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La politique de lutte contre le cancer

4. Les disparités régionales

En 1995, les disparités de mortalité par cancer entre régions sont plus importantes chez l'homme que chez la femme.

Chez l'homme, les taux comparatifs vont respectivement d'une sous-mortalité de - 16 % en Midi-Pyrénées à une surmortalité de + 26 % en Nord-Pas-de-Calais. En plus de cette dernière région, quatre présentent une mortalité supérieure de 10 % à la moyenne nationale. Il s'agit des régions Lorraine (+ 16 %), Haute-Normandie (+ 14 %), Picardie et Bretagne (+ 13 %). Les disparités concernant la mortalité prématurée sont encore plus grandes allant d'une sous-mortalité de - 29 % en Midi-Pyrénées à une surmortalité de + 39 % dans le Nord-Pas-de-Calais. Les régions présentant une surmortalité prématurée supérieure de 10 % à la moyenne nationale sont également celles où existe une surmortalité générale par cancer, auxquelles vient s'ajouter la Champagne-Ardenne. En plus de la région Midi-Pyrénées, cinq régions présentent une sous-mortalité prématurée supérieure à 10 % de la moyenne nationale : - 16 % en régions PACA et Corse, - 14 % en Aquitaine et - 13 % en Rhône-Alpes et en Languedoc-Roussillon.

Chez la femme, les taux comparatifs varient de façon plus modérée que chez l'homme : de - 12 % à + 14 %. Deux régions présentent une sous-mortalité supérieure à 10 % de la moyenne nationale. Il s'agit des régions Midi-Pyrénées et Limousin (- 12 %). Ces deux régions sont également les seules à présenter des taux comparatifs de mortalité prématurée inférieurs à la moyenne nationale. Le Nord-Pas-de-Calais, comme chez l'homme, est une région particulièrement touchée par les décès par cancer : elle est la seule région à présenter une surmortalité de plus de 10 % de la moyenne nationale (+ 14 %) et une surmortalité prématurée de + 19 %.

5. L'épidémiologie du cancer en France au regard de la situation des autres pays développés

La France présente des taux de cancers particulièrement élevés, de 10 à 25 % supérieurs chez l'homme aux taux des autres pays européens. C'est le cas notamment des cancers des VADS, et du cancer de la prostate.

Chez la femme, la France se situe parmi les pays présentant un taux moyen, supérieur aux taux observés dans les pays d'Europe du sud. C'est le cas notamment du cancer du sein et des mélanomes de la peau qui présentent un gradient nord-sud avec des taux élevés en Europe du nord.

Cancer du sein

Le cancer du sein représente près de 1/3 des tumeurs malignes chez la femme. C'est donc de loin le cancer féminin le plus fréquent.

En dix ans, les taux d'incidence ont augmenté de plus de 27 %, alors que les taux de mortalité ont globalement très peu évolué.

L'incidence du cancer du sein a augmenté dans toutes les régions, entre 1985 et 1995 mais de façon hétérogène. Cette augmentation de l'incidence est vraisemblablement partiellement liée aux pratiques de dépistage qu'elles soient individuelles ou situées dans le cadre de programmes organisés. Toutefois, du fait de la couverture partielle des populations par ces programmes de dépistage, on n'observe pas de manière systématique de répercussion importante du dépistage sur l'incidence comme sur la mortalité dans les huit régions où au moins un des départements a instauré ce dépistage depuis 1989, 1990 ou 1991 (Bas-Rhin en Alsace, Bouches du Rhône et Alpes-Maritimes en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Rhône et Isère en Rhône-Alpes, Ardennes et Marne en Champagne et Sarthe dans le pays de la Loire, Hérault en Languedoc-Roussillon, Somme en Picardie et Orne en Basse-Normandie).

Source :Réseau français des registres de cancer

Cancer de la prostate

En France, le cancer de la prostate occupe le quatrième rang en terme de décès par cancer chez l'homme mais le premier cas en terme d'incidence. Il correspondait à près de 20 % des cancers diagnostiqués chez les hommes en 1995.

L'incidence a augmenté rapidement en France, comme dans les autres pays industrialisés, depuis les années 1970, elle est passée de 30,4 à 70,4 pour 100.000 entre 1975 et 1995. Cette augmentation du nombre de cas diagnostiqués ne s'est pas accompagnée d'un mouvement parallèle de la mortalité qui, après une légère augmentation entre 1985 et 1990, s'est stabilisée. L'augmentation de l'incidence s'explique sans doute partiellement par le vieillissement de la population mais surtout par l'évolution des pratiques médicales qui ont conduit à une augmentation du nombre des cancers diagnostiqués fortuitement et aussi au diagnostic de cancers de petite taille. C'est un phénomène comparable qui est à l'origine de la très forte augmentation de l'incidence des cancers thyroïdiens.

