Mme Denise Saint-Pé. Les projets d’installations de production d’énergies renouvelables sont soumis à des études d’impact ou à un examen au cas par cas destiné à apprécier leurs effets notables sur l’environnement et la santé humaine.

Parallèlement, la création de zones d’accélération renforcée pour le développement des énergies renouvelables s’accompagne de la réalisation d’une évaluation environnementale à un stade amont de la planification, portant sur les choix de localisation et les orientations générales retenues.

Cet amendement vise à préciser que le décret d’application définit le contenu de l’évaluation environnementale réalisée pour l’établissement des zones d’accélération renforcée et les modalités assurant sa cohérence avec les études environnementales propres aux projets qui y seront implantés.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. L’avis est défavorable : un décret en Conseil d’État est déjà prévu pour l’article 39, et il n’apparaît pas nécessaire de détailler autant le dispositif dans la loi.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Même avis, défavorable, pour les mêmes raisons : il n’est pas nécessaire de donner tant de détails dans la loi.

Mme Denise Saint-Pé. Je le retire, madame la présidente !

Mme la présidente. L’amendement n° 410 rectifié est retiré.

Je suis saisie de deux amendements identiques.

L’amendement n° 186 rectifié est présenté par MM. Bilhac, Cabanel et Daubet, Mme N. Delattre, M. Guiol, Mme Jouve et M. Masset.

L’amendement n° 406 est présenté par MM. Fernique, Benarroche, G. Blanc et Dantec, Mme de Marco, MM. Dossus et Gontard, Mme Guhl, MM. Jadot et Mellouli, Mmes Ollivier et Poncet Monge, M. Salmon et Mmes Senée, Souyris et M. Vogel.

Ces deux amendements sont ainsi libellés :

Après l’alinéa 10

Insérer deux alinéas ainsi rédigés :

…° Après le 5° de l’article L. 311-10-1, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« …° L’implantation dans une zone, dite d’accélération renforcée pour le développement des énergies renouvelables, en application de l’article L. 141-5-5 du présent code, sous réserve de respecter les mesures de contribution au partage territorial de la valeur au sens de l’article L. 314-41 ; »

La parole est à M. Henri Cabanel, pour présenter l’amendement n° 186 rectifié.

M. Henri Cabanel. Créer des zones d’accélération renforcée ne suffit pas : encore faut-il que celles-ci soient attractives et réellement investies par les collectivités comme par les développeurs. À l’heure actuelle, le dispositif se borne trop souvent à l’ouverture de dérogations, sans véritable levier incitatif.

Cet amendement vise à introduire une modification des critères de mise en concurrence pour les projets implantés au sein de ces zones, à la condition qu’ils respectent les mécanismes de partage territorial de la valeur prévus par la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi Aper. La mesure proposée ne crée aucune contrainte supplémentaire : elle oriente la sélection vers les projets ancrés localement, associant les territoires aux retombées économiques.

Le choix est clair : accélérer, oui, mais en veillant à l’acceptabilité et à la justice territoriale. En donnant un contenu concret au partage de la valeur, nous renforçons la désirabilité des énergies renouvelables ainsi que la souveraineté énergétique locale.

Mme la présidente. La parole est à M. Jacques Fernique, pour présenter l’amendement n° 406.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. Mes chers collègues, je vous demande de bien vouloir retirer vos amendements, pour la simple et bonne raison qu’ils sont satisfaits.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Avis défavorable.

Mme la présidente. Monsieur Cabanel, l’amendement n° 186 rectifié est-il maintenu ?

M. Henri Cabanel. Non, je le retire, madame la présidente.

Mme la présidente. L’amendement n° 186 rectifié est retiré.

Monsieur Fernique, l’amendement n° 406 est-il maintenu ?

M. Jacques Fernique. J’aurais souhaité avoir l’assurance que nos amendements sont bien satisfaits…

Mme la présidente. La parole est à Mme la rapporteure pour avis.

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. Les zones d’accélération renforcée seront un sous-ensemble des zones d’accélération des énergies renouvelables créées par la loi Aper de 2023, lesquelles bénéficient déjà d’une bonification dans le cadre des procédures de mise en concurrence. Cette bonification sera par conséquent pleinement effective pour tous les projets situés en zone renforcée.

