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Projet de loi de finances pour 2003 : Commerce extérieur

 

CHAPITRE 1ER -

RETOURNEMENT DU CONTEXTE
ÉCONOMIQUE MONDIAL ET RECUL DES ÉCHANGES

I. DÉPRESSION BRUTALE DU COMMERCE MONDIAL EN 2001, REVENU À SON PLUS BAS NIVEAU DEPUIS DIX ANS 

A. UN RALENTISSEMENT GÉNÉRAL, SAUF DANS LES ÉCONOMIES EN TRANSITION ET LES PAYS EXPORTATEURS DE COMBUSTIBLES

Au cours de l'année 2001, le commerce et la production au niveau mondial ont connu un ralentissement largement anticipé mais, en définitive, beaucoup plus accentué que prévu. La production mondiale n'a crû que très faiblement, d'un taux le plus faible depuis 20 ans, et les échanges internationaux ont quelque peu diminué, ce qui a offert un contraste frappant avec l'année précédente, caractérisée par une croissance exceptionnelle des échanges comme de la production.

L'un des aspects marquants du récent affaiblissement de l'activité économique mondiale est le ralentissement presque simultané qu'ont connu les trois principales économies (Etats-Unis, Union européenne, Japon) à compter du troisième trimestre de 2000. Ce ralentissement économique est largement imputable à la stagnation des investissements dans les pays de l'OCDE, particulièrement dans le domaine des technologies de l'information.

DIMINUTION SIMULTANÉE DU COMMERCE ET DE LA PRODUCTION
SUR LES PRINCIPAUX MARCHÉS
1996 - 2001

Source : rapport annuel de l'OMC 2002

Trois facteurs contribuent à expliquer que le ralentissement ait été plus sensible que prévu : l'éclatement de la bulle des technologies de l'information à l'échelle mondiale, la faiblesse de l'activité en Europe occidentale et, dans une bien moindre mesure, les événements du 11 septembre 2001.

La part du secteur des technologies de l'information dans le commerce mondial (15 %) est supérieure à sa part dans la production mondiale (5 %). Par conséquent, le commerce mondial a davantage souffert de l'éclatement de la bulle des technologies de l'information que la production. Ainsi, en 2001, les ventes mondiales de semi-conducteurs, composants les plus courants des produits de ces technologies, ont accusé une baisse de 29 %. Les pays les plus impliqués dans ce commerce, à savoir l'Asie de l'Est et l'Amérique du Nord, sont ceux qui accusent la plus forte baisse en matière d'exportations en 2001.

La faiblesse de la croissance en Europe occidentale a également lourdement pesé sur l'évolution du commerce mondial, puisque cette région en assure plus d'un tiers. Elle tient en grande partie à des facteurs intérieurs, plutôt qu'à la réduction de la demande aux Etats-Unis ou au niveau mondial. Ainsi, la croissance du commerce intracommunautaire a été moins soutenue que celle des exportations à destination de pays non membres de l'Union européenne. La demande intérieure dans la zone euro a été encore plus modeste que celle des Etats-Unis en 2001, et les exportations des Etats-Unis à destination de l'Europe occidentale ont accusé une plus forte baisse que leurs importations en provenance de cette région. De fait, l'excédent global de la balance des échanges de biens et services de l'Union européenne a augmenté l'an dernier.

Quant aux retombées des événements du 11 septembre, elles sont de plusieurs ordres : outre un effet déstabilisateur de court terme sur le commerce de marchandises, ces événements ont eu deux répercussions commerciales majeures, à savoir, d'une part, le coup porté aux transports aériens et au tourisme et, d'autre part, l'augmentation des coûts des transactions internationales. La conjonction de l'augmentation des coûts de transaction, de la baisse des investissements dans les technologies de l'information et du ralentissement de la consommation de produits issus de ces technologies pourrait freiner durablement la mondialisation.

Malgré l'affaiblissement de l'économie mondiale observé en 2001, certaines régions et certains pays ont connu une forte expansion de leurs échanges et de leur production, alors qu'en 2000, la croissance de la production et des échanges avait été générale dans toutes les régions du monde.

En raison d'une croissance économique proche de 5 %, les économies en transition sont la seule région à avoir affiché l'an dernier une croissance positive des exportations et des importations exprimées en dollars. On estime ainsi que les exportations de marchandises ont crû d'environ 8 % en volume, tandis que les importations augmentaient de près de 15 %. La chute des prix pétroliers et la faiblesse des importations de l'Europe occidentale, dont l'Europe centrale/orientale a de plus en plus besoin pour ses exportations, constituaient pourtant de sérieux freins à la croissance des exportations, mais ils ont été plus que compensés par la vigueur des échanges intrarégionaux. Ces derniers ont été soutenus non seulement par l'accroissement des importations en provenance des pays exportateurs de pétrole de la région, mais aussi par des apports réguliers d'investissement directs étrangers d'un niveau élevé.

L'accroissement notable des recettes d'exportation des pays exportateurs de combustibles intervenu en 1999 et 2000 a également soutenu la production et les importations en Afrique et au Moyen-Orient, deux régions où la production s'est accrue d'au moins 3 %. Ceci a permis d'atténuer le ralentissement du commerce mondial l'an dernier.

De même, bien que la faiblesse de ses principaux marchés d'exportation ait freiné l'expansion de son commerce, la Chine a néanmoins enregistré une croissance remarquable de ses importations comme de ses exportations.

Finalement, le volume des exportations mondiales de marchandises a diminué de 1 % en 2001 (après avoir augmenté de 11 % en 2000). Quant au PIB mondial, il aurait progressé d'un peu plus de 1 % en 2001 après avoir enregistré une hausse de près de 4 % l'année précédente.