B. AU NIVEAU LOCAL, UN ÉQUILIBRE QUI PRIVILÉGIE FORTEMENT LA « SOLIDARITÉ »

Malgré l'inscription dans la loi du 25 juin 1999 d'objectifs correspondant à une logique d' « efficacité » 33( * ) , la logique de « solidarité » domine nettement au niveau local.

Les graphiques ci-après répartissent les engagements de crédits en 2000 et 2001 selon les agrégats retenus par la DATAR, et selon des agrégats déterminés par votre rapporteur spécial , plus proches des objectifs fixés par la loi du 25 juin 1999.

La répartition par objectif des engagements de crédits du FNADT, selon la DATAR

Sources : rapports au Parlement sur l'utilisation des crédits du FNADT

pour les années 2000 et 2001

La répartition par objectif des engagements de crédits du FNADT, selon une nomenclature plus proche de celle de la loi du 15 juin 1999

Sources : rapports au Parlement sur l'utilisation des crédits du FNADT

pour les années 2000 et 2001 ; calculs de votre rapporteur spécial

1. Une logique qui demeure avant tout celle de la « solidarité »

Il ressort des chiffres fournis par la DATAR que le FNADT continue de privilégier une logique de « solidarité ».

Les actions relatives à « l'aide au développement des territoires » correspondent à près de la moitié des crédits. Cette proportion tombe néanmoins à 40 % ou 45 % si l'on excepte de cet agrégat les actions destinées à la conversion économique.

La part des engagements destinés à la « structuration du territoire » est de l'ordre de 30 % selon la DATAR, et d'environ 25 % si l'on en exclut les actions en faveur des services publics locaux.

Les engagements correspondant aux objectifs législatifs répondant à une logique d' « efficacité » (« organisation d'agglomérations » et « renforcement de pôles de développement à vocation européenne et internationale ») sont donc faibles. Ils se limitent en effet à une partie de ceux destinés aux grandes opérations d'aménagement (de l'ordre de 15 millions d'euros par an) et aux agglomérations 34( * ) .

2. Les territoires les plus en difficulté sont-ils suffisamment pris en compte ?

Les territoires les plus en difficulté bénéficient cependant moins du FNADT que les agrégats retenus par la DATAR pourraient le laisser penser.

Selon le rapport annuel au Parlement, les actions en faveur des territoires les plus en difficulté , regroupées dans l'agrégat « mise en valeur des espaces », correspondraient à environ un quart des engagements.

Néanmoins, si l'on retranche de cet agrégat les « grandes opérations d'aménagement » (respectivement 17 % et 16 % en 2000 et 2001), qui concernent surtout les pôles de développement existants, et si on lui ajoute les actions en faveur des services publics locaux et de la conversion économique (respectivement 4 % et 8 % en 2001), c'est moins de 20 % des engagements qui correspondent aux territoires les plus en difficulté.

Ces considérations doivent cependant être nuancées par le fait que la frontière entre les agrégats « aide au développement du territoire » et « soutien des territoires en difficulté » semble assez floue , dans la mesure en particulier où la ventilation des crédits entre les différents objectifs est laissée à l'appréciation des services régionaux, ce qui peut conduire à des pratiques différentes d'une région à l'autre.

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