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Proposition de loi portant création d'une première année commune aux études de santé et facilitant la réorientation des étudiants

 

III. LES COMMENTAIRES ET PRÉCONISATIONS DE VOTRE COMMISSION : MIEUX PRENDRE EN COMPTE DE LÉGITIMES PRÉOCCUPATIONS

A. LE PRÉALABLE DE L'ORIENTATION

1. Compte tenu de l'absence de sélection à l'entrée

Très sévère sur les conséquences de l'organisation du système et notamment sur l'absence de sélection des étudiants préalable à leur inscription en 1ère année d'études médicales, le Conseil de l'Ordre des médecins avance dans son rapport précité que : « Les conséquences en sont multiples et ravageuses : afflux d'un nombre très élevé de candidats. Les effectifs sont tels que dans la plupart des cas les cours se passent dans des amphithéâtres reliés par des moyens vidéo (jusqu'à cinq amphi en batterie !). L'éloignement entre enseignés et enseignants conduit à proposer, comme à Grenoble, de fournir l'enseignement sous forme de cd-rom, et de limiter l'intervention des professeurs à un jeu de questions-réponses. Les effectifs sont encore accrus par la fréquence des redoublements, sans aucun apport pédagogique. La sélection se faisant en fin d'année, les étudiants commencent donc des études à prétention humaniste en s'éliminant entre eux, leurs camarades d'amphi étant leurs concurrents directs. Les étudiants étant interclassés, il y a aux résultats finaux un classement des professions entre elles, sans autre intérêt que de faire apparaître des hiérarchies là où on devrait déjà parler de réseaux ou de complémentarité ! Malgré les buts affichés, il n'y a pas d'effet marquant sur la démocratisation ».

Le rapport Bach, quant à lui, relève qu' « au fil des années, cette organisation a donné lieu à une dérive importante à l'origine d'une insatisfaction globale aujourd'hui devenue inacceptable tant pour les étudiants que pour les enseignants. En particulier, la difficulté des concours crée une pression difficilement soutenable. Par ailleurs, le nombre excessif d'étudiants inscrits gêne considérablement la mise en oeuvre d'un enseignement de qualité. Enfin, peu ou rien n'est actuellement prévu pour que les très nombreux étudiants qui échouent au concours après deux tentatives puissent ne pas perdre la totalité du bénéfice de leurs efforts, facteur de découragement et d'amertume. »

Contrairement au Conseil de l'Ordre des médecins, et compte tenu du caractère tabou de cette question de la sélection préalable à l'entrée à l'université, maintes fois dénoncée par notre collègue M. Jean-Léonce Dupont, rapporteur de votre commission pour l'enseignement supérieur, la commission Bach a renoncé à préconiser une telle sélection.

Dans ces conditions, la question essentielle de l'orientation revêt un caractère d'autant plus primordial. Elle doit constituer une priorité absolue.