Mes chers collègues, la commission n'a pas cherché à empiler des programmes. Elle a cherché à répondre à une question simple : nos armées seront-elles réellement prêtes à temps pour faire face à la menace, désormais clairement identifiée ? C'est le décalage entre le diagnostic et les moyens que nous avons voulu corriger.
La haute intensité ne se prépare pas dans l'urgence : elle s'anticipe et se prévoit des années à l'avance. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Folliot. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
M. Philippe Folliot. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, depuis que j'ai été élu parlementaire en 2002, c'est la septième fois que j'ai l'honneur de monter à la tribune pour m'exprimer au sujet d'une loi de programmation militaire. Je ne sais si c'est le privilège de l'âge ou celui de l'expérience, mais je le répète à chaque fois : une loi de programmation militaire n'est pas seulement une addition de programmes ou de moyens.
Derrière ces chiffres, il y a des hommes qui choisissent d'exercer le métier des armes et sont prêts à aller au bout de leur engagement, acceptant tout ce qu'il comporte, c'est-à-dire le sacrifice suprême. Cela mérite le respect.
Il y a quelques jours, mon collègue et ami François Bonneau et moi-même étions en Ukraine. Nous nous sommes rendus notamment à Kiev, à Zaporijia et à Kharkiv, y constatant un certain nombre de faits.
La guerre qui se joue en Ukraine aujourd'hui n'a rien à voir avec celle qui s'y déroulait en 2023, en 2024 ou en 2025. Un chiffre en témoigne : alors que l'Ukraine ne produisait aucun drone en 2023, elle en produira et utilisera 9 millions en 2026. Il en va de même pour les Russes, du reste.
Nous sommes face à un changement stratégique majeur. Or, madame la ministre, dans ce texte, vous nous proposez une actualisation de la programmation militaire, quand c'est une refondation de la LPM qui serait nécessaire pour nous adapter à la réalité de la situation du terrain.
Aujourd'hui, la probabilité que les Russes attaquent un pays de l'Alliance atlantique ou de l'Union européenne est plus forte que jamais. Dès lors, face au boucher de Moscou, à l'inconséquent de Washington et au sphinx de Pékin, nous devons nous préparer. En effet, il s'agit de la guerre entre les démocraties et les empires, avec tout ce que cela implique. Pour l'Europe, il s'agit d'un défi majeur et d'un rendez-vous essentiel.
Via différents amendements, nous proposerons de réorienter notre effort. Nous devons non pas acheter ou produire des drones, mais structurer une capacité industrielle dans notre pays, ce qui nous permettra d'être prêts, le moment venu, à relever le défi.
Nous devons tenir compte des évolutions stratégiques que l'on observe sur le terrain. L'Ukraine contrôle la moitié de la mer Noire, alors qu'elle n'a pas de marine. Si nous ne tenons pas compte des enjeux liés aux drones marins, si nous n'en tirons pas les leçons et les expériences au sein du projet de loi actualisant la programmation militaire, nous risquons de nous retrouver fort dépourvus dans quelques mois ou quelques années.
L'enjeu est là : à certains égards, on peut considérer ces évolutions technologiques, tactiques et stratégiques comme la revanche de l'artisan sur l'industriel. Or nous sommes toujours focalisés sur nos grands programmes pluriannuels, qui font intervenir beaucoup de technologie, alors que, sur le terrain, des éléments relevant du bricolage sont particulièrement efficaces, comme nous avons pu le constater.
Face à de telles évolutions techniques, technologiques, stratégiques et tactiques, nous continuons, comme si de rien n'était, à poursuivre le même effort qu'auparavant.
Oui, il est important d'accroître les moyens de notre défense, mais il me paraît tout autant essentiel de dépenser mieux que de dépenser plus. (Applaudissements sur les travées du groupe UC. – MM. Bruno Sido et Pierre Jean Rochette applaudissent également.)
M. le président. La parole est à Mme Catherine Dumas. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Olivier Cigolotti applaudit également.)
Mme Catherine Dumas. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, depuis plusieurs années ressurgissent des menaces que l'on croyait appartenir à un autre siècle : le retour des impérialismes, la loi du rapport de force, la guerre sur le sol européen, les attaques répétées contre nos démocraties.
Devant cette dure réalité, notre devoir est de regarder les choses en face. Nous partageons votre constat, madame la ministre : les intérêts de la France et la sécurité des Français sont menacés ; nos armées doivent être prêtes à relever ces défis.
Le Sénat et le président de sa commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Cédric Perrin, l'ont rappelé à plusieurs reprises : la crédibilité d'une nation repose sur sa capacité à nommer les menaces, à les anticiper et à s'y préparer pleinement. Cela passe bien sûr par le renforcement de nos équipements militaires, comme nous en avons longuement parlé.
Mes chers collègues, parvenus à la fin de la discussion générale, il me semble aussi nécessaire d'évoquer le réarmement des esprits. En effet, une nation forte, respectée et écoutée, est d'abord une nation lucide, unie et consciente de ce qu'elle doit défendre.
Sur ce sujet, le projet de loi va dans le bon sens. L'évolution de la Journée défense et citoyenneté vers une journée de mobilisation qui se concentrera sur les fondamentaux permettra de mieux transmettre à notre jeunesse les réalités du monde contemporain et le sens de l'engagement au service de la France.
L'instauration d'un service national volontaire constitue également une réponse utile, équilibrée, pragmatique et adaptée au XXIe siècle. En offrant à des jeunes la possibilité de servir concrètement la France, de gagner en confiance, en autonomie et en expérience, le service national volontaire renforcera sans aucun doute le lien entre la Nation et les armées, tout en confortant notre cohésion nationale.
Madame la ministre, à Paris comme partout en France, je rencontre des jeunes qui veulent s'engager, être utiles et servir quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes. Leur aspiration est une force. À nous de leur donner un cap, une exigence et des moyens, car, au-delà de la jeunesse, il y va de l'avenir non seulement de nos armées, mais aussi de notre pays, la France.
Dans un moment où tant de peuples doutent, la France doit continuer à croire en elle-même, en sa jeunesse, en ce qu'elle apporte au monde. À des jeunes ayant rejoint la Résistance, le général de Gaulle disait : « Courage, jeunes gens. Soyez forts, soyez justes. Le monde met en vous son espoir. »
Mes chers collègues, faisons en sorte que la France soit pour sa jeunesse à la hauteur de cet espoir. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Nadia Sollogoub et M. Olivier Cigolotti applaudissent également.)
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Catherine Vautrin, ministre. Mesdames, messieurs les sénateurs, je souhaite répondre aux orateurs qui sont intervenus lors de la discussion générale.
Monsieur le rapporteur, une LPM repose en effet sur des prévisions. Sa cohérence physico-financière tient donc à un équilibre, qui est intangible, entre des besoins financiers et des ressources. Il est dès lors difficile de discuter des besoins sans se mettre d'accord sur les ressources. Tel était le sens de la demande de priorité que j'avais formulée, dans le respect, évidemment, des prérogatives de chacun.
De toute évidence, les besoins sont définis à la suite d'un dialogue approfondi avec le chef d'état-major des armées, comme vous l'avez souligné, monsieur le rapporteur.
L'article R. 3121-2 du code de la défense précise bien que « sous l'autorité du ministre de la défense, le chef d'état-major des armées est responsable […] de la définition du format d'ensemble des armées » et « conduit les travaux de planification et de programmation ». Vous l'avez auditionné, et je suis certaine qu'il aurait probablement souhaité davantage de moyens.
Néanmoins, nous vous présentons l'équilibre auquel nous sommes arrivés sous mon autorité. Je tiens à le préciser, si l'on attribuait 14 milliards d'euros supplémentaires de crédits à la LPM, l'on augmenterait de 0,5 point le déficit budgétaire.
Pour ce qui est de notre engagement auprès de l'Otan à augmenter le pourcentage du PIB que nous consacrons à la défense, je le répète, il est important d'examiner en détail les dépenses envisagées.
Monsieur le rapporteur, vous avez ainsi déposé un amendement qui vise à augmenter les crédits de la gendarmerie, lesquels entrent dans le périmètre non pas de la LPM, mais d'une loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur (Lopmi). Voilà donc une mesure qui ne contribue pas à augmenter la part du PIB consacrée à la défense, mais que le Sénat propose d'inscrire dans les dépenses du budget de la défense !
Tous, nous devons nous aviser que la paix a un coût ; c'est le sens de cette LPM. Différents orateurs ont également utilisé le mot « courage » : en effet, nous devons avoir collectivement le courage de trouver les recettes permettant l'augmentation des crédits de l'armée, faute de quoi nous ne réaliserions qu'une partie de l'exercice.
Ainsi que l'indiquait M. le rapporteur pour avis de la commission des finances, Dominique de Legge, les crédits de la LPM sont entièrement exécutés. La LPM de 2023 prévoyait une augmentation de 3,5 milliards d'euros du budget de la défense pour 2026, d'ores et déjà confirmée par la loi de finances pour cette même année.
Nous proposons une augmentation de 3,2 milliards d'euros dans le budget 2027, soit au total une augmentation de 6,7 milliards d'euros.
Mesdames, messieurs les sénateurs, je vous rappelle que le Haut Conseil des finances publiques nous invite à trouver les recettes correspondantes. Par conséquent, si l'on propose une augmentation de 14 milliards d'euros supplémentaires, encore faut-il trouver les sommes nécessaires.
Mme Muriel Jourda a présenté les enjeux des dispositions relatives au renforcement des moyens de nos services de renseignement. À juste titre, elle a insisté sur l'éminente nécessité opérationnelle de faire face de façon souveraine aux menaces identifiées par la RNS. D'ailleurs, mesdames, messieurs les sénateurs, je le répète, une revue nationale stratégique a bien eu lieu avant l'actualisation des dépenses que nous proposons.
En outre, elle a précisé que les mesures que nous proposons sont pleinement respectueuses de l'État de droit et des libertés constitutionnelles. Il s'agit d'un élément important.
Monsieur Jean-Pierre Grand, je vous remercie d'avoir montré que le prix de notre souveraineté était celui de notre liberté ; nous nous rejoignons sur ce point.
M. le sénateur Allizard a insisté sur la nécessité de dépasser notre statut de force expéditionnaire et de nous préparer à un choc de haute intensité. En effet, avant de penser format, nous devons penser densité et cohérence. Nous serons plus forts avec plus d'entraînement et de munitions : c'est le sens de ce projet de loi actualisant la programmation militaire.
