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TARDY Fernand

Ancien sénateur des Alpes de Haute-Provence

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 1980
  • Réélu le 24 septembre 1989
  • Fin de mandat le 30 septembre 1998 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires économiques

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

TARDY (Fernand)

Né le 14 juin 1919 à Saint-Uze (Drôme)

Décédé le 4 avril 2017 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)

Sénateur des Alpes-de-Haute-Provence de 1980 à 1998

Fils d'un faïencier et d'une couturière, Fernand Tardy voit le jour le 14 juin 1919, à Saint-Uze, dans la Drôme. Après avoir étudié à l'École nationale supérieure d'horticulture de Versailles de 1936 à 1939, il est mobilisé en septembre 1939 lorsqu'éclate le second conflit mondial. En octobre 1940, il arrive à Digne, où s'installe le 20e Bataillon de chasseurs alpins, au sein duquel il est officier. Il ne quittera dès lors plus les Basses-Alpes, s'établissant à Thoard, village situé sur un promontoire rocheux dominant la vallée des Duyes.

Rendu à la vie civile en 1942, il entre aussitôt dans la Résistance. Il fonde le maquis de Thoard et dirige l'Armée secrète dans le secteur de Digne, jouant notamment un rôle décisif dans la libération de cette ville en août 1944. Son engagement dans la Résistance des Basses-Alpes, qu'il relatera plus tard dans l'ouvrage Bonsoir, petite princesse bleue (1990), lui vaut de recevoir à la Libération la Croix de guerre 39-45, la Croix de la valeur militaire et la Croix du Combattant volontaire de la Résistance ainsi que d'être élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur.

Au sortir de la guerre, cet ingénieur horticole crée une pépinière à Digne, tout en exerçant la fonction d'expert agricole et foncier. Il est par ailleurs secrétaire général (1952-1974) puis président (1974-1982) de la Chambre d'agriculture des Basses-Alpes, devenue en 1970 celle des Alpes-de-Haute-Provence à la suite du changement de nom du département.

Il s'engage également en politique, militant à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) dès l'âge de seize ans. En 1953, il est élu conseiller municipal de Thoard. Rappelé en 1956 comme officier de réserve pendant la guerre d'Algérie, il devient la même année maire de sa commune d'adoption. Constamment reconduit par la suite, il administre Thoard jusqu'en 1990. Durant quelques années, il s'éloigne de la SFIO puisqu'il rejoint en 1959 le Parti socialiste autonome puis, en 1960, le Parti socialiste unifié, exerçant dans les deux cas la fonction de secrétaire fédéral dans les Basses-Alpes. En 1970, il retrouve le Parti socialiste (PS) et c'est sous son étiquette qu'il est élu conseiller général du canton de Digne-Ouest en 1976. Il siège dès lors jusqu'en 1994 au conseil général des Alpes-de-Haute-Provence dont il est vice-président.

Suppléant du sénateur socialiste des Alpes-de-Haute-Provence Maxime Javelly de 1971 à 1980, F. Tardy décide de se présenter lui-même aux élections sénatoriales du 28 septembre 1980. Dans sa profession de foi, il appelle les grands électeurs des Alpes-de-Haute-Provence à choisir « un sénateur connaissant parfaitement [leurs] problèmes », « un sénateur compétent spécialiste des questions agricoles et rurales »1. Après avoir obtenu 42,4 % des suffrages exprimés au premier tour, il est élu au second avec 54,25 % des suffrages exprimés contre 45,74 % au socialiste dissident Roger Vial, bénéficiant du report des voix communistes.

Également conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (1980-1986), il sollicite le renouvellement de son mandat sénatorial le 24 septembre 1989, sous les couleurs de la Majorité présidentielle. Au premier tour, en réunissant 38,37 % des suffrages exprimés, il est devancé par le maire de Montclar Henri Savornin qui en obtient 44,51 %. Il est malgré tout réélu au second tour avec 53,46 % des suffrages exprimés contre 46,57 % à son adversaire RPR.

Inscrit au groupe socialiste de la Haute Assemblée, il appartient à la commission des affaires économiques dont il est vice-président (1995 - 1998).

Officier du Mérite agricole, il consacre presque toute son activité sénatoriale à l'agriculture. Membre suppléant du Comité consultatif du fonds national des abattoirs (1989-1998), il intervient souvent lors de la discussion du budget de l'agriculture mais aussi lors de celle des textes relatifs à la création d'offices d'intervention dans le secteur agricole (1982), au statut du fermage (1984), à l'organisation économique en agriculture (1986), à la Caisse nationale de crédit agricole (1987) ou à l'adaptation de l'exploitation agricole à son environnement économique et social (1988 et 1989). Il se préoccupe plus particulièrement des difficultés des agriculteurs des « zones difficiles, sèches ou à relief accentué »2, à commencer par ceux son département. Il revendique, pour ces éleveurs de moyenne montagne, le bénéficie de l'extension du taux maximal de l'indemnité spéciale de montagne et de l'allègement de leurs charges sociales.

F. Tardy lutte plus largement au Sénat en faveur du désenclavement des Alpes-de-Haute-Provence, un des départements les moins densément peuplés de France, et contre sa désertification. Membre du Comité d'orientation relatif aux interventions en montagne et en zones défavorisées à compter de 1984, il s'alarme du manque de personnel du centre hospitalier de Digne (1982), des handicaps des zones de moyenne montagne (1984), des incendies de forêt (1987), de la suppression de postes de fonctionnaires (1991), du tourisme rural (1992) et de la prolongation de l'autoroute A51 (1997).

Lors de scrutins publics, il approuve les lois portant abolition de la peine de mort en 1981, la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage en 1982 et la loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne » en 1992 (Maastricht). Il vote en revanche contre la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980, la loi relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale en 1993 et la loi d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail en 1998. Il s'abstient sur la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions en 1982 et la loi relative au revenu minimum d'insertion en 1988.

Ne se représentant pas aux élections sénatoriales du 27 septembre 1998, il se retire de la vie politique. Il avait déjà renoncé à ses mandats de maire en 1990 et de conseiller général en 1994. Cette figure majeure des Alpes-de-Haute-Provence s'éteint le 4 avril 2017 à Digne-les-Bains dans sa quatre-vingt-dix-huitième année.

1 : Profession de foi de Fernand Tardy, candidat aux élections sénatoriales du 28 septembre 1980.

2 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 28 novembre 1989, p. 4032.

Bibliographie

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur ; tableau des élections.

Who's who in France (plusieurs éditions).

OEuvres de Fernand Tardy :

Tardy (Fernand), Bonsoir, petite princesse bleue. Secteur de Digne de l'Armée secrète, sous-secteur de Thoard, Le Chaffaut, Éditions Terradou, 1990.

Tardy (Fernand) et Vésian (Hélène), Un siècle, une vie, Digne-les-Bains, Éditions F. Tardy, 2007.

Travail sur Fernand Tardy

Conord (Fabien), Pennetier (Claude), Prigent (François), « Fernand Tardy », dans Claude Pennetier (dir.), Le Maitron. Dictionnaire biographique ouvrier du mouvement social, Paris, Éditions de l'Atelier, 2017.

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Photo de M. Fernand TARDY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe socialiste
Etat-civil
Né le 14 juin 1919
Décédé le 4 avril 2017
Profession
Ingénieur horticole
Département
Alpes de Haute-Provence