Il est probable que, comme cela a été observé aux Etats-Unis, l'incidence des cancers prostatiques se stabilise, voire qu'elle diminue lorsque le recrutement des cas diagnostiqués parmi les cas latents sera terminé.

Source : Réseau français des registres de cancer

Cancer de l'oesophage

Bien que l'incidence du cancer de l'oesophage en France soit la plus élevée d'Europe, son incidence moyenne dans notre pays reste modérée, mais ce cancer est assez exemplaire d'une situation de risque propre à la France.

En fait, cette incidence moyenne cache de très importantes disparités géographiques. En effet, on observe une zone de très forte incidence dans le nord-ouest de la France. Une partie importante de ces variations géographiques peut être attribuée à des variations qualitatives de la consommation d'alcool. Le même gradient nord-sud est par ailleurs observé pour des localisations partageant les mêmes facteurs de risque comme les cancers ORL.

L'incidence du cancer de l'oesophage a globalement diminué dans la quasi-totalité des régions françaises entre 1975 et 1995. Cette décroissance a été particulièrement marquée dans les régions à forte incidence. La baisse observée de l'incidence du cancer de l'oesophage est très probablement due à des modifications importantes, quantitatives et qualitatives de la consommation d'alcool et de tabac chez les hommes depuis la fin des années 60.

Source : Réseau français des registres de cancer

Cancers de l'utérus

En 1995, les cancers de l'utérus, avec 8.500 cas, représentent 3,7 % de l'ensemble des cancers féminins.

Il est important de différencier deux types de cancers utérins. Le cancer du corps utérin, survenant plutôt chez des femmes âgées et le cancer du col utérin, plus fréquent chez les femmes relativement jeunes, pour lequel le frottis cervico-vaginal permet un dépistage.

La décroissance de l'incidence du cancer du col de l'utérus en France est très nette. Entre 1982 et 1992, elle a été estimée à 3,5 % par an (- 8 % par an entre 40 et 55 ans), alors que l'incidence des cancers du corps de l'utérus est restée stable. La diminution importante de la fréquence de la forme invasive des cancers du col de l'utérus provient sans doute des pratiques de dépistage qui sont très largement diffusées chez les femmes parallèlement au suivi gynécologique associé à la contraception. Il est très probable que ce dépistage réalisé actuellement de façon individuelle pourrait être optimisé dans le cadre de programmes organisés.

Source : Réseau français des registres de cancer

Cancer du poumon

Pour le cancer du poumon les taux d'incidence et de mortalité sont très proches, reflétant la très faible survie des malades qui en sont atteints.

Le cancer du poumon est encore principalement un cancer masculin. Il représente, en France, la première cause de mortalité par cancer chez les hommes. En 1995, on estimait à 20.000 le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chez les hommes mais l'incidence semble se stabiliser. Chez les femmes, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués en France en 1995 a été estimé à 3.500. L'incidence du cancer du poumon féminin a globalement presque doublé entre 1975 et 1995. L'évolution catastrophique de l'incidence des cancers du poumon chez les femmes est la conséquence du développement depuis 30 ans du tabagisme féminin qui atteint actuellement le niveau du tabagisme masculin. On ne peut qu'inciter les autorités sanitaires à cibler davantage les campagnes de prévention sur les adolescentes et les femmes jeunes pour essayer d'éviter que le cancer du poumon ne devienne chez les femmes la première cause de mortalité par cancer, comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis.

Source :Réseau français des registres de cancer

Cancer colorectal

Le cancer colorectal représente un important problème en cancérologie. Il se situe, avec le cancer du sein, au premier rang de la pathologie cancéreuse. Le nombre estimé de nouveaux cas était de plus de 35.000 en 1995, ce qui représente 14,2 % des cancers. Ce cancer se caractérise par une légère prédominance masculine.

Il existe un gradient nord-sud dans l'incidence du cancer colorectal. Le rôle protecteur d'une alimentation riche en légumes peut expliquer ce gradient.

L'incidence du cancer colorectal a augmenté de manière assez modérée au cours des vingt dernières années.

Source : Réseau français des registres de cancer