- Les diagnostics, bien que succincts, s'avèrent
en général clairs et précis. Toutefois, les objectifs,
encadrés dans le texte pour une meilleure lisibilité, restent
souvent trop généraux pour fournir les prémices d'une mise
en oeuvre opérationnelle.
- On notera que le scénario MV n'est pas
évoqué dans ce chapitre alors que les scénarios A à
D le sont. Dans le mesure où ce scénario se révèle
être un objectif politique majeur, il devrait être annoncé
dès le départ d'autant qu'il structure de fait la suite des
réflexions et des orientations.
- Section 112 : « le choix du mode de
transport sera principalement lié à la qualité de l'offre
des opérateurs de transport : régularité,
fiabilité, ponctualité, flexibilité et vitesse et autres
critères qui ont permis au transport routier de devenir la
référence. S'il satisfait ces conditions, le trafic
ferroviaire fret devrait cesser de régresser, et pourrait
bénéficier de l'accroissement du transport à longue
distance qui lui sera plus favorable que par le passé ». Dans
quelle mesure le fret ferroviaire satisfera ces conditions dans le
scénario MV ? Le document SMSCT n'y répond pas.
- Section 114 : Les évolutions techniques
seront importantes au cours des vingt prochaines années et devraient
orienter certains choix dans les SMSCT. Il aurait été souhaitable
que le document rentre plus dans l'examen de ces mutations : description,
horizons de mise en oeuvre (court terme, moyen terme, long terme), gains
envisageables, .... Cela aurait permis d'intégrer concrètement
ces aspects dans la démarche générale.
- Section 121 - 1er paragraphe :
« Faciliter le développement d'une offre multimodale de
transport de marchandises ... pour soutenir au moindre coût
économique et social les performances de l'économie
française et européenne ». Il paraît très
risqué de vouloir tenir cet objectif en s'appuyant principalement sur un
opérateur modal qui disposerait d'un monopole.
- Section 121 : « Le SMSCT
définit les principales mesures destinées ... à
gérer les conflits d'usage des réseaux de transport entre les
différentes catégories d'utilisateurs : voyageurs et
marchandises, transport à longue, moyenne ou courte distances,
particulièrement dans les traversées des grandes aires
urbaines». Où sont-elles définies ? Qui gère les
sillons ?
- Section 132 : Il est indiqué que le trafic
de transit (à travers la France) pourrait augmenter de 150 à 200
% en 20 ans. Les résultats des enquêtes Transit de 1992-1993 et de
1999 vont plutôt à l'encontre de cette hypothèse qui
mériterait d'être rééxaminée.
- Section 132, 2ème paragraphe :
Il est tout à fait exact que les camions sont beaucoup moins sensibles
à la congestion que les voitures (ils circulent en général
peu durant les grandes pointes de circulation) et que la qualité des
services routiers, qui est déjà très bonne, continuera
à progresser grâce notamment aux nouvelles technologies de
communication (dès à présent le GPS et l'internet sont
beaucoup plus utilisés par les routiers que par le ferroviaire). C'est
en analysant les performances du routier, et ses limites, que l'on pourra mieux
cerner les conditions nécessaires pour gagner la bataille du
rééquilibrage modal.
- Section 132, 3ème paragraphe :
le transport combiné est certainement un des atouts majeurs du fret
ferroviaire (notamment à partir des ports français et
étrangers). Les conditions de son développement
mériteraient d'être mieux précisées, y compris sur
le volet financier.
- Section 132, 4ème paragraphe :
l'autoroute ferroviaire nécessitera des subventions d'exploitation
à la t-km nettement plus élevées que le transport
combiné (le cas du Transmanche est particulier car le changement de mode
est imposé à tous les camions). Ce système devrait donc
être limité à des situations très
spécifiques.
- Section 132 : « Les flux de
traversées alpines et pyrénéennes, en très forte
croissance ». Si ceci est particulièrement vrai pour les flux
transpyrénéens (+74 % de 1992 à 1999 pour le mode
routier), il n'en est pas de même pour les flux transalpins qui n'ont
progressé que d'environ 20 % en sept ans (route + fer confondus). Cette
grande faiblesse des croissances des flux transalpins entre la France et
l'Italie devrait être prise en compte dans les démarches
prospectives94(*).
- Section 134, dernier encadré :
« Favoriser les possibilités de desserte (des
marchandises) ..... en préservant les capacités ferroviaires
en cas de conflit avec les services régionaux ». Est-ce
l'annonce d'une certaine priorité au fret ferroviaire vis-à-vis
des dessertes TER dans un certain nombre de cas ?