Appartenance politique :
Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Européen
État civil :
Né le 24 juillet 1912
Décédé le 9 mars 2006
Profession :
Propriétaire exploitant
Département :
Tarn
Vème République

Ancien sénateur de la Ve République


Travaux parlementaires

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

BRIVES (Louis, Antoine, Henry, René, Etienne, Guillaume)

Né le 24 juillet 1912 à Assier (Lot)

Décédé le 9 mars 2006 à Toulouse (Haute-Garonne)

Sénateur du Tarn de 1968 à 1995

Issu d'une famille catholique et de droite installée à Assier, sur le Causse de Gramat à quinze kilomètres au nord-ouest de Figeac, fils d'un notaire, Louis Brives étudie d'abord au lycée Champollion de Figeac. Il obtient la première partie du baccalauréat. Afin de reprendre l'étude familiale, il entreprend des études de droit à Toulouse puis il entre à l'Ecole notariale de cette même ville. Son père décède six mois avant qu'il n'ait obtenu ses certificats. Il ne peut donc pas lui succéder. Soutien de famille, le jeune homme partage sa vie professionnelle entre Toulouse où il travaille dans une étude et Gramat où il tient un cabinet d'assurance. Marié en 1938, non mobilisé en 1939 en raison de sa situation familiale, il voit ses activités fortement perturbées par le second conflit mondial. Son agence de Gramat ferme en 1940. Il partage son temps entre le Lot où réside sa famille et Toulouse. Une connaissance de jeunesse lui propose de reprendre une exploitation familiale dans le sud tarnais, à Algans Lastens, sur la route Toulouse-Castres, à proximité de la Haute-Garonne. Grâce à la lente acquisition de ce bien foncier qui appartenait à l'évêché, il commence son implantation dans le monde rural, un univers dont il restera proche tout au long de sa vie - n'aimera-t-il pas plus tard visiter ses fermes ? Il ne rompt pas toutefois avec Toulouse puisqu'il demeure assez longtemps expert agricole près la Cour d'appel de cette ville. Devenu agriculteur après la guerre, Louis Brives s'engage dans le syndicalisme agricole à plusieurs niveaux. Il prend la tête du syndicat de sa commune puis il devient membre du conseil d'administration de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) puis vice-président de la Chambre d'agriculture du Tarn. Entre temps, il rejoint le conseil d'administration du grenier coopératif de Lavaur. Mais le fondateur du Syndicat intercommunal des eaux de la Montagne noire acquiert une véritable influence parmi les maires ruraux. Tout cela lance sa carrière politique. Celle-ci est longue et d'abord locale. Conseiller municipal de Cuq-Toulza en 1946, il devient le maire de ce canton en 1965 et il le reste jusqu'en 1995. Il est ensuite élu conseiller général de Cuq-Toulza le 4 juin 1961. Toujours réélu au premier tour de scrutin, il ne quitte l'assemblée départementale qu'en 1998, au moment où il se retire de la vie politique après six mandats consécutifs. Rien ne s'oppose à des responsabilités nationales. Louis Brives devient membre du bureau du Parti républicain radical et radical socialiste de novembre 1966 à 1968 puis il rejoint le comité directeur de ce parti en décembre 1970. Il est tout naturellement présenté, sans succès cependant, par la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) aux élections législatives de mars 1967 et de juin 1968 dans la deuxième circonscription du Tarn. Le gaulliste Jacques Limouzy, avec lequel il nouera plus tard une véritable amitié politique, le défait par deux fois. Sa position de notable trouve sa consécration nationale dans la longue carrière sénatoriale qu'il entame en 1968.

