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MONORY René

Ancien sénateur de la Vienne

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

  • Ancien Président du Sénat

Election

  • Elu le 22 septembre 1968 jusqu'au 29 avril 1977 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 2 septembre 1977 jusqu'au 1er novembre 1977 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 19 septembre 1981 jusqu'au 19 avril 1986 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 28 septembre 1986 jusqu'au 1er novembre 1986 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 4 septembre 1988
  • Réélu le 24 septembre 1995
  • Fin de mandat le 30 septembre 2004 (ne se représente pas)

Fonctions antérieures

  • Ministre

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe Union pour un Mouvement Populaire

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

MONORY (René)

Né le 6 juin 1923 à Loudun (Vienne)

Décédé le 11 avril 2009 Loudun (Vienne)

Sénateur de la Vienne de 1968 à 2004

Président du Sénat de 1992 à 1998

Ministre de l'industrie, du commerce et de l'artisanat de 1977 à 1978

Ministre de l'économie de 1978 à 1981

Ministre de l'éducation nationale de 1986 à 1988

A 15 ans, titulaire d'un brevet d'études, René Monory préfère la vie professionnelle et devient apprenti mécanicien dans le garage de son père. A 20 ans, en 1943, il est réfractaire au STO et se cache. Il rejoint l'armée de février 1945 à avril 1946, avant de reprendre le garage de son père. Il développe l'entreprise familiale et étend son activité au négoce, notamment dans le domaine des machines agricoles. C'est dans sa jeunesse qu'il développe son goût pour le sport et la compétition, qui en font l'un des meilleurs pongistes français et un pêcheur émérite. Il obtient même un record du monde en 1984, dans le domaine de la pêche à l'espadon.

A 30 ans, René Monory se lance en politique. Il est élu conseiller municipal de Loudun en mars 1953 et, dès lors, ne perd plus une élection au suffrage universel. Après un mandat comme simple conseiller, il est élu, en mars 1959, maire de Loudun. Deux ans plus tard, il en devient aussi conseiller général.

René Monory est alors sollicité par Pierre Abelin, maire centriste de Châtellerault qui tente de conquérir une circonscription tenue par les gaullistes, pour devenir son suppléant aux élections législatives de 1962. Il l'emporte et le ticket est reconstitué, avec succès, aux législatives de 1967. C'est ainsi que, sous le parrainage d'une figure du centrisme poitevin, René Monory fait son entrée dans la politique nationale. Il pense déjà à sa propre élection au Parlement, mais dans l'autre chambre, le Sénat.

Aux élections sénatoriales du 22 septembre 1968, il se présente sous l'étiquette de l'Union des républicains démocrates, animée par Jean-Marie Bouloux, conseiller général, maire de Montmorillon et sénateur depuis 1958. Bouloux et Monory emportent les deux sièges du département, battant ainsi l'autre sortant, Jacques Masteau. René Monory retrouve son siège sans discontinuer jusqu'en 2004, date à laquelle il choisit de ne pas se représenter.

La profession de foi rédigée par René Monory pour les élections de 1968 porte en germe les principaux axes de son action politique nationale : adaptation de la France aux mutations économiques, encouragement de la décentralisation, promotion de l'institution sénatoriale et de son rôle législatif : « au cas où je serais élu, je défendrais le Sénat en tant qu'assemblée législative. Si malheureusement le Sénat devenait une assemblée consultative seulement, je considère que les collectivités locales ne seraient alors plus représentées au niveau national. Je suis, par contre, conscient de la nécessité d'une adaptation du Sénat à la vie actuelle, compte tenu de l'évolution rapide de l'économie. Je considère que le sénateur doit rester le défenseur des communes et doit travailler en permanence et en collaboration avec les élus des collectivités locales ».

A son arrivée au Palais du Luxembourg, René Monory s'inscrit logiquement au groupe de l'Union centriste des démocrates de progrès (UCDP). Bien que n'étant pas un homme de parti, il veille à toujours s'investir au sein de la famille centriste. En 1972, il devient vice-président du Centre démocrate. Jusqu'à son retrait de la scène nationale, il ne quitte plus les instances dirigeantes des formations centristes, tant au sein du CDS puis de Force démocrate qu'à l'UDF, dont il est nommé en 2001 membre de droit du conseil de la présidence.

Au Sénat, il est, dès sa première élection, nommé membre de la commission des finances et de la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes.

