C. AU NIVEAU FRANÇAIS, RENFORCER LA RÉINDUSTRIALISATION DU PAYS ET ACCENTUER LE SOUTIEN AUX ENTREPRISES EXPORTATRICES

Pour l'économie européenne dans son ensemble, comme pour l'économie française en particulier, exporter est essentiel, car les perspectives de croissance sur notre marché domestique sont plus faibles que celles d'autres régions du monde qui voient leur richesse augmenter à un rythme bien plus soutenu.

Si, pour ce faire, la France peut compter sur un certain nombre de secteurs d'excellence qui sont déjà ses points forts à l'exportation - aéronautique et autres matériels de transport, vins et spiritueux, pharmacie, chimie, produits de luxe - elle doit continuer à se diversifier en poursuivant ses efforts de réindustrialisation et en favorisant une montée en gamme de ses produits.

Élever le niveau de compétitivité de notre économie, renforcer la politique de réindustrialisation du pays

Alors qu'un timide mouvement de réindustrialisation semblait s'être amorcé ces dernières années, cette dynamique s'est enrayée en 2024 et l'année 2025 pourrait marquer un retour du phénomène de désindustrialisation qui a conduit notre industrie à ne plus représenter que 11 % de notre PIB.

Au-delà de la difficulté conjoncturelle posée par l'instabilité politique depuis la mi-2024, la réindustrialisation du pays passe par la consolidation de points traditionnellement forts de notre économie, dont certains sont apparus ces dernières années plus fragiles que par le passé : qualité des infrastructures ; coût de l'énergie qui doit rester maîtrisé ; efforts de simplification de la vie des entreprises ; investissement soutenu en faveur de la formation initiale et continue des salariés.

Il s'agit surtout de faire en sorte que les entreprises françaises soient toujours plus nombreuses à innover, ce qui peut leur permettre ensuite de se lancer à l'export avec des chances réelles de succès.

La Team France export face aux nouvelles réalités du commerce international

En 2024, 12 292 entreprises ont été accompagnées par la Team France Export, qui rassemble notamment Buisines France, Bpifrance et les CCI, avec des impacts réels en termes de contacts commerciaux et de développement international. Ce chiffre reste toutefois insuffisant dans la mesure où la France compte 136 000 entreprises exportatrices.

En particulier, l'action de Bpifrance Export demeure bien trop marginale en termes d'accompagnement direct, avec un sous-dimensionnement manifeste par rapport à l'enjeu du soutien des PME et ETI françaises à l'export. Au surplus, la mission a constaté la persistance d'une tendance à l'éparpillement et à la redondance des offres de service et des dispositifs d'accompagnement.

Pour cela, il faut casser les silos et viser une intégration plus structurelle de certaines fonctions de la Team France Export pour bâtir une chaîne complète et cohérente, de la détection à l'accompagnement financier, et aligner les outils publics sur un modèle d'affaires export pérenne, piloté par les résultats concrets pour les entreprises.

Autre point régulièrement cité au cours des auditions : la nécessité d'utiliser une seule et même bannière pour promouvoir dans les Salons comme sur les marchés exports les savoir-faire français à l'international, à savoir la marque « France », gage de qualité, de sécurité et d'excellence, reconnue par tous.

En s'inspirant de l'exemple italien, il est important d'inciter les entreprises françaises à « chasser en meute », de sorte qu'elles s'entraident et s'associent pour conquérir tel ou tel marché à l'international.

La capacité de la France à renforcer durablement sa présence économique à l'international repose également sur des leviers immatériels encore insuffisamment mobilisés. La langue, la culture, les réseaux éducatifs et universitaires, ainsi que la francophonie constituent des atouts spécifiques susceptibles de faciliter l'accès aux marchés, de structurer des relations économiques de long terme et de favoriser des partenariats fondés sur la co-production, la co-formation et l'investissement durable.

Enfin, nos exportateurs gagneraient à s'appuyer davantage sur les entreprises françaises à l'étranger, dont il faudrait rapidement établir un recensement rigoureux, centralisé et opérationnel, comme le proposait la proposition de loi de la rapporteure Évelyne Renaud-Garabedian adoptée par le Sénat le 30 mai 2023, ainsi que sur la communauté des 3 à 3,5 millions de Français de l'étranger comme ambassadeurs des exportations françaises.

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