VII. LE POINT DE VUE DE LA COMMISSION EUROPÉENNE

AUDITION DE M. DAVID BYRNE, COMMISSAIRE EUROPÉEN CHARGÉ DE LA PROTECTION DE LA SANTÉ ET DES CONSOMMATEURS

M. David BYRNE - Messieurs les Présidents et membres du Sénat, Mesdames, Messieurs, je suis très heureux d'être parmi vous au Sénat français aujourd'hui à Paris. C'est un grand honneur pour moi d'avoir été invité à participer à vos réflexions. C'est une occasion exceptionnelle de pouvoir vous présenter mes idées sur la sécurité alimentaire. J'aimerais concentrer mon intervention essentiellement sur le Livre blanc de la Commission Européenne sur la Sécurité Alimentaire.

Malgré mon désir de m'exprimer en français, malgré tous les liens tissés entre la France et l'Irlande et mon admiration pour votre pays, permettez-moi de m'exprimer en anglais.

L'adoption du Livre blanc, le 12 janvier, constitue un signe à la fois tangible et visible de notre engagement à la mise en place, au sein de l'Union européenne, de l'une des meilleures structures et procédures dans le domaine de la sécurité alimentaire.

En tant que Commissaire responsable de la sécurité alimentaire, je me félicite de l'accueil qui a été accordé à mon Livre blanc dans toute l'Union européenne. Je souhaite aujourd'hui, au Sénat, saluer l'appui du Gouvernement français. Au cours de la prochaine présidence française, je m'attends à ce que des progrès notables puissent être réalisés sur les nombreuses propositions contenues dans le Livre blanc, y compris celle visant à créer une Autorité alimentaire de sécurité.

La publication de ce Livre blanc constitue la première étape vers des normes de sécurité alimentaire plus élevées au sein de l'Union européenne. Je puis vous assurer que je me rends bien compte que tout ne va pas simplement se mettre en place à la suite de notre initiative, mais ce Livre blanc est une étape importante, car il permet de mettre en place un cadre d'action cohérent, avec un calendrier détaillé, lequel calendrier est ambitieux et constitue un défi pour la Commission. Je puis vous assurer que, pour ma part, j'ai l'intention d'être à la hauteur de l'ambition et du défi que je me suis fixés.

De même, j'ai lancé un appel à tous les acteurs, le Conseil des ministres, le Parlement européen, pour qu'ils soient à la hauteur de ce défi. Il faut que nous mettions nos proposions en place. Il ne peut y avoir d'excuses pour tout retard évitable. Nos citoyens réclament de nous un changement. Nous devons répondre à leur attente.

Vous êtes sans doute conscients des peurs suscitées au sein du public par certaines affaires alimentaires qui ont défrayé la chronique. Cela a sapé la confiance dans les producteurs alimentaires et les institutions publiques. Je ne m'étendrai pas. Je mets en place des mesures pour aborder ces problèmes.

La Commission a toute une palette de propositions pour mettre en place le changement exposé dans le Livre blanc sur la sécurité alimentaire. Il s'agit de disposer d'un cadre juridique à la fois dynamique et efficace, s'appuyant sur la science robuste et, pour l'appuyer, les bonnes structures administratives, où la santé du consommateur est l'élément moteur.

Le consommateur a le droit d'avoir la chaîne d'approvisionnement alimentaire la plus sûre au monde et nous devons mettre en place un système le garantissant. Le confiance du consommateur est la clé du succès de l'industrie alimentaire en Europe et dans le monde. Une chaîne alimentaire sûre de la ferme à la fourchette, bien régulée et bien contrôlée, est la voie pour susciter cette confiance dans la filière alimentaire européenne.

Les industries ont leur rôle à jouer pour susciter la confiance du consommateur, car il est du ressort de chaque entreprise d'assurer la sécurité des aliments produits, fabriqués ou vendus.

Je voudrais maintenant aborder le programme législatif conçu dans le Livre blanc sur la sécurité alimentaire, publié le 12 janvier. Il importe que le cadre juridique soit intégré, offre une série de mesures connexes pour les aliments allant de la ferme à la table et soit suffisamment souple pour répondre à de nouveaux défis.

Avec cela en vue, nous avons identifié 80 actions séparées que nous pouvons mettre en oeuvre dans la période qui s'étend devant nous. Un cadre juridique accru couvrira, par exemple, les aliments pour animaux, la santé des animaux, l'hygiène, le contrôle, les contaminants, les résidus, les nouveaux produits alimentaires, les additifs, les édulcorants, l'emballage, l'irradiation.