Mme la sénatrice Duranton a mis en avant la nécessité de s'adapter aux exigences des conflits modernes. Je partage tout à fait cette idée : nous devons être plus flexibles et plus innovants. C'est d'ailleurs aussi ce qu'avançait M. Folliot, qui, à la suite de ce qu'il a observé en Ukraine, souhaite favoriser des solutions plus rustiques, mais non moins efficaces, permettant de réduire les délais de livraison et les coûts. Ce sont incontestablement des orientations que nous devons prendre.
Je remercie Rachid Temal d'avoir employé les mots de sincérité et de lucidité. Je les reprends volontiers pour qualifier la trajectoire prévue par le Gouvernement : celle-ci est sincère, parce que nous pouvons l'atteindre dès 2026-2027, sans attendre une prochaine LPM ; et elle est lucide, car nous répondons aux besoins les plus critiques déterminés, avec le chef d'état-major des armées, pour les drones, la défense sol-air (DSA) et la guerre électronique, sur lesquels nous devons avancer.
Madame Gréaume, vous avez évoqué Palantir. Je le répète, le ministère de la défense n'a jamais été et ne sera jamais client de cette entreprise. Pour notre part, nous travaillons avec Arcadia pour développer un command and control souverain. C'est là un élément extrêmement important. Par ailleurs, nous ne participons pas au projet Maven.
Je le précise, les PME et les ETI de la BITD, ancrées dans les territoires, captent chaque année plus de 6 milliards d'euros des dépenses d'investissement, quand 60 % de ces dépenses, soit environ 12 milliards d'euros par an, reviennent aux grandes entreprises. Il y a donc bien un effet pour l'emploi sur nos territoires. En particulier, madame la sénatrice, dans la région des Hauts-de-France qui vous tient à cœur, 724 PME et ETI sont des fournisseurs directs de la défense.
M. Gontard et M. Guiol sont intervenus sur la création de l'état d'alerte de sécurité nationale. Les circonstances justifiant d'instaurer ce régime sont précisément définies par le texte et correspondent au scénario de la RNS. Là encore, cette disposition est née après la revenue nationale stratégique.
Le Parlement sera chargé de proroger ou non l'état d'alerte et le recours aux dispositifs instaurés par ce nouveau régime devra être justifié par la nécessité de répondre à la crise, sous le contrôle du juge.
Enfin, le pouvoir de dérogation sera applicable aux normes réglementaires et locales uniquement, et en aucun cas à la loi. Le dispositif ne contient donc aucune remise en cause du droit du travail.
M. Hochart demandait où sont les commandes industrielles. Nous avons commandé pour 14 milliards d'euros d'équipements en 2024 et pour 20 milliards d'euros en 2025. Le rapporteur pour avis, M. de Legge nous reproche souvent de passer des commandes en fin d'année n pour l'année n+1, mais ces commandes sont bien passées. Nous prévoyons de commander pour 31 milliards d'euros d'équipements en 2026. L'actualisation produit donc des effets dès cette année.
Pour ce qui est des Rafales, deux options s'offraient à nous.
La première était d'acheter 22 avions F4, mais, premièrement, ils n'auraient pas été livrés avant 2030, et, deuxièmement, comme ils relèvent de l'ancien standard, nous aurions dû payer leur rétrofit et ils auraient été indisponibles pendant plusieurs mois, le temps qu'ils soient modernisés.
La seconde, que nous avons retenue, était de procéder à une évolution des appareils vers le standard F5. Il s'agit de refaire totalement l'avion lors de sa rénovation à mi-vie, en faisant évoluer le moteur et l'optronique, en révisant les réservoirs pour améliorer l'allonge et en prévoyant une capacité d'emport des nouvelles têtes, afin de permettre à l'appareil d'être plus compétitif.
Nous renforçons également nos capacités d'export, alors que nous sommes en concurrence avec d'autres avionneurs, notamment venus d'outre-Atlantique.
Pour ce qui est des drones, monsieur Cazabonne, l'actualisation de la LPM accroît la dronisation dans les trois armées.
Entre 2025 et 2026, puis entre 2026 et 2027, nous multiplions par quatre les crédits consacrés à l'achat de drones du combattant. Nous prévoyons aussi la création d'un programme de drones navals comportant des drones de surveillance, de renseignement, mais aussi d'escorte et de protection portuaire, ainsi qu'une montée en puissance des drones de théâtre de longue endurance au profit de l'armée de l'air et de l'espace.
Monsieur Saury, j'ai tenu mes engagements sur le lance-roquettes unitaire (LRU). Dès ma prise de fonctions, j'ai présidé un comité ministériel d'investissement. J'ai toujours dit souhaiter que les deux groupes souverains puissent aller au bout de leurs essais. C'est maintenant chose faite.
En février dernier, certains – ils se reconnaîtront ! –prétendaient que nous choisirions le Pinaka. Nous sommes à présent le 2 juin, et le choix n'est toujours pas fait. Avant l'été, un comité ministériel d'investissement se réunira. Les notions de souveraineté, d'efficacité, les délais de livraison et le prix sont les quatre critères fondamentaux que nous devrons absolument prendre en compte. Nos industriels le savent ; il est évidemment essentiel pour eux de répondre à l'ensemble de ces enjeux.
Enfin, je remercie Mme Catherine Dumas d'avoir insisté sur les liens entre la Nation et la société, ainsi que sur la volonté des jeunes de s'engager. Cela vaut pour le service national volontaire, mais aussi pour la réserve volontaire, pour laquelle nous avons dès à présent atteint 98 % de nos objectifs annuels.
De plus en plus de personnes souhaitent donner de leur temps pour la Nation : c'est un très bon signe et un très bel hommage rendu à nos armées. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP.)
M. le président. La discussion générale est close.
Nous passons à la discussion du texte de la commission.
projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense
TITRE Ier
DISPOSITIONS PORTANT ACTUALISATION DE LA PROGRAMMATION MILITAIRE POUR LES ANNÉES 2024 À 2030
Article 1er
Est approuvé le rapport annexé à la présente loi, qui complète le rapport annexé à la loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense et fixe les orientations relatives à la politique de défense dans l'Hexagone et en outre-mer et les moyens qui lui sont consacrés au cours de la période 2026-2030. Il précise notamment les orientations en matière d'équipement des armées à l'horizon 2035, en privilégiant, chaque fois que cela est possible, le recours aux capacités industrielles nationales ainsi qu'à des chaînes d'approvisionnement souveraines ou, à défaut, européennes, et les traduit en besoins physico-financiers programmés et en ressources budgétaires associées jusqu'en 2030, en fixant l'objectif de porter l'effort national de défense de 2 % du produit intérieur brut en 2025 à 2,7 % au minimum en 2030, avec l'objectif d'atteindre 3,5 % à l'horizon 2035.
RAPPORT ANNEXÉ
Comme le prévoit son article 8, la loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (LPM) est actualisée afin d'accélérer le mouvement de modernisation de nos capacités et l'aptitude de notre modèle capacitaire à un engagement de haute intensité de nos armées.
L'actualisation de la loi de programmation militaire valide une trajectoire de réarmement à hauteur de +50 milliards d'euros sur la période 2026-2030 produisant des effets visibles dès 2026 et 2027. Afin de garantir la souveraineté de la défense nationale, l'accélération du réarmement s'appuiera prioritairement sur la base industrielle et technologique de défense nationale.
Cet effort de réarmement, porté sur nos capacités les plus critiques à court terme, se répartit en quatorze surmarches : la dissuasion, les munitions, les drones, la défense sol-air et la lutte anti-drones, la guerre dans le champ électromagnétique, l'espace, l'innovation opérationnelle, la préparation opérationnelle, les feux dans la profondeur, l'engagement terrestre, le combat naval, l'aviation de combat, l'aviation de transport, la cohésion nationale et le durcissement des compétences, tout en réévaluant la provision annuelle affectée au financement des surcoûts liés aux opérations extérieures et aux missions intérieures.
L'actualisation de la loi de programmation militaire donne ainsi la priorité :
– aux munitions de tous types (dont l'accélération des effecteurs air-air et SEAD/ air-mer de l'aviation de combat) et à la préparation opérationnelle ;
– aux moyens de souveraineté, notamment à la dissuasion nucléaire ;
– à l'espace (dont une capacité spatiale d'alerte avancée) et aux moyens européens de connectivité à haut débit ;
– à l'amélioration de la capacité des armées à s'engager en haute intensité : drones, systèmes robotisés de combat, défense surface-air (dont capacités radars d'alerte avancée), lutte anti-drones, guerre dans le champ électromagnétique, frappes dans la profondeur (dont capacité de frappe dans la très grande profondeur), capacités de commandement, en initiant une première marche de durcissement capacitaire pour chaque milieu : engagement terrestre (dont augmentation des capacités d'artillerie), combat naval, aviation de combat et aviation de transport. Par ailleurs, l'investissement dans les technologies de rupture (innovation opérationnelle) sera accentué. À cet égard, + 500 M€ seront consacrés aux études amont sur la période 2026-2030. Cet effort supplémentaire portera notamment sur les applications militaires du quantique, le plan char capacité intermédiaire, la feuille de route consacrée aux drones navals, les briques technologiques nécessaires au développement de munitions téléopérées, le traitement des données pour la patrouille maritime et la stratégie de très haute altitude, ces différents domaines étant susceptibles d'évoluer au gré des ruptures technologiques ;
– aux capacités d'action dans les champs hybrides face aux cyberattaques, aux manipulations de l'information et aux ingérences étrangères de toute nature, juridique, économique ou militaire, en renforçant les capacités de réponse et de lutte offensive, en privilégiant des solutions souveraines, et en réaffirmant les moyens consacrés par la loi de programmation militaire aux fonctions de cyberdéfense et de renseignement, tant en fonds normaux qu'en fonds spéciaux pour faire face à la dégradation de l'environnement sécuritaire mondial.
Elle réaffirme la priorité accordée à la protection des territoires ultramarins dans la stratégie de défense, au regard de l'évolution du contexte géostratégique et de leur exposition croissante aux menaces hybrides. Elle prévoit, à ce titre, le renforcement des capacités de surveillance et d'intervention des forces de souveraineté, l'adaptation des dispositifs aux spécificités de chaque zone ainsi que le développement des infrastructures nécessaires à la protection des populations, à l'intégrité des espaces maritimes et à la sécurisation des ressources stratégiques.
Elle permet de garantir aux troupes des trois armées un entraînement adapté à la haute intensité, en particulier en permettant l'usage des armes et des munitions en condition réelle.
Elle permet de garantir au Service de Santé des Armées (SSA) les moyens financiers et humains nécessaires à la lutte de haute intensité, avec une attention particulière portée au recrutement des personnels, à la valorisation des réservistes opérationnels et à la qualité des soins aux soldats.
