G. MULTIPLIER LES PROJETS MODESTES OU DANS LES TECHNOLOGIES ÉMERGENTES POUR CRÉER UNE CULTURE INDUSTRIELLE COMMUNE ET UN « RÉFLEXE EUROPÉEN »

Les difficultés rencontrées par les grands programmes étatiques imposés par le haut invitent à réfléchir à un changement de méthode qui donnerait la priorité à des projets plus modestes et pour tout dire plus réalistes afin de créer une culture industrielle commune et un « réflexe européen ».

Par ailleurs, si les coopérations industrielles dans le développement d'équipements « traditionnels » tels que les blindés, les aéronefs, l'artillerie peuvent être rendues difficiles du fait du « poids de l'histoire », ces secteurs ayant, dans une large mesure, structuré les BITD nationales, des partenariats pourraient être développés dans des secteurs qualifiés par une personne entendue d' « agnostiques », en particulier dans les technologies émergentes ou de rupture.

Lors des déplacements, les personnes entendues par la mission ont régulièrement appelé au lancement de projets communs dans les domaines du spatial, de l'intelligence artificielle ou encore du quantique, c'est-à-dire dans les technologies émergentes et nécessitant d'importants investissements, et pour lesquelles les coopérations européennes apporteraient une plus-value.

Les objectifs capacitaires validés en juin 2025 par les ministres de la défense, sur la base des plans de défense arrêtés lors du sommet de Vilnius en 2023, qui définissent les équipements que chaque État membre de l'OTAN devra acquérir, peuvent en outre servir de feuille de route pour les industriels et constituer un socle pour le développement de nouvelles coopérations entre États européens.

De même, le Livre blanc pour une défense européenne présenté le 19 mars 2025 identifie neuf domaines prioritaires : défense aérienne et antimissile intégrée et multicouche, systèmes d'artillerie, munitions et missiles, drones et systèmes anti-drones, mobilité militaire, IA, quantique, cybernétique, guerre électronique, facilitateurs stratégiques et protection des infrastructures critiques. À partir de ces orientations communes, les États européens ont la possibilité d'identifier leurs besoins partagés et de procéder à des acquisitions conjointes, notamment en mobilisant les dispositifs européens existants.

Piste n° 7

Nouer davantage de partenariats notamment à l'exportation comme viennent de le faire KNDS France et Leonardo, qui disposent d'équipes et de capacités de production aux États-Unis, pour proposer le CAESAr à l'US Army.

Piste n° 8

Initier des partenariats sur tout le continent européen, en particulier dans les technologies émergentes ou de rupture (spatial, intelligence artificielle ou quantique).

S'appuyer sur les objectifs capacitaires récemment agréés par les États dans le cadre de l'OTAN et du Livre blanc pour une défense européenne pour le lancement de nouvelles coopérations afin notamment de résorber les lacunes capacitaires.

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