Un problème que nous avons identifié : la nécessité d'un cadre d'ensemble pour la loi alimentaire établissant les principes et les définitions sur un plan fondamental. Nous allons bien sûr faire une proposition sur la loi générale qui englobera les principes de sécurité alimentaire offrant un haut niveau de protection de santé. Seuls des produits sûrs pourront être mis sur le marché. La responsabilité principale pour des aliments sûrs repose sur les industriels, les producteurs et les fournisseurs, une approche intégrée de la ferme à la table, la traçabilité le long de toute la filière, des contrôles efficaces à tous points dans la chaîne, de la ferme à la table, y compris dans la fabrication des aliments pour animaux.

Afin d'accroître la cohérence et la sécurité, des définitions claires seront imposées, par exemple, pour une denrée et pour sa mise sur le marché. Des principes d'analyse du risque seront suivis et, là où des questions scientifiques sont en jeu, la loi alimentaire sera basée sur des avis de haute qualité et tout à fait transparents.

J'en viens maintenant à l'aspect à la fois le plus ambitieux et le plus essentiel du Livre blanc : il s'agit de la proposition qui vise à la création d'une Autorité alimentaire européenne. La Commission estime que, pour assurer la protection de la santé du public et rétablir la confiance du consommateur, des changements importants sont essentiels pour le système européen.

Nous prévoyons qu'une autorité soit créée en l'an 2002, qui sera basée sur les principes d'indépendance, d'excellence scientifique, de transparence et d'accessibilité. Sa mission principale sera d'entreprendre l'évaluation scientifique des risques pour la santé et de conseiller les institutions européennes sur ce point en offrant au public des informations faisant autorité et compréhensibles pour favoriser des choix éclairés et éviter toute désinformation.

Nous ne proposons pas que cette autorité ait des responsabilités réglementaires. Toutefois, cela ne signifie pas que la Commission ne prévoie pas de renforcer ses méthodes de développement réglementaire dans le domaine alimentaire. Nous savons pertinemment que nous devons veiller à ce que le dispositif nous permettant de réglementer les aliments soit suffisamment dynamique et souple. C'est une question importante, sur laquelle je reviendrai dans quelques instants.

L'autorité sera indépendante de tout intérêt industriel et politique et fonctionnera de manière ouverte et transparente, en étant accessible à tous les acteurs. Nous sommes décidés à porter l'impact de l'autorité à la connaissance de tout consommateur européen par le biais d'une communication ouverte, avec un langage clair et compréhensible. Ce sera un défi. Si nous souhaitons reconstruire la confiance du consommateur et la capacité à communiquer des informations et des avis en temps utile et de manière efficace, ce sera d'une importance capitale. J'ai été intéressé d'entendre les observations formulées avant mon intervention sur cette même question.

S'agissant du fonctionnement quotidien de cette autorité, l'accent sera mis sur la coopération et le travail en réseau avec les agences nationales et les établissements d'excellence pour la sécurité alimentaire en Europe et dans le monde. L'autorité ne va pas réinventer la roue et ne fera pas non plus double emploi avec les travaux des autorités nationales, mais tirera parti de ces ressources précieuses en ajoutant un point de vue européen et une vue d'ensemble. Il s'agit de renforcer et de coordonner au niveau européen. L'autorité ajoutera de la valeur aux systèmes existants, mais disparates.

Nous prévoyons que les tâches de l'autorité comprendront :

- L'évaluation scientifique du risque, comprenant toutes les questions ayant un impact direct ou indirect sur l'hygiène, la santé du consommateur, découlant de la consommation alimentaire.

Cela couvrira les aliments pour animaux, la production agricole, et les aspects vétérinaires, les procédés industriels, le stockage, la distribution et la vente au consommateur. Son champ d'action comprendra à la fois la sécurité et les aspects nutritionnels. L'autorité examinera également la santé des animaux et tiendra compte des évaluations de risques dans d'autres domaines, notamment dans les secteurs de l'environnement et chimique, où il y a chevauchement avec l'évaluation du risque s'agissant de la sécurité alimentaire. Le dispositif actuel pour les comités scientifiques de l'Union européenne sera revu à la lumière des décisions prises une fois achevé le processus de consultation.

- La collecte de l'information et de l'analyse.