Elle intègre l'impact du dérèglement climatique dans la préparation des hommes, des matériels militaires et des équipements destinés aux soldats.
Elle réaffirme la nécessité d'accélérer la logique d'économie de guerre engagée depuis 2022. Une attention particulière est portée à l'amélioration de la coordination et de la communication de l'ensemble des acteurs concernés (direction générale de l'armement, maîtres d'œuvre industriels, petites et moyennes entreprises ou sous-traitants de rang inférieur, collectivités territoriales, chambres de commerce et d'industrie, clusters et pôles de compétitivité), notamment grâce au renforcement du maillage territorial des attachés d'industrie de défense en région. D'ici à 2027, l'État établira, en lien avec les industriels concernés et les opérateurs d'importance vitale, une cartographie actualisée des dépendances critiques affectant les chaînes d'approvisionnement de défense et les activités essentielles à la continuité de la vie de la Nation. Cette cartographie devra identifier les matières premières, les composants, les logiciels et les savoir-faire dont l'indisponibilité pourrait affecter la production, le maintien en condition opérationnelle ou la disponibilité des équipements des forces. Elle donnera lieu, lorsque cela est nécessaire, à la constitution de stocks critiques, à la diversification des fournisseurs ou à la relocalisation de capacités stratégiques.
L'actualisation de la LPM prend en compte les exigences de sécurité d'approvisionnement, de maîtrise des technologies sensibles, de résilience des chaînes de production et de préservation de la base industrielle et technologique de défense nationale et européenne.
À cet effet, un effort particulier sera réalisé en faveur du renforcement des effectifs des centres référents de la direction générale de l'armement et de leur déploiement au niveau territorial, afin de faciliter les contacts avec les entreprises susceptibles de jouer un rôle dans la défense de nos intérêts industriels, économiques et scientifiques majeurs, dans l'objectif de les aider à se protéger, à se développer et à accéder aux commandes militaires.
À ce titre, conformément aux orientations de la revue nationale stratégique de 2025, la stratégie de souveraineté industrielle du ministère est renforcée afin de garantir l'aptitude de la base industrielle et technologique de défense à répondre aux besoins des armées. Elle intègre l'identification et la réduction des dépendances stratégiques ainsi que la sécurisation de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, y compris dans ses segments externalisés ou sous-traités, notamment les petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire. Le recours à des solutions nationales et européennes est privilégié à chaque niveau de cette chaîne, afin de limiter les risques liés aux opérateurs extra-européens.
L'actualisation de la LPM permet également de développer une solution de logiciel de traitement de données de premier plan visant à ne plus dépendre de solutions étrangères.
Elle doit par ailleurs tirer les conséquences du retour d'expérience de l'exercice Orion 2026, exercice interarmées et multidomaines de préparation opérationnelle à la haute intensité. Celui-ci fait ainsi l'objet d'une analyse approfondie et doit conduire à renforcer l'organisation d'exercices à l'échelle européenne, afin de favoriser l'interopérabilité des armées dans des contextes d'engagement sur des théâtres extérieurs multiples et complexes.
Elle permet également de poursuivre l'amélioration progressive du soutien logistique, afin de mieux répondre aux exigences opérationnelles, et de mettre en œuvre dès l'été 2026 le nouveau service national (2,3 milliards d'euros sur la période 2026-2030, inclus dans la surmarche consacrée à la cohésion nationale).
Les cibles d'effectifs fixées par la LPM, qui prévoit d'atteindre 275 000 équivalents temps plein en 2030 et un effort porté sur les capacités nouvelles grâce à une généralisation de la numérisation et de l'intelligence artificielle, seront revues à la hausse pour tenir compte de l'ambition financière nouvelle de cette actualisation et éviter le déclassement relatif de nos forces armées.
Les crédits de communication sont préservés afin, notamment, de soutenir les efforts de recrutement.
L'amélioration de la condition militaire participe pleinement de la présente actualisation, en ce qu'elle constitue un levier déterminant de l'attractivité, de la fidélisation et, plus largement, de la soutenabilité de l'engagement au sein de nos armées. En conséquence, le plan « fidélisation 360 » engagé en 2024, qui constitue désormais le cadre unifié de la politique ministérielle de fidélisation, est consolidé et adapté aux nouveaux besoins.
L'actualisation de la LPM fait de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles une priorité, dans les unités comme dans les établissements d'enseignement et de formation relevant du ministère de la défense.
L'évolution des effectifs pour la période 2026-2030, dont les valeurs cibles minimales figurent dans le tableau ci-dessous, intègre l'encadrement du service national :
Cette augmentation nette des effectifs n'intègre pas le volume des appelés du service national, dont la montée en puissance interviendra de manière progressive selon l'ambition suivante :
2026 |
2027 |
2028 |
2029 |
2030 |
|
Appelés du service national |
3 000 |
4 000 |
5 000 |
7 500 |
10 000 |
Les ambitions relatives à la réserve et au service national appellent une attention particulière au financement des infrastructures et à l'acquisition des petits équipements.
Tout en répondant au désir d'engagement de la jeunesse française, ce nouveau service national, exclusivement militaire et fondé sur le volontariat, vise trois objectifs : renforcer le pacte noué entre notre Nation et notre armée, renforcer la capacité de résistance de notre Nation et consolider la formation de nos jeunes, y compris de ceux établis hors de France.
Le soutien à la résilience de la Nation exige encore la fiabilisation des données utiles au recensement par leur actualisation annuelle. Cette obligation devra être progressivement étendue aux cohortes des Français âgés de plus de 25 ans à la date d'entrée en vigueur de la présente loi, selon un échéancier conforme aux moyens alloués à l'administration du service national.
Les surmarches de cette actualisation confirment également la dynamique de doublement de la réserve, contribuent à consolider les compétences en soutenant un pyramidage nécessaire aux nouveaux métiers dans les domaines de pointe et poursuivent l'ambition de fidélisation. L'objectif d'atteindre, à l'horizon 2035, un militaire réserviste pour deux militaires d'active s'accompagne d'une attention particulière portée à la qualité de la préparation opérationnelle et à la cohérence de l'entraînement des réservistes avec les besoins des forces d'active.
En outre, afin de garantir la montée en puissance de la résilience nationale, cet effort budgétaire confirme la volonté de sanctuariser, sur la durée de la LPM, un montant minimal de 550 millions d'euros consacré spécifiquement à l'équipement et à la modernisation de la réserve militaire.
Une attention particulière sera également portée à l'accession des réservistes à des fonctions d'encadrement, qui donnent droit notamment à la prime de commandement et de responsabilité militaire, dans une logique de valorisation des compétences et de fidélisation.
L'actualisation de la LPM permet également de dégager des marges afin de garantir que les politiques en faveur du monde combattant ne constituent pas une variable d'ajustement budgétaire. Elle réaffirme l'engagement de la Nation à assurer, dans la durée, la reconnaissance, les droits et l'accompagnement des anciens combattants.
L'État contribue, en lien étroit avec les services civils de l'État, les collectivités territoriales et les acteurs locaux, à la prévention, à la caractérisation et à la réparation des pollutions structurelles issues des activités de défense, y compris lorsqu'elles résultent de pollutions historiques. Cette action s'inscrit dans une logique de partenariat interministériel et territorial, organisé, suivi et évalué dans la durée. Elle fait l'objet d'un pilotage interministériel associant notamment les ministères chargés de la défense, de l'environnement et de la santé, et d'un suivi pluriannuel présenté régulièrement au Parlement. Elle s'appuie notamment sur les compétences techniques et d'ingénierie déjà présentes au sein du ministère des Armées, en particulier dans les domaines de l'environnement, du développement durable et de la gestion des risques, dont la mobilisation, la coordination et la formation sont renforcées afin d'en assurer la pleine efficacité opérationnelle. Les entités spécialisées en la matière sont pleinement mobilisées à cette fin, en articulation avec les services civils compétents, afin de garantir une montée en puissance progressive et opérationnelle. Le cas échéant, cette mobilisation peut être complétée par des moyens spécifiques adaptés aux enjeux identifiés. L'État veille en outre à l'identification, à la cartographie et, lorsque cela est possible, à la mise à disposition des informations relatives aux pollutions concernées, dans le respect des exigences de sécurité nationale.
Sur le plan budgétaire, ces surmarches permettent d'atteindre un effort de défense de 2,7 % du produit intérieur brut en 2030. Avec cet effort supplémentaire de réarmement, le budget des armées aura ainsi doublé entre 2017 et 2027.
Doublement du budget des armées entre 2017 et 2027 |
||||||||||
(En milliards d'euros courants) |
||||||||||
2017 |
2018 |
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
2026 |
2027 |
32,2 |
34,1 |
35,8 |
37,5 |
39,2 |
40,9 |
43,9 |
47,2 |
50,5 |
57,1 |
63,8 |
« Afin d'assurer la soutenabilité de la programmation, le ministère s'engage de façon volontariste sur la trajectoire de maîtrise du report de charges détaillée dans le tableau ci-dessous. Exprimé en pourcentage des crédits hors masse salariale, celui-ci est ramené à 13 % d'ici 2030 au maximum. Une information détaillée sur les résultats obtenus est transmise annuellement au Parlement dans le cadre du rapport annuel sur le bilan de l'exécution de la programmation militaire.
« (En pourcentage des crédits de la mission « Défense », hors dépenses de personnel)
2026 |
2027 |
2028 |
2029 |
2030 |
|
Report de charges |
20 |
19 |
18 |
15 |
13 |
La montée en puissance de la base industrielle et technologique de défense suppose une politique active de maintien des bassins d'emploi qui concourent à l'effort de défense et de transmission et de renouvellement des compétences critiques, des savoir-faire rares et des qualifications indispensables à la continuité de l'effort de défense.
Elle suppose également un soutien renforcé aux petites et moyennes entreprises ainsi qu'aux entreprises de taille intermédiaire, maillons essentiels de la base industrielle et technologique de défense. À cette fin, le ministère des Armées se dotera des outils lui permettant de retracer l'ensemble des crédits d'études amont bénéficiant à ces entreprises.
Le renforcement de la base industrielle et technologique de défense suppose en outre que les efforts engagés au cours des dernières années pour lever les difficultés d'accès aux financements rencontrées par les entreprises qui la composent soient accentués. Dans cet objectif, le développement de fonds capables d'accompagner les prises de participation dans les entreprises en croissance devra être encouragé.
Par ailleurs, un état des lieux des éventuelles difficultés liées à l'accès aux assurances devra être réalisé et des dispositifs de remédiation seront, le cas échéant, mis en place.