Elu au premier tour le 22 septembre 1968 sur la liste d'Union républicaine et socialiste de défense ouvrière, il obtient 477 voix sur 863 suffrages exprimés. Il défait le sénateur sortant François Monsarrat, non investi par le Parti radical. Le 25 septembre 1977, il est de nouveau élu au premier tour sur la liste d'Union de la gauche socialiste et démocrate avec un résultat confortable de 552 voix sur 909 suffrages exprimés. Son troisième succès au premier tour est obtenu le 28 septembre 1986 avec 498 voix sur 964 bulletins exprimés. Cette fois, son étiquette Union démocratique et de progrès pour la défense des intérêts des collectivités locales et de tous les Tarnais, indique un certain recentrage. A l'inverse de 1968, sa victoire élimine son collègue sortant, le socialiste Jacques Durand soutenu par l'ensemble de la gauche. En effet, Louis Brives a rompu en mars 1985 avec le Mouvement des radicaux de gauche et il est soutenu par les grands électeurs du centre et de la droite tarnais. Ces succès lui permettent de devenir conseiller régional de Midi-Pyrénées (décembre 1973-mars 1986). Il assure dans cette assemblée le secrétariat du bureau à partir de janvier 1974. Il préside le conseil général du Tarn de mars 1976 à mars 1982. Il abandonne cette présidence à son rival Jacques Durand en 1982, ce qui confirme encore sa marche vers le centre droit. Il devient plus tard le huitième vice-président de l'assemblée départementale (1994-1998) après avoir présidé diverses commissions (travaux publics puis industrie).

Pendant ses trois mandats sénatoriaux, Louis Brives siège dans deux groupes politiques. La Gauche démocratique l'accueille le 3 octobre 1968. Il en assure le secrétariat d'octobre 1974 à 1980. Membre fondateur au Sénat de la Formation des radicaux de gauche rattachée administrativement au groupe de la Gauche démocratique le 5 octobre 1977, il fonde, avec plusieurs de ses collègues le groupe du Rassemblement démocratique qui se démarque des radicaux valoisiens à l'occasion des élections européennes de 1984 (30 mai 1984). Ce groupe cesse d'exister le 1er octobre suivant. Non inscrit pendant quelques jours, Louis Brives regagne la Gauche démocratique le 12 octobre 1984. Le 4 avril 1989, ce groupe prend la dénomination de Rassemblement démocratique européen (RDE) et le sénateur du Tarn se positionne désormais à sa droite. Il appartient aussi, par alternance, à deux commissions permanentes : celle des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (8 octobre 1968-9 octobre 1986 puis 29 juin 1988-4 octobre 1989) et celle des affaires sociales (9 octobre 1986- 29 juin 1988, démissionnaire, puis à partir du 4 octobre 1989). Il est enfin choisi par ses pairs pour siéger, en tant que juge titulaire, à la Haute cour de justice (16 octobre 1974). Il préside cette cour du 17 décembre 1992 au 14 avril 1993 avant d'en devenir le doyen d'âge. Le 8 décembre 1993, il est élu juge titulaire de la Cour de justice de la République, juridiction créée par la loi constitutionnelle du 27 juillet 1993. Cela marque l'apogée de sa carrière de sénateur.

Les prises de parole de l'élu tarnais sont longues. Le verbe est mesuré mais incisif et souvent répétitif. Son art oratoire s'appuie aussi bien sur des citations latines que sur les idées socialistes de Jean Jaurès. On retrouve aussi les exemples locaux qui viennent soutenir son argumentation. Ses interventions ont lieu lors de la discussion des projets de loi de finances, lors des débats qui suivent le dépôt de questions orales et les déclarations gouvernementales. Louis Brives ne dépose aucune proposition de loi mais il est soucieux de défendre les activités agricoles de son département, d'empêcher le déclin du tissu industriel et de moderniser les infrastructures d'un monde encore rural. Les mêmes motivations expliquent ses votes. Sa méfiance envers un Etat trop puissant s'accompagne d'une demande permanente d'aides publiques. Il sait négocier cela en trois temps distincts. De 1968 à 1980, membre de l'opposition sénatoriale, il est le contempteur de l'action gouvernementale. De 1981 à 1985, toujours dans la minorité sénatoriale, il appartient à la majorité politique de gauche qui gouverne la France. Enfin, pendant les dix dernières années de sa présence au palais du Luxembourg, il fait corps avec la majorité sénatoriale du centre et de la droite qui se trouve être aussi la majorité parlementaire par deux fois (1986-1988 et à partir de 1993). On peut lire ainsi ses votes à l'occasion des scrutins publics qui marquent l'histoire de la Ve République. Il refuse la loi portant création et organisation des régions (29 juin 1972) et la loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes (18 décembre 1980). Il s'abstient à propos de la loi d'orientation du commerce et de l'artisanat (21 novembre 1973) et sur l'ensemble du projet de loi relatif aux droits et libertés des communes, des départements et des régions (26 janvier 1982). Il apporte par contre sa voix à toutes les réformes libérales et sociales voulues par les différentes majorités : loi tendant à fixer à dix-huit ans l'âge de la majorité (18 juin 1974), interruption volontaire de grossesse (20 décembre 1974), réforme du divorce (18 juin 1975), abolition de la peine de mort (30 septembre 1981), loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage (12 mai 1982), projet de loi constitutionnelle ajoutant à la constitution un titre : « Des Communautés européennes et de l'Union européenne » (16 juin 1992) et projet de loi relatif aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale (22 juin 1993).