L'autorité devra faire partie des réseaux existant en Europe et dans le monde pour la collecte et l'évaluation d'informations sur la sécurité alimentaire. Ces réseaux existent, mais une bonne partie de l'information n'est pas regroupée ni comparée ou recoupée pour aboutir à un tableau complet des problèmes de sécurité alimentaire. Il sera indispensable pour l'autorité d'identifier les risques en émergence. Avec ses systèmes de veille, elle contribuera à des informations précieuses au pouvoir réglementaire en Europe et aux autres parties intéressées. Elle créera des contacts avec des agences, des laboratoires et des groupes de consommateurs analogues au sein de l'Union et dans des pays tiers, avec un système d'alerte rapide très étendu.

- La communication du risque.

L'autorité se fixera comme priorité la communication ouverte de l'information sur la sécurité alimentaire en informant toutes les parties intéressées de ses conclusions : pas simplement les avis scientifiques, mais également les résultats de ses programmes de contrôle et de surveillance. Les informations seront produites pour être accessibles en termes de langage, disponibilité et clarté.

L'autorité doit devenir le premier niveau interrogé lorsque des réponses scientifiques sur la sécurité alimentaire sont recherchées ou des problèmes identifiés. Une autorité très visible, avec une forte présence volontariste sur les questions de sécurité alimentaire sera un important élément pour rétablir et maintenir la confiance chez le consommateur européen.

- Une alerte rapide en cas de crise de sécurité alimentaire.

Le Livre blanc prévoit que l'autorité fera fonctionner le système d'alerte rapide. Le dispositif existant, où des informations sont retransmises électroniquement aux autorités de contrôle en Europe, s'est avéré un outil puissant dans la protection du consommateur. Le dispositif sera renforcé pour inclure les aliments pour animaux.

L'autorité aura également un rôle clé auprès de la Commission et des Etats membres pour ce qui est d'identifier toute crise de sécurité majeure et de déterminer la suite à donner. De nouvelles procédures sont envisagées pour faire face aux crises en améliorant le système existant.

Le Livre blanc n'est pas prescriptif s'agissant de toutes les informations concernant une autorité alimentaire au niveau européen. La Commission n'a pas encore proposé de chiffres concrets pour l'autorité. Il est clair, toutefois, que l'efficacité de l'autorité dépendra de l'adéquation en termes de taille et de qualité des ressources humaines, financières et moyens matériels qui lui seront alloués.

Nous prévoyons que cette autorité soit en place d'ici à l'an 2002, une fois la législation votée. Avant de parachever ses propositions, la Commission européenne a invité toutes les parties intéressées à donner leur avis sur cette autorité avant la fin du mois d'avril. Un texte définitif sera présenté par la Commission à l'automne prochain. Cette invitation aux acteurs pour présenter leur point de vue a été très bien suivie.

Dans l'intervalle, la Commission progresse avec son programme législatif. Parmi d'autres propositions, la Commission développe une consolidation des 17 directives liées à l'hygiène alimentaire que nous allons adopter avant l'été. Cette proposition reflète des méthodes qui ont fait leurs preuves pour assurer les normes les plus élevées en matière de sécurité alimentaire, basées sur une approche intégrée de la ferme au consommateur, l'application des principes d'une bonne hygiène à tous les stades de la filière, de bonnes pratiques agricoles pour s'assurer que les aliments sont correctement manipulés au cours de leur production. En aval de la ferme, l'industrie alimentaire sera réglementée par un cadre de mesures, y compris l'application d'analyses de risques et de dispositifs de contrôle de points de crise pour identifier les risques à la santé humaine.

Avant de conclure, je souhaiterais évoquer deux points importants.

Le premier est l'interface entre l'autorité, les agences nationales et les autres organes scientifiques.

L'Autorité Alimentaire Européenne ne peut travailler dans le vide. Elle devra tirer parti des connaissances et des compétences disponibles dans les instances analogues au niveau des Etats membres et des pays tiers et devra travailler en étroite coopération avec ces autres instances scientifiques. Je la vois comme le centre d'un réseau où toutes les connaissances et tous les moyens seront utilisés au mieux.