Afin de garantir à l'État la disponibilité d'une capacité industrielle souveraine, susceptible d'être mobilisée sans délai en situation de crise, le recours à de nouveaux instruments contractuels reposant non sur la détention de stocks mais sur la réservation de capacités de production activables à tout moment sera étudié.
L'accélération de l'effort de défense s'accompagne d'une politique d'attractivité et de fidélisation des métiers en tension de la base industrielle et technologique de défense, en particulier dans les fonctions d'ingénierie, de production, de maintenance et de soutien concourant directement aux capacités critiques.
Le renforcement de la résilience de la base industrielle et technologique de défense implique également de sécuriser l'accès aux matériaux critiques et stratégiques nécessaires à la production des équipements militaires. La dépendance à des approvisionnements extérieurs pour ces matériaux constituant un risque capacitaire structurel, l'effort de réarmement soutiendra le développement, la modernisation et la relocalisation de ces filières aux échelles nationale et européenne ainsi que la sécurisation des chaînes d'approvisionnement et le développement des technologies de recyclage et de substitution.
Afin de favoriser la montée en puissance de la base industrielle et technologique de défense, le Gouvernement étudiera les adaptations législatives et réglementaires supplémentaires nécessaires pour réduire les délais de création, d'extension ou de relocalisation des infrastructures industrielles concourant directement au réarmement. À cette fin, il examinera notamment les modalités selon lesquelles les projets pourraient bénéficier d'un régime d'exonération au regard de l'objectif de zéro artificialisation nette.
Les premiers résultats de l'accélération de l'effort de défense, visibles notamment dans un renouvellement massif des équipements pour les trois armées, seront amplifiés, en cohérence avec les besoins nécessaires à la protection des intérêts fondamentaux de la Nation ainsi qu'avec les engagements pris avec nos alliés de consacrer davantage de ressources à notre défense et à notre sécurité communes. Il s'agit d'être prêts à répondre à un engagement majeur et de rester maîtres de notre destin et moteurs d'une Europe qui se défend.
Dans le cadre de la rénovation de la défense opérationnelle du territoire prévue par l'actualisation de la revue nationale stratégique, il convient de veiller à la pleine intégration de la gendarmerie nationale, force armée à statut militaire, dans les dispositifs de réponse aux crises majeures sur le territoire national comme en outre-mer. À ce titre, une attention particulière sera portée à l'adaptation des capacités opérationnelles par la densification des stocks de munitions de petit calibre.
L'accélération du réarmement permettra en effet de conduire des projets communs s'inscrivant dans les priorités du livre blanc de 2025 (livre blanc pour une défense européenne – préparation à l'horizon 2030, 19 mars 2025) et donnant du corps à la préférence européenne. Sur les segments capacitaires de défense les plus stratégiques comme l'alerte avancée, les frappes dans la profondeur, la défense surface-air et l'espace, des opportunités d'investissement en commun avec nos partenaires ont été identifiées, qui s'appuient sur des produits et des technologies européens. Des acquisitions conjointes pourront ainsi être réalisées pour synchroniser les efforts budgétaires, amortir les coûts de possession et homogénéiser les systèmes d'armes. Ces acquisitions pourront être soutenues par les mesures du plan ReArm Europe.
Le Gouvernement remet au Parlement, au cours du mois de juillet de l'année 2027, un rapport présentant les recettes extrabudgétaires bénéficiant à la mission « Défense ». Ce rapport précise leur montant, leur origine, leur affectation ainsi que leur caractère pérenne ou exceptionnel. Il évalue leur impact sur la sincérité et la soutenabilité de la programmation militaire.
La mesure relative à l'attribution d'une allocation unique de 4 195 euros aux anciens supplétifs de statut civil de droit commun ayant déposé une demande ou effectué un renouvellement de demande d'allocation de reconnaissance entre le 5 février 2011 et le 19 décembre 2013, mentionnée dans le rapport annexé à la loi n° 2023-703 du 1er août 2023 précitée, n'ayant pu être mise en œuvre, sa traduction dans un véhicule législatif ou financier adapté doit être recherchée dans les plus brefs délais.
L'allocation de reconnaissance du combattant fait l'objet d'une revalorisation, son montant étant porté de 52 à 53 points d'indice de pension militaire d'invalidité à compter du 1er janvier 2027, afin de traduire la reconnaissance de la Nation envers le monde combattant dans un contexte d'érosion du pouvoir d'achat.
La Nation réaffirme son attachement au droit à réparation pour les anciens combattants. Elle se fixe pour objectif de mettre fin au décrochage entre la valeur du point de pension militaire d'invalidité et l'inflation, en procédant à son rattrapage et en garantissant, à l'avenir, une évolution du point au moins équivalente à celle des prix afin de préserver durablement le pouvoir d'achat des pensionnés. Dans cette perspective, une revalorisation immédiate de 1,0 % du point de pension militaire d'invalidité au 1er janvier 2026, correspondant à l'inflation constatée, constitue un premier signal concret et nécessaire.
En vue de la préparation de la prochaine loi de programmation militaire, le Gouvernement conduit, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, des études portant sur les impacts territoriaux de la mise en œuvre de la LPM, incluant notamment les retombées économiques et industrielles, les emplois directs et indirects générés ainsi que les partenariats développés avec les collectivités territoriales mais aussi l'évaluation des recettes fiscales induites pour l'État et pour les collectivités territoriales.
MUNITIONS
(Nouvelle partie, qui n'existait pas dans le rapport annexé à la LPM)
La consolidation des stocks de munitions est accélérée sur l'ensemble des trames. La capacité des armées à produire des effets militaires diversifiés est renforcée. Les efforts consentis permettront d'atteindre une meilleure complémentarité entre les munitions de précision et les munitions de saturation.
Cet effort porte également sur les munitions de petit calibre, dont la production repose aujourd'hui sur des fournisseurs étrangers. Une étude de faisabilité portant sur la relocalisation sur le territoire national est menée d'ici à 2028, afin de réduire cette dépendance.
Une filière nationale complète de production de munitions de petit calibre, couvrant l'ensemble de la chaîne industrielle, de l'amorce à la poudre en passant par la douille, sera relancée afin de réduire nos dépendances extérieures et de renforcer notre souveraineté sur ce segment.
Cet effort se traduit par l'augmentation des commandes et des livraisons et par une adaptation de l'outil industriel grâce à un cofinancement des capacités de production prioritaires. Il est conduit dans une logique de renforcement de notre base industrielle et technologique de défense.
Type de munitions |
Parc fin 2024 |
Parc 2030 non communiqué pour raison de confidentialité. Les informations qui suivent concernent les augmentations de livraison par rapport à la cible initiale prévue en LPM sur la période 2026-2030 |
Parc 2035 non communiqué pour raison de confidentialité. Les informations qui suivent concernent les augmentations de livraison par rapport à la cible initiale prévue en LPM sur la période 2026-2035 |
MTO (CP, MP, LP) |
Données confidentielles |
+ 400 % |
+ 440 % |
Trame anti-char (missiles MMP et ACCP) |
Données confidentielles |
+ 45 % |
+ 25 % |
Armement air-sol (AASM) |
Données confidentielles |
+ 240 % |
+ 240 % |
Défense surface-air (missiles ASTER, MICA VL) |
Données confidentielles |
+ 30 % |
+ 50 % |
MISTRAL |
Données confidentielles |
+ 45 % |
+ 130 % |
Frappe dans la profondeur (SCALP, MdCN) |
Données confidentielles |
+ 85 % |
+ 170 % |
(MICA, METEOR, COMETE ) |
Données confidentielles |
+ 55 % |
+ 90 % |
Artillerie (obus 155 mm) |
Données confidentielles |
+ 190 % |
+ 160 % |
Torpilles (MU90 et F21) |
Données confidentielles |
+ 230 % |
+ 310 % |
Missiles mer-mer (EXOCET) |
Données confidentielles |
+ 100 % |
+ 200 % |
CAPACITÉS SPATIALES ET TRÈS HAUTE ALTITUDE
L'augmentation des menaces dans l'espace en fait aujourd'hui un domaine de conflictualité à part entière. Pour y faire face, la réactivité et la résilience des capacités spatiales françaises feront l'objet d'une accélération.
Communications spatiales. D'ici à 2030, la sécurisation et l'amélioration des services fournis par la constellation OneWeb d'Eutelsat combinées à la livraison d'environ 300 terminaux permettront de disposer d'une capacité mixte en orbites basse et géostationnaire adaptée aux besoins de connectivité à haut débit, sans attendre la mise en service de la constellation européenne sécurisée et résiliente IRIS², dont les premiers services sont attendus à partir de 2030. Le développement de cette constellation européenne souveraine IRIS2 doit constituer une priorité stratégique.
Renseignement spatial. Une capacité radar opérationnelle sera disponible à l'horizon 2035, fondée sur les bénéfices tirés du démonstrateur DESIR qui sera lancé en 2029 par le CNES. Le calendrier des programmes CELESTE et IRIS a été retardé pour prendre en compte la consolidation du besoin opérationnel et le développement des technologies critiques associées. Les capacités d'exploitation de données spatiales seront modernisées et renforcées, tandis que les achats de données constitueront une première capacité complémentaire à l'horizon 2030, qui pourra être consolidée d'ici à 2035. Une capacité initiale dans la très haute altitude sera disponible d'ici à 2030 grâce à des démonstrateurs de ballons, d'avions solaires et de capteurs associés ; la pleine capacité est attendue à l'horizon 2035. Le programme CELESTE, destiné à succéder à la constellation CERES dans le domaine du renseignement d'origine électromagnétique spatial, fera l'objet d'une vigilance particulière afin de garantir son entrée en service à l'horizon 2030. Les travaux engagés devront permettre d'éviter toute rupture capacitaire et de préserver les savoir-faire souverains dans ce domaine stratégique.
Alerte avancée. En fonction des résultats des expérimentations qui ont débuté fin 2025, des travaux de montée en maturité du radar transhorizon Nostradamus permettraient de disposer d'une première brique avant 2030. Avant 2035, il sera complété par un satellite géostationnaire de détection infrarouge et des radars alerteurs UHF mobiles. Ces capacités constitueront la participation française au projet d'initiative européenne Joint early warning European look-out (JEWEL).
Surveillance de l'espace, action dans et vers l'espace.
D'ici à 2030, une capacité complémentaire de surveillance et de caractérisation en orbite basse complètera le radar de surveillance spatiale (GRAVES puis AURORE, commandé fin 2025). Non programmées jusqu'alors, une capacité de brouillage du sol vers l'espace sera opérationnelle d'ici à 2030 et une première capacité de laser complètera les effecteurs d'ici à 2035.
