C. DES EXPORTATEURS FRANÇAIS INÉGALEMENT EXPOSÉS EN RAISON D'UNE POSITION FRANÇAISE SINGULIÈRE
La France a exporté 48,6 milliards d'euros de biens vers les États-Unis en 2024 et, prises dans leur ensemble, ses exportations vers les États-Unis n'ont pour l'instant pas beaucoup souffert des droits de douane américains, même si les entreprises exportatrices considèrent l'incertitude permanente et la complexité juridique induites par les décisions de l'administration Trump comme des fléaux.
Le premier poste à l'exportation de la France vers les États-Unis - l'aéronautique et le spatial - demeure exonéré de droits de douane. Le secteur pharmaceutique bénéficie également d'exonérations et le secteur du luxe devrait pouvoir répercuter tout ou partie des droits de douane sur ses clients américains.
En revanche, les États-Unis représentent près du quart des exportations françaises de vins et spiritueux. Or, globalement stables au premier semestre 2025, les exportations de boissons ont fortement chuté à partir de juillet (- 30 % en juillet, puis - 47 % en août et - 40 % en septembre). La moitié de la baisse des boissons est due au cognac, suivi par les vins et le champagne. Obtenir une exemption pour les vins et spiritueux - la filière viticole française subissant par ailleurs une crise profonde - doit donc constituer une priorité que la France doit continuer à porter auprès de la Commission européenne, dans le cadre des négociations commerciales d'exemptions prévues par l'accord de Turnberry.
L'autre secteur mis en péril est celui de la métallurgie, qui connaît de profondes difficultés, dues en particulier à la faiblesse de la demande et aux surcapacités chinoises. Pour ce secteur, la mise en place sur les exportations européennes d'acier et d'aluminium vers les États-Unis de droits de douane à hauteur de 50 % a constitué une nouvelle très défavorable : les ventes d'acier français aux États-Unis ont chuté de plus d'un quart au cours des derniers mois.
Obtenir des quotas exonérés de taxe aux États-Unis, dans le cadre des négociations prévues par l'accord de Turnberry, constitue donc une nécessité pour ce secteur, en parallèle des mesures prévues pour le préserver de la concurrence chinoise.
