ANNEXES
I. ANNEXE 1 - LE DÉCLIN DE LA PUISSANCE LAITIÈRE FRANÇAISE
A. L'EXCEPTION FRANÇAISE : UNE PRODUCTION DÉCLINANTE DANS UN ENVIRONNEMENT EUROPÉEN DYNAMIQUE
Si, au premier regard, la collecte française de lait de vache conventionnel connaît une légère hausse de sa production sur les deux dernières décennies, avec une collecte passant de 22,2 Mdl en 2004 à 22,9 Mdl en 2024, la réalité est bien plus inquiétante puisqu'après un pic en 2014 à 24,5 Mdl en 2024 on observe une érosion quasi-constante des volumes produits, si bien que la ferme laitière France affiche une perte nette de 1,6Md de litres de lait en 10 ans.
Source : Contribution écrite du Masa
Cette évolution illustre l'occasion manquée par la production de profiter de la fin des quotas laitiers européens pour assumer une ambition de conquête de nouveaux marchés. La France est en effet le seul grand pays laitier dont la production décroît depuis 2014 ! Face à la montée en puissance de ses concurrents (l'Irlande, dans le cadre de sa planification stratégique Food Harvest 2000 a augmenté sa production de 48 % entre 2010 et 2020), les parts françaises dans la collecte de l'UE continuent à décliner, de 20 % en 2001 à 15 % en 2020.
- 6% !
+ 2,6% sur 2014-2024
L'Allemagne, 1er producteur européen, a maintenu la croissance de sa production, a contrario de la France, encore 2e.
+ 48%
+ 18%
+ 27%
+ 14%
Les concurrents européens ont tous augmenté leur production depuis 2013.
Source : Eurostat calculs CAE
B. LA BAISSE DE LA PRODUCTION FRANÇAISE EST DIRECTEMENTÉE LIÉE À LA BAISSE DE SON CHEPTEL
La filière laitière est désormais bien avancée dans une mutation structurelle, conduisant au déclin du nombre d'exploitations indépendantes au profit du développement de formes sociétaires (en GAEC notamment). À ce titre, il est logique de constater que le nombre moyen de têtes par exploitation est passé de 17 en 1983 à 49 en 202432(*), même si ce chiffre demeure tout à fait modeste au regard de la taille de certaines exploitations européennes.
Ainsi, la ferme France perd annuellement 3 à 4 % de ses exploitations laitières33(*), entraînant mécaniquement une baisse du nombre de chefs d'exploitation (- 25 % en 10 ans), d'exploitations livrant du lait (- 39 % en 13 ans et même - 63 % entre 2000 et 2023) et même, de vaches laitières (- 14 % sur 11 ans)34(*). Autrement dit, la restructuration par l'agrandissement n'a pas permis d'enrayer le phénomène de décapitalisation à l'oeuvre. Le repli est constaté dans l'ensemble des régions laitières mais dans des proportions plus significatives dans le Sud-Ouest (de l'Occitanie aux Charentes35(*)).
La France reste détenteur du premier cheptel bovin au sein de l'Union européenne avec 16,4 millions de têtes en 2024, néanmoins, ses effectifs poursuivent leur neuvième année de déclin36(*), de même que le nombre d'exploitations détenant du cheptel bovin en France a connu, selon les données d'Eurostat, une chute de 44 % entre 2005 (238 000) et 2023 (132 500)37(*).
À partir des données Agreste, on observe en effet une diminution continue du cheptel français de vaches laitières, passant de 4,2 millions de têtes en 2000 à seulement 3,1 millions en 2024, soit une baisse de 26 %38(*). En 2025, 36 % du cheptel laitier se concentre dans le « croissant laitier » se formant entre la Bretagne, la Manche, la Loire-Atlantique et la Mayenne39(*).
Source : Graph'agri 2025, agreste produits agroalimentaires, bovins.
* 32 Source : Graph'agri 2025, agreste produits agroalimentaires, bovins.
* 33 Source : contribution écrite du Masa.
* 34 Contribution écrite de la FNPL.
* 35 Selon le Masa, en 2000, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie connaissaient respectivement 8 938 et 6 784 exploitants livrant du lait de vache, en 2023, ils n'étaient plus que 1 924 et 1 775, soit -78 % et -73 %.
* 36 Source : Graph'agri 2025, agreste produits agroalimentaires, bovins.
* 37 Cette diminution est commune à l'ensemble des producteurs européens dans des proportions différentes, la Pologne avec -68 %, l'Allemagne avec -45 %, les Pays-Bas avec -39 %, l'Italie avec -24 % et l'Irlande avec -9,71 %.
* 38 Ibid.
* 39 Ibid.












