D. MALGRÉ UNE LÉGÈRE AMÉLIORATION EN 2025, LE MONTANT DE LA DETTE REPRÉSENTE 8,6 ANNÉES DE RECETTES DE L'ÉTAT, CONTRE 6,3 ANNÉES EN 2017

Le besoin de financement a été en 2025 de 290,5 milliards d'euros, contre 305,7 milliards d'euros en 2024 et 314,6 milliards d'euros en 2023.

Cette diminution de 24,1 milliards d'euros du besoin de financement en deux ans est très inférieure à la réduction du déficit, qui est passé de 173,0 milliards d'euros en 2023 à 124,2 milliards d'euros en 2025 (- 48,8 milliards d'euros).

En effet, le montant des emprunts de moyen et long terme à renouveler au cours de l'année, qui constitue l'autre composante principale du besoin de financement, est passé au cours de la même période de 149,6 à 168,0 milliards d'euros, augmentant d'autant le besoin de financement30(*).

Le refinancement des titres existants constitue ainsi une contrainte qui pousse la dette à s'auto-alimenter. Les emprunts financent tout autant la reconduction des emprunts existants (le « roulement » de la dette) que les déficits nouveaux.

Déficit à financer et amortissement de la dette à moyen et long termes

(en milliards d'euros)

Source : commission des finances, à partir des documents budgétaires

L'encours de la dette négociable totale de l'État était ainsi de 2 737 milliards d'euros à la fin 2025, contre 2 602 milliards d'euros à la fin 2024 (+ 136 milliards d'euros).

Depuis 2017, l'encours de la dette a augmenté de 1 051 milliards d'euros, soit + 62,3 %, alors que les recettes totales nettes de l'État augmentaient de 19,8 % seulement.

Alors qu'il aurait fallu, en théorie, 6,3 années de recettes pour rembourser la dette à la fin 2018, il faudrait 8,6 années à la fin 2025, après un pic à 9,0 années fin 2024.

Encours de la dette négociable et recettes totales nettes de l'État

(en milliards d'euros)

Encours de la dette négociable totale en fin d'année et montant total des recettes fiscales nettes et non fiscales de l'État, y compris fonds de concours, constatées dans les lois et projets de loi de règlement ou de résultat.

Source : commission des finances, à partir des données Insee et des lois et projets de loi de règlement et de résultat

Par ailleurs, la répartition des dépenses et des recettes entre section de fonctionnement et section d'investissement31(*) montre en effet que la section de fonctionnement présente en 2025 un déficit de 90,6 milliards d'euros, correspondant pour l'essentiel à la différence entre les recettes de l'État et les dépenses de fonctionnement, y compris les prélèvements sur recettes. La Cour des comptes fait le même constat en mesurant, en comptabilité générale, le besoin de financement lié à l'activité courante de l'État (fonctionnement et interventions) à 103,6 milliards d'euros.

La légère amélioration de la situation en 2025 est donc appréciable, mais ne peut constituer qu'un premier pas : l'endettement couvre à peine le financement des dépenses de fonctionnement alors qu'il devrait être tourné vers les dépenses d'avenir.


* 30 Il convient également de prendre en compte l'effet de la neutralisation de la provision annuelle pour indexation du capital des titres indexés, inscrite en dépense dans le déficit budgétaire à financer alors qu'elle ne génère pas de besoin en trésorerie. Cette ligne a permis de réduire le besoin de financement de 15,8 milliards d'euros en 2023 et de 4,9 milliards d'euros seulement en 2025.

* 31 Cette présentation est faite en annexe du projet de loi de finances en application de l'article 51 de la LOLF et mise à jour dans les fichiers de données annexés au projet de loi relative aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes.

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