Le monde agricole fait l'objet d'une attention particulière. Ce secteur confronté à la modernisation des structures de production subit les premières conséquences de l'intégration à la Politique agricole commune (PAC) et il est menacé par la désertification. Il critique le projet de loi relatif au bail rural à long terme (22 octobre 1970). Le 2 juillet 1992, dans une de ses dernières prises de parole à propos du débat sur la PAC, il demande un allègement des charges et une aide aux jeunes agriculteurs qui s'installent et, au nom de la majorité sénatoriale, il se fait le défenseur des vecteurs nouveaux d'expansion (les biocarburants) et d'une « agriculture vivante ». Pour aider le Gaillacois, il dépose plusieurs amendements (retirés) lors de la discussion du projet de loi relatif aux appellations d'origine (25 octobre 1973). La défense des prix du vin et des produits de distillation fait l'objet d'une longue prise de parole lors de la discussion du projet de loi de finance pour 1975. Il englobe l'élevage et les infrastructures rurales dans son plaidoyer (3 décembre 1974). Le 10 septembre 1976, une question orale à propos de la terrible sécheresse de l'été précédent, fait le procès de l'action du Gouvernement dans le domaine de l'eau. Bon connaisseur du dossier, le sénateur du Tarn plaide en faveur des aménagements hydrauliques, de la modernisation du réseau de distribution et du paiement de la redevance par les distributeurs, d'une véritable politique nationale avec la création d'une compagnie nationale des eaux. Le débat rebondit quinze années plus tard. Il reproche alors au gouvernement socialiste, dans deux questions orales, l'insuffisance de la politique d'assainissement (18 mai 1990), cause qu'il lie au devenir de l'espace rural (7 novembre 1990). Le 20 juin 1990, à la suite d'une déclaration du Gouvernement sur l'eau, il demande un nouvel aménagement du bassin du Tarn et une politique communautaire dans le domaine des eaux. Enfin, ses plaidoyers en faveur de l'agriculture française menacée de « désertification » (9 octobre 1990) reçoivent les applaudissements chaleureux de la majorité sénatoriale (groupes RDE, Union centriste, Union des républicains et des indépendants, Rassemblement pour la république) unis face à la politique gouvernementale.