Mme la présidente. Monsieur Fernique, qu’en est-il donc de l’amendement n° 406 ?

M. Jacques Fernique. Cette explication est tout à fait exacte, mais je reste inquiet, pour une raison simple : précisément, le modèle de la bonification créé pour ces zones d’accélération des énergies renouvelables est un bon modèle, mais il n’est pas appliqué pour l’instant.

Je maintiens mon amendement.

Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° 406.

(Lamendement nest pas adopté.)

Mme la présidente. L’amendement n° 475, présenté par le Gouvernement, est ainsi libellé :

Alinéa 22

Supprimer les mots :

, après consultation des exploitants de systèmes d’infrastructures pertinents,

La parole est à M. le ministre délégué.

M. Sébastien Martin, ministre délégué. L’alinéa 22 de l’article 39 prévoit la consultation des exploitants de systèmes d’infrastructures lors de l’élaboration des zones d’infrastructures de réseau.

Or les gestionnaires de réseaux sont déjà consultés dans le cadre des différents schémas de planification permettant la désignation de telles zones. Cette précision est donc redondante.

En outre, la rédaction retenue est imprécise et de nature à créer une insécurité juridique.

Le présent amendement vise, en conséquence, à supprimer cette disposition.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. De nouveau, monsieur le ministre, nous allons être en désaccord : la rédaction actuellement retenue est celle de la directive RED III ; elle n’est donc pas de nature à créer une insécurité juridique.

Il convient d’ailleurs, pour renforcer la sécurité juridique du dispositif et éviter toute sous-transposition, de reprendre tout simplement la formulation de la directive européenne.

Avis défavorable.

Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° 475.

(Lamendement nest pas adopté.)

Mme la présidente. L’amendement n° 476, présenté par le Gouvernement, est ainsi libellé :

Alinéas 39 et 40

Supprimer ces alinéas.

La parole est à M. le ministre délégué.

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Cet amendement tend à supprimer certaines dispositions inopportunément ajoutées au texte de loi.

Les ajouts visés créent une nouvelle sous-procédure dérogatoire au cadre général de l’évaluation environnementale, ciblant les seuls projets de production d’énergies renouvelables ; surtout, ils figent au niveau de la loi des mesures qui sont de nature réglementaire. Leur maintien conduirait donc à une complexification du droit et nuirait à la lisibilité de la norme.

Si des précisions devaient être apportées pour transposer l’article 16 quater de la directive RED III, elles pourraient l’être par voie réglementaire ou par voie d’instruction aux services.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. Dans le cadre de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le Premier ministre a annoncé sa volonté de privilégier, pour le développement des énergies renouvelables, le rééquipement des installations existantes. La suppression proposée ne nous semble donc pas opportune : avis défavorable.

Mme la présidente. La parole est à Mme Nathalie Delattre, pour explication de vote.

Mme Nathalie Delattre. Nous voterons contre l’amendement du Gouvernement.

La directive RED III encadre clairement les projets de rééquipement d’installations existantes, et nous savons que ceux-ci sont appelés à se multiplier dans les années à venir, à mesure que les premières générations d’éoliennes ou de parcs solaires arriveront en fin de vie.

Ces projets permettent d’augmenter la puissance installée sans mobiliser davantage de foncier ; ils répondent donc au double enjeu majeur de l’acceptabilité et de l’efficacité.

La directive prévoit que, dans de tels cas, l’évaluation environnementale porte uniquement sur les incidences nouvelles liées à la modification ou à l’extension du projet, et non sur l’ensemble de l’installation initiale.

Les dispositions introduites en commission visent donc à assurer une transposition fidèle et complète de cette règle européenne, en garantissant des procédures proportionnées, sécurisées et adaptées.

Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° 476.

(Lamendement nest pas adopté.)

Mme la présidente. Je suis saisie de deux amendements identiques.

L’amendement n° 256 rectifié est présenté par Mme N. Delattre, MM. Cabanel et Guiol, Mme Jouve et M. Masset.