En substitution au satellite unique EGIDE en orbite géostationnaire, la capacité d'action géostationnaire sera accélérée et fondée sur trois satellites patrouilleurs-guetteurs en orbite avant fin 2030, dont le premier, PALADIN, sera opérationnel dès 2027. Elle sera mise en œuvre par un système de commandement des opérations spatiales acquis de manière incrémentale afin que les premiers modules soient opérationnels avant 2030, après une première capacité opérationnelle déclarée en novembre 2025.
Segment capacitaire |
Parc fin 2024 |
Actualisation |
Écart avec la LPM |
||
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
||
Satellites |
|||||
Renseignement EM |
1 CERES |
1 capacité satellitaire |
1 CELESTE + brique complémentaire ROEM |
- 1 CELESTE, compensé par le maintien de CERES et par des capteurs complémentaires ROEM |
+ brique complémentaire ROEM |
Renseignement radar |
0 |
Capacité d'imagerie radar |
+ capacité d'imagerie radar |
||
Renseignement image |
2 satellites CSO |
2 satellites CSO |
2 satellites IRIS + brique complémentaire optique par achat de données |
- 1 IRIS, compensé par le maintien de CSO et brique complémentaire par achat de données |
+ brique complémentaire par achat de données |
Communication |
2 satellites SYRACUSE IV |
2 satellites SYRACUSE IV + massification accès constellation One Web |
2 satellites SYRACUSE IV + accès constellation IRIS² |
+ massification accès constellation One Web |
+ accès constellation IRIS² |
Surveillance et action espace-espace |
/ |
3 satellites patrouilleurs GEO |
3 satellites patrouilleurs GEO + 1 capacité LEO |
3 satellites patrouilleurs GEO |
3 satellites patrouilleurs GEO + 1 capacité LEO |
Très haute altitude |
|||||
Très haute altitude |
/ |
Capacité initiale |
Pleine capacité |
Capacité initiale |
Pleine capacité |
Segment sol |
|||||
Capacité de détection des satellites |
1 GRAVES |
1 GRAVES + 1 capacité complémentaire de surveillance |
1 AURORE + 1 capacité complémentaire de surveillance |
+ 1 capacité complémentaire de surveillance |
+ 1 capacité complémentaire de surveillance |
Action surface-espace |
/ |
Capacité de brouillage |
Capacité de brouillage et laser de puissance |
Capacité de brouillage |
Capacité de brouillage et laser de puissance |
Système de commandement des opérations spatiales |
/ |
1 |
Évolutions incrémentales du système |
- |
- |
Satellite de détection infrarouge |
- |
- |
1 |
- |
+ 1 satellite de détection infrarouge |
CAPACITÉS TOUTES ARMÉES
Le réarmement se traduit par le renforcement des moyens de protection et d'appui spécialisé bénéficiant à toutes les armées, en cohérence avec l'évolution des menaces.
Pour tenir compte de l'armement du HIL, le rythme des livraisons a été retardé.
Les drones non spécialisés du combattant sont généralisés et acquis dans une logique d'acquisition rapide et de réponse au strict besoin. Ils équipent l'ensemble des groupes et plateformes de combat. La menace drone est prise en compte par la complémentarité des effecteurs : les systèmes de LAD dédiés aux emprises (MILAD, PARADE, BASSALT) sont complétés ou mis à niveau, les effecteurs de tout type (fusils brouilleurs, armes à énergie dirigée laser, brouilleurs tactiques…) sont multipliés.
Le segment détection est également renforcé d'ici à 2030 grâce à l'acquisition de deux radars de surveillance semi-mobiles et de 16 radars dédiés à la détection des menaces aériennes de petite taille à courte portée. Les technologies de ce nouveau domaine de lutte sont en évolution rapide : au-delà des cibles capacitaires, l'enjeu sera de s'adapter rapidement à l'essor de ces menaces.
L'effort NRBC se traduit par la livraison supplémentaire d'ici à 2030 de 22 systèmes de drones ou robots de reconnaissance NRBC et de 24 systèmes de décontamination légère NRBC sur camion.
Les capacités d'attaque électromagnétique sont renouvelées et massifiées, notamment grâce à des brouilleurs de différentes puissances. En 2030, les armées disposeront des équipements capables de perturber l'appréciation de situation de l'adversaire et sa manœuvre militaire ou encore de produire une dégradation ou un déni d'accès à des services essentiels comme les communications ou le positionnement par satellite. Les états-majors opérationnels disposeront des outils pour assurer la cohérence de la manœuvre sur tout le spectre électromagnétique, dans un tempo élevé et dans tous les milieux.
Des études pour le développement de plusieurs segments de frappe dans la profondeur (DPS) seront lancées dès 2026 afin de disposer d'une famille de missiles balistiques conventionnels d'une portée allant jusqu'à la classe 2 500 km dans le courant de la prochaine décennie. L'objectif est que cette future capacité balistique puisse bénéficier à terme à toutes les armées.
Les capacités de mobilité interarmées sont renforcées. Sur la voie terrestre, le renouvellement capacitaire se traduit notamment par l'acquisition de 250 wagons ferroviaires polyvalents interarmées, avec des premières livraisons en 2026, ainsi que par le renforcement de la flotte de poids lourds de gamme tactique du service du commissariat des armées et de la flotte de camions-citernes du service de l'énergie opérationnelle.
Le réarmement se traduit aussi par un effort important dans le domaine de l'innovation. Il permettra de rendre les forces plus efficaces plus tôt (convergence des réseaux secrets, cloud de combat), d'exploiter les applications militaires de l'intelligence artificielle et de disposer de premières capacités issues des recherches dans le domaine du quantique.
L'intelligence artificielle a vocation à être intégrée de manière transversale dans l'ensemble des composantes des forces, depuis la collecte et le traitement des données jusqu'à leur exploitation opérationnelle et l'aide à la décision.
Afin d'accélérer et de simplifier les cycles de développement, le recours à des architectures modulaires ouvertes sera recherché.
L'actualisation de la LPM réaffirme l'importance de la subsidiarité, notamment en poursuivant la simplification des procédures, le développement de capacités d'expérimentation ainsi que l'octroi de crédits spécifiques à l'acquisition de petits équipements militaires par les unités. À cette fin, des crédits d'un montant annuel de 150 millions d'euros sont répartis par le chef d'état-major des armées entre les trois armées et, le cas échéant, les services de soutien. Ces enveloppes de crédits, issus majoritairement des ressources dédiées à l'équipement des forces, sont mises en œuvre avec le concours technique de la DGA, et notamment de ses centres experts référents. Ils bénéficient en priorité à la BITD française.
Segment capacitaire |
Parc fin 2024 |
Actualisation |
Écart avec la LPM |
||
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
||
Enveloppes capacitaires de subsidiarité |
150 millions d'euros répartis annuellement par le CEMA entre les trois armées et, le cas échéant, les services de soutien |
150 millions d'euros répartis annuellement par le CEMA entre les trois armées et, le cas échéant, les services de soutien - évaluation du dispositif en vue de sa pérennisation |
150 millions d'euros répartis annuellement par le CEMA entre les trois armées et, le cas échéant, les services de soutien |
+ 150 millions d'euros répartis annuellement par le CEMA entre les trois armées et, le cas échéant, les services de soutien |
|
Frappes dans la profondeur |
* |
Développement de missiles balistiques conventionnels à longue portée et capacité initiale à l'horizon 2030/2031 |
Capacité opérationnelle et production en série à l'horizon 2035/36 |
Élargissement de la trame balistique et capacité initiale dès 2030/2031 |
Production en série au lieu de première capacité dès 2035/2036 |
Hélicoptères interarmées légers (Guépard) |
* |
Au moins 5 |
Au moins 85 (cible à terminaison 169) |
- 15 |
+ 15 |
Drones non spécialisés du combattant |
Environ 2000 |
Au moins un système de drones par groupe de combat ou plateforme (1) |
Plusieurs systèmes de drones par groupe de combat ou plateforme |
Au moins un système de drones par groupe de combat ou plateforme |
Plusieurs systèmes de drones par groupe de combat ou plateforme |
Défense surface-air Courte portée terrestre (MICA VL/ VL NG) |
2 |
9 |
15 |
- |
+ 3 |
Fusils brouilleurs |
150 |
750 |
1 050 |
+ 500 |
+ 800 |
Systèmes de LAD |
31 |
43 |
Au moins 43 |
- |
- |
Radars tactiques mobiles |
4 |
30 |
31 |
+ 17 |
+ 18 |
Nouveaux systèmes NRBC |
/ |
22 systèmes de reconnaissance 76 systèmes légers de décontamination |
Au moins 22 systèmes de reconnaissance Au moins 76 systèmes légers de décontamination |
+ 22 systèmes de reconnaissance + 24 systèmes légers de décontamination |
+ au moins 22 systèmes de reconnaissance + au moins 24 systèmes légers de décontamination |
Postes radio CONTACT |
5 600 |
Classe 16 000 postes |
Classe 20 000 postes |
+ 4 295 postes |
+ 6 545 postes |
Attaque électromagnétique |
Capacités d'ancienne génération |
Capacités d'attaque renouvelées |
Capacités d'attaque massifiées |
Capacités d'attaque renouvelées |
Capacités d'attaque massifiées |
Dorsale numérique de niveau SECRET |
Plusieurs réseaux classifiés coexistent |
Opérations conduites sur un cloud SECRET souverain |
Réseaux SECRET fusionnés et entièrement en technologies cloud |
Opérations conduites sur un cloud SECRET souverain |
Réseaux SECRET fusionnés et entièrement en technologies cloud |
Intelligence artificielle |
Briques élémentaires ARTEMIS.IA et capacités de calcul limitées disponibles |
Utilisation de l'IA sur tous les réseaux (ARTEMIS.IA et capacités de calcul) |
Supercalculateur ASGARD renouvelé / fonctionnement datacentré généralisé |
Utilisation de l'IA sur tous les réseaux (ARTEMIS.IA et capacités de calcul) |
Supercalculateur ASGARD renouvelé / fonctionnement datacentré généralisé |
Premières capacités militaires robotisées (programme PENDRAGON) |
Premières capacités militaires robotisées (programme PENDRAGON) |
||||
Quantique |
/ |
Démonstrateur d'ordinateur quantique / premiers capteurs quantiques |
Premiers calculateurs / généralisation des capteurs quantiques |
Démonstrateur d'ordinateur quantique / premiers capteurs quantiques |
Premiers calculateurs / généralisation des capteurs quantiques |
(1) Ou équivalent. |
|||||
Dans le domaine de l'innovation, cette subsidiarité doit permettre de faciliter le passage à l'échelle et d'accroître l'agilité dans un contexte d'accélération des évolutions technologiques. Le montant des crédits délégués à chacune des armées au titre de l'innovation sera ainsi porté à 1 M€ au minimum. L'Agence de l'innovation de défense sera systématiquement informée de l'ensemble des projets conduits par les armées dans ce cadre.
Dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant le surcoût financier que représenterait, pour l'ensemble des armées, le basculement vers un standard de cryptographie résistant aux technologies quantiques. Ce rapport précise également les délais nécessaires à la mise en œuvre d'un tel basculement ainsi que les principales contraintes techniques et industrielles associées.
FORCES TERRESTRES
Pour se préparer plus rapidement aux exigences d'un engagement majeur de haute intensité (transparence du champ de bataille, létalité, besoin de protection des forces, enjeu de la masse), les forces terrestres bénéficient d'une densification des capacités-clés associées.
Le retour d'expérience des conflits en cours, marqués par la prééminence des drones dans les missions de reconnaissance et de contre-reconnaissance, conduit à faire un effort sur les domaines de l'appui-feu, de la protection des forces, des appuis spécialisés et de la logistique. Dans le domaine de l'aérocombat, les hélicoptères de manœuvre et d'attaque confirment leur pertinence, avec une extension de leur action à la lutte anti-drones. Cette coopération s'inscrit dans une logique de complémentarité des capacités des hélicoptères grâce aux drones. Cela nécessite également de poursuivre les efforts dans la connectivité et l'intelligence collective. Dans le domaine du génie, cela se traduit par des capacités renforcées en matière de franchissement, d'appui à la mobilité, de bréchage et de contre-mobilité.
Les capacités « appui-feu » seront renforcées par l'acquisition supplémentaire de 41 canons d'artillerie CAESAR NG livrés d'ici à 2035, par l'acquisition d'ici 2030 de 26 LRU de conception souveraine pouvant être portée à 52 d'ici 2035 et du radar de contre-batterie COBRA.
La diversification du segment des drones tactiques sera accélérée.
L'accélération des livraisons des Serval de lutte anti-drone (LAD), de guerre électronique (GE) et de défense sol-air de très courte portée (SATCP) ainsi que la mise en place d'une capacité LAD intérimaire issue du projet innovant PROTEUS (développement incrémental d'un affût et d'un canon de 20 mm portés sur camion, avec intégration de briques d'IA) permettront de renforcer la protection des forces déployées. Cet effort a notamment été permis par le retard, au cours des deux premières années de la LPM, des livraisons Serval « infanterie » et par le retard du VBAE, dont le concept d'emploi est repensé dans le contexte d'une dronisation accrue des missions de reconnaissance.
La LPM actualisée prévoit le renforcement des capacités logistiques, notamment en matière de transport stratégique et tactique, de ravitaillement en carburant et en munitions et de maintien en condition opérationnelle, ainsi que le renforcement des infrastructures de stockage et de projection.
L'accélération des livraisons de 300 camions logistiques NG et l'acquisition de systèmes d'appui spécialisés (génie [21 systèmes de bréchage pyrotechnique SABRE et 21 systèmes de bréchage mécanique EBMZ en 2030], NRBC) consolideront les capacités des forces terrestres à prendre la tête d'une coalition en tant que nation-cadre. Le calendrier du programme « engins du génie de combat » (EGC) développé en coopération avec la Belgique a été retardé.
Des études pour le développement d'une capacité nouvelle succédant au char Leclerc afin de créer un cloud de combat terrestre et un système de systèmes comportant possiblement plusieurs plateformes dédiées à des fonctionnalités propres (artillerie, LAD, arme à énergie dirigée, missiles…) seront lancées dès 2026 afin d'engager le développement industriel à l'horizon 2030 sur la base des compétences des industriels nationaux et en recherchant des partenariats européens.
Segment capacitaire |
Parc fin 2024 |
Actualisation |
Écart avec la LPM |
||
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
||
Cavalerie blindée |
|||||
Chars de combat LECLERC |
200 dont 34 rénovés |
200 dont 160 rénovés + études et développement d'une capacité char intermédiaire |
200 rénovés + première capacité intermédiaire reposant sur un système de systèmes et un cloud de combat terrestre |
+ études et développement d'une capacité char intermédiaire reposant sur un système de systèmes et un cloud de combat terrestre |
+ première capacité intermédiaire reposant sur un système de systèmes et un cloud de combat terrestre |
Engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar |
95 |
238 |
300 |
- |
- |
Véhicules blindés d'aide à l'engagement VBAE |
0 |
0 |
886 |
- 180 |
- 554 |
Blindés d'infanterie |
|||||
Véhicules blindés de combat d'infanterie VBCI |
628 |
628 |
628 |
- |
- |
Véhicules blindés multirôles Griffon |
725 |
1 437 et 54 MEPAC |
1 818 et 54 MEPAC |
- |
- |
Véhicules blindés multirôles légers Serval |
292 |
1 355 |
2 038 |
- 50 |
- |
Génie |
|||||
Appui au contact de combat |
0 |
5 engins du génie de combat (EGC) et jusqu'à 42 systèmes de bréchage |
100 (1) EGC et au moins 42 systèmes de bréchage |
- |
- 25 |
Franchissement |
/ |
300 m |
2 500 m |
- |
- |
Artillerie sol-sol |
|||||
Canons CAESAR |
70 CAESAR |
120 CAESAR / CAESAR NG |
150 CAESAR NG |
+ 11 dont au moins 1 NG |
+ 41 NG |
Lanceurs frappes longue portée tactique LRU |
9 lance-roquettes unitaires |
26 systèmes |
Entre 26 et 52 systèmes |
+ 13 |
Jusqu'à +26 |
Défense surface-air et lutte anti-drones |
|||||
Systèmes LAD (30 mm) sur Serval |
0 |
Au moins 36 |
48 |
Au moins + 24 |
- |
Artillerie anti-aérienne/ PROTEUS (20 mm) |
0 |
50 |
50 |
+ 50 |
+ 50 |
DSA terrestre d'accompagnement (2) |
0 |
24 |
60 |
- |
+ 15 |
Logistique |
|||||
Poids lourds de nouvelle génération |
0 |
Classe 2 400 |
Classe 9 500 |
+ 300 poids lourds logistiques de nouvelle génération |
- |
Hélicoptères |
|||||
Hélicoptères de reconnaissance et d'attaque |
67 Tigre |
67 Tigre |
67 Tigre dont au moins 14 rénovés |
- |
14 Tigre rénovés |
Hélicoptères de manœuvre |
63 Caïman TTH, 52 Puma/Cougar/Caracal |
81 Caïman TTH dont 18 au standard FS, 24 Cougar |
Au moins 105 hm |
- |
- |
Drones (3) |
|||||
Systèmes de drones tactiques |
1 système de drone tactique expérimental |
Au moins 40 systèmes (SDT/SDT-léger (4) |
Au moins 40 systèmes (SDT/SDT-léger) |
- |
- |
(1) Développé en coopération avec la Belgique via l'OCCAr, décalage d'un an, 125 EGC en 2036. (2) Tourelles Serval Mistral ATLAS RC. (3) Drones non spécialisés du combattant : cf. capacités toutes armées. (4) Des SDT-léger équiperont aussi la marine nationale et l'armée de l'air et de l'espace. |
|||||
FORCES NAVALES
Les évolutions de la conflictualité aéro-maritime imposent d'opérer en environnement de plus en plus dénié et de combiner létalité et mobilité. Ainsi, les forces navales sont adaptées, avec des moyens de défense, de connectivité et de traitement de l'information renforcés. La dronisation est accélérée tandis que le nombre des frégates de premier rang est progressivement porté de 15 à 18 d'ici 2035.
Le système de combat du porte-avions Charles-de-Gaulle est rénové pour mettre en œuvre l'ASTER dans sa version modernisée « enhanced capability (EC) » en attendant le porte-avions de nouvelle génération dont la construction débute et dont la puissance offensive est renforcée par un troisième rail de catapulte et un système de direction de combat data-centré. Les Rafale Marine, qui contribuent à la composante nucléaire aéroportée depuis le porte-avions, bénéficieront des améliorations capacitaires des standards F4 puis F5 et de ses nouveaux effecteurs (cf. forces aériennes) tandis que 10 Rafale supplémentaires viendront porter le format de la trame chasse Marine à 51 unités.
Les frégates de premier rang FREMM et FDA sont renforcées avant 2030 par un système surface-air à très courte portée (SATCP) et une conduite de tir canon modernisée. Elles bénéficient d'une connectivité durcie pour le combat collaboratif (veille collaborative navale et orchestration des flux de données par l'infrastructure réseaux des unités opérationnelles de la marine) et de moyens de traitement de données de masse (data hub embarqués). En vue de la réalisation du porte-avions « France libre », une étude de faisabilité portant sur les modalités de développement d'un système de catapultes électromagnétiques souverain est conduite.
Les patrouilleurs hauturiers (PH) sont accélérés (tous livrés en 2032, plus un patrouilleur côtier de gendarmerie) et armés pour défendre nos approches en complément des frégates FLF non rénovées. Cela permet de gagner en réactivité en cas de besoin outre-mer, en renfort des patrouilleurs qui assurent les missions de souveraineté (patrouilleur outre-mer et patrouilleur Antilles Guyane). Les patrouilleurs de service public (PSP) sont prolongés pour assurer l'action de l'État en mer en métropole en attendant l'arrivée de tous les PH. Les frégates de surveillance sont prolongées dans l'attente de leur remplacement par des corvettes hauturières. Ces dernières sont décalées pour consolider la réponse au besoin opérationnel et tirer tous les bénéfices des travaux réalisés dans le cadre du programme European Patrol Corvette (EPC).
Les livraisons d'avions de surveillance et d'intervention maritime Albatros sont accélérées par rapport à ce que prévoyait la LPM grâce aux négociations favorables conduites au cours des années 2024 et 2025.
Des moyens de lutte anti-drones sont déployés sur les bâtiments de premier rang et patrouilleurs avant 2030 pour tenir compte des retours d'expérience des opérations actuelles. L'effort s'étend à l'ensemble de la flotte d'ici à 2035.
La généralisation de la dronisation est amorcée avant 2030 : surveillance (AUV) et intervention (ROV) dans les fonds marins, hydro-océanographie, intégration de drones navals et aériens aux unités navales à la mer et à terre pour l'acquisition de renseignement et l'intervention (un système de drone aérien par frégate ou BRF ; drones de surface sur frégates ; drones sous-marins de longue endurance ; drones de surface dans les approches).