En ce qui concerne les activités industrielles tarnaises, son action est un combat destiné à limiter les effets de l'ouverture européenne et de la concurrence internationale. Louis Brives s'oppose au démantèlement des industries textiles, de la mégisserie et de l'extraction. Soucieux d'éviter les pertes d'emploi et les drames sociaux dans les usines textiles, il utilise des arguments tels que la demande d'investissements publics et des crédits à l'exportation et la baisse de la TVA qui frappe les entreprises le 29 avril 1975. Par contre, un débat lui est refusé à propos de l'emploi industriel (question orale du 20 septembre 1977). Il réclame aussi des accords internationaux sur le textile (plan multifibre 24 juin 1986 et 7 décembre 1990), des mesures protectionnistes (24 juin 1986) et l'éligibilité de la région Castres-Mazamet au titre de l'aide européenne pour les bassins en difficulté (30 juin 1989 et 18 juin 1991). Les difficultés de la mégisserie sont évoquées dans un débat provoqué par le Gouvernement le 30 juin 1989. L'industrie charbonnière de Carmaux qu'il présente « sinistrée » et en pleine « déprise démographique » fait l'objet d'un tableau accablant le 21 juin 1977 lors du débat d'une question orale. Selon lui, l'Etat doit agir en baissant la fiscalité locale et les cotisations chômage, en désenclavant les régions touchées par la crise. Cette intervention souhaitée, le sénateur du Tarn la défend vigoureusement sous plusieurs formes : un amendement au projet de loi de finance pour 1990 qui étend le crédit impôt recherche en matière textile à l'innovation et à la création (1er décembre 1989) et l'approbation du moratoire sur la fermeture des services publics dans les régions aux industries menacées (9 décembre 1993).

Avec les revendications en matière d'équipement, Louis Brives se fait l'avocat des collectivités territoriales de son département. Il sait favoriser le passage vers une économie plus tertiaire. Il demande d'abord des crédits publics lors de l'examen des projets de loi de finances (enseignement supérieur le 25 novembre 1969, équipement de lycée et ramassage scolaire le 2 décembre 1969, équipements sportifs collectifs les 29 novembre 1970, 4 décembre 1971 et 25 novembre 1972). Trois volets retiennent ensuite son attention. Il s'oppose d'abord au changement de statut des collectivités locales tout en demandant pour elles de véritables ressources financières. Il s'oppose à la loi sur la fusion des communes le 15 juin 1971. Et il demande le transfert des ressources des communes urbaines vers les petites communes rurales (24 octobre 1985). Ensuite face à l'augmentation des accidents - en particulier celui d'un car scolaire à Labastide-Rouairoux le 9 janvier 1975 - il demande la gratuité pour les usagers élèves, une sécurité adaptée et de nouveaux crédits pour les départements. Enfin, il oeuvre pour le désenclavement du Tarn en liaison avec ses efforts pour atténuer les conséquences de la crise économique dans le tissu industriel. Il favorise ainsi la création de voies rapides Albi-Carmaux et Castres-Mazamet et il félicite le Gouvernement pour cette action en ce sens, le 9 décembre 1988.

La longévité de Louis Brives - trois mandats pleins - s'explique par la solidité et par l'ancienneté de son implantation. Sa personnalité y aide beaucoup. Sa simplicité, « homme cordial à la personnalité colorée » et son excellente connaissance du Tarn et de ses habitants font de lui un « homme de terroir authentique ». N'est-il pas présent tous les mercredis au marché de Puylaurens ? C'est aussi un « travailleur pointilleux » qui connaît bien ses dossiers et qui fait montre de bon sens ainsi que d'une certaine malice dans son métier de sénateur. Ne demande-t-il pas au ministre de la santé et de la famille le 14 novembre 1978 d'augmenter le taux légal d'alcoolémie dans le sang pour les conducteurs afin de ne pas perturber la convivialité des réunions de famille de la fin de semaine ? Souvent visionnaire sur l'évolution de la société, il demande la création d'un secrétariat d'Etat à la condition du troisième âge le 7 octobre 1980. Soucieux de ses réélections, il a toujours su négocier habilement les changements d'alliances au niveau local. En dépit du choix des états-majors nationaux, il aimait à répéter « Moi, je suis briviste. »

La fin de sa vie est assombrie par une maladie qui l'affaiblit au fil des ans. Bien entouré par sa famille, le sénateur du Tarn, chevalier de la Légion d'honneur au 31 décembre 1998, décède à l'hôpital Purpan de Toulouse. Il est inhumé dans le tombeau familial à Assier après un office religieux chanté dans l'église où les siens possédent une chapelle (11 mars 2006).

Elu le 22 septembre 1968
Réélu le 25 septembre 1977
Réélu le 28 septembre 1986
Fin de mandat le 1er octobre 1995 (ne se représente pas)

Membre de la commission des affaires sociales
Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Européen

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaires
de Louis BRIVES

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