Fidèle à ses engagements, le sénateur Monory veille aux intérêts des collectivités territoriales et notamment des communes. Au Sénat, il participe à la discussion des projets de loi relatifs au permis de construire (décembre 1968), à la gestion communale et aux libertés communales (décembre 1970), à la fusion et au regroupement des communes (juin 1971), à la création et à l'organisation des régions (mai 1972) au sujet duquel il se prononce contre le texte établi par la commission mixte paritaire, aux projets d'aménagement et aux plans d'urbanisme ainsi qu'à la création de la taxe professionnelle (juin 1975). Dans la Vienne, il devient en 1971 président de l'association des maires du département. Il participe à la création de la Fédération mondiale des villes jumelées et jette les bases de la coopération décentralisée en mettant en place le premier jumelage nord-sud, entre Loudun et Ouagadougou.

René Monory s'investit également dans les questions touchant aux finances et au développement économique. Il participe à la discussion de la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat, qu'il approuve. Il est un rapporteur spécial de la commission des finances actif dans toutes les discussions budgétaires, avant de logiquement succéder à Yvon Coudé du Foresto, dont il est proche, et de devenir en 1975 rapporteur général de la commission des finances. A ce poste difficile, il fait preuve de dynamisme et propose à ses collègues des analyses sans complaisance de la politique économique et financière du gouvernement Barre. Son indépendance d'esprit ne le dessert pas, au contraire, puisque, deux ans plus tard, elle lui ouvrira les portes du Gouvernement.

De 1968 à 1977, René Monory ne fait, au Sénat, qu'une seule incursion hors de ses sujets de prédilection - les collectivités locales et l'économie - en étant rapporteur, en 1973, de la commission de contrôle relative aux écoutes téléphoniques. Il ne participe ni à la discussion de la loi de 1974 abaissant à 18 ans l'âge de la majorité, ni, en 1975, à celles de la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse et de la loi portant réforme du divorce. S'il vote en faveur des deux dernières, il ne prend pas part au vote de la première.

Apprécié du président Giscard d'Estaing, René Monory devient ministre le 30 mars 1977. Il occupe pendant un an le portefeuille de l'industrie, du commerce et de l'artisanat avant d'être promu en avril 1978 ministre de l'économie. Entre temps, il a été réélu aux élections sénatoriales de 1977. La même année, soucieux de son ancrage local, il est aussi devenu président du conseil général de la Vienne à la suite du décès de son « parrain » en politique, Pierre Abelin.

Dans un gouvernement dirigé par le « meilleur économiste de France », le ministre de l'économie s'impose par son pragmatisme et la clarté de ses analyses. Les raisons pour lesquelles il choisit de libérer les prix industriels malgré un contexte fortement inflationniste semblent comprises de l'opinion. Il cherche à répondre aux préoccupations concrètes des Français et à améliorer leur vie quotidienne, ce qui le conduit à réformer le régime de l'épargne populaire. A cette occasion, il laisse son nom à l'un des produits financiers préféré des Français, les « sicav Monory ». Fidèle à ses convictions, il s'efforce de trouver les moyens d'adapter la France, et notamment son appareil productif qu'il juge vieillissant, aux mutations de l'économie. Il en résultera en 1978 une loi sur l'épargne et le financement des entreprises.

Après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République et la victoire de la gauche aux élections législatives qui suivent, René Monory retrouve dès le mois de juillet 1981 son siège au Sénat, à la faveur d'une élection partielle provoquée par la démission de Guy Robert, son suppléant dévoué depuis 1968.

Rapidement, René Monory se positionne en opposant résolu à la politique économique du Gouvernement. Il combat sa politique budgétaire génératrice de déficit et d'endettement, et se fait porte parole des épargnants. Il combat particulièrement les nationalisations - il est à l'origine, avec Etienne Dailly, du recours au Conseil d'Etat qui permet de revaloriser l'indemnisation des actionnaires - et organise son action en créant l'association « Défense-Epargne », dont le message rencontre un écho important dans l'opinion et qui devient un interlocuteur incontournable du Gouvernement.

