C. UNE PROGRESSION DES COÛTS DES SECOURS, DANS UN CONTEXTE DE HAUSSE DE LA FRÉQUENTATION TOURISTIQUE

La Cour des comptes souligne que le coût global du dispositif de secours en montagne, bien que difficile à appréhender de manière consolidée en raison de la dispersion des financeurs et des imputations budgétaires, suit une trajectoire globalement ascendante sur la dernière décennie.

Malgré ces difficultés méthodologiques, la Cour des comptes est parvenue à estimer le coût complet du secours en montagne à près de 107 millions d'euros en 2024. Cette évaluation doit être regardée, selon elle, comme une estimation basse au regard des hypothèses retenues, en particulier s'agissant des SDIS. Elle conduit à un coût moyen d'environ 10 780 euros par intervention en 2024.

Sur ce montant total, 55 % est imputable aux dépenses de personnel et de fonctionnement (y compris de formation) des PGHM, des CRS Montagne et des GMSP, 43 % aux moyens aériens de la gendarmerie nationale et de la sécurité civile, le reliquat (2 %) relevant de la médicalisation des secours en montagne par les SAMU.

Ventilation du coût complet du secours en montagne en 2024

(en millions d'euros)

Source : commission des finances d'après les données de l'enquête de la Cour

Le coût complet du dispositif a progressé, selon la Cour, de près de 55 % depuis 2012 (contre une inflation cumulée de 25 % sur la même période), dont + 17,4 % pour les PGHM, + 11,5 % pour les CRS et + 141 % pour les moyens aériens de la sécurité civile et de la gendarmerie. Ainsi, outre une hausse du niveau global des activités de secours, la hausse du coût s'explique principalement par l'augmentation très marquée du coût des moyens aériens. En 2024, le coût d'emploi des hélicoptères pour le secours en montagne est estimé à près de 46 millions d'euros, répartis de manière quasi-équivalente entre la sécurité civile et la gendarmerie nationale.

Ainsi que le souligne la Cour, la hausse des dépenses liées aux moyens aériens s'explique notamment par l'augmentation marquée des coûts de maintenance, celle-ci étant particulièrement prononcée pour la gendarmerie nationale en raison du vieillissement de son parc d'hélicoptères28(*). Pour cette dernière, le coût de maintenance à l'heure de vol a fortement progressé depuis 2018, avec une augmentation de plus de 125 % pour les AS350 et de plus de 150 % pour les EC145-C2.

Recommandation n° 1 : Engager rapidement le renouvellement de la flotte d'hélicoptères de la gendarmerie nationale afin de garantir la sécurité des interventions et de maîtriser les coûts croissants de maintenance (ministère de l'Intérieur, ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique).

Les rapporteurs spéciaux rappellent toutefois que cette progression des coûts doit être mise en regard de la hausse de la fréquentation des zones de montagne et de l'objectif fondamental de sécurité des personnes. Le secours en montagne répond en effet à une mission de service public essentielle, dont le coût ne peut par ailleurs être apprécié indépendamment des bénéfices en termes d'attractivité et d'économie touristique des territoires concernés.


* 28 Voir supra.

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