2. La DATAR met davantage l'accent sur l'équipement de la France
Le
rapport de la DATAR croit entrevoir «
les prémices d'une
croissance économique moins riche en transports
».
Votre rapporteur spécial estime que la DATAR souscrit à une
vision « malthusienne » de la politique des transports, en
relançant l'hypothèse du
« découplage » entre la croissance et les transports
et en l'inscrivant comme objectif des politiques publiques.
«
La notion « de découplage » va plus loin que la
baisse « naturelle » du rapport entre croissance des transports et
croissance économique, que l'on peut attendre par exemple du
vieillissement et qu'intègrent les modèles
socio-économiques. Elle renvoie à des politiques volontaristes
qui pourraient être menées dans le but d'accélérer
une telle décroissance dont on verra qu'elle n'est pas seulement
souhaitable mais nécessaire. Elle recouvre deux registres potentiels
d'actions :
«
- le premier, dit « découplage absolu » vise
à réduire le volume global de la demande de transport pour un
niveau de croissance donnée, sans pour autant porter atteinte à
la croissance des activités économiques et sociales ;
«
- le second, dit « découplage relatif »,
s'attache à transférer, à niveau de trafic constant, une
partie de ses trafics sur des modes susceptibles de moindres impacts
sociétaux.
«
On voudrait montrer que le pessimisme souvent affiché vis
à vis du découplage n'est pas nécessairement
justifié
.
Difficile, ambitieux, nécessitant des politiques
volontaristes qui ne concernent pas la seule politique des transports, le
découplage ne doit pas pour autant être
écarté.
»
Pour étayer ses hypothèses, la DATAR s'appuie sur des
évolutions de long terme : vieillissement de la population,
maturité du parc automobile, ralentissement de l'accroissement du temps
libre...
Votre rapporteur spécial ne peut évidemment souscrire à
l'idée d'un découplage de la croissance et des transports dans
les vingt prochaines années.
Il estime que l'évolution des
modes de vie, l'élargissement de l'Union européenne et les
demandes de nos concitoyens, vont clairement dans le sens inverse.
De fait, et paradoxalement, malgré de longs développements sur
l'équipement de la France, son haut niveau d'infrastructures, et ses
engorgements moins nombreux qu'ailleurs en Europe, la synthèse du
rapport précise que «
ces bons résultats ne doivent
pas conduire à un relâchement de l'effort d'autant que la
croissance des trafics devrait se poursuivre, en particulier avec l'ouverture
de l'Europe vers l'Est, ce qui conduira à une augmentation des
congestions qui pourrait nuire à la performance du système
logistique
».