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22 novembre 2001 : Budget 2002 - Forces terrestres ( avis - première lecture )

 

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B. LE VIEILLISSEMENT DES ÉQUIPEMENTS RISQUE DE LIMITER A L'AVENIR LES CAPACITÉS D'ACTION DE L'ARMÉE DE TERRE

Au-delà de personnels formés et entraînés en nombre suffisant pour participer aux différentes opérations extérieures, la capacité opérationnelle de l'armée de terre repose sur des équipements adaptés assurant la rapidité de déploiement et l'efficacité de l'engagement.

Sur ce plan, les priorités de l'équipement portent sur les capacités de transport stratégiques et tactiques, la protection des combattants, le renseignement, l'amélioration de la précision des feux pour l'artillerie ou encore l'équipement des postes de commandement engagés sur les théâtres extérieurs.

Or, compte tenu des échéances de livraison des principaux équipements majeurs, l'armée de terre devra compter pour plusieurs années encore sur des matériels vieillissants, maintenus en service au prix de modernisations coûteuses, avec des risques d'indisponibilité qui iront croissants.

En matière de transport, indépendamment de la question du transport stratégique et du remplacement du C 160 Transall par l'A 400 M, l'armée de terre dispose d'un parc d'hélicoptères déjà ancien. L'hélicoptère de transport NH90 qui doit les remplacer n'entrera dans l'armée de terre qu'en 2011, avec des livraisons échelonnées jusqu'en 2017.

Or, le parc d'hélicoptères Puma est d'ores et déjà considéré comme vieillissant. Des difficultés d'approvisionnement vont toucher certains de ses équipements qui seront en tout état de cause de moins en moins conformes aux normes qui se généralisent chez nos alliés et qui concernent les moyens de navigation, d'identification, de communication et de numérisation du champ de bataille. Un programme de rénovation devra être mis en oeuvre afin de maintenir au niveau requis jusqu'au début, voire au milieu de la décennie prochaine (2015), une partie des hélicoptères Puma, l'ensemble du parc ne pouvant être rénové.

Parallèlement, la flotte d'hélicoptères Cougar, entrée en service plus récemment, mais destinée à demeurer en dotation durant plus de vingt années encore, devra elle aussi être rénovée.

L'armée de terre doit ainsi financer dans le même temps le développement et la fabrication d'hélicoptères nouveaux et la remise à niveau de matériels anciens, tout ceci ne permettant pas pour autant d'éviter une perte des capacités d'emports aéromobile évaluée à 50% entre 2005 et 2011.

En matière de véhicules de transports de troupes, le véhicules blindé de combat d'infanterie (VBCI) est destiné à remplacer les AMX 10 P et PC, ainsi que les VAB (véhicules de l'avant blindés) au sein des régiments d'infanterie des brigades blindées et mécanisées et des régiments de chars Leclerc. Prévue pour 2004 par l'actuelle loi de programmation militaire, la livraison des premiers véhicules n'interviendra qu'en 2006. A la fin de la programmation future, c'est-à-dire en 2008, l'équivalent de 3 régiments seulement seront équipés.

La mise en service de l'engin blindé roues-canon (EBRC) n'interviendra pas avant 2015, si bien qu'il faudra maintenir à niveau jusqu'à cette échéance l'AMX 10 RC, entré en dotation il y a vingt ans. Cette opération s'échelonnera sur toute la durée de la prochaine loi de programmation, avec un retard de l'ordre de 2 années par rapport au calendrier initial.

De même, un glissement est observé sur le déroulement du programme de valorisation du canon d'artillerie AUF 1, qu'il s'agisse du châssis AMX 30 B2 ou des tourelles. Une partie de ces tourelles doit être équipée d'un tube de 52 calibres (AUF 2) intéropérable avec nos alliés en ce qui concerne les munitions. La livraison des exemplaires valorisés AUF 1 dotés de l'artillerie actuelle (39 calibres) qui devait initialement s'échelonner de 1999 à 2003 commencera seulement en 2003 et se poursuivra jusqu'en 2007. Les systèmes AUF 2, qui devaient eux aussi être livrés en 2003, ne le seront qu'entre 2005 et 2008.

Au travers de ces différents programmes de rénovation, il s'agit donc pour l'armée de terre de maintenir à un niveau compatible avec les normes d'engagement actuelles des matériels anciens ayant déjà consommé une partie significative de leur potentiel, en l'attente d'un renouvellement à des échéances encore lointaines.

Soumise à une forte contrainte financière, cette politique subit des retards qui se répercuteront inévitablement sur la capacité opérationnelle.

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