Enfin, le recours à deux plateformes modulaires (navires aux normes civiles) avant 2030 permettra d'assurer les missions de guerre des mines et de faciliter la mise en œuvre des drones requis dans nos approches dans le cadre du soutien à la dissuasion et de la protection de nos ports d'intérêt vital, jusqu'à l'arrivée des bâtiments de guerre des mines (BGDM). Les BGDM seront acquis dans le cadre d'une coopération avec nos alliés belges et néerlandais dès 2032. Ces BGDM, dont le format reste à confirmer, permettront de maintenir une capacité à opérer en environnement contesté.
Les capacités de surveillance maritime à Mayotte sont consolidées afin d'améliorer la détection des approches et la protection du territoire. À cette fin, dans un cadre interministériel et pour assurer une remise à niveau après les dégâts causés par le cyclone Chido, des études seront lancées afin d'étudier le renforcement des moyens de surveillance des approches de Mayotte par des capacités drones ou ballons dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la présente loi. Ces moyens de surveillance contribuent à garantir une couverture adaptée du territoire, tenant compte des enjeux migratoires auxquels celui-ci est exposé.
Segment capacitaire |
Parc fin 2024 |
Actualisation |
Écart avec la LPM |
||
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
||
Porte-avions |
|||||
Porte-avions Charles-de-Gaulle |
1 |
1 rénové |
1 rénové |
- |
- |
Porte-avions nouvelle génération PA-NG |
Approvisionnements longs |
Construction en cours (létalité et supériorité informationnelle renforcées) |
Construction en cours (létalité et supériorité informationnelle renforcées) |
Létalité et supériorité informationnelle renforcées |
Létalité et supériorité informationnelle renforcées |
Sous-marins |
|||||
Sous-marins nucléaires d'attaque SNA |
3 type Rubis + 3 Barracuda |
6 Barracuda |
6 Barracuda |
- |
- |
Flotte de surface |
|||||
Porte-hélicoptères amphibie PHA |
3 PHA |
3 PHA |
3 PHA rénovés |
- |
- |
Frégates de premier rang |
15 |
15 dont au moins 10 à capacités renforcées (2) |
18 à capacités renforcées |
Capacités renforcées |
3 frégates supplémentaires et des capacités renforcées |
Frégates de surveillance/ corvettes hauturières |
6 frégates de surveillance |
6 frégates de surveillance |
3 frégates de surveillance + 3 corvettes hauturières |
- 1 corvette compensée par 1 FS prolongée |
- 3 corvettes compensées par 3 FS prolongées |
Bâtiments logistiques |
1 bâtiment d'ancienne génération (BCR) + 1 BRF |
3 bâtiments ravitailleurs de force (BRF) |
4 bâtiments ravitailleurs de force (BRF) |
- |
- |
Patrouilleurs |
17 (3) |
19 |
19 |
- |
- |
Guerre des mines |
|||||
Luttes anti-mines |
8 chasseurs de mines ancienne génération |
2 chasseurs de mines ancienne génération + 2 PMGM (4) |
4 BGDM + 2 PMGM |
- 3 BGDM, compensés par 2 PMGM et 2 chasseurs de mines ancienne génération |
4 BGDM au lieu de 6, complétés par 2 PMGM |
1 système de drones |
6 systèmes de drones |
8 systèmes de drones |
- |
- |
|
4 bâtiments pour plongeurs-démineurs ancienne génération |
4 bâtiments pour plongeurs-démineurs dont 3 NG |
5 bâtiments pour plongeurs-démineurs NG |
- |
- |
|
Hélicoptères |
|||||
Hélicoptères Caïman NFH |
27 |
27 |
27 |
- |
- |
Drones navals |
|||||
Drones de surface (5) |
Drones expérimentaux |
Premières capacités intégrées sur bâtiments de combat / à terre |
1 flottille opérationnelle par famille de drones |
Premières capacités intégrées sur bâtiments de combat / à terre |
1 flottille opérationnelle par famille de drones |
Drones sous-marins ligne nouvelle) |
* |
Une première capacité opérationnelle de drone sous-marin de longue endurance disponible en 2030 (premier de série) |
Capacité opérationnelle de drones sous-marins de longue endurance reposant sur une production en série d'ici 2035 |
Une première capacité opérationnelle de drone sous-marin de longue endurance disponible en 2030 (premier de série) |
Capacité opérationnelle de drones sous-marins de longue endurance reposant sur une production en série d'ici 2035 |
Capacité hydrographique, océanographique et de maîtrise des fonds marins |
|||||
Capacité hydrographique |
4 bâtiments d'ancienne génération |
2 bâtiments hydrographiques et océanographiques NG avec 4 systèmes de drones (CHOF) + 1 bâtiment d'ancienne génération |
2 bâtiments hydrographiques et océanographiques NG avec 4 systèmes de drones (CHOF) + 1 complément capacitaire (6) |
- |
- |
Capacité fonds marins |
/ |
1 couple (AUV + ROV) (7) de surveillance et d'action moyen et grand fonds (6 000 mètres) par façade |
4 couples (AUV + ROV) de surveillance et d'action moyen et grand fonds (6 000 mètres) |
- |
|
Aéronavale |
|||||
Rafale Marine |
41 |
41 au standard F4 |
Format de l'aviation de combat à 225 dont 51 pour la Marine |
- |
+10 Rafale Marine - Nombre de Rafale au standard F5 |
Avions de patrouille maritime |
21 ATL2 dont 15 au standard 6 |
18 ATL2 standard 6 (modernisation système de combat, capteurs NG) |
Au moins 18 dont 3 PATMAR futur |
- |
- |
Bouées acoustiques |
Données confidentielles |
+ 50 % (8) |
+ 50 % (9) |
+ 50 % de livraisons |
+ 50 % de livraisons |
Avions de surveillance et d'intervention maritime |
8 Falcon 50 m + 5 Falcon 200 Gardian |
11 Albatros + 1 Falcon 50 m |
12 Albatros + complément SURMAR |
+ 3 Albatros – 3 Falcon 50 m |
- |
Avions de guet aérien |
3 €-2C |
3 €-2D |
3 €-2D |
- |
- |
Systèmes de drones aériens marine (SDAM) |
3 systèmes S100 (6 vecteurs) |
Au moins 10 SDAM (flotte mixte VSR 700 / S100) équipant les frégates de premier rang et BRF |
Au moins 15 SDAM (flotte mixte) équipant les frégates de premier rang et BRF |
- |
|
Défense surface-air et LAD |
|||||
Systèmes très courte portée Naval |
11 |
26 |
42 |
+ 18 |
Jusqu'à + 27 |
LAD naval |
3 |
Au moins 30 |
70 |
+ 10 |
Jusqu'à + 45 |
(1) FREMM, FDA, FLF. (2) Lutte anti-drones, connectivité durcie, traitement de données de masse. (3) 3 patrouilleurs Antilles Guyane + 2 patrouilleurs outre-mer + 5 patrouilleurs de haute mer + 3 patrouilleurs de service public + 4 divers. (4) Plateforme modulaire de guerre des mines : navires aux normes civiles, non militarisés. (5) Drones rapides, à vocation ISR ou mis en œuvre par sous-marins. (6) Bâtiment remplaçant le bâtiment océanographique d'ancienne génération ou capacité drone océanique (à définir). (7) ROV : Remotely operated vehicle (robot sous-marin téléopéré) ; AUV : Autonomous underwater vehicle (drone sous-marin). (8) Augmentation de livraisons par rapport à la cible initiale prévue en LPM sur la période 2026-2030. (9) Augmentation de livraisons par rapport à la cible initiale prévue en LPM sur la période 2026-2035. |
|||||
FORCES AÉRIENNES
Les forces aériennes augmenteront leur aptitude à agir dans des espaces de plus en plus contestés, en mettant en œuvre des capacités plus agiles, plus létales et à la portée accrue. La trame chasse de l'Armée de l'Air et de l'Espace sera accrue de 20 Rafale d'ici 2035 afin de lui permettre de mener à bien son contrat opérationnel et de réduire le suremploi actuel de ses avions.
Ainsi, le renouvellement de l'aviation de chasse s'intensifiera avec le lancement du standard F5 du Rafale et la préparation de l'après-Rafale. À cette fin, le développement et l'intégration d'une motorisation nationale à poussée augmentée, de type T-REX, seront engagés afin d'équiper le standard F5. L'effort portera sur la connectivité et les capacités offensives : un nouveau missile air-air à très longue portée COMETE sera développé avec pour objectif d'armer le standard F4 dès 2030, le standard F5 s'appuiera sur le missile STRATUS RS de suppression des défenses aériennes adverses et de lutte antinavire pour contrer les stratégies de déni d'accès. Des drones accompagnateurs du Rafale seront développés avec une première expérimentation à l'horizon 2028 et la réalisation d'un démonstrateur opérationnel de drone de combat furtif à l'horizon 2035.
Compte tenu des incertitudes qui entourent le programme SCAF, le dialogue entre les partenaires veillera à sécuriser la création d'un cloud de combat aérien commun à l'ensemble des futurs moyens aériens militaires européens. Par ailleurs, un démonstrateur de chasseur de 6e génération, au besoin national, sera réalisé d'ici 2035.
La transition vers des flottes de transport et de soutien de nouvelle génération est accélérée : l'augmentation de la flotte à hauteur de 41 avions A400M permettra de renforcer nos capacités au profit des forces de présence et de souveraineté, les forces prépositionnées et nos capacités de projection, tout en retirant du service par anticipation les avions C130H, dont le coût de possession a fortement augmenté. Le développement des capacités additionnelles d'une partie de la flotte A400M sera poursuivi afin d'accroître le panel des missions susceptibles d'être assurées. Une attention particulière sera portée aux capacités d'autoprotection, afin de soutenir la capacité de l'appareil à évoluer en environnement non permissif. Cet effort repousse au-delà de 2035 le besoin d'un avion de transport d'assaut médian (ATASM). L'acquisition progressive de quatre avions Global Eye favorisera le retrait de service anticipé de la flotte Boeing AWACS, devenue très coûteuse en termes de soutien, et accroîtra les capacités de surveillance et de contrôle aéroportées, en France comme dans un espace de bataille contesté.
Les capacités de défense surface-air seront accélérées et améliorées par une livraison de systèmes de canons anti-aériens supplémentaires pour protéger les bases aériennes.