L’amendement n° 358 rectifié est présenté par Mmes Saint-Pé et Billon, MM. Chauvet, Delcros et Duffourg, Mme Guidez, M. Henno et Mme Perrot.

Ces deux amendements sont ainsi libellés :

Après l’alinéa 40

Insérer quatre alinéas ainsi rédigés :

…°L’article L. 181-9 du code de l’environnement est complété par trois alinéas ainsi rédigés :

« L’autorité administrative compétente constate le caractère complet de la demande d’autorisation environnementale au plus tard trente jours calendaires à compter de la date d’accusé de réception du dossier pour les projets situés en zones d’accélération au sens des articles L. 141-5-4 et L. 141-5-5 du code de l’énergie, et au plus tard quarante-cinq jours calendaires à compter de la même date pour les projets situés en dehors de ces zones. Ce délai est suspendu à compter de l’envoi de la demande de complément jusqu’à la réception des éléments nécessaires. La demande de complément est limitée à une seule demande.

« L’absence de décision de l’autorité administrative compétente sur la complétude du dossier à l’expiration du délai mentionné au précédent alinéa vaut décision implicite déclarant le dossier complet et régulier.

« Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent alinéa. » ;

La parole est à Mme Nathalie Delattre, pour présenter l’amendement n° 256 rectifié.

Mme Nathalie Delattre. L’article 16 de la directive RED III impose un délai maximal pour constater la complétude d’une demande d’autorisation. Nous avons déjà débattu de ce cas de figure à propos d’amendements précédents : le délai est de trente jours en zones d’accélération, de quarante-cinq jours en dehors de ces zones.

Cette exigence inscrite dans la directive devait être transposée avant le 21 mai 2025. Or la France a reçu un nouvel avis motivé de la Commission européenne le 30 janvier 2026 pour transposition incomplète. L’amendement a donc pour objet de sécuriser notre droit.

Mme la présidente. La parole est à Mme Denise Saint-Pé, pour présenter l’amendement n° 358 rectifié.

Mme Denise Saint-Pé. Il est défendu, madame la présidente.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. Avis favorable.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Avis défavorable : je répète que la fixation de délais relève non pas de la loi, mais du règlement.

Mme la présidente. Je mets aux voix les amendements identiques nos 256 rectifié et 358 rectifié.

(Les amendements sont adoptés.)

Mme la présidente. Je suis saisie de deux amendements identiques.

L’amendement n° 259 rectifié est présenté par Mme N. Delattre, MM. Cabanel et Guiol, Mme Jouve et M. Masset.

L’amendement n° 361 rectifié est présenté par Mmes Saint-Pé et Billon, MM. Chauvet, Delcros et Duffourg, Mme Guidez, M. Henno et Mme Perrot.

Ces deux amendements sont ainsi libellés :

Compléter cet article par deux alinéas ainsi rédigés :

…°Après le septième alinéa de l’article L. 415-3, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Lorsqu’un projet d’énergie renouvelable au sens de l’article L. 211-2 du code de l’énergie comporte les mesures d’évitement et de réduction nécessaires, toute mise à mort ou perturbation des espèces protégées n’est pas considérée comme intentionnelle. »

La parole est à Mme Nathalie Delattre, pour présenter l’amendement n° 259 rectifié.

Mme Nathalie Delattre. L’article 16 ter de la directive RED III prévoit que, lorsqu’un projet de production d’énergie renouvelable intègre les mesures d’évitement et de réduction nécessaires, les atteintes résiduelles aux espèces protégées ne sont pas considérées comme intentionnelles au sens des directives « Habitats » et « Oiseaux ». Or cette précision n’a pas été pleinement reprise en droit interne. En l’absence de transposition complète, la France a reçu, le 30 janvier 2026, un avis motivé de la Commission européenne.

L’amendement vise à sécuriser juridiquement les projets de production d’énergies renouvelables sans affaiblir pour autant la protection de la biodiversité, la mise en œuvre desdits projets supposant l’application effective des mesures d’évitement et de réduction. Son adoption permettrait de garantir la conformité européenne de notre droit, d’éviter un contentieux et de lever l’incertitude pénale qui pèse aujourd’hui sur les porteurs de projet.

