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Hongrie, la facture du mensonge politique

 

C. L'APPRÉCIATION DES MILIEUX D'AFFAIRES FRANÇAIS

Sept représentants de la communauté d'affaires française ont participé à un petit déjeuner de travail au cours duquel ils ont rappelé que la France était en matière d'investissements directs étrangers un intervenant majeur sur le marché hongrois avec près de 400 sociétés implantées qui emploient 57.000 salariés (dont seulement 300 expatriés).

Ces entreprises occupent des parts de marché significatives en Hongrie dans leur domaine respectif qu'il s'agisse de la grande distribution (Auchan, Cora, Bricostore, Decathlon...), de l'énergie (EDF, GDF, Dalkia-Prometheus), de l'industrie pharmaceutique (Sanofi-Aventis, Servier) ou encore des services (groupe Accor).

Au cours de cet entretien, les représentants de la communauté d'affaire ont évoqué les atouts de la Hongrie pour leurs entreprises et qui incluent en particulier l'ouverture sans restrictions aux capitaux étrangers, un cadre réglementaire aujourd'hui conforme à celui de l'Union européenne, une main d'oeuvre de qualité, un positionnement géographique au coeur de l'Europe centrale donnant accès à un marché régional.

Mais, dans un registre différent ils ont aussi mentionné les difficultés auxquelles ils sont confrontés, telles qu'un laxisme relatif dans l'application du droit positif, que la présence de marchés parallèles dans certains secteurs (équipements électriques), l'existence d'une économie grise ou que de pratiques en matière d'emploi (statut d'entrepreneur individuel) qui affectent leur compétitivité.

L'information de votre rapporteur général a été complétée par un contact avec des représentants des banques ou organismes de crédit français implantés en Hongrie.

Rappelant l'origine de leurs activités en Hongrie, par création de filiales au début des années 1990 pour les banques d'affaires Calyon et BNP Paribas ainsi que pour la banque universelle Volksbank, et quelques années plus tard pour les sociétés de crédit à la consommation Cetelem et Credigen, ceux-ci ont souligné la prédominance des capitaux étrangers dans le secteur bancaire qu'il s'agisse de compétiteurs allemands, autrichiens, belges ou italiens, la forte concurrence dans l'activité de banque d'affaires, réalisés dans une large proportion ainsi que l'augmentation récente et très rapide des crédits aux particuliers en devises.

Les représentants français ont également souligné la qualité de la relation avec l'autorité de surveillance des marchés financiers (PSZAF). Par ailleurs, ils ont insisté sur la place de la banque hongroise OTP (désormais 1ère banque de la région et 2ème capitalisation de la bourse de Budapest) et son développement par acquisitions dans les pays de la région (dont le rachat de Raiffeisen Ukraine pour 650 millions d'euros annoncée le 5 juin 2006) ; ainsi que les limites de la Bourse de Budapest du fait du faible nombre de sociétés cotées (une quarantaine- dont 4 font 80 % du volume des transactions).