Le programme SAMP-T NG vise à moderniser la conduite de tir du SAMP-T afin de traiter les obsolescences et d'adapter la conduite de tir à l'évolution des menaces (missiles balistiques, missiles de croisière), notamment en exploitant les nouvelles capacités du missile Aster 30 B1NT et du radar GF 300. Ces évolutions du SAMP-T NG permettront le traitement simultané des menaces de longue portée et des menaces saturantes, tout en s'adaptant aux nouvelles conditions d'emploi opérationnel (cyber, brouillage). L'effort porte sur l'accélération de l'acquisition de SAMP-T NG afin de disposer de deux systèmes supplémentaires à l'horizon 2030.
Le besoin militaire de la capacité MALE de théâtre a été réorienté pour saisir l'opportunité liée à l'émergence d'une filière de drones de théâtre souverains de moindre coût, le MALE UE se révélant aujourd'hui moins adapté à la haute intensité.
Segment capacitaire |
Parc fin 2024 |
Actualisation |
Écart avec la LPM |
|||
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
Parc fin 2030 |
Parc horizon 2035 |
|||
Avions de combat |
||||||
SCAF (NGF) |
/ |
- |
1 démonstrateur NGF ou national |
- 1 démonstrateur NGF |
Possibilité de réaliser un démonstrateur national |
|
Rafale Air |
105 |
137 au standard F4 |
Format de l'aviation de combat à 255 dont 204 Rafale Air |
- |
+20 Rafale Air -Nombre de Rafale au standard F5 |
|
Mirage 2000D |
55 |
50 rénovés |
/ |
+2 |
- |
|
Avions de support en opérations |
||||||
Avions ravitailleurs et de transport stratégique nouvelle génération |
12 MRTT et 3 A330 |
15 MRTT |
15 MRTT |
- |
- |
|
Avions de surveillance et de contrôle aérien |
4 AWACS |
3 AWACS + 1 Global Eye |
4 Global Eye |
+ 1 Global Eye - 1 AWACS |
+ 4 Global Eye |
|
Avions légers de surveillance et de renseignement |
2 |
3 |
3 |
- |
- |
|
Avions de renseignement et guerre électronique |
/ |
3 ARCHANGE |
3 ARCHANGE |
- |
- |
|
Hélicoptères |
||||||
Hélicoptères de manœuvre |
13 Caracal, 17 Puma, 3 Super Puma |
Au moins 32 hm dont 29 Caracal |
36 hm |
- |
- |
|
Avions de transport |
||||||
Avions de transport tactique |
24 A400M, 14 C-130H et 4 C-130J |
Au moins 41 A400M et 4 C-130J |
Au moins 41 A400M et 4 C-130J |
+ 6 A400M |
+ 6 A400M |
|
Drones |
||||||
Drones de combat |
/ |
Première capacité de drone accompagnateur à l'horizon 2028 |
Démonstrateur opérationnel de drone de combat furtif |
Première capacité de drone accompagnateur à l'horizon 2028 |
Démonstrateur opérationnel de drone de combat furtif |
|
Systèmes de drone MALE |
9 Reaper |
Première capacité de MALE de théâtre en complément du Reaper |
Capacité MALE de théâtre |
- 1 MALE UE + première capacité de MALE de théâtre |
- 6 MALE UE + capacité complète de MALE de théâtre |
|
Défense sol-air et LAD |
||||||
Systèmes sol-air SAMP-T |
8 SAMP-T |
10 SAMP-T NG |
12 SAMP-T NG |
+ 2 SAMP-T NG |
- |
|
GLOSSAIRE |
|
Acronyme |
Description |
AASM |
Bombes guidées pouvant être propulsées (armement air-sol modulaire) |
ACCP |
Anti-char courte portée |
ALSR |
Avion léger de surveillance et de reconnaissance |
ARCHANGE |
Avion de renseignement à charge utile de nouvelle génération |
ARTEMIS.IA |
Solution de traitement massif de données et d'intelligence artificielle |
ASGARD |
Supercalculateur classifié dédié à l'intelligence artificielle |
ASTER |
Missile anti-aérien et anti-balistique |
ATASM |
Avion de transport d'assaut du segment médian |
ATL2 |
Avion de patrouille maritime Atlantique 2 |
AUV |
Drone sous-marin (autonomous underwater vehicle) |
AURORE |
Nouvelle capacité radar de suivi des objets spatiaux en orbite basse |
AWACS |
Système de détection et de commandement aéroporté (airborne warning and command system) |
BASSALT |
Système de lutte anti-drone (basse altitude) |
BCR |
Bâtiment de commandement et de ravitaillement |
BGDM |
Bâtiment de guerre des mines |
BRF |
Bâtiment ravitailleur de forces |
CAESAR |
Camion équipé d'un système d'artillerie |
CELESTE |
Capacité électromagnétique spatiale (successeur de CERES) |
CERES |
Capacité de renseignement d'origine électromagnétique spatiale |
CHOF |
Capacité hydro-océanographique future |
COBRA |
Radar de contre-batterie (counter battery radar) : permet de localiser les positions des batteries d'artillerie ennemies |
CONTACT |
Communication numérique tactique de théâtre |
CNES |
Centre national d'études spatiales |
CP |
Courte portée |
CSO |
Composante spatiale optique |
DESIR |
Démonstrateur des éléments souverains en imagerie radar |
DPS |
Frappe de précision dans la profondeur (deep precision strike) |
DSA |
Défense surface-air |
E-2C |
Avion de guet aérien Hawkeye |
E-2D |
Avion de guet aérien advanced Hawkeye (nouvelle génération) |
EC |
Capacité accrue (enhanced capacity) |
EGC |
Engin du génie de combat |
EGIDE |
Engin géodérivant d'intervention et de découragement |
EM |
Électromagnétique |
EXOCET |
Famille de missiles tactiques anti-navire |
F21 |
Torpille lourde de lutte anti sous-marine et anti-navire |
FDA |
Frégate de défense aérienne |
FLF |
Frégates de type La Fayette |
FREMM |
Frégates multi-missions |
FS |
Forces spéciales |
GE |
Guerre électronique (geostationary orbit) |
GEO |
Orbite géostationnaire |
GF 300 |
Radar multi-fonctions (ground fire) |
GRAVES |
Système radar développé par l'Office national d'études et de recherches aérospatiales, destiné à la détection et au suivi des satellites et des objets évoluant en orbite basse (grand réseau adapté à la veille spatiale) |
HIL |
Hélicoptère interarmées léger |
HM |
Hélicoptère de manœuvre |
IA |
Intelligence artificielle |
IP |
Protocole internet (internet protocole) |
IRIS |
Instrument de renseignement et d'imagerie spatiale |
IRIS2 |
Infrastructure de résilience et d'interconnexion sécurisée par satellite |
JEWEL |
Joint early warning European look-out |
LAD |
Lutte anti-drones |
LEO |
Orbite basse (low earth orbit) |
LP |
Longue portée |
LPM |
Loi de programmation militaire |
LRU |
Lance-roquettes unitaire |
MALE |
Drone volant à moyenne altitude et de longue endurance (medium altitude long endurance) |
MdCN |
Missile de croisière naval |
MEPAC |
Mortier embarqué pour l'appui au contact |
METEOR |
Missile air-air à longue portée de conception européenne |
MICA (VL) |
Missile d'interception, de combat et d'auto-défense surface-air (VL pour vertical launch) - version terrestre du missile aéroporté MICA |
MILAD |
Moyen interarmées de lutte anti-drones |
MISTRAL |
Missile sol-air de courte portée |
MMP |
Missile moyenne portée |
MP |
Moyenne portée |
MRTT |
Avion multirôle de transport et de ravitaillement (multirole tanker transport) |
MTO |
Munition téléopérée |
MU90 |
Torpille légère anti sous-marine issue du programme lancé à partir du projet français “Murène” et du programme italien “A290” |
NFH |
NATO frigate helicopter : version embarquée (Marine) de l'hélicoptère NH90 |
NG |
Nouvelle génération |
NGF |
Avion de chasse de sixième génération (next generation fighter) |
NRBC |
Nucléaire, radiologique, biologique, chimique |
OCCAr |
Organisation conjointe de coopération en matière d'armement |
PA (Ng) |
Porte-avions (de nouvelle génération) |
PAG |
Patrouilleur Antilles Guyane |
PALADIN |
Capacité de patrouilleur-guetteur en orbite géostationnaire |
PARADE |
Système lourd de lutte anti-drone (programme de protection déployable modulaire anti-drones) |
PATMAR futur |
Futur avion de patrouille maritime |
PENDRAGON |
Projet d'unité robotique de combat fonctionnant avec de l'intelligence artificielle |
PH |
Patrouilleur hauturier |
PHA |
Porte-hélicoptères amphibie |
POM |
Patrouilleur outre-mer |
PMGM |
Plateforme modulaire de guerre des mines |
PROTEUS |
Affût de canon anti-aérien de 20 mm avec aide à la visée (intégré sur véhicule de l'avant blindé et adapté en particulier à la lutte anti-drone) |
PSP |
Patrouilleur de service public |
ReArm Europe |
Initiative stratégique proposée en mars 2025 par la présidente de la Commission européenne pour renforcer les capacités militaires et la défense de l'Union européenne. Objectif principal : mobiliser 800 milliards d'euros. Ce plan comprend l'instrument financier SAFE. |
RIFAN |
Réseau IP des forces aéronavales (ossature d'échange de données pour les opérations aéromaritimes) |
ROEM |
Renseignement d'origine électromagnétique |
ROV |
Robot sous-marin téléopéré (remotely operated vehicle) |
SAFE |
Adopté au Conseil le 27 mai 2025, le nouvel instrument financier de l'Union “Agir pour la sécurité en Europe - SAFE (Security action for Europe)” vise à fournir aux États membres jusqu'à 150 milliards d'euros de prêts garantis par le budget de l'Union européenne |
SAMP (-T) (NG) |
Système de missile sol-air de moyenne portée (-terrestre) (nouvelle génération) |
SATCP |
Sol-air très courte portée |
SCAF |
Système de combat aérien du futur |
SCALP |
Missile de croisière aéroporté (système de croisière autonome à longue portée) |
SDAM |
Système de drones aériens marine |
SDT |
Système de drone tactique |
SEAD |
Suppression de la défense aérienne ennemie (suppression of enemy air defense) |
SNA |
Sous-marin nucléaire d'attaque |
SURMAR |
Surveillance maritime |
SYRACUSE |
Système de radiocommunication utilisant un satellite |
THA |
Très haute altitude |
TTH |
Hélicoptère de transport tactique (tactical transport helicopter) |
UHF |
Ultra haute fréquence |
VBAE |
Véhicule blindé d'aide à l'engagement |
VBCI |
Véhicule blindé de combat d'infanterie |
|
| |