Mme la présidente. La parole est à Mme Denise Saint-Pé, pour présenter l’amendement n° 361 rectifié.

Mme Denise Saint-Pé. Il est retiré, madame la présidente.

Mme la présidente. L’amendement n° 361 rectifié est retiré.

Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire sur l’amendement n° 259 rectifié ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. J’en demande le retrait : l’article 24 de la loi Ddadue du 30 avril 2025, texte dont notre collègue Damien Michallet était le rapporteur au Sénat, a déjà transposé l’article 16 ter de la directive RED III.

Votre demande est donc satisfaite, ma chère collègue.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Même avis.

Mme Nathalie Delattre. Je le retire !

Mme la présidente. L’amendement n° 259 rectifié est retiré.

L’amendement n° 354 rectifié, présenté par Mmes Saint-Pé et Billon, MM. Chauvet, Delcros et Duffourg, Mme Guidez, M. Henno et Mme Perrot, est ainsi libellé :

Compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

…. – Le dernier alinéa de l’article L. 2224-37-1 du code général des collectivités territoriales est complété par une phrase ainsi rédigée : « Les données relatives aux zones d’accélération renforcée de production d’énergie renouvelable prévues à l’article L. 141-5-5 du code de l’énergie sont partagées entre les membres de la commission. »

La parole est à Mme Denise Saint-Pé.

Mme Denise Saint-Pé. L’amendement vise à renforcer la coordination territoriale des zones d’accélération renforcée de production d’énergies renouvelables prévues par le code de l’énergie, en organisant explicitement le partage des données correspondantes au sein des commissions consultatives prévues par le code général des collectivités territoriales.

Ce partage des données constitue en effet un levier essentiel pour anticiper les besoins de raccordement, sécuriser la programmation des investissements relatifs aux réseaux et garantir une planification territoriale cohérente et efficace, sans créer de charges nouvelles pour les collectivités.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission de l’aménagement du territoire ?

Mme Marta de Cidrac, rapporteure pour avis. Avis favorable.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Sébastien Martin, ministre délégué. La demande étant satisfaite, l’avis du Gouvernement est défavorable.

Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° 354 rectifié.

(Lamendement est adopté.)

Mme la présidente. Je mets aux voix l’article 39, modifié.

(Larticle 39 est adopté.)

Mme la présidente. Mes chers collègues, je vais lever la séance.

Nous avons examiné 251 amendements au cours de la journée ; il en reste 234 à examiner sur ce texte.

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Article 39 (début)
Dossier législatif : projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d'information, de transport, de santé, d'agriculture et de pêche
Discussion générale

5

Ordre du jour

Mme la présidente. Voici quel sera l’ordre du jour de la prochaine séance publique, précédemment fixée à aujourd’hui, mercredi 18 février 2026 :

À quinze heures :

Questions d’actualité au Gouvernement.

À seize heures trente et le soir :

Trois conventions internationales examinées selon la procédure d’examen simplifié :

Projet de loi autorisant l’approbation de la convention d’extradition entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Colombie (procédure accélérée ; texte de la commission n° 386, 2025-2026) ;

Projet de loi, adopté par l’Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, autorisant l’approbation de la résolution n° F/BG/2023/04 relative aux amendements à l’accord portant création du Fonds africain de développement (texte de la commission n° 390, 2025-2026) ;

Projet de loi autorisant l’approbation de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République italienne relative à l’entretien courant et à l’exploitation de la section située en territoire français de la ligne ferroviaire Coni-Breil-Vintimille (procédure accélérée ; texte de la commission n° 388, 2025-2026) ;

Suite du projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d’information, de transport, de santé, d’agriculture et de pêche (procédure accélérée ; texte de la commission n° 348, 2025-2026).

Personne ne demande la parole ?…

La séance est levée.

(La séance est levée le mercredi 18 février 2026, à zéro heure quinze.)

Pour le Directeur des comptes rendus du Sénat,

le Chef de publication

JEAN-CYRIL MASSERON