Afin d'offrir un socle solide à ce réseau, nous envisageons la possibilité de mettre en place des fonctions de mise en réseau dans la législation. Nous souhaitons impliquer, dans toute la mesure possible, les autorités alimentaires nationales et les instituts dans le fonctionnement de cette autorité, permettant ainsi de minimiser les possibilités de divergence entre les avis scientifiques des Etats membres et l'autorité. Ainsi sera renforcée la confiance dans le système communautaire d'avis scientifiques car, manifestement, l'autorité européenne sera au centre d'un réseau reliant les meilleurs avis scientifiques sur toute l'Union européenne. Si nous pouvons mettre en place un tel système -et je pense que nous le pouvons- avec un véritable partenariat avec les instances scientifiques nationales, nous pourrons éviter la possibilité de vues scientifiques divergentes sur les questions essentielles de sécurité alimentaire, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'il n'y aura plus de divergences de vue entre les Etats membres, mais il sera plus difficile pour eux de prendre position contrairement aux recommandations d'une autorité alimentaire où leurs instances scientifiques jouent un rôle actif.

Le deuxième point que je souhaite porter à votre attention est la décision de la Commission de veiller à ce que l'axe des travaux de l'autorité soit l'évaluation scientifique du risque, le rôle réglementaire reposant sur les institutions européennes existantes.

Des considérations sont importantes. Le processus de décision, où les propositions sont élaborées par la Commission et adoptées par une procédure impliquant les Etats membres et le Parlement européen, offre un haut degré de responsabilité et de transparence. Il y aurait un risque que le transfert de cette responsabilité à une autorité indépendante se traduise par une réduction de cette responsabilité. En outre, le transfert du pouvoir réglementaire à l'autorité exigerait sans doute une modification des dispositions existantes du Traité, ce qui ne veut pas dire qu'un élargissement futur de la compétence de l'autorité ne pourrait pas être envisagé s'agissant de son fonctionnement, de la confiance suscitée par son opération et des changements apportés au Traité dans l'intervalle.

Il s'agit également d'assurer une bonne traduction des politiques dans la loi. Certains estiment qu'il faudrait adopter le modèle de la FDA aux Etats-Unis, mais, là, les responsabilités en matière d'évaluation et de gestion du risque ne sont pas clairement démarquées. Cette approche que les Américains ont retenue il y a 80 ans leur a bien servi dans leur contexte culturel. Je sais que les Etats-Unis sont en train de revoir cette approche institutionnelle de la sécurité alimentaire.

Ce modèle n'est pas adapté dans le contexte européen. La réglementation devrait être du ressort de la Commission, du Parlement et du Conseil selon les besoins. Le traité de l'Union européenne confère à la Commission et, à elle seule, le droit d'engager des propositions de texte législatif. Le Conseil, le Parlement peuvent, en exerçant leur mandat démocratique, adopter cette législation avec ou sans amendement.

La mise en oeuvre de cette décision implique des choix politiques et des appréciations basées pas simplement sur l'appréciation scientifique du risque, mais également sur une appréciation bien plus large de facteurs qui sont les souhaits et les besoins des consommateurs de la société. Cet exercice de responsabilité ne serait pas facilement remplacé, et je n'ai pas encore entendu d'arguments probants attestant du contraire, ce qui ne signifie pas nécessairement que des améliorations ne peuvent pas être apportées à notre façon de gérer le risque.

Je pense que notre processus législatif est trop lourd et trop long. Nous devons progresser dans ce domaine et j'y travaille activement. Je viens d'en parler avec les parlementaires. Je dois vous dire que j'ai reçu une réponse très positive des parlementaires européens. J'attends avec impatience une réunion que j'ai prévue avec la Commission agricole au Parlement en juillet pour évoquer précisément cette question de la législation et de l'interaction entre les systèmes de législation primaire et secondaire pour voir si nous ne pouvons pas mettre en place, ne serait-ce que des éléments de réponse pratiques, pour assurer une meilleure application des orientations en texte de loi.

Dans le cadre de notre proposition sur l'autorité, je suis en train de voir comment les procédures décisionnelles de la Commission peuvent être plus efficaces et les possibilités qui existent pour l'autorité de prendre des mesures de réduction de risques dans des situations de véritable crise, où la santé publique court un danger imminent.

Je tiens à vous remercier, une fois de plus, de l'invitation qui m'a été adressée de prendre la parole devant vous. Je suis heureux d'avoir pu vous exposer mon point de vue sur le développement de la sécurité alimentaire au sein de la Communauté européenne. Nous avons de nombreux défis devant nous. Nous sommes prêts à opérer des changements pour assurer la sécurité de la chaîne alimentaire et restaurer la confiance du consommateur.

