II. UN PEU D'HISTOIRE

Ø 1856-1883 : le temps des études et des projets

La première version du projet, proposée par l'ingénieur italien Filippo Cenotti, remonte à 1856, suivie en 1857 par un contre-projet français soutenu par l'ingénieur Petit-Nispel.

Le projet franchit une étape importante en France avec la loi du 17 juillet 1879 (dite «  plan Freycinet ») portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général, dont la ligne (portant alors le numéro 142) « de Nice à Coni, par la vallée du Paillon, le contrefort du Braous, Sospel, le contrefort de Broïs et Fontan ». Mais, pour des raisons de sécurité militaire, il restera dans les cartons pendant plusieurs années encore.

En Italie, la loi nécessaire à la construction de la ligne de Tende est adoptée à la même époque. Cependant, en raison du blocage côté français, l'Italie étudie également des trajets alternatifs complètement italiens.

Ce n'est qu'en 1883 que le projet se concrétisera des deux côtés français et italien.

Ø 1883-1928 : le temps des travaux

La construction de la ligne démarre à partir de Coni en 1883, et progresse lentement. Le tunnel du col de Tende, long de 8 099 m, est achevé en 1898.

Du côté français, il faut encore attendre jusqu'à 1900 pour que les ministres de la Guerre et des Travaux publics valident la construction de la liaison Nice-Breil-sur-Roya et son prolongement jusqu'à la frontière italienne. La concession de la partie française de la ligne est accordée à la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la méditerranée (PLM) par une convention signée en janvier 1902. La ligne8(*) sera déclarée d'utilité publique en 1906.

En juin 1904, une convention franco-italienne prévoit l'achèvement de la liaison Nice-Coni en 1914.

En 1908, la construction de la ligne se poursuit dans la basse vallée de la Roya entre Vintimille et la frontière.

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Le chantier s'interrompt en 1914 en France en raison de la Première Guerre mondiale. Mais, côté italien, les travaux progressent vers La Brigue au nord et vers Piène au sud jusqu'en 1915, avant de s'interrompre également lorsque l'Italie entre dans le conflit.

Les travaux ne reprendront qu'en 1921, et s'achèveront en 1923 après la construction des grands viaducs de Scarassoui et de Saorge.

Ø 1928-1939 : une décennie d'exploitation

La ligne est inaugurée le 30 octobre 1928, après une gestation de plus de 70 ans.

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Les tracés Coni-Vintimille et Nice-Breil-sur-Roya sont tous deux mis en exploitation. Celle-ci est confiée à la compagnie PLM côté français, et aux ferrovie dello stato ( FS) du côté italien.

Les sections de ligne italiennes de Vintimille à Piène et de Coni à Saint-Dalmas-de-Tende sont électrifiées dès 1931. Ce n'est qu'en 1934-5 que les autorités militaires françaises autoriseront l'électrification du tronçon entre Piène et Saint-Dalmas-de-Tende.

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La ligne Coni-Vintimille avant le Traité de Paris (1947)

Cependant, la crise économique et la dégradation des relations politiques entre l'Italie et la France conduisent à partir de 1937 à une forte décroissance du trafic sur toutes les lignes entre les deux pays, de sorte qu'en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, le trafic transfrontalier est presque complètement à l'arrêt et la ligne n'est plus utilisée qu'à des fins militaires.

En 1945, la ligne subit d'importants dommages de guerre ; l'armée allemande, lors de sa retraite, détruisit notamment tous les ponts sur La Roya, dont le viaduc de Saorge.

Ø 1946-1970 : l'après-guerre

Le Traité de Paris met fin en 1947 à la guerre entre l'Italie et la France et décide de corrections frontalières : ainsi les 4 villages de Vievola, La Brigue, Tende, et Saint-Dalmas-de-Tende sont rattachés à la France. La frontière nord passe désormais dans le tunnel du col de Tende.

À l'arrêt pendant plusieurs années, la ligne a également subi des dégâts importants, et n'est plus utilisée que partiellement et sporadiquement (transport de bois).

La section italienne située au nord de la ligne entre Coni et Vievola, peu touchée par les destructions, est remise en état en premier par les italiens, qui en reprennent l'exploitation dès 1946.

S'agissant de la section de ligne entre Vintimille et Vievola, ce n'est en revanche qu'en 1963 que la France approuve sa reconstruction, qui est portée, pour l'essentiel, à la charge de l'Italie au titre de la réparation des dommages de guerre.

Ces travaux de reconstruction ont fait l'objet, en 1970, d'une convention signée entre la France et l'Italie.


* 8 Sur le tronçon de Nice à la frontière italienne (située à l'époque entre la gare de Fontan - Saorge et celle de Saint-Dalmas-de-Tende), ainsi que sur un court raccordement entre Breil-sur-Roya et Airole (première gare italienne de l'époque en direction de Vintimille).

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