le soutien d'un grand parti, qu'il se présente aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 dans la 4e circonscription de Seine-et-Oise, qui correspond aux cantons de Sèvres et de Versailles-ouest. Sa notoriété ne suffit pas à compenser son manque d'ancrage local et son image d'homme de la IVe République : il recueille moins de suffrages au premier tour (11 873, soit 20,2%) que le maire gaulliste de Meudon René Leduc (24,7%) et se retire avant le scrutin décisif. L'ancien ministre continue de diriger le comité directeur de L'année politique, publication qu'il a fondée - et de donner des cours de géographie économique à l'Institut des hautes études internationales. Il emmène une liste « d'Union des républicains pour l'action départementale » aux élections sénatoriales du 26 avril 1959. Il se situe alors au centre-gauche. 578 grands électeurs sur 3 871 (14,97%) soutiennent cette liste, contre 1 113 pour l'Union pour la nouvelle République (UNR) (28,8%), 762 pour le Mouvement républicain populaire (MRP) d'Alain Poher (19,7%) et 703 pour les communistes (18,2%). Ce résultat place la liste d'Edouard Bonnefous devant celle de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) (13,1%) et lui permet d'être élu sénateur de Seine-et-Oise, le scrutin ayant lieu à la proportionnelle.

Au Sénat, il s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique et rejoint dès mai 1959 la commission des finances. Il y siégera pendant vingt-sept années consécutives. Edouard Bonnefous évolue vers l'opposition au gaullisme dès les débuts de la Ve République. Ses principaux points de désaccord avec l'exécutif portent sur la politique étrangère - il lui reproche son engagement insuffisant en faveur de la construction européenne et une excessive méfiance à l'égard des Etats-Unis - et la pratique des institutions. Le sénateur de Seine-et-Oise utilise d'abord les questions orales, avec ou sans débat, pour faire entendre ses idées. Il en dépose par exemple sur la politique européenne du Gouvernement (novembre 1959 et juin 1962) ou pour souligner la nécessité d'engager une politique de décentralisation ambitieuse (décembre 1959). Au début des années 1960, Edouard Bonnefous s'élève à de nombreuses reprises contre le défaut de concertation dans l'aménagement de la région parisienne. Dès cette époque, il manifeste un intérêt marqué pour la protection de l'environnement et des paysages. A l'automne 1960, il s'étonne que des résidus atomiques aient été jetés dans certains fleuves français, en particulier la Seine et le Rhône, sans que les citoyens ou les élus locaux en soient informés (question orale débattue le 5 novembre 1960). Trois ans plus tard, il suggère au Gouvernement de renoncer aux grands ensembles de logements au profit de programmes d'habitations individuelles : des considérations de sécurité, de confort et de préservation des paysages lui inspirent cette recommandation (question orale avec débat du 24 octobre 1963).

Edouard Bonnefous s'intéresse en outre aux problèmes de la culture et de l'information. Rapporteur spécial du budget du cinéma de 1963 à 1967, il assume la même responsabilité pour les budgets du ministère de l'Information et de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) entre 1964 et 1967. Le sénateur de Seine-et-Oise fait en effet figure de bon connaisseur de ces problèmes depuis qu'il a été désigné comme rapporteur du projet de loi portant statut de l'ORTF au printemps 1964. En mars 1967, il interroge le Gouvernement au moyen d'une question écrite sur l'opportunité de réglementer la pratique des sondages d'opinion afin d'éviter qu'ils influencent le choix des électeurs. Le sénateur de Seine-et-Oise adhère au Centre démocrate dès sa création en février 1966 et reste fidèle à cette formation politique jusqu'au milieu des années 1970. Son opposition au pouvoir gaulliste se veut constructive. Il accorde ainsi les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour ramener l'ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960), approuve la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) comme la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967). Il dénonce néanmoins dès mai 1966 les velléités de suppression ou de réforme du Sénat.

L'ancien ministre, qui préside l'Académie des Sciences morales et politiques en 1967-1968, sollicite avec succès le renouvellement de son mandat sénatorial dans le nouveau département des Yvelines, le 22 septembre 1968. Il conduit une liste d'« Union des républicains pour le rayonnement des Yvelines » qui, avec 536 voix sur 1 418 grands électeurs (37,8%), obtient deux sièges au second tour : le Républicain indépendant André Mignot, second derrière Edouard Bonnefous, est en effet élu. Edouard Bonnefous devient vice-président du groupe de la Gauche démocratique au lendemain de ce succès. Il anime également l'Union parlementaire du centre qui, au début des années 1970, entend rassembler les députés et les sénateurs de cette famille politique. Très présent à la Haute assemblée, Edouard Bonnefous continue de marquer une grande attention aux problèmes d'environnement. Président de l'Association nationale pour la protection des eaux, il demande ainsi à l'exécutif d'aggraver les sanctions prévues contre les contrevenants aux accords internationaux sur les pétroliers, deux ans après la marée noire du Torrey-Canyon (question orale avec débat du 16 septembre 1969) ou s'alarme de la pollution sans cesse croissante de la région nantaise (question orale du 2 décembre 1969). Il voit dans la pollution et la prolifération atomique des menaces pour l'espèce humaine et souligne très tôt qu'il est possible de concilier écologie et croissance. Elu des Yvelines, il observe que l'aménagement de la région parisienne a péché par manque d'ambition en matière de transports en commun : il déplore que les habitants des banlieues soient dès lors contraints d'utiliser leur voiture pour se déplacer (séance publique du 30 mai 1972). En mai 1973, il dépose une proposition de loi créant un parc naturel régional de la vallée de Chevreuse et dénonce quelques mois plus tard le concept des « villes nouvelles », qui a fait progresser l'urbanisation au détriment des espaces naturels et ruraux (séance publique du 7 décembre 1973).

