1. Les comités de politique monétaire

Cette approche, préconisée notamment par M. Charles Wyplosz 83( * ) , s'inspire des comités de politique monétaire existant auprès des banques centrales. Dans le cas de la politique monétaire, les règles de croissance monétaire utilisées dans les années 1970 et 1980 ont montré leurs limites pour atteindre la stabilité des prix à long terme tout en faisant face à court terme aux cycles économiques et aux crises financières. C'est la raison pour laquelle ont été mis en place des comités de politique monétaire, constitués d'experts indépendants, capables de faire preuve de bon sens face à une situation forcément plus complexe que ce que l'on aurait pu prévoir lors de la fixation de règles.

De manière analogue, M. Wyplosz propose de mettre en place, dans chaque Etat membre de la zone euro, un « comité de politique budgétaire », chargé de fixer, chaque année, un plafond de déficit public ne devant pas être dépassé. Ce plafond serait déterminé, notamment, en fonction de règles définies au niveau communautaire. Le législateur garderait en revanche sa latitude actuelle pour déterminer les autres paramètres budgétaires.

2. Créer des « comités nationaux de politique budgétaire » indépendants chargés de déterminer les principales données servant de base à la politique budgétaire ?

S'il n'est sans doute pas souhaitable d'aller aussi loin - le législateur devant continuer de fixer l'objectif de solde public -, on pourrait en revanche envisager qu'un tel organisme soit chargé de déterminer de manière indépendante les principales données devant servir de base à la politique budgétaire , comme la prévision de taux de croissance du PIB pour l'année à venir, le taux de croissance potentielle, à partir duquel est calculé le niveau du solde structurel ou encore la durée du cycle économique, dans l'hypothèse où l'on se fixerait un objectif d'équilibre du solde public à la fin du cycle économique.

Les membres de ce comité pourraient être désignés selon des modalités identiques à celles du comité de la politique monétaire en France (nomination par le Président de la République, le Président du Sénat et le Président de l'Assemblée nationale), voire soumises à l'approbation du Parlement.

Dans un tel dispositif, la politique budgétaire serait encadrée de deux manières :

- les règles définies au niveau communautaire en matière de soutenabilité de la politique budgétaire (niveau d'endettement public ou de solde structurel par exemple) ;

- les principales données servant de base à l'architecture de la loi de finances seraient établies de manière indépendante, et non sous le seul contrôle de l'administration gouvernementale.

La marge de manoeuvre des gouvernements et des Parlements résiderait dans l'élaboration, à partir des hypothèses du comité, de budgets compatibles avec les objectifs définis au niveau communautaire.

Un tel dispositif présenterait l'avantage de permettre aux Etats membres de s'adapter au mieux à la situation présente, tout en poursuivant sur le long terme les objectifs fixés au niveau communautaire.

Comme pour la règle d'or, on peut observer que la mise en place dans notre pays d'un tel comité pourrait être réalisée sans attendre une modification des règles budgétaires au niveau européen .

En anticipant sur la définition des critères d'une politique budgétaire soutenable au niveau communautaire, le gouvernement pourrait déterminer ce que de telles règles devraient être de manière autonome, en y associant le Parlement par exemple, et construire ses projets de budget en conséquence.

B. DAVANTAGE IMPLIQUER LES PARLEMENTS NATIONAUX DANS LA DÉFINITION DES GRANDS OBJECTIFS DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET LA GESTION DE L'EURO
Un autre moyen de renforcer les capacités de décision économique au sein de la zone euro est d'accroître la légitimité des décisions prises par les institutions communautaires, ce qui suppose, notamment, d'impliquer davantage les parlements nationaux.

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