(Applaudissements...)

M. LE PRÉSIDENT - Merci, Monsieur le Commissaire.

Je passe la parole aux sénateurs pour une ou deux questions très brèves, qui impliqueront une réponse tout aussi brève de la part du Commissaire.

M. Claude HURIET - Ma question concerne les liaisons entre les structures d'expertise nationales et l'autorité européenne. Vous avez bien dit qu'il s'agissait d'un réseau. Cela signifie-t-il que l'autorité européenne ne se dotera pas de ses propres moyens d'expertise et, si oui, le réseau sera-t-il constitué de pôles d'excellence dont les capacités d'expertise ne pourront pas être remises en cause par un autre pôle, également d'excellence ?

M. Charles DESCOURS - Une fois que l'Agence européenne aura fait ses expertises, qui prendra la décision politique ? Est-ce que l'Agence pourra mettre un pays membre devant le fait accompli sans décision du ministre compétent de ce pays membre ?

M. Lucien NEUWIRTH - Monsieur le Commissaire, vous êtes en charge de la protection sanitaire. Est-ce dans le but de protéger la santé des consommateurs que vous avez autorisé les graisses végétales dans le chocolat ?

M. David BYRNE - Je me demandais combien de temps je devrais attendre avant que cette question sur le chocolat ne soit posée... J'y reviendrai.

A propos des liens et des pôles d'excellence, j'indique que la structure que j'envisage impliquera l'emploi de scientifiques à plein temps qui travailleront pour cette autorité alimentaire. Celle-ci aura également le droit et le mandat de rechercher à l'extérieur des conseils scientifiques indépendants dans des domaines où cette expertise existe sur une question donnée en cours d'examen par l'autorité.

En outre, il est particulièrement important, afin de construire la confiance dans l'excellence de cette autorité et qu'une seule voix s'exprime au sein de l'Unité européenne, de tirer parti de l'expérience des pays membres. Nous allons proposer l'établissement d'un comité consultatif attaché à l'autorité, comprenant les chefs exécutifs des différentes agences des pays ou de leurs équivalents là où ces agences alimentaires n'existent pas.

A travers ce dispositif, l'autorité alimentaire sera en position d'avoir le meilleur conseil possible disponible, mais elle sera également structurée de façon à pouvoir s'adresser aux Etats membres pour solliciter le point de vue des agences de sécurité alimentaire.

Cet aspect de construction de confiance présente également l'avantage de tirer toute l'expertise existante. Bien évidemment, l'autorité sera capable, si nécessaire, de rechercher des conseils à l'extérieur de l'Union. Il sera également plus facile pour les Etats membres et nous tous de donner de la crédibilité aux opinions exprimées par l'autorité sur les différentes questions relatives à la sécurité alimentaire.

S'agissant de la gestion des risques et de l'expertise -je sais que vous avez déjà eu un débat sur ce sujet cet après-midi- je pense qu'il faut un lien -et celui-ci existe- entre l'évaluation des risques, c'est-à-dire les scientifiques, et la gestion des risques, c'est-à-dire les politiques, afin que les recommandations émanant des premiers soient mises en oeuvre dans le cadre de lois par les seconds. Je pense, comme Mme Lebranchu l'a dit, qu'il appartient aux hommes politiques, responsables devant les citoyens, de prendre des décisions sur la gestion des risques, la fonction des scientifiques étant de donner des conseils par rapport à l'évaluation des risques.

Dernière question : le chocolat. J'ai déjà eu l'honneur de l'évoquer au Sénat à Rome il y a quelques semaines. C'était également la troisième question. Elle concerne le marché interne. Il y a des renforcements dans cette proposition examinée aujourd'hui, avec la fixation d'un niveau minimum de graisse végétale dans un chocolat afin d'assurer la sécurité. Les consommateurs bénéficieront d'un étiquetage beaucoup plus clair. S'ils veulent consommer le chocolat le plus populaire en France, ils pourront choisir de le faire car l'étiquetage est très clair. S'ils choisissent de consommer des chocolats avec un maximum de 5 % de graisse végétale, ils le pourront également.

Une dernière précision concernant les pays tiers : la graisse végétale incluse dans le chocolat est exclusivement produite dans les pays de l'ACP, tout comme l'huile et le beurre de cacao.

M. LE PRÉSIDENT - Merci, Monsieur le Commissaire, de cette réponse circonstanciée.

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