Les interventions de cet élu aux multiples activités - il préside ou appartient à un grand nombre d'associations, a écrit une monumentale Histoire politique de la IIIe République - abordent les sujets les plus divers, de l'organisation du travail parlementaire à la répression du trafic de drogue. Rapporteur du budget des affaires culturelles pour 1968, 1969, 1970, 1971 et 1972, il vit les lendemains de l'« ère Malraux » dans ce ministère. En novembre 1972, Edouard Bonnefous est élu président de la commission des finances. Pendant les treize années suivantes, il est considéré comme une des principales personnalités de la Haute assemblée après le président Alain Poher. Il continue d'interpeler très régulièrement les gouvernements successifs au moyen des questions orales dans les années 1970. La constance des positions d'Edouard Bonnefous se lit dans ses interventions, dont l'inspiration est souvent libérale. Ce libéralisme s'applique à la politique - défense des pouvoirs du Parlement, critique de la prédominance de l'exécutif et de l'absence de contre-pouvoirs - et à l'économie - méfiance à l'égard du Plan, souci de rigueur budgétaire et de réduction de la pression fiscale. Au printemps 1973, Edouard Bonnefous présente avec Yves Coudé du Foresto, rapporteur général du budget au Sénat, une série de propositions destinées à rénover les méthodes de travail pour la discussion budgétaire. Atlantiste convaincu, il appartient aux délégations françaises à l'Assemblée des parlementaires de l'OTAN dans les années 1960 et 1970 et préside un temps le groupe parlementaire des amitiés atlantiques (France-Etats-Unis). Il approuve les réformes initiées par Valéry Giscard d'Estaing au lendemain de son élection, qu'il s'agisse de l'abaissement de la majorité à 18 ans (28 juin 1974), de la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (19 décembre 1974) ou de la réforme du divorce (18 juin 1975). En 1976, Edouard Bonnefous adhère au Centre des démocrates sociaux (CDS).

Président de l'agence des espaces verts d'Île-de-France depuis octobre 1976, Edouard Bonnefous est élu conseiller municipal de Versailles en mars 1977. Il conduit une liste d'Union de la majorité aux élections sénatoriales du 25 septembre 1977. Il y subit un échec sévère, puisque sa liste ne recueille que 558 voix sur 2 002 suffrages exprimés, contre 921 pour l'Union de l'opposition. Le scrutin a désormais lieu à la proportionnelle et Edouard Bonnefous est le seul élu de sa liste. Au Sénat, son soutien au gouvernement de Raymond Barre se nuance, à la fin des années 1970, de critiques sur la façon dont l'exécutif conduit le débat budgétaire. Le 23 juin 1977, il prend la parole dans l'hémicycle pour saluer le projet d'élection du Parlement européen au suffrage universel et souligner qu'il a fait partie de la première Assemblée consultative du Conseil de l'Europe en 1949. Le sénateur des Yvelines se mobilise contre l'abolition de la peine de mort à la fin des années 1970. Il souhaite que l'opinion soit consultée par référendum sur ce sujet et propose de remplacer la guillotine par une injection létale. Après la victoire de la gauche aux élections présidentielles et législatives de 1981, un projet de loi portant abolition de la peine de mort est préparé par le garde des Sceaux Robert Badinter. Edouard Bonnefous prend la parole au Sénat lors de son examen en séance publique et se dit convaincu de l'utilité de la peine capitale, d'autant que la condamnation à perpétuité pose selon lui des problèmes d'application (séance du 28 septembre 1981). Il vote contre l'abolition deux jours plus tard. Le sénateur des Yvelines s'oppose également aux nationalisations décidées par le gouvernement Mauroy et en dénonce le coût pour les finances publiques le 23 novembre 1981.

L'ancien ministre, qui a appartenu à l'UDSR aux côtés de François Mitterrand, ne pratique pas une opposition systématique à partir de mai 1981. Il appelle ainsi ses collègues à voter les crédits du ministère de l'Intérieur pour 1982 (9 décembre 1981) mais s'abstient sur la loi Defferre sur la décentralisation (26 janvier 1982). Il prend part à de nombreux débats concernant la protection de la nature, qu'il s'agisse d'aménager la réglementation de la pêche en eau douce (18 mai 1983) ou de s'interroger sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (24 mai 1986). Edouard Bonnefous dépose un texte visant à faciliter le retour volontaire des travailleurs immigrés dans leur pays en décembre 1983. Débattue par le Sénat en mai 1984, cette proposition de loi ne devait pas être adoptée par l'Assemblée nationale.

Conseiller régional d'Île de France, Edouard Bonnefous souhaite se représenter aux élections sénatoriales de septembre 1986, mais y renonce, faute d'entente entre l'Union pour la démocratie française (UDF) et le Rassemblement pour la République (RPR) dans les Yvelines. Il ne se retire pas complètement de la vie politique à cette date. Il continue de présider l'Agence des espaces verts d'Île-de-France et de siéger au Conseil régional jusqu'à 1992. Chancelier de l'Institut de France de 1979 à 1994, il préside ensuite l'Institut océanographique, puis la Fondation Singer-Polignac. L'ancien ministre, auteur de très nombreux ouvrages d'histoire ou d'essais sur la protection de l'environnement, s'éteint à Paris à l'âge de 99 ans.

Sources : Archives du Sénat. Le Figaro.

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Photo de M. Edouard BONNEFOUS, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 24 août 1907
Décédé le 24 février 2007
Profession
Professeur à l'Institut des hautes études internationales
Département
Yvelines