Progressivement, René Monory cherche à s'imposer comme l'un des leaders de la droite et du centre. S'il reste membre du CDS, il crée en 1983 le « Club des démocrates », dont il souhaite qu'il réfléchisse à la société de demain et qu'il éclaire les Français sur leur devenir, et édite une Lettre de René Monory. Il publie la même année Combat pour le bon sens, dans lequel il expose sa vision de la France et de ce que devrait être son avenir. Il y analyse aussi le rôle du Sénat dans le contexte de l'après 1981, en considérant qu'il doit « trouver le juste milieu entre l'opposition systématique et l'approbation inconditionnelle ».

Alors que la droite s'interroge sur la conduite à tenir face à l'émergence du Front national, René Monory écarte d'emblée l'hypothèse d'une alliance avec le parti d'extrême droite.

Au Sénat, il retrouve en 1981 la commission des finances et, comme auparavant, concentre - dans un premier temps du moins - ses interventions sur ses sujets de prédilection, l'économie et les collectivités territoriales. Il prend notamment une part active, en 1985, à la discussion des projets de loi relatifs à la dotation globale de fonctionnement et la dotation globale d'équipement. En 1981, il ne prend pas part à la discussion du projet de loi portant abolition de la peine de mort et vote contre le texte. Attaché à l'institution sénatoriale et fin connaisseur de ses rouages, il est choisi par ses collègues, de 1983 à 1986, pour présider la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes

A mesure que son rôle national s'accentue et que les observateurs commencent à voir en lui un Premier ministre potentiel ou un futur président du Sénat, ses interventions devant la Haute assemblée se font plus politiques. En 1984, il s'oppose au projet de loi constitutionnelle portant révision de l'article 11 de la Constitution pour permettre aux français de se prononcer par référendum sur les garanties fondamentales en matière de libertés publiques. Il dénonce une conception plébiscitaire du référendum et s'attache à la protection des garanties constitutionnelles accordées aux libertés. La même année, il condamne avec virulence la politique du Gouvernement en Nouvelle-Calédonie.

René Monory souhaite pouvoir s'appuyer au plan national sur ses réalisations d'élu local. Il perçoit très tôt les enjeux économiques qui s'attachent aux nouvelles technologies et le potentiel que représente pour une région le développement du tourisme. En 1984, la Vienne est le premier département dans lequel, sur l'initiative du président de son Conseil général, toutes les écoles sont équipées en micro-ordinateurs. Parallèlement, il met à l'étude un projet de « cité du futur », à la fois parc de loisir et outil éducatif. Le Futuroscope sera inauguré en 1987. Fort de ses succès dans la Vienne, ce départementaliste, qui préside depuis 1983 l'Union républicaine des conseils généraux, brigue en 1985 la présidence de la région Poitou-Charentes, qu'il conquiert pour l'abandonner dès 1986 en raison de la législation sur le cumul des mandats.

Lorsque la droite remporte les élections législatives du 16 mars 1986, René Monory est appelé par Jacques Chirac, avec lequel il a toujours entretenu de bonnes relations, pour occuper le portefeuille de ministre de l'Education nationale. Pour celui qui place l'éducation au plus haut rang des priorités nationales, c'est l'occasion d'agir sur le cours des choses. Mais la grande réforme des universités qu'il engage avec son secrétaire d'Etat Alain Devaquet se heurte à d'importantes manifestations étudiantes. Après la mort de l'étudiant Malik Oussekine, Alain Devaquet décide de démissionner tandis que le Premier ministre retire le projet de réforme.

En 1988, François Mitterrand est réélu à la présidence de la République et engage une politique d'ouverture au centre. René Monory la combat vivement et sera un opposant intransigeant aux gouvernements de Michel Rocard puis d'Edith Cresson, elle aussi élue de la Vienne, et de Pierre Bérégovoy.

Réélu au Sénat au mois de septembre 1988, à la faveur d'une élection partielle provoquée par la démission de son suppléant Jacques Grandon, il retrouve la commission des finances et devient rapporteur spécial des crédits d'investissement militaire. Mais son objectif est désormais la présidence de la Haute assemblée. En 1989, il se présente au second tour mais ses collègues décident de reconduire Alain Poher.

Son échec ne le dissuade pas. De 1989 à 1992, il se prépare à atteindre l'objectif qu'il s'est fixé de longue date. Le 1er octobre 1992, il remporte la primaire organisée par les trois groupes de droite non gaullistes pour désigner le candidat qui disputera la présidence du Sénat à Charles Pasqua, président du groupe RPR et qui souhaite mettre un terme à la domination centriste au palais du Luxembourg.

