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NAYROU Jean

Ancien sénateur de l'Ariège

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Réélu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 1er octobre 1980 (ne se représente pas)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

NAYROU (Jean)

Né le 3 décembre 1914 à Esplas-de-Sérou (Ariège)

Décédé le 6 février 1983 à Foix (Ariège)

Sénateur de l'Ariège de 1955 à 1958

Jean Nayrou, instituteur de formation, s'engage tôt dans la vie politique : il milite à la SFIO dès 1932, à l'âge de dix-huit ans. Après le brevet élémentaire et le brevet supérieur, Jean Nayrou obtient son certificat d'aptitude pédagogique et le brevet pour l'enseignement agricole. Il devient instituteur public puis instituteur itinérant agricole.

En 1939, il est nommé secrétaire général du syndicat des instituteurs.

Pendant la guerre, il combat en tant que maréchal des logis en 1939-1940, puis d'avril à août 1945.

Il entame sa vie politique après la guerre avec son élection au conseil général de l'Ariège, pour le canton de Vicdessos le 23 septembre 1945. Il occupera ce siège sans interruption. Président du syndicat agricole et du foyer rural de Suc-et-Sentenac, il est maire de cette ville à partir de 1953.

Devenu secrétaire fédéral de la fédération SFIO de l'Ariège en 1954, il est désigné en 1955 par le congrès départemental comme candidat aux élections sénatoriales en remplacement de Henry Assaillit, sénateur sortant.

Elu au Conseil de la République le 19 juin 1955, il entre aux commissions de l'intérieur et du suffrage universel, où il siège sans interruption jusqu'en 1958. Il est également, au cours de ce premier mandat, membre suppléant de la commission de l'agriculture, de la commission des moyens de communication et de la commission de la presse, de la radio et du cinéma, de 1956 à 1958. Enfin, il siège en 1956-1957 à la commission de coordination temporaire chargée d'examiner le projet de loi créant une organisation commune des régions sahariennes.

Les interventions de Jean Nayrou au Conseil de la République portent sur des sujets très variés. Dès son arrivée au Conseil, il dépose une proposition de loi visant à compléter l'ordonnance du 2 novembre 1945 organisant la protection des végétaux (1955-1956). La même année, il est rapporteur pour avis de la commission de l'intérieur sur le projet de loi portant ajustement des dotations budgétaires pour 1956. Il dépose également, en 1956-1957, une proposition de résolution tendant à la création d'une caisse de crédit aux départements et aux communes, et en 1957-58, une proposition de résolution pour permettre à certaines catégories de malades dans la fonction publique de bénéficier des congés de longue durée.

En tant qu'instituteur, il prend une part active dans la discussion de la proposition de loi relative à la formation professionnelle et à la vulgarisation agricole en 1955-1956 et en 1956-1957, votant contre le projet du gouvernement réorganisant la formation professionnelle agricole.

En 1956-1957, au nom de la commission de l'intérieur, il présente sur le projet de loi de finances pour 1957 des observations concernant la réorganisation de la carrière préfectorale, la situation des agents de la sûreté nationale, et les ressources des collectivités locales. Il est à nouveau rapporteur pour avis de la commission de l'intérieur sur le projet de loi de finances pour 1958.

Il pose une question orale en 1957-58 au ministre de la reconstruction et du logement, réagissant face au faible nombre d'habitations à loyer modéré attribuées au département de l'Ariège.

Son intervention sans doute la plus marquante au cours de ces années de mandat sous la IVe République concerne l'Algérie : en 1957-1958, il est en effet chargé par la commission de l'intérieur de présenter un avis sur le projet de loi relatif aux élections territoriales, départementales et communales en Algérie, et il est rapporteur lors des discussions des projets de loi sur les institutions de l'Algérie d'une part, et sur les élections en Algérie d'autre part.

Les 2 et 3 juin 1958, Jean Nayrou vote pour les pleins pouvoirs et la réforme constitutionnelle.

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Ve République

NAYROU (Jean)

Né le 3 décembre 1914 à Esplas-de-Sérou (Ariège)

Décédé le 6 février 1983 à Foix (Ariège)

Sénateur de l'Ariège de 1955 à 1980

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome V, p. 528-529)

Membre du Conseil de la République depuis 1955, Jean Nayrou sollicite le renouvellement de son mandat auprès des grands électeurs ariégeois à l'occasion des premières élections sénatoriales organisées par la Ve République, le 26 avril 1959. Comme en 1955, il est reconduit à l'unique fauteuil de sénateur de l'Ariège dès le premier tour avec 413 voix sur 559 suffrages exprimés. Le maire socialiste de Suc-et-Sentenac rencontre même un succès plus aisé que lors du précédent scrutin puisqu'il devance très nettement ses rivaux : le radical Albert Subra ne recueille que 67 voix et l'ancien sénateur communiste Aimé Molinié 42 voix.

Témoignant de la domination socialiste dans l'Ariège, la réélection de Jean Nayrou lors des élections sénatoriales du 23 septembre 1962 est même triomphale : avec 466 voix sur 517 suffrages exprimés, il voit son mandat renouvelé par 83% des grands électeurs. Aimé Molinié, seul autre candidat en lice, n'obtient que 51 voix.

