D. UN RISQUE DE RENONCEMENT AUX TRAVAUX OU DE DÉGRADATION DE LA QUALITÉ DES BÂTIMENTS PUBLICS ?

Non seulement le coût de la construction pèse de plus en plus lourd sur les finances locales, notamment depuis 2020, dans le contexte budgétaire que chacun connait, mais en outre de nombreuses auditions ont souligné que cette augmentation des prix risquait d'emporter deux lourdes conséquences.

En premier lieu, des collectivités sont contraintes de renoncer à certains projets de construction devenus trop onéreux. Ces abandons sont eux-mêmes préjudiciables, en ce qu'ils découragent la construction de bâtiments neufs ou la rénovation de bâtiments existants. Les surcoûts de construction empêchent donc de satisfaire certains besoins de la population et conduisent à retarder l'atteinte des objectifs d'économies d'énergie ou d'accessibilité.

En second lieu, l'augmentation des prix de la construction risque de s'accompagner d'une dégradation de la qualité des ouvrages. En effet, les constructeurs et les collectivités pourraient chercher à contenir la majoration des coûts par des prestations plus limitées, donc moins durables, par exemple en recourant à des techniques ou des matériaux moins onéreux mais moins pérennes. Or, comme l'a justement souligné l'Union nationale des économistes de la construction (UNTEC), il importe de raisonner en termes de « coût global » en prenant en compte le « cycle de vie d'un projet », plutôt que de se concentrer sur les seuls coûts initiaux. Certes, ces derniers peuvent, en apparence, être attractifs pour une commune mais peuvent, à terme, générer des surcoûts importants. Ce point d'est d'ailleurs au coeur de la première recommandation du présent rapport.

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