E. UN CAPITAL POUR DÉMARRER ?

Le Projet initiative-jeune (PIJ) - dispositif créé par la loi d'orientation pour l'outre-mer du 13 décembre 2000 - vise à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes ultramarins par la réalisation d'un projet professionnel. Il permet l'octroi d'une aide à la création (ou à la reprise) d'entreprises221(*) dans les DROM, ainsi qu'à Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le PIJ apporte une réponse aux difficultés d'insertion professionnelles aiguës auxquelles sont confrontés les jeunes ultramarins. Beaucoup de porteurs de projet rencontrent des obstacles pour accéder au crédit bancaire et disposent d'une épargne limitée. À ce titre, le dispositif procède d'une logique d'équité, les politiques publiques devant tenir compte des caractéristiques et contraintes particulières des collectivités ultramarines222(*). Il contribue à corriger une partie de la « pénalité outre-mer » qui frappe les jeunes ultramarins souhaitant financer un premier projet professionnel.

Le dispositif a aussi pour avantage de favoriser l'émergence de très petites entreprises répondant à des besoins locaux (services, artisanat, économie sociale et solidaire, les activités de proximité).

En Martinique, ce dispositif bénéficie à une centaine de jeunes chaque année non insérés (malgré une forte demande en moyenne du triple). La quasi-totalité des porteurs de projets ayant bénéficié du PIJ en Martinique en 2025 était âgée de moins de 28 ans en moyenne. Il bénéficie majoritairement à des demandeurs d'emploi (88 %), dont 41 % sont des demandeurs d'emploi de longue durée. 11 % des bénéficiaires étaient NEET. Il faut également noter que la pérennité de ces entreprises après 3 ans est de 78% et souvent génératrice d'autres emplois. L'attribution du PIJ dans la quasi-totalité des projets fait effet levier chez les autres financeurs (BANQUE, IMA...).

L'année 2025 s'est traduite par une dotation budgétaire PIJ en deçà des besoins à couvrir pour les jeunes du territoire Martinique, soit de 722 106 euros (la dotation outre-mer totale étant de 3 307 500 €) dont 85 % versée en aide en capital au jeune, et 15 % mobilisés pour l'accompagnement.

Pour produire pleinement ses effets, le PIJ gagnerait donc à être amplifié.

D'une part, pour le rendre plus opérationnel - lutter par exemple contre le phénomène de sous-consommation des crédits et mieux accompagner les jeunes ultramarins - il conviendrait d'améliorer son articulation avec les missions locales, ou encore les chambres consulaires, qui pourraient contribuer à mieux faire connaître le dispositif et à proposer un soutien aux jeunes bénéficiaires.

D'autre part, et en parallèle, le partenariat entre opérateurs bancaires publics et privés pourrait être renforcé, notamment via un accès simplifié au Prêt développement Outre-mer223(*).

Par ailleurs, dans le respect de leurs compétences statuaires, une extension du dispositif pourrait être étudiée pour couvrir - outre Wallis-et-Futuna - la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie.

Enfin, il faut augmenter la dotation dédiée pour répondre à la demande.

Recommandation n° 16 : Amplifier le Projet initiative-jeune, dispositif propre aux outre-mer permettant de doter d'un capital de départ les jeunes ultramarins souhaitant créer ou reprendre leur propre activité économique.


* 221 Le PIJ s'adresse aux jeunes de 18 à 30 ans qui créent ou reprennent une entreprise à but lucratif dont le siège et l'établissement principal sont situés dans l'un des territoires éligibles. Cette aide financière peut atteindre 9 378 euros et être affectée au capital, au fonds de roulement ou aux dépenses de fonctionnement de l'entreprise. Une part de l'aide, dans la limite de 15 %, peut financer des actions de conseil, de formation ou d'accompagnement.

* 222 V. Art. 73 de la Constitution.

* 223 Ainsi que le recommandait le COJ dans son rapport précité (cf. recommandation n°8).

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