Le 2 octobre 1992, René Monory est élu président du Sénat. Il déclare ne pas souhaiter être un « président combattant politique » et conçoit son rôle comme celui d'un gardien de la Constitution. Il souhaite que le Sénat soit un lieu de réflexion prospective et annonce le lancement de grands chantiers dans les domaines de l'Europe, l'environnement, l'emploi mais aussi l'aménagement du territoire, le Sénat devant selon lui se positionner comme « l'assemblée du renouveau de l'espace français ». Il se fixe également l'objectif de mieux faire connaître le rôle de son assemblée, en communiquant sur ses réalisations et ses apports à la vie démocratique.

Deuxième personnage de l'Etat, René Monory est un homme politique qui pèse dans le débat public. Il tente d'imposer les thématiques qui lui sont chères : la décentralisation et son corollaire la déconcentration, l'aménagement du territoire, l'Europe et la monnaie unique, l'emploi et la formation professionnelle. Il considère que le pays doit doter sa jeunesse des armes dont elle a besoin pour affronter l'avenir. Pour y parvenir, il plaide en faveur d'un « électrochoc » en matière de politique de l'emploi et pour un rajeunissement des dirigeants, aussi bien politiques que dans les entreprises. Lorsque ses idées, qu'il rassemblera en 1995 dans Des clés pour le futur, ne sont pas reprises par le Gouvernement, il n'hésite pas à faire connaître son mécontentement. Progressivement, il se démarque du Premier ministre Edouard Balladur, nommé en 1993 après la large victoire de la droite aux élections législatives. Le dépôt en première lecture à l'Assemblée nationale, et non au Sénat, du projet de loi d'orientation sur l'aménagement du territoire, dont le contenu doit pourtant beaucoup aux travaux de réflexion conduits par les sénateurs, illustre cette tension croissante. Aux élections présidentielles de 1995, René Monory, qui a longtemps plaidé pour une candidature issue de l'UDF, refuse de choisir entre Edouard Balladur, soutenu par l'UDF, et Jacques Chirac.

René Monory est logiquement reconduit à la présidence du Sénat lors du scrutin qui suit les élections sénatoriales de septembre 1995. Son autorité est telle qu'aucun candidat de droite ou du centre ne se présente contre lui, même si trente-neuf sénateurs de la majorité choisissent de ne pas lui apporter leur suffrage.

La visibilité politique et médiatique que le Sénat retrouve pendant les premières années de la présidence de René Monory provient du poids politique de son président mais est aussi le fruit des réformes internes qu'il a engagées dès son arrivée au Petit Luxembourg. Comme il l'avait annoncé, il développe la communication et modifie en conséquence l'organisation des services du Sénat. Il décide de l'installation d'une régie audiovisuelle qui permet de filmer la séance publique et lance, en liaison avec son homologue de l'Assemblée nationale, les premières réflexions sur la création d'une chaîne de télévision parlementaire. Il ouvre, rue de Vaugirard, un Espace Librairie dans lequel le public peut, sans rendez-vous, consulter les travaux du Sénat et acquérir des documents parlementaires ou des objets siglés au logo du Sénat. Il ouvre le Palais du Luxembourg à des manifestations citoyennes, telles que l'opération « Sénateurs juniors ». Il crée un service des relations internationales. Surtout, très tôt, il positionne le Sénat sur le créneau des nouvelles technologies. Il informatise l'ensemble des services et lance le développement d'un site Internet, qui sera en ligne en octobre 1995.

A compter du printemps 1997 et de l'élection d'une majorité de « gauche plurielle » à l'Assemblée nationale, René Monory préside une assemblée qui se trouve à nouveau dans l'opposition et qui doit définir son positionnement face au gouvernement de Lionel Jospin. Plutôt, comme il l'avait fait par le passé, que de rejeter par des motions de procédure les textes ne trouvant pas grâce aux yeux de sa majorité, le Sénat décide de jouer pleinement son rôle de législateur et de réécrire systématiquement les projets du Gouvernement dans un sens conforme à sa vision des choses, même si cela doit ralentir le processus d'élaboration des lois voulues par la nouvelle majorité.

Opposé à la politique économique du Gouvernement, René Monory doit bientôt également gérer un affrontement institutionnel, après que le Premier ministre a qualifié dans la presse le Sénat d' « anomalie » et de « survivance des chambres hautes conservatrices », mettant ainsi à mal le travail de redressement de l'image du Sénat accompli depuis cinq ans. Le président du Sénat défend alors avec force son assemblée. Il défend aussi sa vision de la représentation institutionnelle des territoires en s'opposant au projet d'interdiction du cumul d'un mandat parlementaire et d'une fonction exécutive locale.