Jean Nayrou retrouve une dernière fois son siège sénatorial à l'occasion des élections du 26 septembre 1971. Le candidat du Parti socialiste recueille ainsi 392 voix sur 557 suffrages exprimés dès le premier tour de scrutin. Son succès est moins net qu'en 1962 puisqu'il trouve cette fois en face de lui deux autres candidats : François Dhomps, de l'Union pour la défense de la République (UDR), et le communiste Pierre Daidie, qui rassemblent respectivement 112 et 53 voix.

Au Palais du Luxembourg, Jean Nayrou, militant de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) depuis 1932, s'inscrit tout naturellement au groupe socialiste. Tout au long de son mandat, il est membre de la commission des lois. En 1974, il est nommé au conseil national des services publics départementaux et communaux. Il fait preuve d'une très grande activité à la Haute assemblée. Il exerce ainsi les fonctions de rapporteur pour avis de la commission des lois sur le budget du ministère de l'Intérieur durant toute la durée de son mandat. Il rapporte également plusieurs textes législatifs, notamment celui concernant un recrutement exceptionnel des fonctionnaires de la sûreté nationale et de la préfecture de police en 1964.

Il prend fréquemment la parole au cours des séances publiques et pose de nombreuses questions orales. Ce parlementaire très actif intervient sur les sujets les plus divers : la lutte contre l'alcoolisme (1960), le statut des fonctionnaires (1964), la modification du code de procédure pénale (1966), l'alimentation des appelés du contingent (1968), les fusions et regroupements de communes (1971), les offices d'Habitations à loyer modéré (HLM) (1973), les grèves à l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) (1974), le congé parental d'éducation (1977) ou les sociétés coopératives ouvrières de production (1978).

Vice-président de la chambre d'agriculture, président de l'association d'économie montagnarde et chevalier du Mérite agricole, ce remarquable connaisseur du monde rural pyrénéen s'intéresse plus particulièrement aux difficultés économiques des zones de montagne. Il s'exprime aussi bien sur la faible rentabilité des petites exploitations agricoles montagnardes que sur les problèmes de transhumance.

Ancien instituteur itinérant agricole, Jean Nayrou continue à la Haute assemblée à se préoccuper de la situation de l'enseignement en milieu rural. Ainsi intervient-il régulièrement à propos du ramassage scolaire ou de l'enseignement et de la formation professionnelle agricole. Défenseur de l'occitan, il plaide aussi fréquemment pour l'enseignement des langues régionales.

Il consacre une grande part de son activité parlementaire à sa terre natale et élective. Il ne cesse de défendre l'Ariège, intervenant sur tous les sujets qui la concernent : son équipement touristique, la crise industrielle qui y sévit, ses équipements scolaires, ses infrastructures routières, la création d'un parc national ou l'indemnisation des agriculteurs ariégeois touchés par différentes calamités naturelles.

Jean Nayrou s'emploie enfin régulièrement à évoquer la situation des personnes atteintes de la sclérose en plaque.

En cours de mandat, il vote pour la loi autorisant le Gouvernement à prendre, par application de l'article 38 de la Constitution, certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie en 1960, pour la loi portant réforme des régimes matrimoniaux en 1965, pour la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances en 1967, pour la loi fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité en 1974, pour la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse en 1974 et pour la loi portant réforme du divorce en 1975. Il se prononce en revanche contre la loi portant création et organisation des régions en 1972 et contre la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat en 1973.

Parallèlement à sa carrière parlementaire, Jean Nayrou continue de jouer un rôle essentiel dans la vie politique de l'Ariège, terre à laquelle il est viscéralement attaché. Conseiller général du canton de Vicdessos depuis 1945, il occupe ce siège sans discontinuer jusqu'en mars 1982. A cette date, il est élu conseiller général du canton de La Bastide-de-Sérou. Il exerce les fonctions de secrétaire de l'assemblée départementale ariégeoise pendant ses trente-huit années de mandat et celles de vice-président de 1967 à 1969.

Jean Nayrou est maire de Suc-et-Sentenac, petit village peuplé d'une centaine d'âmes, de 1953 à 1965. Puis, de 1965 à 1971, il siège au conseil municipal de Foix, devenant adjoint au maire du chef-lieu du département de l'Ariège. Enfin, de 1971 jusqu'à son décès, en 1983, il est maire de La Bastide-de-Sérou.

Il siège également au sein du conseil régional de Midi-Pyrénées à partir de 1973.

Après avoir représenté son Ariège natale durant un quart de siècle au Palais du Luxembourg, Jean Nayrou choisit de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat parlementaire lors des élections de septembre 1980. Il ne se retire pas pour autant de la vie publique puisqu'il continue d'exercer ses mandats de conseiller général et de maire.

Trois ans seulement après son départ de la Haute assemblée, Jean Nayrou s'éteint à Foix, à l'âge de soixante-huit ans, des suites d'une cruelle maladie.

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Photo de M. Jean NAYROU, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 3 décembre 1914
Décédé le 6 février 1983
Profession
Instituteur
Département
Ariège