4. A moyen terme, quelles relations avec La Poste ?
La
création d'une banque postale constituera un puissant vecteur de
modernisation pour le groupe La Poste
. En prévoyant la conclusion de
conventions de moyens avec le nouvel établissement bancaire avant le
1
er
juillet 2005, elle contraindra les services de La Poste
à réaliser des progrès déterminants en termes de
comptabilité analytique et de connaissance des coûts. Elle induira
une réflexion profitable des agents sur les conditions de
rentabilité de l'exercice de leurs métiers. La banque postale,
client majeur des activités « courrier » de la Poste
en raison de l'envoi des relevés des 10,7 millions de comptes
chèques postaux,
incitera ces activités, par ses pressions
commerciales, à développer une orientation
« client ».
Par ailleurs, La Poste n'a pas vocation à détenir à moyen
terme la totalité du capital de sa filiale banque postale. Le produit de
cessions de parts de capital pourrait avoir deux effets vertueux. Elle
permettrait d'abord à la banque postale de nouer des partenariats
capitalistiques utiles dans le secteur bancaire. Elle fournirait ensuite
à La Poste les moyens de son développement et du financement de
ses investissements de modernisation.
Enfin, les négociations commerciales entre la banque postale et son
distributeur que seront les guichets de La Poste, si elles sont porteuses de
conflits potentiels entre un établissement bancaire contraint à
l'amélioration de sa rentabilité et un établissement
public aux structures encore trop peu souples,
devraient susciter une
adaptation du réseau aux conditions modernes de marché.
Si les autres exemples européens montrent autant de cas
d'intégration des métiers « courrier » et
« banque » que de séparation de ces métiers,
la renégociation des conventions entre La Poste et sa filiale devrait
amener régulièrement à se prononcer sur
l'opportunité d'abriter au sein d'un même groupe des
activités n'ayant en commun que l'histoire et de faire coexister au sein
des bureaux de poste des métiers évoluant sur des marchés
dissemblables.