Pleinement investi dans ses combats, voyageant de plus en plus pour accroître l'action internationale du Sénat, développant ses idées pour que la France tienne son rang dans l'économie mondialisée - comme celles d'un service national économique ou d'une réforme de la fiscalité du patrimoine -, René Monory ne perçoit pas que sa réélection, à l'issue du renouvellement sénatorial de 1998, ne sera pas aussi consensuelle qu'en 1995.

D'abord analysée comme une démarche individuelle et isolée, la candidature du président de la commission des finances, et membre du groupe du Rassemblement pour la République (RPR), Christian Poncelet, rencontre un écho croissant chez les sénateurs de la majorité qui sentent que, pour redresser son image, le Sénat a besoin de changer de tête.

C'est ainsi que, le 25 juin 1998, lorsqu'il prononce le traditionnel discours de fin de session, dans lequel il retrace les grandes lignes de l'activité de législation et de contrôle, René Monory ne sait pas encore qu'il est en réalité en train de dresser le bilan de son action à la présidence du Sénat. Il se félicite des réformes administratives entreprises dans le domaine de la communication et des technologies nouvelles. Fidèle aux thèmes qui lui tiennent à coeur depuis sa première élection au Sénat trente ans plus tôt, il invite ses collègues et le Gouvernement à travailler sur « l'association de ces trois mots : mondialisation, exclusion, formation », et en particulier appelle à « décentraliser la formation ». Une semaine plus tard, il clôt la session ordinaire. Jusqu'à la fin de son mandat en 2004, il ne prendra plus parole dans l'hémicycle du Sénat.

Au soir du premier tour de scrutin, le 1er octobre 1998, René Monory est devancé. Il se retire immédiatement au profit du centriste Daniel Hoeffel et quitte sans attendre le Petit Luxembourg. Christian Poncelet devient président du Sénat.

Dès lors, à soixante-quinze ans, René Monory s'éloigne progressivement de la Haute assemblée. Désormais membre de la commission des affaires étrangères puis de la commission des affaires économiques, il ne participe plus aux discussions en séance publique. En 1999, il soutient la majorité sénatoriale dans son rejet de la proposition de loi instituant le pacte civil de solidarité et vote la question préalable. Il approuve le projet de loi constitutionnelle relatif à l'égalité entre les hommes et les femmes. En 2003, il vote le projet de loi constitutionnelle relatif à l'organisation décentralisée de la République.

René Monory prend aussi progressivement ses distances avec la vie politique locale. Il démissionne de la mairie de Loudun en 1999 mais achève son mandat de conseiller municipal. Il conserve cependant en 2001 la présidence du Conseil général, notamment pour assurer l'avenir juridique et financier du Futuroscope. En 2004, il ne se représente ni aux élections cantonales, ni aux élections sénatoriales.

Malgré une santé de plus en plus fragile, René Monory n'hésite cependant pas à continuer de mener les combats qui ont été les siens tout au long de sa vie politique. En 2003, alors qu'un autre élu de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin, est Premier ministre, il devient membre de droit de la commission nationale du débat sur l'avenir de l'école mise en place au ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche. En décembre 2002, lui qui s'est toujours efforcé de maintenir des liens avec l'ensemble des dirigeants de son camp par delà les attaches partisanes, souscrit au projet de créer un grand parti de la droite et du centre et rejoint le groupe de l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Il reste animé par la volonté d'éclairer ses compatriotes et publie en 2004 La volonté d'agir.

Le 14 mars 2004, René Monory est élevé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur. Il est décoré par le Président de la République, Jacques Chirac.

Le 7 février 2008, il est hospitalisé, subit une opération et peut regagner son domicile. Le 3 août 2008, il est de nouveau transféré au CHU de Poitiers, en raison d'un problème respiratoire. Il en sort quelques jours plus tard, mais décède dans sa maison familiale, à l'âge de 85 ans, au printemps suivant.

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Photo de M. René MONORY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Union pour un Mouvement Populaire
Etat-civil
Né le 6 juin 1923
Décédé le 11 avril 2009
Profession
Négociant
Département
Vienne