B. LES EFFECTIFS DE L'ÉTAT AUGMENTENT ENCORE DE PRÈS DE 3 000 POSTES, CONFIRMANT L'ABANDON DES OBJECTIFS FIXÉS SUCCESSIVEMENT PAR LES DEUX DERNIERS QUINQUENNATS

Le nombre des emplois a augmenté de 3 029 équivalents temps plein (ETP) en 2025, soit une progression légèrement inférieure à la prévision en loi de finances initiale (+ 3 176 ETP).

Principales variations par ministère des schémas d'emplois

(en équivalents temps plein)

Source : commission des finances, à partir du projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes

Dans l'éducation nationale, l'augmentation des emplois provient de l'augmentation de + 2 577 ETP des postes d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), le schéma d'emploi des enseignants étant négatif. Entre 2017 et 2025, le nombre des AESH a été multiplié par 3,351(*).

Les créations d'emploi du ministère de la justice entrent dans le cadre de la mise en oeuvre des objectifs de recrutement de la loi d'orientation et de programmation de ce ministère, qui a prévu des créations nettes d'emploi de 10 000 ETP52(*).

Le schéma d'emplois 2025 marque donc une vraie décélération par rapport aux importantes créations nettes d'emploi en 2024 (+ 6 729 ETP) et en 2023 (+ 8 975 ETP).

Il n'en reste pas moins que les trois premières années de mise en oeuvre de la loi de programmation des finances publiques rendent, d'ores et déjà, presque impossible l'atteinte de l'objectif de stabilité globale des emplois que celle-ci a fixé pour la période 2023-202753(*).

Les dépenses de personnel du budget général de l'État sont de 156,2 milliards d'euros en 2025, contre 152,8 milliards d'euros en 2024, soit une hausse de + 3,4 milliards d'euros ou + 2,2 %.

Cette hausse est largement due à la revalorisation des pensions au 1er janvier 2025, qui a accru de + 2,3 milliards d'euros les contributions des missions au compte d'affectation spéciale « Pensions ».

En soustrayant les contributions au compte d'affectation spéciale « Pensions », la masse salariale s'établit à un niveau de 106,9 milliards d'euros, en hausse de 1,1 milliard d'euros par rapport à 2024, soit + 1,0 % en valeur mais + 0,03 % seulement en volume. Il s'agit de la plus faible augmentation en volume des dix dernières années, à l'exception de l'année 2022, marquée par une très forte inflation.

Évolution annuelle de la masse salariale,
corrigée de l'inflation

(en pourcentage de la masse salariale)

Source : commission des finances, à partir des documents budgétaires. Montants corrigés par l'indice des prix hors tabac (IPC), en moyenne annuelle

Cette modération salariale en 2025 s'explique par l'absence de mesures générales en 2025 et par un impact limité des mesures catégorielles (409 millions d'euros, dont un peu plus de la moitié correspond à des mesures prises en cours d'année).

Elle ne compense toutefois pas la très forte augmentation de l'année 2024. Le rapporteur général avait alors considéré que laisser un tel mouvement de hausse se poursuivre au cours des années à venir ne serait pas compatible avec la volonté affirmée de réduire le déficit budgétaire. Il constate donc avec satisfaction que l'année 2025 semble marquer une rupture sur ce point et compte que cette nouvelle tendance se poursuive au cours des années à venir, car l'inertie inhérente aux dépenses de personnel requiert le maintien d'une action de modération sur une longue durée.


* 51 Voir De la compensation du handicap à l'accessibilité des apprentissages : vers une école plus inclusive, rapport d'information n° 647 (2025-2026), présenté par Olivier Paccaud, rapporteur spécial, au nom de la commission des finances du Sénat, déposé le 20 mai 2026.

* 52 Article 1er de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027.

* 53 Article 11 de la loi n° 2023-1195 du 18 décembre 2023 de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027.

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