c) Les difficultés rencontrées

Le système allemand de télépéage ne se met pas en place facilement.

Des difficultés importantes sont apparues, tant au plan technique qu'en ce qui concerne la position de la commission européenne sur cette question.

La mise en place du système allemand de télépéage se heurte
à des difficultés techniques et juridiques

- au plan technique il n'a pas été possible de respecter les échéances . Ceci tient notamment à la disponibilité en nombre suffisant des OBU, cependant la pénurie semble en passe d'être résorbée puisque le rythme de production progresse vers 6000 unités/jour et que 450.000 PL pourraient être équipés début novembre. Toutefois, les utilisateurs des paiements manuels doivent réserver leur passage à l'avance en précisant le créneau horaire, c'est le cas notamment des transporteurs étrangers, et ils ont manifesté de légitimes inquiétudes.

- le gouvernement allemand avait misé sur un effet d'entraînement lié au couple GPS/GSM pour susciter le développement de services à valeur ajoutée, or dans le souci d'éviter la fermeture du marché, par la constitution de systèmes propriétaires, la direction générale de la concurrence de la commission européenne a étroitement encadré cette possibilité dans un avis du 30 avril 2003.

- bien que le gouvernement allemand vise la directive 1999/62/CE dite « Eurovignette » et prétende être conforme à ce texte, il apparaît cependant un risque juridique certain. Cette directive ne permet pas en effet les financements croisés entre modes et le projet de la commission du 23 juillet 2003 (COM 2003-0488) destiné à amender cette dernière ouvre certes des possibilités en prévoyant l'affectation des recettes de péage au secteur des transports, cependant la procédure d'approbation de ce texte n'a pas encore démarré.

Le ministère français chargé des transports estime que compte tenu de ces difficultés , il convient de rester prudent quant à la transposition de cette expérience à la France . Notre pays bénéficie d'une longue expérience en matière de perception de péages sur le réseau autoroutier concédé. Les sociétés concessionnaires françaises ont d'ores et déjà mis au point un système de télépéage valable pour l'ensemble du réseau concédé, dénommé "liberT", fondé sur la technologie DSRC et qui permet le passage des véhicules légers sans arrêt aux barrières. Elles ont consenti à ce titre de lourds investissements.

Cette technologie pourrait donc servir de support, tout autant que la technologie satellitaire du système allemand, pour la mise en oeuvre d'un système de péage sans barrière sur des routes qui en sont exonérées aujourd'hui.

Il faut enfin rappeler « l'artillerie » de contrôle qu'exige un système sans barrière de péage (points de contrôle fixes et mobiles, contrôles en entreprise de transports). Cela représente plus de 20 % du produit de la recette escomptée contre près de 12 % pour le système actuel de barrières en France.

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