II. ACCOMPAGNER LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DU GROENLAND

Qu'il devienne indépendant ou non et quelles que soient les difficultés qu'il puisse rencontrer, le développement économique du Groenland est désormais rendu possible par la fonte des glaces qui permet d'exploiter certains potentiels de l'île. Et cette possibilité ouvre pour tout un peuple une perspective de vivre de ses revenus et de ne plus dépendre des subsides fournis par d'autres .

La fonte de l'inlandsis groenlandais et la montée des eaux qu'elle entraînerait représente un risque pour la planète toute entière. Et si le réchauffement climatique n'est pas le fait des Groenlandais, il ne doit pas le devenir. Les pollutions qui affectent l'Arctique proviennent notamment du continent nord-américain, de Russie et d'Europe. Et c'est d'abord en s'attaquant à ces sources de pollution que l'on préservera le fragile écosystème arctique !

La réticence du Groenland - similaire à celle de nombreux pays en développement - de se voir imposer des normes protectrices de l'environnement vues comme un frein au développement peut être surmontée. Dans leur grande majorité, les Inuit du Groenland sont conscients de profiter d'un cadre de vie unique, mais fragile. Le débat sur l'extraction de l'uranium l'a montré : ils ne sont pas prêts à dépasser certaines limites pour se développer.

En outre, le mirage de mines et de champs de gaz et de pétrole qui en feraient une sorte de « Qatar du Pôle nord » en quelques années paraît s'éloigner, après des années de frénésie. Les Groenlandais semblent prendre conscience qu'il faudra peut-être une, voire deux générations pour avoir les moyens d'un État indépendant .

C'est pourquoi, seule la voie d'un développement durable du Groenland semble aujourd'hui s'imposer. Elle passe par le traitement des faiblesses du pays afin de l'aider à bâtir une nation plus forte et une société capable de mieux appréhender la mondialisation. C'est l'éducation et la formation des jeunes Groenlandais qu'il faut en premier lieu soutenir.

Concernant les richesses du sol, du sous-sol et des fonds marins, il faut se montrer pragmatique et compréhensif. Il est légitime qu'un peuple ait envie de plus de prospérité et d'autonomie et d'exploiter ses richesses comme tous les pays développés l'ont fait. Toutefois, on ne peut plus exploiter la planète aujourd'hui comme on le faisait avant. Et le message que l'Europe peut et doit porter est celui d'un développement le plus respectueux possible de l'environnement et du climat.

L'extraction minière en Afrique doit servir de contre-exemple de ce qu'il faut faire ! Car l'Arctique est désormais inscrit sur l'atlas géopolitique mondial. Les besoins énergétiques des grandes puissances les amènent à regarder avec attention le potentiel énorme de cette région.

La fragilité du Groenland pourrait en faire une cible, tant il est moins armé que ses voisins à résister. C'est la raison pour laquelle, il doit être accompagné dans son développement et les Européens peuvent jouer un rôle important ici.

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